L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est une église catholique située à Montceaux-l'Étoile, dans le département de Saône-et-Loire, en France.
Historique L’église de Montceaux-l’Étoile est dédiée à saint Pierre et à saint Paul. Elle date du . La nef, le clocher et une partie du chœur sont les témoins de cette période de construction.
Peu après le rétablissement du culte en 1804, le portail de l’église est masqué par une annexe construite en avant de la façade. Cette adjonction avait pour but d’accroître le nombre de places à l’intérieur de l’édifice religieux par suite du regroupement de la paroisse de Vindecy avec celle de Montceaux-l’Étoile. Mais, par suite de l’érection d’une nouvelle paroisse à Vindecy et la construction d’une église vers les années 1875, cet appendice fut jugé inutile. Il fut démoli lors de la réalisation d’importants travaux de restauration de l’église en 1900 et 1901.
La voûte de la nef a été refaite au . D’autres restaurations ont eu lieu en 1998-1999 (extérieur) et en 2007-2008 (intérieur).
L'église Saint-Pierre-Saint-Paul fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .
Architecture
Aspect extérieur La nef est épaulée par quatre contreforts droits à glacis entre lesquels s’ouvrent les baies fortement ébrasées. Les baies sont d’origine, mais les contreforts ont été refaits.
Le clocher Le clocher est carré. Il conserve deux étages de baies géminées sur doubles colonnettes : le premier avec de larges archivoltes et le deuxième avec une corniche d’arcatures. Les chapiteaux des colonnettes sont sculptés. Les baies jumelles du niveau inférieur s’inscrivent sous une archivolte enveloppante comme dans la tour d’Anzy-le-Duc.
Les archivoltes enveloppantes du premier étage et les arcatures lombardes sous la corniche du sommet, sont caractéristiques du style roman brionnais.
Le portail Comme à Anzy-le-Duc et Saint-Julien-de-Jonzy, le portail sculpté du (vers 1120-1125) présente l'Ascension. Le Christ en gloire est représenté dans une mandorle tient dans sa main droite le bois de sa croix. La Croix est ici un symbole de victoire et renforce le thème de la gloire du Christ. Le Christ est au milieu des Apôtres et est entouré par deux anges. Ces deux anges qui lui tournent le dos, sont particulièrement gracieux, avec leurs ailes déployées et leurs bras levés. L’attitude très vivante des Apôtres, qui se pressent pour prendre part à l’évènement, témoigne d’une imagination narratrice inhabituelle pour le roman bourguignon : les uns montrent du doigt le Christ, d’autres venus des extrémités du linteau sont rapidement mis au courant de ce qui se déroule sous leurs yeux. Pourtant les personnages étiques montrent bien qu’il s’agit là de l’œuvre d’un artiste bourguignon, proche de l’atelier ayant travaillé à Cluny III.
L’Ascension du Christ est un thème rarement utilisé par les sculpteurs romans bourguignons alors que cette iconographie était, en revanche, très répandue dans le sud-ouest de la France (à Toulouse, à Cahors, à Mauriac..).
Le tympan et le linteau sont taillés dans la même dalle de calcaire. Au linteau, quatorze personnages nimbés sont sculptés en haut-relief : les douze Apôtres, la Vierge Marie et un ange. On y reconnaît saint Pierre avec sa clef, à droite. La Vierge et les Apôtres ont les yeux tournés vers le Ciel.
La porte est doublée de planches horizontales à l'extérieur et verticales à l'intérieur, avec des ferrures du .
Les sculptures sont d'une grande qualité d'exécution qui n'est pas sans rappeler les vieillards du portail d'Anzy-le-Duc, le narthex de Perrecy et même les célèbres portails de Vézelay. C’est un des chefs-d'œuvre de la sculpture brionnaise.
Aspect intérieur L’intérieur de l’église a été largement remanié au cours des temps.
La nef La nef unique est composée de trois travées. Elle est orientée au levant. La nef, blanchie, a été revoûtée en berceau au . Les baies à double ébrasement, sont les seuls éléments romans.
Les fresques du , sur le mur nord de la nef et dans l’abside, représentent saint Vincent, saint Jean l’Évangéliste et des croix de consécration.
