La Région de Bruxelles-CapitaleAu sens de l'article 135bis de la Constitution belge. (Prononciation en français standard retranscrite selon la norme API. ; , Prononciation en néerlandais standard retranscrite selon la norme API ), ou Région bruxelloiseTerminologie employée par l'article 3 de la Constitution belge., est l'une des trois régions qui composent la Belgique. Elle ne doit pas être confondue avec la ville de Bruxelles, qui n'est qu'une des dix-neuf communes de la région de Bruxelles-Capitale, ni avec la région bilingue de Bruxelles-Capitale (Cette dernière est prévue par l'article 4 de la Constitution belge tandis que l'article traite ici de la région prévue par l'article 3 de la Constitution belge).
à Berlin, Vienne, Hambourg et Brème.
La région compte au . Elle a son propre gouvernement et son propre parlement, et dispose de , ainsi que d'. L'agglomération bruxelloise s'étend au-delà des dix-neuf communes composant la région de Bruxelles-Capitale et compte une population légèrement supérieure à , ce qui en fait la seizième agglomération européenne en importance.
Le gouvernement fédéral et le parlement fédéral belges, dont les compétences s'exercent sur toute la Belgique, siègent également à Bruxelles-Capitale, de même que les institutions de l'Union européenne et l'administration de l'OTAN. Cela fait de cette région une capitale internationale et cela explique que, dans le monde, on dit couramment « Bruxelles » en identifiant la région avec la Belgique ou avec l'Union européenne. Le gouvernement flamand, qui gère les compétences régionales et communautaires sur le territoire de la Région flamande et les compétences communautaires unilingues pour les néerlandophones de la Région bruxelloise, et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont leurs sièges sur le territoire de la Ville de Bruxelles.
Si on la compare à la plupart des régions d'Europe, Bruxelles-Capitale dispose d'un territoire relativement réduit, sa superficie étant de . La région est enclavée en Région flamande, mais distincte de celle-ci. Bruxelles-Capitale recense par kilomètre carré au . Elle constitue le premier bassin d'emploi de Belgique, en particulier dans le secteur tertiaire, malgré un taux de chômage de 16,9 % en . Bruxelles-Capitale est classée deuxième centre industriel de Belgique après Anvers.
La fleur stylisée représentée sur le drapeau officiel bruxellois est un iris des marais. La fête de l'iris est d'ailleurs fête régionale de la région et a lieu le .
Géographie Le point le plus haut de la région Bruxelloise se trouve en forêt de Soignes, à Uccle, à proximité de la drève de Lorraine.
Climat La région est soumise à un climat océanique (Köppen : Cfb) (Trewartha: Dobk) avec des étés tièdes et des hivers frais.
Histoire
À l'instar des Communautés, les trois Régions de Belgique furent officiellement créées par une loi spéciale promulguée le lors de la première réforme de l’État. Celle-ci révise la Constitution belge, notamment avec l'article 3 qui divise le Royaume en trois régions administratives : la Région flamande, la Région wallonne et une « Région bruxelloise », nommée initialement « Agglomération bruxelloise ». Cependant, à la suite de l'échec de la mise en pratique du pacte d'Egmont et des accords du Stuyvenberg en 1978, la loi spéciale du créant les institutions régionales ne comportait aucune disposition relative à la Région bruxelloise, ceci en raison de l'impossibilité de dégager un accord politique à son propos.
Ce n'est qu'en 1988 qu'un accord est trouvé, aboutissant à la loi spéciale du qui crée la Région de Bruxelles-Capitale, officiellement bilingue (français et néerlandais). Le bilinguisme a été reconnu dans l'Arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale par la loi du , après la création de la frontière linguistique un an plus tôt. Encerclées par la province de Brabant, les dix-neuf communes de la région furent « extraprovincialisées » et rattachées uniquement à celle-ci lors de la quatrième réforme de l'État et de la scission de la province de Brabant le .
Évolution linguistique
À l'origine, la langue de la population était le brabançon, variante locale du domaine linguistique néerlandophone. Mais, au cours des , on constate une montée de la langue française . Bruxelles est devenue bilingue, voire multilingue, avec le français pour langue majoritaire et , langue de convergence entre les différentes communautés linguistiquesTraduction en français : L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais. Quelques constatations récentes.Rudi Janssens est sociologue linguistique et professeur à la faculté de philosophie et lettres de la (VUB). Page d'accueil : .. À côté d'une immigration française et wallonne, cette progression du français s'explique avant tout par la conversion linguistique de la population flamande au cours des générationsL'auteur est docteur en science linguistique à l'université de Trèves. Page d'accueil : ..
La francisation démarra graduellement au , mais ne prit toute son ampleur que lorsque la Belgique devint indépendante et que le nombre d'habitants de la nouvelle capitale s'accrut rapidement Accessible via Internet Archive.L'auteur est chercheur à l’Université Laval (Cellule de géographie culturelle) et directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime.. Le recul massif du dialecte brabançonL'auteur est professeur émérite en philologie germanique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB)., communément appelé dialecte flamand L'auteur est professeur à la faculté de philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Page d'accueil : ., ne commença que dans la seconde moitié du . Le français — seule langue officielle en dépit de la majorité flamande — était la langue des tribunaux, de l'administration, de l'armée, de la culture, des médias et de l'enseignement. En tant que langue du pouvoir économique et politique, et des échanges internationaux à l'époqueL'auteur est professeur à la faculté de philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Page d'accueil : ., le français était considéré comme absolument nécessaire pour progresser socialement. Aussi, à partir de 1880, constate-t-on une véritable explosion de bilingues au détriment des néerlandophones unilingues.
