Un label environnemental, ou label écologique, est un label de qualité utilisé pour établir qu'un produit ou un acteur possède un impact réduit sur l'environnement "Les labels environnementaux" (consulté 03/05/2035).. Le terme « écolabel » est également utilisé, bien qu'il désigne plus spécifiquement l'écolabel européen, label environnemental officiel de l'Union européenne, seul label écologique officiel utilisable dans tous les pays membres de l’Union européenne.
Caractéristiques Un label environnemental est généralement volontaire, c'est-à-dire qu'il est librement choisi par l'entité cherchant à l'obtenir. Il est également payant, l'organisme émetteur recouvrant les frais associés au processus d'émission, comme la tenue d'audits.
Il peut être attribué autant à un type de produit (aliment, matériau) qu'à un service (transports propres, construction écologique comme la HQE), voire plus globalement à un producteur ou à une chaîne d'acteurs (producteur-transformateur-transformateur-vendeur et éventuellement recycleur).
Plusieurs mesures sont mises en place pour assurer le respect du règlement associé au label, comme la vérification par un ou plusieurs certificateurs réputés indépendants, ou la traçabilité tout au long de la chaîne de production. Le règlement est un ensemble de principes, critères ou indicateurs validés par un conseil d'administration ou une entité désignée par les acteurs ayant créé le label. Celui-ci peut avoir une portée régionale, nationale ou internationale, et inclure des représentants d'institutions internationales, de collectivités et d'États.
Pour s'assurer d'être facilement identifiable auprès du public, un label est représenté par un logo (marque, signe, numéro…), qui, lorsqu'il est apposé sur un produit, présente aux acheteurs la garantie que ce produit a un impact réduit sur l'environnement par rapport à d'autres produits similaires ou équivalents. Cette garantie peut être consultée et comparée en accédant au cahier des charges du produit, du service ou de l'entité concernée.
Le label est généralement attribué provisoirement, de nouveaux audits ou démarches administratives devant confirmer le respect continu des critères d'admissibilité à terme. Diversité des écolabels On peut classer les écolabels en différentes catégories : Selon l'objet sur lequel ils portent, par exemple la nourriture (aliment biologique), le bois/papier et les meubles (Forest Stewardship Council - FSC, le programme de reconnaissance des certifications forestières - PEFC), les peintures (NF environnement), les produits ménagers... Selon le service sur lequel ils portent, par exemple les projets de labellisation en écotourisme, les labels concernant l'architecture (tels que le HQE, Minergie) les espaces verts écologiques (Eve), le recyclage des emballages ou des papiers (label APUR)... Selon leur portée géographique, il peut par exemple être mondial (FSC, PEFC), supranational (paneuropéens, panafricains, panasiatique…), européen (EMAS), national (NF environnement, L'Ange bleu, Le Cygne blanc, l'organisation d'événements sportifs Athl'éthique), régional... Selon qu'il s'agisse d'un produit directement produit du vivant, issu de la nature (arbre, aliment..) ou d'un produit transformé (peinture…) Selon leur système de certification, qui s’apprécie en fonction de leur transparence, de leur objet, des exigences (qualitatives, quantitatives), des principes et critères d’attribution du certificat, du rôle du (ou des) certificateur(s) et, enfin, du type de vérification (et donc des indicateurs) qu’ils mettent en place. Selon leur mode de création : auto-déclarés par des ONG ou des filières industrielles ou commerciales, ou proposés par des collectivités (ex. : Union européenne, État) ou groupement d'intérêt public (Association française de normalisation), qui relayent en fait une demande de lobbies industriels et/ou de groupes de pression environnementaux ou de consommateurs. Selon leur caution environnementale : avec ou sans conseil scientifique ou social, avec ou sans caution d'ONG sociales, environnementales ou associations de consommateurs, et lorsqu'il y a caution, elle peut être mondiale (comme avec le FSC avec le World Wide Fund for Nature ou Greenpeace jusqu'à leur retrait en 2018 pour sanctionner des manquements au cahier des charges), ou nationale (comme avec le PEFC qui, compte tenu de son fonctionnement proche du terrain, ne peut accepter que des ONG nationales ou régionales dans ses conseils d'administration et entités régionales). Selon leur souci ou leurs exigences éthiques : développement soutenable, commerce équitable, droits et développement des communautés autochtones sont au cœur du FSC.
L'écolabel répond à des normes et référentiels internes et externes (loi du pays, lois du siège social et parfois (ex. : FSC ou PEFC) conventions internationales ou mondiales, même si elles ne sont pas transcrites dans la législation du pays ou du pays du siège social de l'entreprise).
On peut parler décosociolabel quand le label comprend également (ex. : FSC) un volet social.
Systèmes de certification Les systèmes d'écomanagement concernant les produits issus de la nature reposent sur principaux : Les principes et/ou critères, traduits dans un cahier des charges que la gestion, forestière, agricole (agriculture bio ou autreCommuniqué "Certification environnementale des exploitations agricoles : Michel Barnier lance l'expérimentation du référentiel dans 5 départements" (consulté 05/11/2008)., de la pêche..) doit satisfaire ; des indicateurs, qui mesurent l'application des critères dans la gestion ; le système, dont la structure et le fonctionnement doivent garantir que les critères sont effectivement respectés tout au long de la chaîne ; la chaîne de traçabilité, identifiée, sûre et suivie.
