La tourelle pour deux pièces de modèle 1933 est l'un des types de tourelle qui équipent les blocs d'artillerie de la ligne Maginot. Il s'agit d'un modèle de tourelle à éclipse, installé en saillie sur la dalle de béton de son bloc et armé avec deux canons de raccourcis. Son rôle était d'assurer la continuité des tirs d'artillerie le long de la ligne, en soutien des tirs de mitrailleuse des casemates et blocs d'infanterie.
Caractéristiques La tourelle de modèle 1933 fait de diamètre à l'extérieur (il s'agit de la tourelle la plus volumineuse de la Ligne) et au total. Sa partie mobile est mise en batterie à l'aide d'un contrepoids à l'extrémité d'un balancier, le tout étant en équilibre, actionné par un moteur électrique (de marque Bréguet) ou manuellement. Une fois en batterie, elle émerge de au-dessus de son avant-cuirasse.
Son blindage est de d'épaisseur d'acier pour la toiture et pour la muraille (partie entre la toiture et l'avant-cuirasse). Une fois la tourelle éclipsée, la toiture repose sur les voussoirs d'acier de l'avant-cuirasse scellées dans la dalle de béton du bloc.
Le prix d'une tourelle de modèle 1933, en octobre 1934, était de À titre de comparaison, le salaire horaire d'un ouvrier varie de 2,50 (pour un manœuvre de moins de 18 ans) à (pour un vitrier). (ce qui en fait le modèle de tourelle le plus cher de la ligne Maginot), mise en place du matériel compris, mais sans compter l'armement, les munitions, ni surtout le béton du bloc.
Armes Elle est armée avec deux canons de modèle 1933 de tourelle montés en jumelage, une modification au recul court et à la culasse semi-automatique du canon de modèle 1929, qui est lui-même une version raccourcie de (soit une longueur du tube de , ce qui a nécessité une vaste tourelle) dérivée du canon de modèle 1897 de campagne. La portée maximale est de et la cadence de tir de par minute et par pièce. Le pointage en hauteur peut se faire de -9° jusqu'à 40°.
Servants Une tourelle de 75 mm nécessite une équipe de vingt-cinq hommes pour son service complet en situation de combat : six sous-officiers et dix-neuf servants (l'équipe de combat est composée de l'équipe de veille et de l'équipe de piquet). En situation de veille, l'équipe réduite compte deux sous-officiers et dix servants (l'équipe de veille ne peut fournir qu'un tir à cadence lente, uniquement avec des obus percutants)L'équipage d'un bloc d'artillerie est divisé en trois équipes : l'équipe de veille, l'équipe de piquet et l'équipe de repos. Le bloc est occupé par deux équipes tandis que la troisième est au repos dans la caserne de l'ouvrage pour 24 heures. L'équipe de veille est en permanence aux postes de combat, l'équipe de piquet s'occupe des corvées ou se repose en dehors des alertes..
L'équipe de combat se répartit à raison d'un sous-officier (brigadier tireur) et trois servants (un tireur et deux chargeursL'instruction du 2 octobre 1935 sur le service d'une tourelle de 75 mm précise que les chargeurs doivent être « de petite taille ».) dans la chambre de tir, quatre sous-officiers (un adjudant chef de tourelle, un maréchal des logis chef de pièces, un brigadier pointeur et un brigadier artificier) et quatorze servants (un aide-pointeur, deux déboucheurs pour les tirs fusants, cinq pourvoyeurs transportant les munitions vers les norias, deux approvisionneurs chargeant les norias et quatre auxiliaires manœuvrant les châssis de munitions depuis le M 3) à l'étage intermédiaire, un sous-officier (brigadier) et deux servants (le premier s'occupe de la marche à bras du mouvement d'éclipse, le second des appareils électriques) à l'étage inférieur. En cas de tir direct, l'aide-pointeur monte au poste de pointage de la chambre de tir.
