Marne-la-Vallée (Prononciation en français de France (standard) retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est une ville nouvelle française située à l'est de Paris, dans la région Île-de-France, sur la rive gauche (sud) de la Marne. Elle couvre différentes communes issues majoritairement de la Seine-et-Marne, mais également de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

La ville nouvelle s'est développée à partir des années 1960, époque de la mise au point du premier schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) confiée à Paul Delouvrier, délégué général au District de la région de Paris de 1961 à 1969, qui a été à ce titre considéré comme le père des villes nouvelles en France.

En 2016, elle comptait au total sur , soit une densité moyenne de . Relativement vaste, elle s’étend sur une vingtaine de kilomètres d'ouest en est (de Bry-sur-Marne à Bailly-Romainvilliers), soit avant l'extension du périmètre d'intervention des établissements publics d'aménagement effectuée en 2017.

D'abord organisées en quatre secteurs, les différentes communes composant Marne-la-Vallée se sont ensuite regroupées en différentes intercommunalités (voir ci-après la section Composition).

Ses habitants sont appelés les Marnovalliens.

Composition et localisation Composition Le territoire de Marne-la-Vallée ne correspond pas à une collectivité mais au périmètre du projet d'aménagement, celui-ci étant mené par les Établissements publics d'aménagement de Marne-la-Vallée. Le périmètre initial regroupe les territoires de 26 communes, sur trois départements franciliens. Villeneuve-le-Comte ayant été ajoutée au périmètre d'aménagement d'Epafrance en 2011, elle est considérée par l'aménageur comme faisant partie de la ville nouvelleNos communes, nos collectivités. Consulté le 31 décembre 2013..

vignette|upright=2|alt=Carte présentant les différentes communes de Marne-la-Vallée, classées par secteur.| Les différentes communes composant Marne-la-ValléeCarte des communes de la ville nouvelle. Consulté le 31 décembre 2013. :

Pour sa gestion par les établissements publics d'aménagement de Marne-la-Vallée (Epamarne et Epafrance), le périmètre a été divisé quatre secteurs (trois dès 1972, puis le dernier, Val d'Europe, en 1987) : le (Porte de Paris) comprend une commune de la Seine-Saint-Denis, Noisy-le-Grand, et deux communes du Val-de-Marne, Bry-sur-Marne et Villiers-sur-Marne ; le (Val Maubuée) comprend six communes de Seine-et-Marne : Champs-sur-Marne, Croissy-Beaubourg, Émerainville, Lognes, Noisiel et Torcy ; le (Val de Bussy) comprend douze communes de Seine-et-Marne : Bussy-Saint-Georges, Bussy-Saint-Martin, Chanteloup-en-Brie, Collégien, Conches-sur-Gondoire, Ferrières-en-Brie, Gouvernes, Guermantes, Jossigny, Lagny-sur-Marne, Montévrain et Saint-Thibault-des-Vignes ; le (Val d'Europe) comprend six communes de Seine-et-Marne : Bailly-Romainvilliers, Chessy, Coupvray, Magny-le-Hongre, Serris et Villeneuve-le-Comte ; cette dernière ayant été ajoutée au périmètre d'aménagement d'Epafrance en 2011Légifrance - Décret n° 2011-1870 du 13 décembre 2011 modifiant le décret n° 87-191 du 24 mars 1987 portant création de l'Établissement public chargé de l'aménagement du secteur IV de Marne-la-Vallée, article 1. Consulté le 3 janvier 2014..

Localisation Située à une trentaine de kilomètres à l'est de Paris, la ville nouvelle de Marne-la-Vallée s'est essentiellement développée, comme son nom l'indique, le long de la vallée de la Marne, de l'autoroute A4 et sur quelques hauts-plateaux comme le mont d'Est localisé dans le département de la Seine-Saint-Denis.

Histoire Dans les années 1960, pour faire face au développement rapide de l'agglomération parisienne, on décida d'en maitriser l'aménagement en créant plusieurs villes nouvelles autour de Paris. La mise au point du premier Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) a été confiée à Paul Delouvrier, délégué général au District de la région de Paris de 1961 à 1969, qui a été à ce titre considéré comme le père des villes nouvelles en France.

