Ramsès En égyptien ancien Ousermaâtrê-Sétepenrê Ramessou-Méryamon c'est-à-dire « puissant par l'harmonie de Rê, choisi par Rê, issu de Rê, aimé d'Amon »), né aux alentours de 1304 / 1301 av. J.-C. et mort à Pi-Ramsès vers 1213 av. J.-C.Claude Obsomer indique qu'il serait mort dans la seconde moitié du mois de juillet de cette année 1213 av. J.-C. ; Christiane Desroches Noblecourt donne quant à elle la date du 19 juillet 1213 av. J.-C., est le troisième pharaon de la égyptienne, au Nouvel Empire. Il est aussi appelé « Ramsès le Grand » ou encore « Ozymandias ». Manéthon l'appelle « Ramsès » (ou Ramesses Miamoun, Rampses).

Son règne de soixante-six ans et d'un peu plus de deux mois, une durée exceptionnelle pour l'époque, couvre à lui seul près de 60 % du nombre d'années total de la dynastie. En plus des nombreux monuments qu'il fait bâtir à travers tout le pays (d'où son surnom de « pharaon bâtisseur »), il fait sculpter de très nombreuses statues à son image et fait graver son nom sur presque tous les temples, à côté de ceux d'autres pharaons, comme s'il les avait fait construire lui-même. Cette quantité extraordinaire d'objets d'art et d'éléments architecturaux à son nom explique que l'on retrouve sa trace dans presque tous les musées du monde ayant un département d'antiquités égyptiennes.

À l'instar d'autres personnages historiques dont la gloire a traversé les siècles, il est réputé pour être un grand guerrier et conquérant, ce qui lui vaut en grande partie l'épithète de grand dans les ouvrages historiques traitant de l'Antiquité égyptienne. Il lutte contre les Hittites et assure la domination de l'Égypte sur la Nubie et ses gisements aurifères. Il y construit une série de temples dont les plus célèbres sont ceux d'Abou Simbel. Après la bataille de Qadesh, en l'an 4 de son règne, contre l'armée du roi hittite, , la frontière se stabilise sur l'Oronte.

Son action dans le royaume de Koush, et surtout dans le couloir syro-canaanéen, a dû marquer les esprits de l'époque, car l'on racontait encore sous les Ptolémées la légende de l'extraordinaire voyage de « la princesse de Bakhtan » venue s'offrir en mariage au grand roi d'Égypte : sans doute un écho lointain du fameux mariage de avec la fille de , successeur de sur le trône du Hatti.

Ramsès est souvent considéré comme le pharaon opposé à Moïse du Livre de l'Exode, mais son nom ne figure nulle part dans la Torah et l'historicité même de l'exode d'Israël hors d'Égypte est contestée.

Généalogie

Origine Ramsès est originaire d'une famille de militaires de la région d'Avaris. En effet, son arrière-grand-père Séthi, son grand-père paternel Pa-Râmessou, son père Séthi et son grand-père maternel Raïa étaient tous des militaires, de même qu'il est probable que sa grand-mère paternelle Satrê provienne elle aussi d'une famille de militaires. Toutefois, à la mort d'Horemheb, lui aussi militaire avant de devenir pharaon, c'est Pa-Râmessou qui lui succède et devient le pharaon pour au maximum deux ans. C'est ensuite le père de Ramsès , , qui devient roi pour une dizaine d'années. La stèle de l'an 400 évoque les ancêtres de Ramsès tandis que ses grands-parents maternels, Raïa et [...]ouiaLes chercheurs reconstruisent la partie manquante en Rouia, Touia voire Tjouia., sont évoqués sur un bloc trouvé à Médinet Habou mais provenant probablement de la partie du Ramesséum dédiée à la mère de Ramsès , Mouttouya.

Fratrie Ramsès , né sous le règne d'Horemheb, est donc le fils cadet du roi et de la reine Mouttouya (ou Touy, ou Touya). Il a en effet une sœur aînée nommée Tia, « Chanteuse d'Hathor », « Chanteuse de Rê d'Héliopolis » et « Chanteuse d'Amon-grand-dans-sa-gloire ». Cette Tia est mariée à un homme nommé lui aussi Tia, « Gardien du Trésor » et « Gardien du château d'Amon ». Ils devaient être par ailleurs déjà mariés et parents lorsque monta sur le trône.