Équipements On peut utiliser deux postes de pointage indifféremment, l'un dans la chambre de tir pour le tir direct grâce à la lunette se trouvant entre les tubes, l'autre à l'étage intermédiaire pour le tir indirect, guidé par le poste central de tir du PC artillerie de l'ouvrage puis par les observatoires. La communication entre le PC de l'ouvrage et celui du bloc se fait par téléphone, celle entre le PC du bloc et le poste de pointage (sur le fût-pivot de la tourelle) se fait par transmetteur d'ordres (système visuel copié sur celui de la marine), tandis que celle entre l'étage intermédiaire et la chambre de tir se fait par tuyau acoustique ou par transmetteurTransmetteur d'ordres modèle 1937 C (Carpentier) entre le PC du bloc et la tourelle, transmetteur téleflex (plus compact) entre l'étage intermédiaire et la chambre de tir..
L'approvisionnement en munitions se fait par une noria entre la chambre de tir et l'étage intermédiaire, où se trouve le magasin de munitions M 3 dont la dotation pour la tourelle était de de La dotation totale en munitions de chaque pièce était de par pièce, soit dans le M 1, dans le M 2 et 600 dans le M 3. La dotation était composée de 70 % d'obus explosifs (modèle 1900 de ; modèle 1915 de ; modèle 1917 de à fusée percutante ; modèle FA 1929 de à fusée percutante), de 25 % d'obus à balles (modèle 1926 de ), de 3 % d'obus de rupture (modèle M de à fusée de culot) et de 2 % de boîtes à mitraille (modèle 1913 de , pour tir à moins de )..
Le refroidissement des tubes peut se faire par aspersion d'eau ( d'eau sont prévus par jour, stockés dans des citernes situées à l'étage supérieur du blocCes citernes sont alimentées par les eaux de ruissellement canalisées par des drains. En cas d'insuffisance, des wagonnets-citerne munis d'une pompe peuvent ravitailler les blocs en manque.). L'évacuation des douilles se fait par un entonnoir les évacuant à l'étage intermédiaire où elles passent dans un toboggan qui les descend au pied du bloc (généralement à sous terre). L'évacuation des gaz dégagés par les armes se fait par refoulement à l'extérieur, les blocs étant en légère surpression.
Liste des tourelles Un total de 21 tourelles sont commandées, à raison de 16 pour le front du Nord-Est et de 5 pour celui du Sud-Est (Alpes).
+ Secteur fortifié de Montmédy</center> Ouvrages Numéro du bloc Numéro de tourelleVélosnes5221La tourelle de Velosnes a été détruite.
+ Secteur fortifié de la Crusnes Ouvrages Numéros du bloc Numéros de tourelleFermont1215Bréhain4216Bréhain6210
+ Secteur fortifié de Thionville</center> Ouvrages Numéros du bloc Numéros de tourelleRochonvillers2203Molvange8205Molvange10207Métrich8208Métrich10207
+ Secteur fortifié de Boulay</center> Ouvrages Numéros du bloc Numéros de tourelleHackenberg2204Michelsberg5213Anzeling4214Anzeling7209
+ Secteur fortifié de Rohrbach</center> Ouvrages Numéro du bloc Numéro de tourelleSimserhof8206
+ Secteur fortifié des Vosges</center> Ouvrages Numéro du bloc Numéro de tourelleGrand-Hohékirkel4220
+ Secteur fortifié de Haguenau</center> Ouvrages Numéro du bloc Numéro de tourelleHochwald7 bis217
+ Secteur fortifié du Dauphiné</center> Ouvrages Numéro du bloc Numéro de tourelleRoche-la-Croix5219
+ Secteur fortifié des Alpes-Maritimes</center> Ouvrages Numéros du bloc Numéros de tourelleMonte-Grosso5218Agaisen3211Mont-Agel5201Mont-Agel6202
Notes et références Notes
Références
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Articles connexes Tourelle de 135 mm modèle 1932 Tourelle de 81 mm modèle 1932 Tourelle de 75 mm R modèle 1905 Tourelle de 75 mm R modèle 1932 Tourelle pour deux armes mixtes Tourelle pour une arme mixte et un mortier Tourelle de mitrailleuses modèle 1935 Tourelle démontable STG Liens externes
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