À l'est de Paris, le choix du développement se porta sur la vallée de la rive sud de la Marne composée de petits villages et hameaux, très peu urbanisés à l'époque, et qui disposaient, donc, de vastes réserves foncières facilement mobilisables. Contrairement aux autres villes nouvelles, telles Cergy-Pontoise ou Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée ne sera pas organisée autour d'un seul centre d'agglomération créé de toutes pièces, mais plutôt autour de nombreux centres urbains, reliés entre eux par le RER et l'autoroute A4, les deux axes majeurs de la ville nouvelle. Ce modèle d'agencement s'inspire des villes nouvelles suédoises, construites en banlieue de Stockholm, .

Pour des raisons pratiques et logiques, l'urbanisation s'est décidée d'ouest en est, sur la base de quatre secteurs d'aménagement : Porte de Paris, Val Maubuée, Val de Bussy, Val d'Europe. Les quartiers les plus anciens de la ville nouvelle sont donc situés dans les secteurs 1 et 2 (Porte de Paris et Val Maubuée) autour des centres-villes existants. Leur développement est aujourd'hui quasiment achevé. Les secteurs 3 et 4 sont quant à eux, actuellement en plein essor et en pleine urbanisation.

Depuis l'extension du périmètre d'intervention d'Epamarne, certains secteurs de la ville nouvelle ont vu leur nom modifié : le secteur 1 Porte de Paris est devenu Métropole du Grand Paris, Val Maubuée est Paris-Vallée de la Marne, Val de Bussy est Marne-et-Gondoire.

Chronologie Chronologie des évènements dans la ville nouvelle : 1965 : le schéma directeur d'aménagement urbain prévoit la création de cinq villes nouvelles autour de Paris. À l'Est, c'est le site de Marne-la-Vallée qui est retenu. 1969 : le projet prend forme avec la Mission d'études et d'aménagement de la Vallée de la Marne.. : création de l'établissement public d'aménagement de Marne-la-Vallée (Epamarne). 1974 : mise en service de la station d'épuration des eaux usées de Marne-la-Vallée (Saint-Thibault-des-Vignes). 1977 : mise en service de la ligne A du RER jusqu'à Noisy-le-Grand-Mont d'Est. 1980 : extension du RER A jusqu'à Torcy, à cette époque, la gare s'appelait « Torcy - Marne-la-Vallée ». 1983 : la loi Rocard modifie le statut des villes nouvelles et création du syndicat d'agglomération nouvelle du Val Maubuée, succédant au syndicat communautaire d'aménagement de l'agglomération nouvelle de Marne-la-Vallée - Val Maubuée créé en 1972. : création d'un établissement public d'aménagement pour le secteur (Epafrance) dont la direction et le personnel restent communs avec Epamarne. : création du syndicat d'agglomération nouvelle des Portes de la Brie (devenu Val d'Europe en 2001). : extension du RER A jusqu'à Marne-la-Vallée - Chessy – Parcs Disneyland. : ouverture d'Euro Disney Resort, renommé depuis Disneyland Paris. : mise en service de l'interconnexion Est du TGV desservant Marne-la-Vallée - Chessy. 1995 : ouverture de la gare de Bussy-Saint-Georges, sur le RER A. 1997 : déménagement de l'École nationale des ponts et chaussées sur le Campus Descartes. 1999 : mise en service de la ligne E du RER (Éole) jusqu'à Villiers-sur-Marne - Le Plessis-Trévise. 2000 et 2001 : ouverture du centre commercial Val d'Europe et de la gare RER de Serris - Montévrain – Val d'Europe. 2003 : prolongement du RER E vers Tournan, permettant de desservir les gares des Yvris-Noisy-le-Grand et d'Émerainville - Pontault-Combault. 2006 : ouverture d'une sous-préfecture à Torcy. 2014 : ouverture du système de stations d'écomobilité 2017 : extension du périmètre d'intervention d'Epamarne avec , dont Chelles, Sucy-en-Brie, Champigny-sur-Marne et Thorigny-sur-Marne.

