André Maginot, né le à Paris, où il est mort le , est un homme politique français.

Plusieurs fois ministre, son nom est associé à la construction, entre les deux guerres mondiales, de la ligne de défense destinée à protéger la France d'une éventuelle invasion allemande ou italienne.

Biographie Jeunesse et études Né au 31, rue Saint-Lazare dans le , André Louis René Maginot est l'aîné de quatre enfants. Son père est maître-clerc d'un notaire de Paris et originaire de Lorraine (Revigny-sur-Ornain dans la Meuse) tandis que sa mère est professeure d'anglais, elle-même d'ascendance anglaise.

Il commence ses études à la faculté de droit de l'université de Paris, où il obtient une licence de droit à 20 ans. Il s'inscrit à l'École libre des sciences politiques en , dont il sort major (Section administrative). Il fait son service militaire à Bar-le-Duc et ses supérieurs l'indiquent comme « peu militaire ». Il revient ensuite à Paris pour passer son doctorat en droit. Il prépare le concours du Conseil d'État, où il est admis.

Parcours professionnel Débuts En , il suit Charles Jonnart au gouvernement général d'Alger. Revenant en Meuse dans sa ville natale, il y épouse sa cousine au quatrième degré, Marie Eugénie Charlotte Dargent (née à Revigny sur Ornain en 1881), qui vient d'une ancienne famille bourgeoise ; elle meurt cependant en couches en .

Carrière politique avant 1914 Maginot commence sa carrière politique en tant que conseiller général de Revigny-sur-Ornain, puis en 1910, il est élu député de Bar-le-Duc (remplaçant le nationaliste Henry Ferrette), mandat qu'il va conserver jusqu'à sa mort.. Il devient ensuite secrétaire de la Chambre en 1912 et en 1913 et s'abstient comme d'autres Lorrains sur la signature du traité de Fès avec l'Allemagne.

Après avoir soutenu la loi des Trois ans en Lorraine en 1913, il devient sous-secrétaire d'État à la Guerre.

Intermède militaire Lorsque la Première Guerre mondiale éclate l'année suivante, il s'engage comme soldat (au territorial) et demande à rejoindre une compagnie sur les Hauts de la Meuse. Il y crée des patrouilles régulières. Son courage et son attitude le font accéder au grade de sergent..

Blessé le , il est sauvé et ramené vers les lignes françaises par le canonnier François Coeyman, originaire de Wasquehal.. Ensuite, il ne rejoint plus le front et reçoit la médaille militaire avec citation à l'ordre de l'Armée, après avoir déjà reçu trois citations à l'ordre de la division. Blessé par deux balles à la cuisse gauche, il doit subir plusieurs opérations du genou et vivre de longs mois de souffrances, sans que les douleurs s'estompent totalement pour le reste de sa vie.. Il refuse la confiance au gouvernement Briand V en .

Carrière ministérielle En 1917, il devient ministre des Colonies et entre dans le comité de la Guerre pour contrebalancer Paul Painlevé, qui ne soutient pas Robert Nivelle. Maginot lui est pour les attaques surprises sans artillerie. À la fin de la guerre, il ne peut pas participer aux débats sur la paix en raison d'un accident de la route, il est cependant de l'avis de Raymond Poincaré plutôt que de celui de Clemenceau. Il refuse la coalition du Bloc national et est réélu moins confortablement en 1919. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le pour ses actes au front. Il préside de 1918 à son décès la Fédération nationale des mutilés, une association d'anciens combattants née avant la Première Guerre mondiale, en 1888, et qui est couramment appelée la Fédération Maginot ; elle s'appelle officiellement la Fédération nationale André Maginot depuis 1953..

Nommé ministre des Pensions en 1920, poste qu'il crée lui-même, il s'attache à rendre la bureaucratie plus humaine, ce dans l'intérêt des anciens combattants. Le , il préside dans la citadelle de Verdun à la désignation du soldat inconnu. Le , il allume pour la première fois la flamme sous l'Arc-de-Triomphe.

En 1922 il est nommé ministre de la Guerre sous le gouvernement de Raymond Poincaré. Il se préoccupe alors de la défense des frontières françaises et fait réaliser des forts. Remplacé en 1924 par Paul Painlevé, il travaille avec lui pour lever des fonds dans le but d'améliorer la défense du pays. Les travaux de la « fortification permanente » démarrent en 1928. Cependant, elle ne portera le nom de ligne Maginot qu'en 1935, quelques années après sa mort.

