Le Football Croix-de-Savoie 74 est un club de football français créé en 2003, né de la fusion du Football Club de Gaillard et du Football Club de Ville-la-Grand, deux clubs hauts-savoyards. En 2007, le club fusionne avec l'Olympique Thonon Chablais pour former l'Olympique Croix de Savoie 74 (au moment où Ville-la-Grand quitte d'ailleurs l'association) qui deviendra en 2009 l'Évian Thonon Gaillard Football Club.

Sous l'impulsion de l'ancien joueur professionnel Pascal Dupraz, le Football Club Gaillard, petite ville de Haute-Savoie, parvient à s'extraire des championnats régionaux pour s'installer au niveau national (CFA 2, puis CFA) à la fin des années 1990. Pour pouvoir pérenniser la présence du club à ce niveau, les dirigeants s'associent en 2003, avec un autre club de la banlieue d'Annemasse, le FC Ville-la-Grand.

Le nouveau club, baptisé Football Croix-de-Savoie 74, dans le but de fédérer les haut-savoyards derrière un projet footballistique ambitieux commun et jusqu'alors inédit depuis l'aventure en deuxième division du CS Thonon (années 1980) puis du FC Annecy (début des années 1990), va continuer son expansion en passant deux saisons en championnat de France National (). Mais de graves problèmes internes (financiers notamment) menacent la survie du club. Et c'est ainsi que Franck Riboud, président-directeur général du groupe Danone, fortement implanté dans le Chablais, est approché. Intéressé par le projet de la famille Dupraz, alors aux commandes du club, il œuvra, en collaboration avec eux, à la structuration de ce club qui fusionnera à nouveau, en s'associant avec l'Olympique Thonon Chablais.

Historique Football Club de Gaillard (1924-2003) Genèse (1924-1991) vignette|gauche|alt=Logo sur lequel est inscrit : sur une première ligne « FC » avec entre les deux lettres, un dessin d'un corbeau à qui l'on a ajouté des serres tenant un ballon de football, et sur une deuxième ligne « Gaillard ». |Logo du FC Gaillard avec le fameux corbeau En 1924 à Gaillard, quelques amis, revenus de la Première Guerre mondiale six années plus tôt, désirent prolonger leurs aventures à travers le sport et plus particulièrement le football. Les matches ont alors lieu près de l'Arve (rivière traversant la Haute-Savoie pour se jeter dans le Rhône à Genève), au Stade des Corbeaux, situé à proximité d'une exploitation agricole où étaient élevés chèvres et chevaux dont les déjections attiraient des nuées d'oiseaux (d'où le nom de cette plaine en périphérie de la ville). Le premier président est Édouard Bozio, évoluant également comme joueur, puis François Croset prend le relais, en cumulant, lui-aussi, les postes de président, entraîneur-joueur et capitaine, au côté d'une autre figure emblématique du club, Auguste Paterlini, dit Kiki. Le siège du club est à l'époque situé chez Monsieur Grognux qui tient un café en face de l'église. L'établissement sert aussi de vestiaires où les joueurs se changent avant de rejoindre le stade à vélo. Le club participe aux différents championnats départementaux portant plus ou moins haut les couleurs de ceux qui sont alors surnommés « les Maraîchers »..

En 1940, alors que l'équipe évolue en « Promotion de District », la Guerre a éclaté et la Haute-Savoie subit l'Occupation et le club est contraint de stopper temporairement son activité. Mais une fois la paix retrouvée, le football reprend à Gaillard en 1946 sous l'impulsion de Robert Bartschi. Le , une équipe est engagée en « Deuxième Série Départementale » de l'époque, et dès 1950, elle retrouve la « Promotion de District ». En 1957, l'équipe emmenée par une figure du club, Roland Détruche, intègre la « Promotion de Ligue » (deuxième division régionale, antichambre de la division d'Honneur) mais est instantanément rétrogradée en « Promotion de District » où elle restera trois saisons, pour finalement se retrouver à nouveau en « Première série de District » en 1961, ayant terminé la saison à la treizième place..

Les années 1960 voient la remontée de l'équipe au niveau de la Ligue ainsi que le début de la structuration du club qui, symboliquement, choisit définitivement jaune et noir comme couleurs. L'effectif gaillardois remporte le championnat de « Première division de District » en 1963, puis l'année de la promotion en « Promotion de District » il finit deuxième et monte déjà à l'échelon supérieur. Cependant l'exercice de la « Promotion de Ligue » est trop dur pour l'équipe qui finit à la huitième place, et est ainsi reléguée, pour un point, à l'issue de la saison 1964-1965. Pas avare de mouvements d'ascenseurs, preuves d'une ambition et d'un acharnement forts, l'équipe remonte l'année de la relégation (finissant deuxième de la Promotion de District derrière l'US La Roche-sur-Foron) et s'installe temporairement en Promotion de Ligue, où elle évoluera de 1967 à 1970..

De 1970 à 1982, après deux descentes consécutives, l'équipe évolue en championnats de District, stagnant en Première division entre maintien arraché (neuvième en 1978) et promotion manquée (deuxième en 1976 et 1980). Jusqu'en 1975, le club continue de jouer au Stade des Corbeaux, puis s'installe au nouveau Stade Louis Simon, remontant ainsi petit à petit vers le centre de la commune de Gaillard qui se développe par la suite à proximité de ce quartier. Le siège du club se situe maintenant à la brasserie Lambrigger et compte cent-vingt licenciés, répartis en huit équipes : poussins, pupilles, minimes, cadets, juniors et trois équipes de seniors. L'équipe fanion compte alors dans ses rangs Salvatore Mazzeo, futur dirigeant du club et conseiller municipal de la ville. En 1985, les jaunes et noirs remontent en « Promotion Honneur Régional » de la Ligue Rhône-Alpes de football (équivalent de l'ancienne « Promotion de Ligue », régionale). À l'issue de cette première saison en PHR, le club se maintient et finit même à la deuxième place. Mais il faudra attendre la saison 1989-1990 pour monter en Division d'Honneur Régional (finissant champion de la Poule B deux points devant le CA Saint-Jean-de-Maurienne). Au bout d'un an en DHR, les dirigeants, Maryan Baquerot et Salvatore Mazzeo, en concertation avec l'entraîneur Jacky Veggia, entament une nécessaire structuration du club..

