Lhôpital de la Charité de Lyon est un ancien hôpital destiné à recevoir les enfants orphelins et les indigents. Construit au à Lyon, il est détruit en 1934 pour cause d'insalubrité et seul le clocher de l'église, construit d'après un croquis du Bernin, a été conservé..
Localisation
L'hôpital était situé à l'emplacement de l'actuel hôtel des postes du de Lyon et de la place Antonin-Poncet.
Aux origines de l’Aumône générale (1531 - 1533) L’Aumône temporaire de 1531 L’année 1529 fut particulièrement difficile pour la population des alentours lyonnais à cause de la sécheresse qui fit diminuer les rendements agricoles. Ainsi, le prix des denrées alimentaires augmenta considérablement et entraîna de nombreuses émeutes. La situation ne s'améliora pas en 1530, année particulièrement difficile à cause de la cherté des denrées alimentaires et de la peste qui sévit. L’année 1531 ne fut toujours pas meilleure de ce point de vue et la disette frappa toujours autant la région lyonnaise et ses alentours. La pauvreté provoqua une migration importante de population vers la ville de Lyon, qui attira par la « proverbiale bienfaisance de ses habitants ».
La réaction de la ville fut rapide, avec l’installation préalable d’un bureau de bienfaisance au Couvent des Cordeliers de Saint-Bonaventure. Ce bureau proposa : de retirer les pauvres de la ville ou du dehors dans des lieux appropriés; d’organiser des quêtes afin de récupérer de la nourriture pour les pauvres; de multiplier les actions de secours envers ces personnes dans le besoin.
Quatre commissaires furent nommés pour encadrer les actions menées sur la rive droite de la Saône, et quatre autres pour la Presqu’île.
Les actions se multiplièrent et des contributions financières abondèrent, venant à la fois du consulat (), du clergé, mais également des comme les Florentins () ou encore les Lucquois (). Le livre d'or de l'Hôpital de la Charité dénombre également de nombreux donateurs particuliers.
L’œuvre temporaire a permis de nourrir les démunis pendant cinquante-deux jours : du au . En effet, le , les commissaires de l'œuvre demandèrent aux démunis de quitter la ville et retourner chez eux. Au total, ce sont que l'aumône temporaire a permis de sauver de la famine. Enfin, les comptes étaient positifs : il resta un solde de 2 sols et 7 deniers dans les caisses de l'aumône temporaire. Ce fonds financier servira d'assise à la constitution de l'Aumône générale quelques années plus tard.
La création de l'Aumône générale Même si l'Aumône temporaire était terminée, la pauvreté et la mendicité persistèrent.
Ainsi, le , se déroula au Couvent des Cordeliers de Saint-Bonaventure une grande assemblée avec tous les contributeurs de l'Aumône temporaire. À cette occasion, maître Pierre Dorlin, notaire royal et chargé de la reddition des comptes, mit en avant la bonne gestion des comptes de l'Aumône temporaire. Jean Broquin, un des membres les plus actifs de l’œuvre, proposa alors de rendre permanent ce bureau de bienfaisance qui ne devait être que provisoire. Il s'agirait alors de suivre un plan d'action en trois axes : L'ordonnance pour nourrir les pauvres (c'est-à-dire l'organisation de la prise en charge de l'éducation des petits garçons orphelins et des petites filles orphelines, l'hospitalisation de pauvres malades n'ayant pas de toit, les choix opérés afin de choisir quelles personnes seront nourries et dans quelles circonstances, en fonction de leurs revenus, de leur localisation géographique et de leur situation familiale); L'ordonnance des commis (c'est-à-dire l'élection et la désignation de pour enquêter et délivrer les billets aux pauvres afin de recevoir l'aumône. Le terme de commis sera par la suite remplacé par le terme de recteur) ; L'ordonnance de la quête (c'est-à-dire la mise en place de boîtes fermées à clés afin de recevoir les dons permettant de réaliser l'œuvre de bienfaisance).