Les sept vitraux modernes ont été créés en 2008. Ils sont du père Kim En Joong, et ont été dénommés par leur auteur ParadisJacques Bonnefoy, « Le père Kim En Joong et Montceaux-l'Étoile », revue Mémoire brionnaise n° 54, décembre 2025..
Le chœur La travée de chœur est réduite.
Abel de Vichy fit ouvrir le fond de l’église en 1777 pour réaliser la chapelle funéraire de son épouse, Claudine de Saint-Georges. Le style rococo, comme l'église de Fleury-la-Montagne, fait de ces deux édifices les seuls de ce style en Brionnais. La voûte est en berceau plein cintre, les colonnes supportant les voussures, comportent des chapiteaux. Restaurée au , elle vient de l'être à nouveau, ce qui a permis de redécouvrir les dorures et faux marbres de l'autel ainsi que les boiseries d'origine. L'autel est en granit avec les armoiries de Vichy et de Saint-Georges. C'est à cette occasion que fut retrouvée au-dessus de la porte de la sacristie une peinture murale du Site du ministère de la culture.
Pendant cinq mois, après son retour de Bavière où il avait émigré, Roch-Étienne de Vichy, comte de Vichy, seigneur et baron d'Anzy-le-Duc, aumônier de la reine Marie-Antoinette, dernier prieur du prieuré d'Anzy-le-Duc et qui s'était installé dans le château de ses ancêtres, exerça les fonctions curiales de septembre 1803 à janvier 1804Joseph Sandre, La Maison de Vichy, in Annales de l'Académie de Mâcon, t. XX, 1916-1917 & Jean-Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Généalogie de la Maison de Vichy in Histoire des Pairs de France, t. IV, Paris, 1824..
Culte Édifice consacré du diocèse d'Autun relevant de la paroisse Saint-Hugues-en-Brionnais-Bords-de-Loire (siège à Marcigny) – qui en est affectataire au titre de la loi de 1905 –, l'église de Montceaux-l'Étoile est, neuf siècles après sa construction, un lieu de culte catholique.
Annexes
Bibliographie et sources Denis Grivot, Anzy-le-Duc, Montceaux-l’Étoile, Lyon. Henri Nicolas, Églises romanes du Brionnais, La Taillanderie, 2000. Raymond Oursel, Les Églises romanes de l’Autunois et du Brionnais, Cluny et sa région, Protat, 1956. C.Sapin, C. Arnaud et W. Berry, Bourgogne romane, Dijon, 2006. L. Schneiter, Le Brionnais, églises romanes, 1967. F. Thiollier, L’Art roman à Charlieu et en Brionnais, Montbrison, 1892. J. Virey, Paray-le-Monial et les églises du Brionnais'', Petites monographies des grands édifices de la France, 1926.
Avec l'église Saint-Syagre de Maltat et l'église Saint-Paul de Cray, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Montceaux-l'Étoile est l'un des édifices romans dont l'histoire et l'architecture sont expliquées dans le dépliant intitulé « Le patrimoine roman en Bourgogne du Sud », publié à l'automne 2024 à l'initiative du Centre international d’études romanes (désormais CIER-Résonance romane)Document disposant d'une carte de la Saône-et-Loire sur laquelle, grâce à la contribution de l'historien médiéviste et ancien directeur de recherche au CNRS Alain Guerreau, figurent plus de 300 bâtiments. Source : « Explorez le patrimoine grâce à une nouvelle carte des édifices romans », article signé Dani Gallorini paru dans Le Journal de Saône-et-Loire daté du 24 septembre 2024..
Articles connexes Liste des monuments historiques de Saône-et-Loire Église Saint-Pierre et Saint-Paul sur la page de Montceaux-l'Étoile Diocèse d'Autun
Liens externes
Montceaux-l'Étoile : Patrimoine Bourgogne romane : Montceaux-l'Étoile
Références
Pierre-Paul Montceaux-l'Etoile Montceaux-l'Etoile Montceaux-l'Etoile Pierre-Saint-Paul Catégorie:Monument historique classé en 1893