thumb|upright=1.5|Localisation de l'usine George-Besse II (GB2) sur le site nucléaire du Tricastin

L'usine Georges-Besse II est une usine d'enrichissement de l'uranium à des fins civiles, située sur le site nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, exploitée par Orano (ex-Areva). Elle remplace l'usine Georges-Besse, dénommée avant 1988 usine Eurodif, qui a fonctionné de 1978 à 2012.

Après un débat public organisé en 2004, un accord quadripartite est signé entre la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas à Cardiff le . La construction de l'installation est autorisée par décret du . Orano n'autorise la publication d'aucune photo de ce site, de crainte d'espionnage industrielAFP - 2 juin 2012 : Georges Besse 2, un site Areva d'enrichissement protégé des regards indiscrets . L'inauguration a lieu en suivie d'une montée en puissance progressive.

L’usine Georges-Besse II est rattachée, d’un point de vue opérationnel, au site nucléaire du Tricastin exploité par Orano.

Histoire Nécessité de remplacer l'usine Georges-Besse Afin de ne pas être dépendant de l'étranger sur l'ensemble du cycle du combustible nucléaire, la France construit en 1978 en association avec la Belgique, l'Italie et l'Espagne une installation d'enrichissement de l'uranium : l'usine Eurodif 777 qui sera rebaptisée « usine Georges Besse » en 1988 à la suite de l'assassinat de Georges Besse, premier président du directoire de la société Eurodif, par le Groupe de lutte armée "Action directe" 43.

La durée de vie de cette installation est estimée lors de la construction à 25 ans, ce qui conduit à une fin d'activité en 2003. Toutefois des opérations de maintenance et de modernisation des bâtiments vont permettre de prolonger cette durée de vie d'au moins une dizaine d'années, ce qui porte la fin d'activité à 2013. Compte tenu des délais d'instruction et de construction d'une nouvelle usine, l'exploitant Areva réfléchit dès 2003 à un nouveau projet qui soit techniquement et commercialement admissible 17.

Choix du procédé et autorisation de l'installation Trois procédés sont en concurrence : la diffusion gazeuse, l'enrichissement par Laser SILVA et la centrifugation. Pour des raisons économiques, de fiabilité et de rapidité de mise en œuvre, Areva retient la centrifugation et choisit d'acquérir la technologie auprès de son concurrent européen Urenco. Des accords industriels sont signés le qui prévoient l'entrée d'Areva à hauteur de 50 % dans le capital de la société ETC (Enrichment Technology Company), filiale d'Urenco qui développe la technologie et fabrique les centrifugeuses, ainsi que le transfert du droit d'utilisation de la technologie et l'achat de centrifugeuses à Areva 386. Cet accord est conditionné à la signature d'un accord quadripartite intergouvernemental entre la France et les trois pays signataires du Traité d'Almelo (Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas) et à celui des autorités européennes de la concurrence 20. La construction sera réalisée à l'intérieur du site existant du Tricastin, permettant d'éviter tout impact nouveau sur le plan de l'aménagement du territoire ou d'infrastructures. Le coût du projet est alors estimé à d'euros et la durée des travaux à une dizaine d'années 24.

Saisie par Areva en application de la loi du qui prévoit la participation des citoyens à l'élaboration des projets de grands équipements 4, la Commission nationale du débat public décide le que le projet de nouvelle usine d'enrichissement, baptisée Georges-Besse II, doit faire l'objet d'un débat public dont elle confie l'organisation à Areva, maître d'ouvrage du projet 34. Celui-ci est organisé du au et son bilan est présenté le . Les questions de la population ont porté sur l’opportunité du projet, les aspects économiques et techniques, la sûreté et la sécurité, l’économie locale et l’emploi et enfin la fiscalité locale. Certaines, comme les modalités de démantèlement des bâtiments et des équipements, le sort des tours aéroréfrigérantes, l’avenir des installations de Georges-Besse (dont la «ferme aux crocodiles» utilisant l’eau chaude produite), n'ont eu que des réponses provisoires renvoyant à des décisions ultérieures 8-10.