Le , cette proposition fut votée à l’unanimité, donnant naissance à l’Aumône générale. Enrayer la mendicité était l’un des objectifs prioritaires de l’Aumône Générale : ses actions principales furent donc la distribution de pain aux habitants pauvres et invalides, l’expulsion de la migration d’individus étrangers à la ville de Lyon (l'Aumône générale décida de laisser de côté les ) et l’hospitalisation des enfants orphelins légitimes en distinguant les orphelins garçons à l’Hôpital La Chanal et les filles à l’hôpital Sainte Catherine. Il fut également décidé que l'aumône serait donnée une fois par semaine avec de pain et 12 deniers, avec une distribution sur cinq sites : Cimetière de Saint-Georges ; Couvent de l'Observance ; Couvent des Cordeliers de Saint-Bonaventure ; Couvent des Carmes des Terreaux ; Couvent des Jacobins.
En plus de cette action hebdomadaire, les pauvres de passage et pèlerins bénéficiant d'une aumône en argent, tous les jours, au Couvent des Cordeliers de Saint-Bonaventure. Ainsi, les pauvres recevant l'aumône avaient l'interdiction formelle de mendier sous peine de fouet. Ils avaient également l'interdiction de fréquenter les jeux, brelans et tavernes.
Les hôpitaux de la Chanal (pour les garçons orphelins) et Sainte-Catherine (pour les filles orphelines) furent mis en état et aménagés afin de recevoir les premiers enfants. Des maîtres et des maîtresses furent engagés pour pourvoir à leur éducation et un barbier-chirurgien fut chargé de les soigner. Tout cela permettant à l'Aumône générale d'entrer véritablement en action à partir du mercredi .
vignette|Première page du compte de recepte et dépense des deniers de l'Aumône générale de Lyon tenu par Frédéric Thomas (1564-1567)|gauche
L'exercice financier du au se montra positif avec un excédent de , 2 sous et 2 deniers. Il fut alors conclu que l'Aumône pouvait se poursuivre.
S'ajoutèrent à ces comptes positifs une participation financière de François à l'Aumône générale et des aménagements financiers qui ne fera que renforcer la force d'action de l’œuvre. En effet, quand François arriva en visite à Lyon le , accompagné de sa sœur, la reine de Navarre, le cardinal de Lisieux, grand aumônier de France, lui présenta les actions de l'Aumône générale. Les recteurs, quant à eux, présentèrent l'Aumône à la reine de Navarre en lui requérant expressément une aide financière :
vignette|Première page du compte de recepte et dépense des deniers de l'Aumône générale de Lyon tenu par Nicolas de Castellas (1554-1555)Ces demandes furent reçues par le roi François qui contribua financièrement, à plusieurs reprises, à l'Aumône. Plus encore, par ses lettres patentes du , le roi donna à l'Aumône des privilèges nouveaux : exemptions des droits de péages, impositions et subsides pour toutes les denrées utiles à la réalisation de l’œuvre.
De l’Aumône à l’hospice de la Charité ()
L’Aumône et l’hospice de la Charité
Le Au début du , le pays était affaibli par les guerres de religion et l'Aumône générale tentait de retrouver un fonctionnement viable. Un nouveau règlement général (Institution et Économie de l'Aumône générale de Lyon) fut mis en place et la nécessité d'augmenter les ressources financières de l'Aumône apparut. Cette dernière obtint ainsi par un arrêt du de la Cour du Parlement, d'enjoindre les notables de la ville à réaliser des quêtes au profit de l'Aumône générale sous peine d'une amende de cent livres.
De grands travaux commencèrent également et donnèrent lieu à la construction de l'Hôpital de la Charité. Ce dernier fut construit sur un terrain non loin du pont du Rhône (proche de l'Hôtel-Dieu et du fleuve), dont l'acquisition coûta . L'objectif de ces travaux était de construire un lieu d'accueil spécifique pour les mendiants dont le nombre restait élevé au début du .