Arrivée de Pascal Dupraz (1991-2003) vignette|gauche|alt=Photographie montrant Pascal Dupraz habillé d'un survêtement bleu et d'un bonnet blanc jonglant avec un ballon sur une pelouse|Pascal Dupraz un des hommes qui emmena le FC Gaillard au plus haut niveau, ici en 2013 En 1991, Pascal Dupraz pense déjà à sa reconversion professionnelle et intéresse encore quelques clubs de deuxième division, notamment le SC Bastia, qui lui propose alors un contrat qu'il juge intéressant. Mais lorsque Baquerot lui propose de revenir dans sa région natale pour aider l'équipe première du club de sa ville, il n'hésite pas à accepter, d'autant plus que ce dernier, également directeur des ressources humaines au Palais des Nations, lui garantit en prime un poste de salarié à l'Office des Nations unies à Genève, d'abord chargé de l'entretien, il deviendra à terme responsable du département logistique du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés... Dupraz concède avoir fait quelques sacrifices lorsqu'il décida de s'engager avec Gaillard, basculant dans l'amateurisme, avec des . Cependant, il n'émet aucun regret quant à ce choix, officialisé le , considéré par les historiens du club, comme majeur : et pour le club, et pour sa propre vie professionnelle et personnelle. Les résultats le prouveront très rapidement. En effet dès 1993, l'équipe, composée notamment de Maurice Payot futur dirigeant du club, se promeut en Division d'honneur, le plus haut niveau régional, à la suite d'un match de barrage (pour le groupe B) au stade municipal de Chambéry contre la réserve du Grenoble Norcap.. Pour ce qui est de la Coupe de France, en février de la même année, l'équipe ne s'incline qu'au de la compétition, dans les prolongations d'un match perdu trois buts à zéro face au FC Martigues, marqué par la blessure du meneur Dupraz au tendon d'Achille..

À la suite de la promotion en DH, Pascal Dupraz devient entraîneur-joueur et en profite pour appeler à ses côtés le second joueur professionnel (après lui-même) venu participer à l'aventure du FC Gaillard, Thierry Taberner, qu'il a côtoyé dans ses anciens clubs (AJ Auxerre, SC Bastia et SC Toulon). Les exigences qu'impose l'élaboration du projet du club deviennent de plus en plus contraignantes pour des footballeurs amateurs découvrant un niveau supérieur à celui auquel ils étaient habitués. Par exemple, les joueurs passent de deux à cinq entraînements par semaine. L'application est maximale tout au long de la saison et le maintien est assuré par une honorable quatrième place. L'entraîneur et l'équipe ne cèdent pas au relâchement si bien que dès la deuxième saison en DH, Gaillard est tout proche d’une montée éclaire en Championnat de France amateur 2. Mais l'équipe termine finalement l'US Vénissieux et doit encore attendre six ans pour arriver à ses fins et se promouvoir à l'échelon supérieur.

En 1999, l'équipe emmenée par l'ancien professionnel Joël Fréchet et Pascal Dupraz, toujours entraîneur-joueur, est en lutte durant tout le championnat avec le FC Bourgoin-Jallieu. La montée se joue lors du dernier match à domicile contre cette même équipe, le FC Gaillard l'emporte finalement deux buts à un..

En fin de saison 2001-2002, après trois saisons en CFA2, le club se qualifie pour les barrages d'accessions au Championnat de France amateur (CFA), le quatrième échelon du football français, en finissant troisième de son groupe, derrière l'Union sportive Saint-Georges-les-Ancizes et la réserve de l'ASOA Valence qui ne peut pas monter. Le club doit ainsi initialement disputer des barrages contre trois autres équipes s'étant classé deuxièmes de leur groupe. Le FC Gaillard se retrouve dans une poule constituée de l'Union sportive de Forbach, l'Union sportive de Luzenac et l'Entente provençale de Manosque.. Finalement, la FFF permet aux quatre clubs d'accéder au CFA, les barrages d'accessions ayant donc été inutiles puisque des places s'étaient libérées par le jeu des rétrogradations administratives d'autres clubs.. Cette même année, le club s'illustre également en Coupe de France battant les rivaux locaux du Football club sportif Rumilly (qui les avaient sortis de la compétition aux tirs au but à l'issue d'un derby houleux une année plus tôt), puis les professionnels du FC Martigues au , réalisant ainsi un exploit qui restera un moment important dans l'histoire du club, avant de s'incliner face au AC Ajaccio qui avait aligné l'équipe type pour ce match, ayant tiré des enseignements de l'élimination des Martégaux qui s'étaient privés de quelques titulaires..

Au terme de sa première saison en CFA, l'équipe parvient à se maintenir, grâce notamment à l'attaquant réunionnais Franck Chow Yuen, le milieu Bernard Bouchon, le défenseur Jérôme Adam, ou encore aux performances du jeune gardien Johann Durand (arrivé en 2000 à 19 ans du Servette de Genève où il a été formé), qui supplée Yannick Crampel avec brioFiche de Johann Durand, sur croixdesavoiefan.net, consultée le 4 mai 2013....