Certains chercheurs ont supposé que et Mouttouya avait eu un autre fils, plus âgé que Ramsès , nommé Nébenkhâsetnébet ou Amenméfernébef, sur la base d'une scène sur la paroi extérieure du mur nord de la grande salle hypostyle du temple d'Amon à Karnak dont l'un des personnages a été remplacé par Ramsès . Il s'est avéré qu'aucun fils aîné n'avait été figuré à l'origine mais qu'il s'agissait du commandant des troupes et flabellifère Méhy. Enfin, Hénoutmirê, fille royale et grande épouse royale de Ramsès en l'an 54, soit bien après la mort de ses deux principales grandes épouses royales, Néfertari et Iset-Nofret , a été considérée par certains comme la fille de et donc l'épouse de son frère. Elle est en fait la fille de Ramsès et a donc épousé son père comme d'autres filles de ce dernier.

Épouses et descendance

Ramsès , au cours de son très long règne, a eu plusieurs grandes épouses royales, épouses secondaires, épouses diplomatiques et concubines qui lui ont donné plus d'une centaine d'enfants (plus de cinquante-quatre filles et au moins quarante-sept fils). Ses deux grandes épouses royales du début du règne sont : Néfertari, la préférée, qui est représentée sur de nombreux bâtiments et pour laquelle il fait creuser un magnifique hypogée dans la vallée des Reines, sur la rive occidentale de Thèbes ; la construction des temples d'Abou Simbel représente l'amour du couple royal ; ils ont ensemble six enfants : Amonherkhépeshef (Amonherouenemef), le fils aîné du roi, Parêherouenemef (Rêherounemef), le troisième fils du roi, Méryrê, le onzième fils du roi, Méryatoum, le seizième fils du roi, Mérytamon, la quatrième fille du roi, Hénouttaouy, la septième fille du roi, Iset-Nofret (ou Isis-Néféret ), l'autre grande épouse royale (peut-être à titre posthume) mais moins bien connue que Néfertari ; elle est la mère de plusieurs enfants : Ramessou, le deuxième fils du roi, Khâemouaset, le quatrième fils du roi, Mérenptah, le treizième fils et successeur de Ramsès sur le trône du roi, Bentanat (Bint-Anath), la fille aînée du roi.

Certains chercheurs ont fait du neuvième fils Séthi et des deuxième, troisième et cinquième filles Baketmout, et Nebettaouy les enfants de Néfertari, mais rien n'indique qu'ils soient les enfants de cette reine car ils ne sont jamais représentés dans la liste des enfants du couple à Abou Simbel, particulièrement concernant Séthi dont la mère s'appelait bien Néfertari mais devait être une épouse secondaire du roi. De par l'homonymie, il est possible que soit la fille de cette épouse secondaire, mais cela n'est pas certain.

De même, la sixième fille de Ramsès , Iset-Nofret, a parfois été considérée comme la fille de la reine Iset-Nofret , mais rien ne vient confirmer une telle hypothèse si ce n'est l'homonymie de ces deux femmes. De plus, elle a parfois été considérée comme étant la grande épouse royale de Mérenptah, , mais cette hypothèse est très fragile car aucun document mentionnant cette reine ne lui donne le titre de « fille du roi », titre pourtant très important.

Ramsès épouse également cinq de ses filles qui sont alors titrées grandes épouses royales, mais il n'a eu aucun enfant avec elles : Bentanat (ou Bint-Anath), la fille aînée du roi (certains ont donné à Bentanat une fille qu'elle aurait eu avec son propre père, fille qui serait également nommée , mais rien ne vient confirmer non seulement qu'elle se nomme Bentanat mais encore qu'il s'agit de sa fille), Mérytamon (appelée aussi la reine blanche), la quatrième fille du roi, Nebettaouy, la cinquième fille du roi, Hénouttaouy, la septième fille du roi, Hénoutmirê, une fille un peu plus tardive.

