Le musée national des Arts asiatiques, couramment appelé musée Guimet, est un musée d'arts asiatiques situé à Paris, 6, place d'Iéna, dans le . Il a été inauguré en 1889 sous la dénomination initiale de musée des Religions. Il est un établissement public administratif depuis le 26 décembre 2003.

Fondé à l'initiative de l'industriel et collectionneur lyonnais Émile Guimet (1836-1918) pour la présentation permanente de sa collection — précédemment conservée à l'ancien musée Guimet (1879) de Lyon — le musée Guimet de Paris occupe un bâtiment spécialement construit à cet effet de 1888 à 1889 par l'architecte Charles Terrier. De 1994 à 2001, une restructuration-rénovation complète est réalisée par les architectes Henri et Bruno GaudinAndrew Ayers, The Architecture of Pari : an architectural guide, édition Axel Menges, 2004 .. Il présente aujourd'hui l'une des plus complètes collections d'arts asiatiques au monde.

La façade, les toitures et la bibliothèque ont été inscrites au titre des monuments historiques par un arrêté du ..

Accès Ce site est desservi par la station de métro Iéna.

Historique

Le musée s'est constitué à l'initiative d'Émile Guimet (1836-1918), industriel et érudit lyonnais. Grâce à des voyages en Égypte (le musée de Boulaq l'inspirera pour la muséographie de ses futurs musées), en Grèce, puis un tour du monde en 1876, avec des étapes au Japon, en Chine et en Inde, il réunit d'importantes collections d'objets d'art qu'il présenta à Lyon à partir de 1879.

Par la suite, il se spécialise dans les objets d'art asiatiques et transfère ses collections dans le musée qu'il fait construire à Paris par Charles Terrier et qui est inauguré en 1889. Le bâtiment est réalisé avec les mêmes plans que le musée de Lyon. En 1927, le musée Guimet est rattaché à la direction des Musées de France et regroupe d'autres collections et legs de particuliers. C'est désormais la plus grande collection d'art asiatique hors d'Asie.

Entre 1878 et 1925, un musée indochinoisMichael Falser: From Gaillon to Sanchi, from Vézelay to Angkor Wat. The Musée Indo-chinois in Paris: A Transcultural Perspective on Architectural Museums. In: RIHA Journal 0071 (19 June 2013)., conséquence des découvertes de l'explorateur Louis Delaporte, occupe un tiers de l'aile Passy du palais du Trocadéro ; les objets présentés sont ensuite transférés au musée Guimet, sauf 624 plâtres du temple d'Angkor qui restent au Trocadéro, donnés en 1936 au musée des monuments français, qui se trouve dans le nouveau palais de ChaillotIls sont par la suite découpés en morceaux avec soin et stockés jusqu'en 1945 en banlieue parisienne, puis jusqu'en 1973 dans les sous-sols du palais de Tokyo, puis de l'abbaye de Saint-Riquier dans la Somme, réserve du musée Guimet et du musée national des Arts et Traditions populaires ; ils sont restaurés à partir de 2002.Eric Biétry-Rivierre, « Une collection inestimable sauvée… à Morangis », in Le Figaro, lundi 6 mai 2013, ..

En 1945, une vaste réorganisation des collections entre le musée Guimet et le musée du Louvre est décidée. À l'issue de celle-ci, la quasi-totalité de la collection du Département d'art asiatique du musée du Louvre, dont faisait partie notamment la collection de porcelaine d'Ernest Grandidier, est transférée au musée Guimet qui, lui, est déssaisi de l'ensemble de ses collections d'archéologie égyptienne au profit du Louvre. Le musée Guimet devient ainsi le musée national d'art et d'archéologie asiatique tandis que le département d'art asiatique du musée du Louvre disparait.

