Charles-Louis-François de Paule de Barentin est un magistrat et homme d'État français né à Paris le et mort à Paris le . Il fut garde des Sceaux de la fin du règne de Louis XVI.

Biographie Sous l'Ancien régime Issu de la famille de Barentin, une célèbre famille de noblesse de robe, Charles Louis François de Paule de Barentin, seigneur d'Hardivillers, Maisoncelle, Tuilerie, est le fils de Charles Amable Honoré Barentin (1703-1762), seigneur d'Hardivillers, Les Belles Ruries, Malmaison, conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes, intendant de La Rochelle, puis intendant d'Orléans, conseiller d'État, et de Marie Catherine Lefèvre d'Ormesson. Il est le petit-fils de Charles Honoré Barentin, seigneur d'Hardivillers, Les Belles Ruries, maître des requêtes, intendant de Dunkerque, et celui de Henri François de Paule Lefèvre d'Ormesson, intendant des Finances, conseiller d'État.

Charles de Barentin est reçu en avril 1758 conseiller à la 2e chambre des requêtes du Parlement de Paris, avant d'être nommé en 1764 avocat général auprès du même Parlement de Paris. En 1775, il est nommé premier président de la Cour des Aides, jusqu'en 1788 .

Après la mort de son père, en 1762, il vend en 1763 le château de Malmaison.

En 1764, il est présenté au Roi, puis son épouse l'est en 1788.

En 1770, il vend le domaine et le château des Belles Ruries, situé près de Tours, qui était dans sa famille depuis la fin du XVIe siècle.

En 1773, il contribue à la reconstruction de la nef de l'église d'Hardivillers.

À partir de 1785, il fait reconstruire le château d'Hardivillers, élevé tout en pierre de taille dans un style néo classique, selon un plan en "H", sur trois niveaux : un sous-sol, un piano nobile et un attique, surmontés d'une toiture basse en ardoise.

Dans les années précédant la Révolution, il fut locataire d'une partie de l'hôtel de Tresmes, à Paris, Place Royale, aujourd'hui 26 place des Vosges, l'hôtel où habita auparavant son grand-père maternel.

En 1787, Charles Louis François de Paule de Barentin soutient Charles-Alexandre de Calonne dans ses projets concernant la restauration des finances lors de l'Assemblée des notables. Il montre ostensiblement son mécontentement concernant la convocation des états généraux, il opte plutôt pour un accord avec les parlements. Il apprécie très peu Jacques Necker, il s'oppose à ce dernier sur la question du doublement du Tiers état aux États généraux. Cela lui vaut de devenir la cible des partisans du changement politique en France. Trois mois après la première émeute de la Journée des Tuiles, il devient le , garde des Sceaux à la place de Chrétien-François de Lamoignon de Bâville. À la même date, il rétablit les parlements dans leurs anciens pouvoirs, ce qui fit dire à René-Nicolas de Maupeou en parlant de Louis XVI «Il est fini». À ce poste, il fait respecter la liberté du vote et s'oppose au fait que certains hauts personnages soient députés de droit. Prudent et prévoyant, il aurait désiré que la réunion des états généraux ait lieu à Soissons, Louis XVI de France logeant à Compiègne.

En mai 1789, il est fait chancelier et surintendant des Finances des Ordres du Roi . Il démissionne de cette charge en juillet 1789.

Pendant la Révolution Lors de l'ouverture des états généraux, le , après que le roi eut fini son discours, Charles Louis François de Paule de Barentin pousse les députés à refuser "les innovations dangereuses" que les ennemis du bien public voudraient confondre avec les changements heureux nécessaires qui doivent amener la régénération, le premier vœu de Sa Majesté». Jugé à tort comme étant le principal responsable du renvoi de Jacques Necker, il est démissionné par le roi le . Au mois de , il est accusé de crime de lèse-nation, c'est-à-dire d'avoir ourdi un complot contre la capitale, mais le tribunal du Châtelet l'acquitte, ce qui fait dire à certains Parisiens que cette juridiction est «la buanderie de la reine». Il émigre peu après à Bruxelles, puis en Piémont. En 1791, Charles Louis François de Paule de Barentin revient en France pour participer à l'épisode de la fuite de Varennes, lors de laquelle il attend Louis XVI à Montmédy. Mais le roi ne dépasse pas Varennes. Il passa ensuite la plus grande partie de son émigration en Angleterre.

Pendant son absence, ses domaines picards, à Hardivillers, dont il venait de faire reconstruire le château dans les années 1780, et Maisoncelle-Tuilerie, sont vendus comme bien national en septembre 1794, et morcelés.

Sous la Restauration Lors du retour de Louis XVIII de France, il suivit le souverain qui le fit chancelier honoraire.

Il rachète le château d'Hardivillers à Pierre-Étienne Le Couteulx, mais ses héritiers le vendront en 1826 et il sera ensuite démoli .

Décédé à Paris le , il est enterré au cimetière de Saint-Sulpice à Vaugirard Le véritable conducteur aux cimetières avant d'être transféré lors de sa fermeture au cimetière du Père-Lachaise.

Mariage et descendance Il épouse par contrat passé le 15 mai 1763 devant Delaleu, notaire à Paris, signé à Marly le même jour par le Roi et la famille royale, Anne-Albertine-Antoinette Masson de Meslay (1744-1796), fille d'Antoine Lambert Masson de Meslay, président à la Chambre des Comptes de Paris, et de Michelle Pétronille Mérault. Elle était la sœur de Jérôme-Pélagie Masson de Meslay, mort sans enfant, dont il reprit le château de Meslay le Vidame. Dont une fille, et un fils mort jeune :

Marie Charlotte Antoinette de Barentin (1765-1802), mariée en 1782 avec Charles Henri Dambray (1760-1829), chancelier de France, président de la Chambre des Pairs. Dont postérité; Charles Anne Jérôme de Barentin († Paris 25 juin 1789).

Annexes

Bibliographie

Mémoire autographe de M. de Barentin, chancelier et garde des sceaux, sur les derniers conseils du roi Louis XVI, Maurice Champion éd., Paris, 1844 (google books).

Liens internes

Château des Belles Ruries

Liens externes

Notes et références

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