L'accord quadripartite entre le gouvernement français et les gouvernements néerlandais, allemand et britannique est signé à Cardiff le . Conclu pour une période de 30 ans, et prorogeable par tacite reconduction pour des périodes de 10 ans, cet accord constitue une déclinaison, adaptée à la France, du traité qui lie depuis 35 ans l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour l'exploitation d'Urenco.. Le projet de loi autorisant la ratification de cet accord est examiné au sénat le puis signé.. Il est ratifié le . Le même jour Areva NC entre dans le capital de ETC (Enrichment Technology Company).

Les travaux de construction durent 4 ans et l'inauguration de cette nouvelle usine a lieu le par Anne Lauvergeon, alors présidente du Directoire d’Areva, en présence de plus d’une centaine de clients 88 . Le , sa production est suffisante pour permettre le passage de relais avec l'usine Eurodif/Georges-Besse, et donc la fermeture de celle-ciLe Figaro : Areva ferme son site historique du Tricastin.

L'usine Georges-Besse II a atteint en 2016 sa pleine capacité de (millions d'UTS)AREVA : Enrichissement : atteinte de la pleine capacité de l’usine Georges Besse II, Euronext, 18 janvier 2017..

À la suite de la restructuration de la filière nucléaire en France, le groupe Areva se recentre sur les activités liées au cycle du combustible. Celles-ci sont rassemblées dans une nouvelle entreprise d’abord baptisée NewCo (ou NewAreva)La restructuration d'Areva pratiquement finalisée - source SFEN, 1er août 2017. Le , NewAreva devient OranoNew Areva change de nom et devient Orano - source Le Monde, 23 janvier 2018. Cette modification n’affecte pas l’usine Georges-Besse II : seul le nom de son opérateur change.

Extension Le , le conseil d'administration d'Orano valide le projet d'extension de l'usine d'enrichissement d'uranium du Tricastin. Les capacités de production du site seront augmentées de 30 % d'ici à 2028 pour un coût d'investissement estimé à 1,7 milliard d'euros. La part d'Orano dans le marché mondial de l'enrichissement est estimée à 12 %, contre 45 % pour le russe Rosatom, 31 % pour l'entreprise anglo-germano-néerlandaise Urenco et 12 % pour le chinois CNNC. L'objectif d'Orano est de contribuer à la baisse des importations russes des États-Unis à 15 % d'ici à 2028 contre 25,5 % en 2022Sharon Wajsbrot, Nucléaire : Orano investit massivement pour concurrencer l'uranium enrichi russe, Les Échos, 19 octobre 2023..

Descriptif L'usine Georges-Besse II se fournit en hexafluorure d'uranium auprès de l'usine Comurhex de Pierrelatte située elle aussi sur le site nucléaire du Tricastin. Elle livre l'uranium enrichi qu'elle produit à la Franco-Belge de fabrication du combustible (FBFC).

Sûreté Cadre réglementaire La loi du relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, dite loi TSN, et notamment son article 29, précise que les installations nucléaires doivent être autorisées par un décret du Premier ministre après instruction des autorités compétentes. L’exploitant doit à cet effet déposer un dossier démontrant comment son installation fonctionnera en limitant au maximum les impacts sur l’homme et son environnement et en maîtrisant les risques associés. Après une instruction technique, le public est consulté dans le cadre d'une enquête publique et au travers d'éventuels autres organismes (Commission locale d'information, Autorité environnementale, Autorité de sûreté nucléaire). Le décret d’autorisation de création fixe le périmètre et les caractéristiques de l’installation, les règles particulières auxquelles doit se conformer l’exploitant et les prescriptions techniques relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire.

L’usine Georges-Besse II est, dans le cadre de la nouvelle réglementation postérieure à 2006, l'installation nucléaire de base numéro 168. Elle a été autorisée par décret du ..

Gestion des risques Gestion des situations d'urgence

Notes et références Simone Courteix, La coopération européenne dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium , 1974, (voir dans la bibliographie)

Débat public sur la construction de l'usine Georges Besse II - Dossier du maître d'ouvrage,

Débat public sur la construction de l'usine Georges Besse II - Bilan,

Voir aussi Articles connexes Industrie nucléaire en France Enrichissement de l'uranium Enrichissement de l'uranium en France Usine Georges-Besse Société d'Enrichissement du Tricastin

Liens externes

Bibliographie

Georges Besse II