Ramsès a également eu quatre épouses diplomatiques, dont les deux premières, épousées avant l'an 34, sont des princesses de Babylone et de Zoulabi en Syrie ; le sort de ces épouses n'était toutefois pas enviable selon une lettre de la reine hittite Puduhepa, épouse de l'empereur hittite , et leurs noms sont même inconnus. Il n'en va pas de même avec la princesse hittite Maâthornéferourê, fille de et épousée en l'an 34 du règne. Ramsès aurait peut-être eu avec cette reine une fille nommée Néférourê. À une date indéterminée, Ramsès épousa une seconde princesse hittite mais dont le nom n'a pas été conservé. Ce dernier mariage est commémoré par deux stèles, trouvées l'une à Coptos et l'autre à Abydos.

Prince égyptien vignette|Une des quatre représentation de Ramsès enfant avec son père dans le temple funéraire royal d'Abydos (ce n'est pas celle « à la peau de panthère »). Ramsès est né sous le règne du pharaon Horemheb, donc avant que sa famille n'accède à la royauté. Son grand-père est devenu roi lorsqu'il avait une dizaine d'années. Ramsès est par ailleurs mentionné ou, plus souvent, représenté avec la mèche de l'enfance pendant le règne de son père :

sur une stèle datée de l'an 9 de (soit probablement la dernière année de règne de ce roi) et décrivant la commande par le roi d'obélisques et de colossales statues en granite, il est indiqué que le travail s'est déroulé sous la supervision du prince Ramsès ; il est d'ailleurs très probable que ces obélisques et statues soient ceux au nom de Ramsès installés à l'avant du temple de Louxor au tout début de son règne ; l'un de ces obélisques est celui aujourd'hui installé place de la Concorde à Paris ; sur l'îlot Hassawanarti jouxtant l'île Éléphantine, sous une représentation de son père offrant à Khnoum, Ramsès est représenté sur un graffito en flabellifère et la légende indique « le flabellifère à la droite du roi, le grand responsable de la troupe dans tous les monuments, le scribe royal véritable, son aimé, le prince héritier et fils royal Ramsès » ; a fait rénover et construire dans les sanctuaires d'Éléphantine, et ce graffito renvoie probablement à certaines responsabilités que devait avoir le prince pendant ces travaux ; dans le temple funéraire de Séthi à Abydos, dans le « couloir des rois » (où se trouve la table d'Abydos répertoriant soixante-douze rois ayant régné jusqu'à ), Ramsès est représenté avec son père Séthi quatre fois (deux fois sur chaque mur) ; l'une de ces figurations montre le prince avec une peau de panthère, accompagné de ses cartouches, ce qui signifie que ce relief a été achevé ou modifié après que Ramsès fut monté sur le trône ; sur la paroi extérieure du mur nord de la grande salle hypostyle du temple d'Amon à Karnak, le roi a faits modifier des représentations des campagnes du début du règne, l'une au Proche-Orient, la seconde contre les Tjéhénou (c'est-à-dire les Libyens), pour y faire apparaître son fils à la place d'autres personnages, dont l'un a parfois été pris comme un frère aîné de Ramsès, hypothèse aujourd'hui abandonnée, le personnage précédemment représenté étant le commandant des archers et flabellifère Méhy ; une stèle privée découverte à Saqqarah (voir illustration ci-dessus) montre les figures des scribes Tia (gendre de ) et son père supposé Amonouahsou honorant tous deux la figure divinisée de , avec, derrière ce dernier, le prince Ramsès figuré en flabellifère et accompagné de la légende « le fils royal de son ventre, son aimé, Ramsès » ; une autre stèle privée, provenant d'Abydos cette fois-ci, a été commanditée par Mâya, « scribe des offrandes divines d'Osiris, d'Horus, d'Isis et de tous les dieux du temple de Menmaâtrê » ; sur le cintre de la stèle sont représentés, en plus des divinités locales, et Ramsès, ce dernier représenté encore en flabellifère et accompagné de la légende « le premier fils royal de son ventre Ramsès ».

Il semble que le prince Ramsès, s'il était peut-être trop jeune pour intervenir lors des actions militaires au Proche-Orient ou en Libye au tout début du règne de son père , comme semble le montrer la modification des scènes militaires de Karnak, a toutefois participé à l'expédition à Assouan pour récupérer du granit, expédition ayant eu lieu à la toute fin du règne de Séthi, le fruit du travail réalisé ayant par ailleurs été récupéré par Ramsès au tout début de son règne.

Règne

vignette|Ramsès couronné par les dieux Seth et Horus - Abou Simbel