L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est une église catholique située à l'angle de la rue Gaston-Cornavin et de l'avenue Maurice-Thorez à Ivry-sur-Seine, dans le département français du Val-de-Marne.
Historique
Plusieurs sanctuaires ont été édifiés au fil des siècles sur l'emplacement de l'église. La paroisse d'Ivry apparaît au haut Moyen Âge, l'église actuelle, dédiée à saint Pierre et saint Paul, étant mentionnée pour la première fois dans un texte de 1158. La partie inférieure du clocher date de cette époque.
Le voit l'édification de deux voûtes dont les chapiteaux et les arcs gothiques sont encore conservés. En 1535 sont achevés l'escalier d'honneur, le porche d'entrée, la voûte correspondante puis les travées de droite de l'entrée (un des piliers porte la date de 1575). À cette même date, la voûte en bois de la nef centrale est terminée. La voûte (derrière le chœur et la chapelle du Sacré-Cœur) est réalisée en 1628 puis, en 1647, est construite la chapelle seigneuriale, aujourd'hui chapelle de la Vierge.
Vers 1750, le chœur est orné de boiseries représentant saint Frambourg, les apôtres saint Pierre et saint Paul, offertes par le marquis Henri-Camille de Beringhen. Pendant la Révolution, les caveaux des seigneurs sont détruits ; l'église est transformée en temple de la Raison puis en lieu du culte de l'Être suprême.
Au , les travées de la nef sont ornées de peintures, enlevées depuis afin de retrouver l'aspect ancien, ce qui a permis de mettre au jour d'autres peintures plus anciennes sur les piliers.
La sacristie est bâtie à l'arrière de la chapelle Nord entre 1855 et 1859.
En , un incendie ravage le clocher. Les travaux de restauration durèrent jusqu'en 1891.
L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1929.
Dans les années 1980, l'église connaît d'importants travaux de restauration. Lors de ces travaux sont réinstallées, notamment, les boiseries du fond du chœur.
Liste des curés de la paroisse Saint Pierre - Saint Paul Cette liste n'est pas complète. Il manque les noms ou les dates de prise de fonction pour les curés avant 1169, entre 1266 et 1392 et entre 1921 et 2007. Date de prise de fonctionNomObservationsAvant 1169?Les identités des curés avant 1169 restent pour le moment inconnues1169Théoblad d'IvryMentionné en 11691214MathieuMentionné en 12141236JeanMentionné en 12361239JosephMentionné en 12391258Jean StatutMentionné en 12581266JeanPeut-être le même que le précédent??Les identités des curés entre 1266 et 1392 restent, pour le moment, inconnues1392Jean de Cossies1430Jean du Lot1431Couteau1458Pierre de Nocel1459Bertrand Bérault1462Jean Laurent1469Pierre Chapelle1520Jean Milot1538François Migot1538François Cyprien1553Pierre Aublet1592André Robellin1612Claude Vilette1617Guillaume Ville1638Guillaume Charo1648Simon Héré1668Jean Jollain1686André de Guienne1703Pierre Buré1713Étienne de la Porte1750François Rojou1774Étienne Laurent Maillet1798Jean-Jacques Roques1829Joseph Poulenc*1825 : Joseph Duverdier (1799-1885), fut nommé vicaire en cette paroisse l'année de son ordination le , puis curé de Villetaneuse le , puis curé de l'église Saint-Gilles de Bourg-la-Reine, le , puis en 1845, aumônier de l'hôpital Cochin, et en 1856 à l'hôpital Beaujon, terminant son ministère comme prêtre habitué à l'église Saint-Denis-du-Saint-Sacrement en 1860. Il mourut le Abbé Paul Lieutier, Bourg-la-Reine. Essai d'histoire locale, Paris, Librairie Letouzey et Ané, 1914, réédition 2003, p. 262-263/306 p. 1831Eugène David1845Étienne Devaux1845Hyacinthe de Gonet1847Louis Pruvost1856César Perrin1858Edouard Boidart1868Jean-Baptiste Clauzet1885Lucien Colas1888Henri Boisseau1895Nima-Hippolyte Vincent1908Antoine Saubin1913Eugène Rivalin1921Jean-Joseph Garin1934Jacques Lorenzo1942???1958Yvan Daniel1967Etienne Le Roy1973Bernard Baudrydécédé en 19821982Claude Grebet1985Bernard Mounios1992François Bon Mission de France1998Dominique Fontaine Mission de FranceAvec Michel DUPONT, curé ad solidum de 1991 à 19982005Jean François PenhouetMission de France2007Francis CorinwinderMission de France2008Dominique RameauAvec Alain Dutertre, curé ad solidum de 2015 à 20162017Jules Mapela ThamuziReligieux de la congrégation des passionistes
Architecture et décorations Évolution du plan de l'église
Intérieur
Chœur Les murs du chœur sont ornés de lambris de chêne sculptés. Le panneau central représente dans un médaillon Saint Frambourg. Celui de la paroi nord représente saint Pierre et celui de la paroi Sud saint Paul avec un livre et une épée. Ces lambris sont datés de 1730 et ont été offerts à l'église d'Ivry sur Seine par le marquis Henri-Camille de Beringhen, premier écuyer du roi et seigneur d'Ivry. Les armoiries de la famille Beringhen sont figurées sous les figures de saint Pierre et celles de la seigneurie d'Ivry sous la figure de saint Paul. Les lambris du chœur ont été restaurés en 2001.