Transports : accompagnement du développement urbain par le RER et Transilien Création de la branche Marne-la-Vallée du RER A vignette|gauche|La gare de Torcy.

Un embranchement du RER A ayant pour vocation de desservir la ville nouvelle de Marne-la-Vallée est étudié dès 1964. Cette nouvelle ligne doit accompagner le développement des deux premiers secteurs d'urbanisation de la ville nouvelle et desservir les premiers quartiers édifiés, dont le principal est le Mont d'Est à Noisy-le-Grand, qui est devenu un centre d'affaires. Le tracé, partant entre les gares de Vincennes et Fontenay-sous-Bois est prévu en deux étapes, dont la première est déclarée d'utilité publique en 1973. Les travaux se déroulent d' à . Ainsi, la gare de Vincennes devient la gare de bifurcation des branches orientales de Boissy-Saint-Léger et Noisy-le-Grand.

Le , jour de l'ouverture du tronçon central, la branche de Noisy-le-Grand-Mont d'Est, longue de , est mise en service, avec trois nouvelles gares intermédiaires. Après Vincennes, et une traversée en souterrain du plateau de Romainville, la première gare est Val de Fontenay. Elle dessert la ZUP de Fontenay-sous-Bois et permet une correspondance avec la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville. Après Val-de-Fontenay, Le RER circule sur le viaduc de Neuilly-Plaisance et dessert Neuilly-Plaisance. Franchi la Marne, le tracé du RER fait halte à Bry-sur-Marne.. Au-delà, le tracé s'engouffre en souterrain pour desservir Noisy-le-Grand-Mont d'Est et son centre urbain régional (CUR).

Trois années plus tard, la branche de Noisy-le-Grand est prolongée de en direction de l'est jusqu'à Torcy, gare qui porte le nom de Torcy - Marne-la-Vallée jusqu'en 1992. Le tracé dessert l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, le centre urbain de Noisiel, et franchit le ru du Val Maubuée, entre les deux dernières gares de Lognes et de Torcy, par un viaduc en béton précontraint.

Le prolongement est inauguré le par Michel Giraud, président du conseil régional d'Île-de-France. Il s'accompagne d'une réorganisation du réseau d'autobus afin d'assurer un meilleur rabattementJean Tricoire, op. cit., .. La section n'est au départ exploitée qu'en simple navette dans l'attente de nouveaux matérielsBernard Collardey, op. cit., ..

Desserte du parc Disneyland Paris Durant les années 1980, l'entreprise américaine est convaincue des atouts de l'Île-de-France pour l'accueil de son futur parc d'attraction implanté en Europe. Un site est pressenti, au cœur des grandes cultures céréalières de la Brie française, à l'est de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. La RATP étudie dès ce moment les possibilités de desserte du nouveau parc et avance prudemment l'idée d'un transport routier en site propre équipé de bus articulés, mais les Américains souhaitent une desserte ferroviaire par le RER. Au vu du développement économique probable apporté par la création d'un parc, l'État accepte de prolonger la ligne A jusqu'à Chessy et de prendre à sa charge les travaux, le financement étant trouvé hors de l'enveloppe déjà négociée dans le cadre du .

Le , le gouvernement français signe un protocole avec la société Walt Disney établissant les conditions d'implantation du parc de loisirs Disneyland. La desserte ferroviaire est assurée par un nouveau prolongement de la ligne A, de onze kilomètres à partir de Torcy. Une convention est finalement signée le afin d'entériner le projet, modifié avec l'implantation d'une gare TGV accolée à l'est de la gare terminale du RER. Le syndicat des transports parisiens, devenu Île-de-France Mobilité, prend en considération le schéma de principe du prolongement le Jean Tricoire, op. cit., p. 66..

Les travaux sont engagés en . Ils nécessitent de remodeler l'arrière-gare de Torcy, avec création d'un hall d'entretien et la création de voies de garages, réaliser l'infrastructure du prolongement proprement dit, et réaliser une gare terminale à Chessy, à l'entrée du parc d'attractions, dessinée par le cabinet Viguier-Jodry pour s'harmoniser avec le « style Euro Disney ».