Il redevient ministre de la Guerre en 1929 et poursuit l'édification de fortifications à l'est de la France. Persuadé que des défenses fixes sont la meilleure solution pour répondre aux futures classes démographiques creuses, il redynamise le projet expérimental qui n'a que peu avancé. Son objectif est de pallier la remilitarisation le long du Rhin qui doit être possible dès 1935. Il rencontre l'opposition de Philippe Pétain, vice-président du Conseil supérieur de la guerre, et, lors du débat parlementaire du , il finit par déclarer : . Son activisme permet de boucler le financement de la ligne Maginot : de francs sur quatre ans, qui est voté par contre 26. Bien que la ligne défensive appelée « ligne Maginot » soit principalement due à Paul Painlevé, son édification n'aurait pu être possible sans les démarches et la volonté de Maginot.

André Maginot est aussi sensible à la mécanisation des armées, sur les conseils de Maxime Weygand. Il approuve le le programme de motorisation de cinq divisions d’infanterie, de cinq brigades de cavalerie et la transformation d’une division de cavalerie en division légère mécanique. Dans la semaine qui suit, à la veille de la clôture de la session parlementaire, un crédit de de francs est ouvert pour les besoins des armées.

thumb|285px|Le carton d'invitation aux obsèques nationales d'André Maginot. thumb|285px|La tombe d'André Maginot au cimetière de Revigny-sur-Ornain (Meuse).

Il meurt dans la nuit du de fièvre typhoïde et est inhumé dans sa ville natale le après célébration d'un deuil national. Des obsèques nationales ont lieu aux Invalides, la veille.

Postérité Jean Maginot (1907-1926, sans postérité). Françoise Maginot (1909-1950, sans postérité).

Militaire Son nom a été donné à la célèbre ligne de fortifications françaises : la ligne Maginot. Son nom a été donné au quartier militaire de Thierville-sur-Meuse.

Voies Place André-Maginot, anciennement place Saint-Jean, à Nancy. Avenue André-Maginot à Tours. Rue André-Maginot : à La Ferté-Gaucher, Vesoul, Brest, Bordeaux et Grenoble. Boulevard Maginot à Metz. À Paris, la rue du Sergent-Maginot (), et à Rennes, l'avenue du Sergent-Maginot, rappellent son grade obtenu lors de la Grande Guerre. Boulevard André-Maginot à Fontainebleau. Avenue André-Maginot à Vitry-sur-Seine. Rue André-Maginot à Orsay. Rue André-Maginot à Enghien-les-Bains.

Association La Fédération nationale des mutilés, victimes de guerre et anciens combattants se renomme Fédération nationale André Maginot (FNAM) en 1961.

Monument À Verdun, un monument représentant André Maginot blessé se trouve sur le bord de la route, le long du massif forestier de Souville.

Œuvres Carnets de patrouille, écrit en 1915, publié par Grasset, 1940.

Autres André Maginot a été président de la Fédération française d'escrime de 1919 à 1932, et président de la Fédération internationale d'escrime de 1921 à 1924.

Texte débattu à l'Assemblée nationale pour la construction de la Ligne portant son nom et inscrit sur le monument près du fort de Souville :

Décorations le ()

gauche|sans_cadre|47x47pxGrand-croix de l'ordre du Ouissam alaouite (1930)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie André Maginot (1877-1932) - L'homme politique et sa légende de Marc Sorlot, éditions Serpenoise, 1995 (avec le concours de la Fédération nationale André-Maginot). André Maginot (1877-1932) Une forte personnalité à découvrir de Marc Sorlot, Lacour Éditeur, 2006. André Maginot : un destin, un héritage de Maurice Gambert, Gérard Longuet, Marc Sorlot, Michel Dremeau, Michel Gibot, Henri Lacaille, Robert Rideau, Cherche midi Éditeur, 2014 . Carnets de patrouille d'André Maginot (Fédération nationale André-Maginot). Daniel Hochedez, « Les députés d'Argonne pendant la Grande Guerre », revue Horizons d'Argonne, n° 96, , pages 39-68 (lire en ligne). .

Articles connexes Fédération nationale André Maginot Ligne Maginot

Liens externes

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