Six stalles, jumelées par trois et datant des , sont disposées de part et d'autre du chœur. Y sont figurés Saint François d'Assise et Sainte Claire. Elles ont été restaurées en 2001.
Sur le mur Sud du chœur est accroché un tableau daté de 1721 du peintre Jean André représentant la Sainte Famille.
Nef L'église possède une nef centrale qui est séparée du bas-côté sud par une série d'arcade en plein centre de style roman et du collatéral nord par des colonnes monumentales de style gothique supportant des voûtes d'ogives. Le pavement de la nef est actuellement en très mauvais état et se compose d'un conglomérat de dalles calcaires brisées et de chapes de ciment et béton. La nef est surmontée par une voûte en berceau de bois renforcée par quatre entraits datant de 1575. Ces entraits portent différentes sculptures en rond-bosse polychromes dont, pour l'entrait près du porche d'entrée, les armes de Charles IX.
Le mur sud de la nef porte une sculpture monumentale figurant un Christ en croix. Elle se trouvait à l'origine sur la place de l'église, elle fut déposée par les émeutiers de 1848 puis conservée dans un couvent et enfin replacée dans l'église.
Lors des restaurations des années 1980, les peintures du furent retirées et permit de redécouvrir les peintures monumentales qui ornaient les colonnes de la partie Nord de la nef et du collatéral depuis 1575. Ces peintures représentent des saints, sainte, évêques dont seuls aujourd'hui sont identifiables Saint Pierre (clefs) et Saint Paul (épée).
L'orgue symphonique Stoltz En 1861, l'abbé Boidard, curé de la paroisse, fait construire les deux tambours des portes d'entrée de l'église pour préserver du froid. Celui qui est destiné à la porte principale est conçue de manière à supporter une tribune prévue pour accueillir un grand orgue. En 1862, est lancée une souscription pour l'acquisition d'un orgue. Elle produit "une somme importante", suffisamment pour que le conseil de fabrique décide de lancer l'affaire, et deux facteurs sont consultés : Stoltz et Schaaf, établis à Paris, avenue de Saxe. Alexandre Père et Fils, dont l'usine à Ivry produit une quantité "industrielle" d'harmoniums que l'on retrouvera dans la France entière. Pour la petite histoire, on notera qu'Alexandre s'est en fait "auto-consulté", ayant eu communication par le curé du devis de Stoltz, il écrit au Conseil de Fabrique que, étant établi à Ivry, il souhaiterait se voir confier la réalisation de l'orgue, mais comme ce n'est pas véritablement son domaine, il propose, pour le même prix d'ajouter "à l'intérieur, des travaux de notre spécialité", entendons un ou deux jeux supplémentaires d'une valeurs de 3000 francs (le devis de Stoltz s'élevant à 9000 francs).
Le Conseil de Fabrique préféra s'adresser à Stoltz et passa commande d'un orgue à deux claviers et pédalier avec buffet principal en chêne et un buffet de Positif "postiche", ceux que nous avons sous les yeux aujourd'hui. Il en coûta finalement 1600 francs et l'orgue fut inauguré le par César Franck, le célèbre organiste de Sainte Clotilde à Paris, et d'autres experts : Henri Herz, pianiste compositeur, Lintz, organiste de chœur de Saint Sulpice à Paris et Josse, organiste d'Ivry. Tous jugèrent favorablement le nouvel instrument.