Le néerlandais ne se transmettait plus à la génération suivante, ce qui a eu pour effet une augmentation considérable du nombre des francophones unilingues après 1910. Aussi, à partir des années 1960, à la suite de la fixation de la frontière linguistique et de l'essor économique de la Région flamande, la francisation des néerlandophones a stagné. Durant la seconde partie du , Bruxelles devint progressivement une ville d'échanges internationaux, ce qui contribua à un afflux d'immigrants qui favorisèrent l'émergence du français ainsi que d'autres langues étrangères aux dépens du néerlandais. Simultanément, à la suite de l'urbanisation, un nombre supplémentaire de communes précédemment néerlandophones de la périphérie bruxelloise devinrent majoritairement francophones.. Ce phénomène, connu en Flandre comme la « tache d'huile », constitue, en même temps que la question du statut de Bruxelles , un des principaux sujets de contentieux de la politique belge.
Régionalisation entravée Lors de la révision constitutionnelle de 1970, un article 107 quater nouveau ajouté à celle-ci prévoit la création de trois régions et confie à la loi spéciale le soin de le concrétiser. Cependant, à la suite de l'échec de la mise en pratique du pacte d'Egmont et des accords du Stuyvenberg en 1978, la loi spéciale du créant les institutions régionales ne comportait aucune disposition relative à la Région bruxelloise, ceci en raison de l'impossibilité de dégager un accord politique à son propos.
La Région bruxelloise fut ensuite « mise au frigo » pendant huit ans, période pendant laquelle c'est une loi de qui continua à s'appliquer. En vertu de cette loi, Bruxelles était dirigée par un comité ministériel de trois membres, un ministre et deux secrétaires d'État, responsables devant le Parlement national, tandis que l'agglomération bruxelloise créée en 1971 continuait à s'occuper de la gestion des dix-neuf communes de la ville, principalement pour la propreté publique et les grandes voiries. Les communes conservaient néanmoins leurs autorités élues, bourgmestres, échevins et conseillers communaux avec des pouvoirs dans l'urbanisme, qui s'enchevêtraient avec ceux du gouvernement.
La « mise au frigo » de Bruxelles, de 1970 à 1978, aura des conséquences importantes, puisque pendant huit ans, la ville ne peut développer une politique propre. Pendant cette période, également, la solution institutionnelle sembla s'éloigner. Les partis néerlandophones étaient réticents à voir dans Bruxelles une région à part entière et semblaient favoriser une gestion conjointe par les deux communautés ou directement par l'État fédéral. Les partis francophones, quant à eux, ne semblaient pas avoir de vision claire des structures à donner à la Région et au fonctionnement de celles-ci, notamment sur la question de la parité linguistique, avec, dans une certaine mesure, une opposition entre les composantes wallonnes et bruxelloises des partis belges francophones.
Régionalisation de 1989 Ce n'est qu'en 1988 qu'un accord politique est trouvé, accord qui aboutit à la loi spéciale du , relative aux institutions bruxelloises. Cette loi crée la Région de Bruxelles-Capitale, sur le territoire des 19 communes, et met en place ses organes législatif et exécutif. Par ailleurs, elle transfère à la région l'exercice des compétences de l'Agglomération et règle l'exercice des compétences communautaires en créant notamment les Commissions communautaires (Commission communautaire commune, Commission Communautaire Française et Commission communautaire flamande).
Le , pour la première fois, les Bruxellois élisaient directement leurs représentants régionaux. Bruxelles constitue depuis lors une région à part entière, comparable aux régions flamande et wallonne, à la différence près qu'elle ne bénéficie pas (à l'instar de la Communauté germanophone de Belgique) du principe d'autonomie constitutive, ce qui signifie qu'elle ne peut pas fixer par décision de ses seules instances la composition de son parlement et de son gouvernement, ainsi que certaines règles de fonctionnement. De plus, contrairement aux autres régions et aux communautés, le Parlement de la région de Bruxelles-Capitale adopte des ordonnances et non des décrets. Dans le droit belge, les ordonnances sont hiérarchiquement inférieures aux décrets régionaux, à savoir qu'elles n'ont pas strictement force de loi contrairement aux décrets. Ceci est une indication supplémentaire que le statut d'égalité n'est pas encore parfait entre Bruxelles-Capitale et les autres régions de Belgique : la Région flamande et la Région wallonne.
Transports publics Bruxelles est desservie par quatre grandes sociétés nationale ou régionales : la STIB (tram, métro et bus), société bruxelloise ; De Lijn (bus), société flamande ; le TEC (bus), société wallonne ; la SNCB (train), société fédérale.
Communes
vignette|Région de Bruxelles-Capitale. La région se compose de 19 communes, dont la ville de Bruxelles, la plus vaste d'entre elles, s’étend du centre au nord de l'agglomération et est entourée par les 18 autres. Comme on peut le voir sur la carte ci-contre, seules les sept communes bruxelloises suivantes n'ont pas de frontière commune avec la ville de Bruxelles () : Auderghem (2), Woluwé-Saint-Pierre (19) et Woluwé-Saint-Lambert (18) à l'est ; Forest (7) au sud-ouest ; Berchem-Sainte-Agathe (3), Ganshoren (8) et Koekelberg (11) au nord-ouest.
Géographiquement parlant, les 19 communes forment une seule et même agglomération dense en population. L'aire urbaine de Bruxelles n'est pas confinée aux limites administratives de la région de Bruxelles-Capitale car elle déborde largement sur la Région flamande limitrophe.