En attendant l'achèvement de ces travaux, les pauvres de la ville furent logés à l'hôpital Saint-Laurent à partir du . Dès le deuxième mois, l'hôpital ne fut plus en capacité d'accueillir de nouveaux mendiants et les ressources financières manquèrent. En 1622, les mendiants quittèrent l'hôpital Saint-Laurent pour s'installer dans les bâtiments nouvellement édifiés de l'hôpital de la Charité, selon les plans du Père Martellange (architecte de la Compagnie de Jésus) et Pierre Piquet (recteur de la Charité). La question de savoir qui imagina ces plans a longtemps suscité le débat. Aujourd'hui, il est seulement possible d'affirmer que ces deux personnages ont eu un rôle certain dans la conception des plans de cet hôpital.
Le vignette|Règlement pour le travail des Enfants de la Chanal, des Catherines, des petits garçons et des Thérèses (1746)|gauche Le , l'établissement prit le nom d'. Ainsi, l’œuvre de l'Hôpital de la Charité continua de porter des fruits pendant le malgré quelques tourmentes.
En premier lieu, le fonctionnement tel qu'il existait au ne perdura cependant que jusqu'au , date à laquelle les recteurs en exercice donnèrent leur démission. Ils furent remplacés à partir du par onze administrateurs nommés par le Directoire de département de Rhône-et-Loire et le Conseil Général de la Commune de Lyon.vignette|Règlement pour le travail des Enfants de la Chanal, des Catherines, des petits garçons et des Thérèses (page 4)Aussi, la Révolution française affaiblit la ville de Lyon, ainsi que le fonctionnement de l'Hôpital de la Charité : le nombre de recteurs diminua (pour atteindre le nombre de quatre membres) et les finances de l’œuvre furent drastiquement réduites. L'un des effets de la Révolution française fut également de rassembler l'Hôtel Dieu de Lyon et l'Hôpital de la Charité, alors que ces deux établissements étaient autrefois rivaux. Pour autant, cette mesure ne permit pas d'équilibrer les comptes : le vendémiaire an VIII (), le déficit des deux établissements s’élevait à . L'état viendra cependant à l'aide des établissements afin de rééquilibrer leurs comptes et leur permettre de poursuivre leur mission. Enfin, afin de renforcer le fonctionnement de ces deux établissements affaiblis pendant la Révolution française, le ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal organisa différemment les deux établissements par un arrêté du 28 nivôse an X () : ils seront dirigés par un conseil d'administration composé du préfet du département, les trois maires de la ville de Lyon et de quinze citoyens nommés par le ministre. Ce sera désormais l'organisation des Hospices civils lyonnais. Administration des recteurs vignette|Plan de l'hôpital en 1647.La nomination des recteurs
L’assemblée des notables qui participa à la création de l’Aumône générale décida, dès 1533, que l’œuvre nouvelle soit dirigée par une administration indépendante, confiée aux principaux citoyens de la ville de Lyon : huit administrateurs et un trésoriers furent ainsi désignés commis de l’Aumône. Cette dénomination changea par la suite : gouverneurs, recteurs, seigneurs recteurs. Très rapidement, dès 1536, la nomination des recteurs se fit par cooptation. Les recteurs sortants laissent leurs collègues choisirent entre trois individus qu’ils proposent pour les remplacer. L’administration rectorale se renouvelle par moitié chaque année ; la durée du mandat est de deux ans, renouvelable une fois.
Le nombre des recteurs
Avec le développement de l’Aumône générale et le soutien financier fourni par de riches négociants étrangers – florentins, allemands, lucquois –, le nombre d’administrateurs augmenta rapidement. En 1549, le nombre des membres du bureau était de douze ; il monta à quinze en 1573, puis à seize en 1575 ; au début du , l’administration de l’œuvre rassemblait dix-sept recteurs ; en 1760 et jusqu’à la Révolution, il y avait dix-huit administrateurs.
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