Le musée Guimet gère aussi l'Hôtel Heidelbach, tout proche, et le musée d'Ennery consacrés, eux aussi, à l'art asiatique. Toutefois, alors que les collections sont réparties dans le musée par aire géographique et selon une évolution stylistique ayant pour but la connaissance de l'histoire des arts de l'Asie, l'approche du panthéon bouddhique est plus liée au projet originel d'Émile Guimet puisque son but est, par le choix d'objets particulièrement signifiants sur le plan iconographique, la connaissance des religions, en l'occurrence celles des formes de bouddhismes extrême-orientaux (Chine-Japon).

Les collections du musée, relativement exhaustives sur le plan de la répartition géographique de l'Asie orientale, présentent essentiellement des objets archéologiques ou d'arts anciens, et ont offert plus de diversification avec la création d'un département des textiles grâce au legs de Krishnâ Riboud.

Une place, bien que limitée, est également accordée désormais à l'art contemporain par des acquisitions et des expositions temporaires. En ce qui concerne les collections ethnologiques ou celles en marge des grands courants culturels et religieux (production des populations autrefois qualifiées de tribales), elles trouvent leur place dans le cadre du musée du Quai Branly.

S'adaptant à l'évolution du monde muséal dans lequel les missions du musée s'étendent à celles d'un centre culturel, le musée organise des manifestations culturelles liées aux cultures de l'Asie : rétrospectives cinématographiques, récitals et concerts, spectacles de danse et de théâtre.

Controverse En 2024, le musée suscite la polémique en renommant les salles « Népal - Tibet » en « Monde himalayen » dans le cadre de la refonte de son parcours de visite... Il lui est reproché également de désigner le Tibet sous l’appellation chinoise , alors que celle-ci serait inadaptée et alors que les autres régions voisines de la Chine sont désignées par leur appellation moderne...

Interpellée par le député Charles de Courson sur le sujet en mars 2025, la ministre de la Culture Rachida Dati avait défendu le musée en argumentant que la référence au monde himalayen est ancienne et que d'autres musées comme le Metropolitan Museum (New York) ou le Smithsonian (Washington DC) emploient une catégorisation similaire.

En juillet 2025, quatre associations saisissent le tribunal administratif afin de contraindre le musée Guimet à réécrire les cartels consacrés au Tibet, au motif que le musée a pour mission statutaire d'être un outil de diffusion de la culture et des connaissances et que la suppression de toute référence au Tibet contrevient à cette mission.. Cette controverse illustre, pour l'association France-Tibet, une emprise politique et culturelle de la Chine sur le musée Guimet.

Dans une tribune publiée dans le journal Le Figaro en juillet 2025, le musée Guimet réfute ces accusations et dénonce une .

Les départements de conservation : les collections

Rez-de-chaussée

Collection Asie du Sud-Est thumb|Vue en plongée sur les collections de l'Asie du Sud-Est, au rez-de-chaussée.

Cette collection, une des plus riches du muséeMusée des Arts asiatiques Guimet : le guide des collections, 2012, . Et L'art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, ., qui ouvre la visite, est, pour sa majeure partie, consacrée à la statuaire et au décor architectural de l'Empire khmer (). Elle comporte également, quoique dans des proportions moindres, des témoignages de l'Art du Champā (), de la Thaïlande (art de Dvaravati, Ayodhaya, Ayuthya), du Siam, de l'Indonésie, de la Birmanie, du Laos, du Cambodge et du Vietnam. Parmi les œuvres de cette collection, se trouve le porche de grès rose du temple khmer de Banteay Srei ()En 1923, cherchant à dérober des bas-reliefs et autres éléments du site encore peu connu, André Malraux, sa femme Clara et son ami Louis Chevasson ont été pris en flagrant délit de pillage à leur retour à Phnom Penh. Les sculptures découpées par Malraux sont déposées au musée national de Phnom Penh avant d'être intégrées dans la restauration du monument conduite par Henri Marchal. C'est à l'issue de cette restauration exemplaire qu'il fut décidé de protéger deux frontons dans des musées. Le premier a été envoyé au musée national de Phnom Penh, le second a été envoyé en France en témoignage de la restauration du temple et il est conservé, depuis 1936, au musée Guimet: Réf. : L’Art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, . : notice du catalogue, pages 172-177, en particulier 175, en bas : « envoyé en France en témoignage des travaux entrepris sur ce monument par l'École française d'Extrême-Orient ». Voir aussi : Patrick Howlett-Martin, « Où ira le buste de Néfertiti ? », Le Monde diplomatique, , juillet 2012, . La nature de ce grès a permis au monument de très bien résister au temps, et il a été démonté puis remonté dans d'excellentes conditions, sur place. Mais certaines parties n'ayant pu être remontées par manque des assises originelles sont encore à terre exposées au passage des touristes.

