Claude Jacques Lecourbe, né le à Besançon (Doubs), mort le à Belfort (Territoire de Belfort), est un général français de la Révolution et de l’Empire. Il est le fils d'un officier d'infanterie, chevalier de Saint-Louis.

Biographie Naissance L'état civil de Claude Jacques Lecourbe est complexe : comme l'explique le chanoine Rossignot dans sa communication de 1909La naissance du général Lecourbe, M. le chanoine Rossignot, séance du 24 novembre 1909 dans MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATION DU DOUBS page 346 . . L'enfant, fils de Tiennette Vuillemot (il s'agit d'un faux nom), de la paroisse de Montbarrey bailliage de Dole, naît donc à Besançon le , et est baptisé le comme « enfant illégitime » à l'église de la Madeleine sans mention du pèreBesançon, paroisse Sainte Madeleine : baptêmes (naissances), mariages, sépultures (décès), ( janvier – 31 décembre 1759) GG97, page 32/180, avant-dernier acteGénéalogie de Claude Jacques Lecourbe sur geneanet.org avec une note individuelle.. En 1761 les parents s'étant mariésBesançon, Paroisse Sainte Madeleine : baptêmes (naissances), mariages, sépultures (décès) ( janvier – 31 décembre 1761) GG99, page 116/193, 3e acte.Ruffey-sur-Seille, Baptêmes, mariages, sépultures. 5E31/138, page 12/199, dernier acte page de droite., souhaitent la modification de l'état civil de l'enfant qu'ils reconnaissent . Ils obtiennent satisfaction et sont désormais installés à Ruffey-sur-Seille. Le même auteur continue à donner des précisions :

C'est sous ce nom de Claude Jacques Lecourbe qu'il se fera connaître en conservant ses attaches à Ruffey où il passe son enfance et fait construire entre 1810 et 1812 un château devenu la mairie-école du village. Il y sera également enterré. On a donc pu écrire que Ruffey-sur-Seille était la patrie du général Lecourbe, sans qu'il y soit né.

Jeunesse vignette|gauche|Claude Jacques Lecourbe en uniforme des volontaires du Haut-Jura par Esprit-Aimé Libour, salle du château de Versailles.

Après avoir suivi des études au collège de Poligny et Lons-le-Saunier, il laisse ses études incomplètes pour s'engager dans le régiment d'Aquitaine, où il sert pendant huit ans comme fusilier. Caporal congédié à la veille de la Révolution française, entré au sein de sa famille au commencement de la Révolution, il est appelé auprès du commandant de la garde nationale de Ruffey-sur-Seille dans le Jura en 1789.

Carrière militaire sous la Révolution Il devient chef du de volontaires du Jura, se distingue aux armées du Haut-Rhin et du Nord, obtient le grade de chef de brigade le . Promu général de brigade le , à la bataille de Fleurus, il soutient avec trois bataillons, pendant sept heures, l'attaque d'une colonne ennemie forte de .

Nommé général de division le , il attaque les troupes russes du Generalfeldmarschall Alexandre Souvorov au pont du Diable, dans les gorges du massif du Saint-Gothard, et facilite la victoire d'André Masséna à Zurich les 25 et . Lecourbe continue de se signaler éminemment pendant les campagnes suivantes, et déploie surtout dans la campagne de Suisse en 1799, les talents qui le placent au rang des plus habiles généraux de l'époque.

Lecourbe continue à s'illustrer avec l'armée du Rhin tout au long de l'année 1800. Il écrase une division autrichienne à Stockach le , s'illustre encore brillamment à Hochstadt, puis mène une poursuite efficace après Hohenlinden jusqu'à la capitulation autrichienne.

Disgracié par Napoléon et réhabilité par Louis XVIII vignette|Le général Lecourbe.

Ami du général Jean Victor Marie Moreau, Lecourbe se déclare hautement pour lui lors du procès Georges Cadoudal. S'étant attiré ainsi la disgrâce de Napoléon, il passe plusieurs années dans l'exil et n'est remis en activité qu'à la Restauration. Son amitié avec Moreau lui vaut d'être destitué par Napoléon Bonaparte et exilé dans le Jura le . Le roi Louis XVIII le nomme grand officier de la Légion d'honneur et comte. Le , quelques jours après l'abdication de , le comte d'Artois le rappelle et le , il redevient inspecteur général d'infanterie dans la militaire de Besançon. À Sainte-Hélène en 1819, Napoléon dira de lui : .

Cent-Jours et Seconde Restauration vignette|Plaque tombale de Lecourbe sur l'église de Ruffey-sur-Seille.

Toutefois, lors du retour de l'île d'Elbe, pendant les Cent-Jours, il propose ses services à Napoléon qui lui donne le commandement du basé dans le Jura et le nomme pair à la et comte de l'Empire le . Il soutient plusieurs engagements contre le corps d'armée de l'archiduc Ferdinand et se maintient dans le camp retranché qu'il a établi sous les remparts de Belfort. Lors du second siège de BelfortLe premier siège est celui de 1814 et le troisième a eu lieu durant la guerre franco-prussienne de 1870-1871., il réussit à bloquer pendant plusieurs semaines les armées coalisées avec des troupes très inférieures en nombre en s'opposant aux armées autrichiennes dans les combats de Foussemagne le , Bourogne le et Chèvremont le .

Louis XVIII prononce sa réadmission à la retraite le . Accablé par les fatigues qu'il a dû supporter pendant sa dernière campagne, Lecourbe, atteint depuis longtemps d'une maladie de la vessie, meurt le à BelfortBelfort, décès 1814–1831 cote 1E10 D19/1-36, page 112/684, acte ., où il a établi son quartier général pendant les Cent-Jours. Son tombeau se trouve à Ruffey-sur-Seille, près de Lons-le-Saunier. Son nom est inscrit sur le côté est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Hommages et postérité thumb|left|Monument au général Lecourbe sur la Place de la République à Belfort.

Un monument à sa mémoire est érigé à Lons-le-Saunier, place de la Liberté, en 1857 (date de l'inauguration), par dotation de l'empereurPlace de la Liberté à Lons-le-Saunier... La statue en pied par Antoine Étex est accompagnée de deux bas-reliefs, commandés par la ville de Lons-le-Saunier également à Antoine Étex, représentant la bataille du pont de Seefeld (1799) et la défense de Belfort en 1815..

En 1913, est inauguré à la place de la République à Belfort le monument des trois sièges, œuvre de Auguste Bartholdi et de ses élèves. Les trois défenseurs de la ville, dont LecourbeLes deux autres sont Jean Legrand (1813–1814) et Aristide Denfert-Rochereau (1870–1871)., sont placés en triangle autour d'une statue représentant une allégorie de la France et de l'Alsace.

Dans le de Paris et à Besançon, une rue a été nommée en son honneur (cf. rue Lecourbe, ).

Une partie de la correspondance du général Lecourbe est conservée aux Archives nationales sous la cote 202APArchives nationales..

Sources partielles . . Thierry Choffat, Jean-Marie Thiébaud, Gérard Tissot, « Les Comtois de Napoléon – Cent destins au service de l'Empire », préface de S.A.R. le prince Joachim Murat, Yens-sur-Morges (Suisse), Cabedita, 2006, . Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l'Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 7 Yd 307.

Notes et références

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