On notera que, très satisfaits de leur orgue, les membres du Conseil de Fabrique décidèrent en 1866 d'acquérir auprès du même Stoltz un orgue de chœur de sept jeux à un clavier. Il sera transféré à l'église Notre-Dame de l'Espérance à Ivry et constituera la base d'un instrument agrandi d'un Récit à transmission pneumatique et d'un pédalier de 30 notes.
Après cinquante ans de services, le grand orgue Stoltz avait "besoin de réparations". Il fut fait appel à Charles Mutin, le successeur de Cavaillé-Coll, qui établit en 1901 un devis de relevage et d'agrandissement, portant notamment le Récit expressif à 54 notes et modifiant partiellement la composition, les deux jeux d'anches à anches libres étant remplacés par une Trompette harmonique au Récit et un Basson de 16 à la Pédale. Les travaux durèrent cinq mois pour un coût de 7500 francs, et le "dans une belle cérémonie, l'orgue réparé reprit sa mission : répandre la beauté dans les âmes"Un compte-rendu du Conseil de Fabrique de 1902
Par la suite le pédalier fut porté à 30 notes avec extension des Tirasses GO et Récit, maisons extension de ses deux jeux propres qui demeurent à18 notes seulement. C'est l'état actuel de l'instrument qui fut régulièrement entretenu jusqu'après la Seconde Guerre Mondiale, où il commença à se dégrader au point qu'en 1982 il est pratiquement injouable. Sa remise en état fut confiée à Beuchet-Debierre, qui procéda au relevage soigneux, avec notamment replace des claviers en ivoirine, mais l'harmonie de l'ensemble ne fut pas altérée.
En 2017, la municipalité d'Ivry sur Seine, très soucieuse et vigilante de son patrimoine historique, a décidé d'engager des travaux de restaurations de l'orgue usé par le temps et abimé par d'importantes infiltrations d'eau qui ont détérioré certaines parties de l'édifice notamment le buffet d'orgue. L'orgue, qui a joué pour la dernière fois avant restauration pour la messe dominicale du en accompagnement du groupe chorale de St Pierre - St Paul, a été démonté les 13, 14 et . Un orgue de choeur a été installé dans le choeur pour la période des travaux.
La composition de l'orgue Stoltz en 1863 : Grand orgue de 54 notesRécit expressif 54 notesPédale 18 notesBourdon 16Flûte Octaviante 4Flûte 16Bourdon 8Bourdon 8Euphone (anches libres) 16Flûte 8Gambe 8Tirasse GOSalicional 8Voix célesteTirasse RécitPrestant 4Flûte harmonique 8Appel et renvoi Anches GODoublette 2Hautbois 8Trémolo RécitTrompette 8Voix humaine 8Accouplement Récit / GOClairon 4Cor anglais (anches libres) 16Expression Récit La composition de l'orgue Stoltz-Mutin en 1901 : Grand orgue de 54 notesRécit expressif 54 notesPédale 18 notesBourdon 16Cor de nuit 8Flûte 16Montre 8Flûte traversière 8Basson 16Flûte harmonique 8Gambe 8Tirasse GOVioloncelle 8Voix céleste 8Tirasse RécitBourdon 8Flûte octaviante 4Accouplement Récit / GOPrestant 4Trompette harmonique 8Appel et renvoi Anches GODoublette 2Basson - Hautbois 8Appel et renvoi Trompette RécitTrompette 8Voix humaine 8TrémoloClairon 4Expression Récit
Peintures murales de 1575
Chapelles latérales La chapelle latérale nord est dédiée à Notre Dame du Rosaire. Elle possède un autel et des pavements de murs de style néo-gothique. Dans le mur nord est encastrée une pierre commémorant l'institution de la Confrérie du Rosaire en 1676 par Philippe de Loynes, seigneur d'Ivry.
La chapelle latérale sud est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. Elle est ornée d'un vitrail représentant le Sacré-Cœur apparaissant à Marguerite-Marie Alacoque.
Vitraux
Dans la sacristie est conservé un rondel ou petit vitrail représentant une sainte céphalophore dans un décor d'architecture« Église Saint-Pierre-Saint-Paul », base Palissy, ministère de la Culture. datant de la deuxième moitié du . centré|vignette|200px|Sainte céphalophore