Le fragment visible au musée donne à voir une composition commanditée pour cette fondation shivaïte : la belle apsara Tilottama, sous un arbre dont elle était en train de cueillir les fleurs odoriférantes, lorsqu'elle est surprise par les démons Sunda et Upasunda. Les dieux ont délégué la belle afin de donner l'occasion à ces deux démons de se détruire mutuellement et ainsi mettre fin à leur démoniaque pouvoir, bien qu'obtenu par l'ascèse, telle qu'elle est conçue dans de monde de l'hindouismePour en savoir plus : lire L'Art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, . : notice du catalogue, pages 172-177.. thumb|300px|center|Fronton. Porche ouest du gopura III. Est de Banteay Srei, province de Siem Reap, Cambodge. Style de Banteay Srei, vers 967. Grès, H. 195, L. 269, P. .

Collection Inde Vestiges archéologiques Ces objets de fouilles, dont les plus rares proviennent de la civilisation de la vallée de l'Indus tandis que les plus nombreux proviennent de l'Inde du SudEn particulier le site de Virapatnam - Arikamedu, près de Pondichéry; sur Persée :, témoignent des relations commerciales de l'Inde antique avec le monde occidental, et en particulier romain.

Statuaire

Les sculptures relèvent, pour l'essentiel, des pratiques religieuses du bouddhisme, du brahmanisme et du jaïnisme qui sont apparues sur le sol du monde indien (et sur le territoire de l'ancien royaume indo-grec) et ont, pour les deux premières, généré de nouvelles esthétiques dans les arts de la Chine, du Japon et de l'Asie du Sud-Est. Souvent en pierre locale (grès rouge, marbre, schiste) elles proviennent des grands sites archéologiques de l'Inde, et un magnifique ensemble est constitué de l'art du Gandhâra (au premier étage en tant qu'arts de l'Afghanistan et du Pakistan) et de celui de l'empire Gupta.

Les bouddhistes, ainsi que les hindous et les jaïns, ont laissé des temples et monastères excavés ou construits, couverts de sculptures figuratives et de décors, dont le musée garde quelques témoins de grande qualité : en voici quelques exemples notables : Mathura, Nasik, Sânchî, Ajanta, Badami, Aihole, Ellora, Elephanta, Aurangabad, Mamallapuram, Pattadakal ou Le Kailasanatha de Kanchipuram, le Temple de Brihadesvara de Tanjore...

Objets d'art et bijoux La galerie présentant la collection Riboud expose des textiles indiens (à ne pas confondre avec les indiennes) et d'Asie, en général inaccessibles dans les autres musées, ainsi qu'une sélection de la précieuse collection de 150 objets d'art, dont certaines productions de l'art moghol relèvent de la bijouterie d'exception.

Peintures, enluminures et manuscrits

Ce sont, pour la plupart, des miniatures et quelques peintures mobiles, d'époque moghole mais où se manifeste souvent la tradition littéraire indienne. Les miniatures sont exposées, par rotation avec d'autres collections, dans la rotonde de l'ancienne bibliothèque, au premier étage.

Premier étage

Collection Chine