Intérêt des écolabels Les produits respectueux de l'environnement sont considérés comme des « »Classification de Nelson, 1970 : https://books.google.fr/books?id=g8HZYY6q2-QC&pg=PA8&lpg=PA8&dq=%22classification+de+nelson%22&source=bl&ots=JW-q0168yF&sig=bBktK2g8hoWZ6Vu74pma2ozs3CU&hl=fr&sa=X&ei=zwp4UfKKOYrW7Qa62YCwDw&ved=0CEwQ6AEwBA#v=onepage&q=%22classification%20de%20nelson%22&f=false. (qui peut se traduire littéralement par « bien de croyance »). Cela signifie que leur qualité ne peut être vérifiée par le consommateur ni avant l'achat (« » ou « bien d'examen ») ni lors de sa consommation (« » ou « bien d'expérience »). L'acte d'achat repose alors uniquement sur la confiance que le consommateur porte à la marque.
L'intérêt des écolabels naît de ce problème de non-vérifiabilité par le consommateur : c'est l'organisme certificateur qui va s'occuper de contrôler les variables environnementales pour lui. Cette démarche permet également à l'entreprise d'attester la bonne foi de ses pratiquesJean-Baptiste Lesourd et Steven Schilizzi (2002). The environment in corporate management: new directions and economic insights. Cheltenham, Edward Elgar..
Les écolabels doivent, en théorie, réduire l'asymétrie d'information entre les consommateurs et les vendeurs, rendant ainsi le marché plus transparentDouadia Bougherara et Virginie Piguet. Market Behavior with Environmental Quality Information Costs. Journal of Agricultural & Food Industrial Organization, 2009, vol. 7, n° 2, p. 1-26.. Reste ensuite à se pencher sur la crédibilité et l'indépendance des différents labels.
Crédibilité Les labels écologiques sont plus ou moins crédibles et transparents, avec une grande variété de cahiers des charges et de modes de travail des certificateurs.
L'écocertification est basée sur des principes, des critères à respecter, et des indicateurs destinés à mesurer la manière dont ils sont respectés, ou le chemin à parcourir pour atteindre un objectif annoncé. Si pour certains labels, tous les principes et critères sont obligatoires en tout temps et tout lieu (comme pour le FSC), pour d'autres labels ils sont susceptibles (pour tout ou partie) de varier selon les choix des entités nationales ou locales (par exemple : PEFC qui comprend, en plus de critères obligatoires, des critères ou indicateurs « volontaires » variants selon les régions de façon à s'adapter aux caractéristiques des forêts locales).
En cas de non-respect du cahier des charges, le type de mesures correctives et le délai accordé pour les mettre en place, ou les modalités d'exclusion du label, font partie des éléments de crédibilité. C'est cette crédibilité, en particulier les modalités très différentes d'application selon les pays, que Greenpeace a remis en cause en décidant de se retirer du FSC en 2018..
Certains labels intègrent des indicateurs quantitatifs et qualitatifs chiffrés obligatoires ( FSC). D'autres sont moins précis et préfèrent rendre obligatoire une notion d'amélioration continue (par exemple : PEFC qui intègre la démarche ISO 14 000 pour les entités régionales qui organisent la mise en place du label à échelle régionale ou supra-régionale). D'autres moins exigeants se basent sur des chartes et des principes non vérifiables ou difficilement vérifiables, faute d'indicateurs de performance, d'état ou de pression chiffrés.
La plupart des écolabels intègrent une ou plusieurs « cautions environnementales », généralement en invitant un expert ou une association de protection de l'environnement dans le conseil d'administration des entités aux échelles globale et locales, parfois associées aux processus de certification sur le terrain. Un tiers du conseil d’administration du FSC est ainsi composé d'ONG environnementalistes, dont le WWF, une ONG internationale reconnue, et un autre tiers est composé de représentants de la sphère sociale. PEFC en France a intégré un représentant de France Nature Environnement, association représentative d'un niveau national.
La caution environnementale externe et indépendante est une précaution utile : de nombreux sondages (dont Eurobaromètre en Europe) ont montré que c'est aux ONG et non aux industriels ou aux autorités nationales ou locales que le public accorde le plus de confiance pour les informations concernant l'environnement.
Exemples d'écolabels
Le Pavillon bleu (Blue Flag), créé par l'Office français de la fondation pour l'éducation à l'environnement en Europe (1985) décerné aux plages du monde pour leur propreté et la qualité de leur eau ; La Clef verte (Green Key), accordée par la Fondation pour l'éducation à l'environnement aux gestionnaires d'hébergement touristique qui s'engagent à minimiser leur impact sur l'environnement. ; L'Écolabel européen, institué dans tous les pays de l'Union européenne et en Suisse ; Le label Église verte (2017), porté par la Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France, l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, et le Conseil d'Églises chrétiennes en France, destiné aux paroisses et églises locales. Label d'agriculture biologique : l’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants. Du point de vue de la certification, c'est une agriculture qui nécessite un niveau d'observation continu assez important.