L'usine Philippe-Coste, Comurhex II de Pierrelatte est une installation nucléaire d'Orano, située sur le site nucléaire du Tricastin dans la commune de Pierrelatte. Orano qui exploite le site y procède à la conversion de tétrafluorure d'uranium, en provenance du site de Malvési, en hexafluorure d'uranium (UF6), destiné à être ensuite traité dans l'usine Georges-Besse II sur le même site par la société Eurodif Production pour produire de l'uranium enrichi.

L'usine a été classée secrète jusqu’au , où elle a été déclassée à la suite de la décision du .

L’usine Comurhex est rattachée, d’un point de vue opérationnel, au site nucléaire du Tricastin exploité par Orano.

Histoire D'automne 1961 à , les Usines chimiques de Pierrelatte sont construites sous la direction de Philippe Coste, un ingénieur de l'école Polytechnique et des Mines (X-Mines).. En 1962 est créée la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte (SUCP) afin de produire l’hexafluorure d'uranium (UF6) nécessaire pour alimenter l'usine d'enrichissement de l'uranium du programme nucléaire militaire de la France.

En 1971 est créée la société Comurhex, par regroupement de la SUCP et des activités de l'usine de Malvési.

En , le siège de Comurhex est transféré de Vélizy à Pierrelatte. 47 emplois sur 346 sont supprimés à l'usine de Pierrelatte..

Projet Comurhex II En , Areva (désormais Orano) annonce son projet - intitulé Comurhex II - de nouvelles usines de conversion de l'uranium. Le projet, qui est réparti sur les sites Comurhex de Pierrelatte et de Malvési dans l'Aude, atteint un montant total d'environ d'euros. Les travaux de génie civil ont commencé en . La pleine capacité de production est estimée à annuelles, avec une capacité d'extension possible à annuelles, 87.

En , le ministre de l'industrie Éric Besson, accompagné par Sébastien de Montessus, le responsable Mines d'Areva, fait un voyage auprès des autorités du Kazakhstan, car il projette de faire entrer le groupe kazakh Kazatomprom au capital de , en contrepartie de la montée en régime de la mine d'uranium de Tortkuduk d'Areva au Kazakhstan..

Au début de 2012, Areva annonce une dépréciation de 212 millions d'euros sur le projet Capital, 2 mars 2012, Areva a dévoilé une perte nette de 2,4 milliards d'euros pour 2011.

En , la CFDT affirme que le démarrage de Comurhex 2 est reculé, et que l’autorisation de continuer l’exploitation de Comurhex 1 toujours pas obtenue.. En , la CGT affirme que le coût du projet Comurhex II aurait doublé pour atteindre plus de 1,2 milliard d'euros..

En , la CGT s'inquiète du risque que l'usine de Pierrelatte n'ait pas les capacités pour accueillir la production de l'usine Areva Malvési en raison de retards dans la réalisation du projet Comurhex II..

En , le redémarrage de l'usine Comurhex 1, alors à l'arrêt, est conditionnée par l'ASN à la remise à niveau des moyens de limitation des conséquences des rejets chimiques..

Le , l’usine historique de conversion Comurhex I, cesse définitivement sa production industrielle après 55 ans de fonctionnement et près de 460 000 tonnes d’hexafluorure d’uranium (UF6) produites. Elle sera remplacée courant 2018 par la nouvelle usine Comurhex II, alors en test. Orano confirme que « l’ensemble du personnel de Comurhex I sera affecté dès 2018 à la poursuite des essais » de Comurhex IITricastin: arrêt de la production de Comurhex I source : La Provence.

Orano a inauguré Comurhex 2 le . L'investissement a subi six ans de retard et a vu sa facture doublée, à 1,15 milliard d'euros. Orano prévoit une production de mi-2019, puis de fin 2020, sa capacité maximaleUranium : Orano inaugure son usine à plus d'un milliard au Tricastin, Les Échos, 10 septembre 2018.. L'usine est baptisée Philippe CosteQuel avenir pour Philippe Coste, la nouvelle usine d’Orano qui valait un milliard, L'Usine nouvelle, 11 septembre 2018.. Par rapport à l'ancienne usine arrêtée fin 2017, Comurhex 2 réduit les consommations de réactifs chimiques : ammoniac -75 %, acide nitrique -50 %, potasse -60 %, et divise par dix la consommation d'eau..

Descriptif L'usine Philippe-Coste, Comurhex II de Pierrelatte produit des matériaux pour différents secteurs industriels 74 : l'industrie nucléaire : de l'hexafluorure d'uranium pour le combustible nucléaire destiné à la production d’électricité et aux réacteurs nucléaires militaires, et du trifluorure de chlore pour le nettoyage industriel des installations, l'industrie microélectronique : de l'hexafluorure de tungstène et du fluor pour la fabrication des cartes à puces de téléphones, GPS…, l'industrie automobile : un mélange de fluor et d’azote pour l’étanchéité des réservoirs d'automobiles.

Les tonnages annuels de produits finis sont les suivants :

Produit2004 792005 7520062007 naturel 162 0 466 537 Produits fluorés 70,5 58 59 51

La Comurhex exporte 58 % de sa production : en Asie 21 %, aux États-Unis 20 %, en Europe 17 %..

Sûreté

À la suite d'une simulation d'accident à Pierrelatte le , l'autorité de sureté nucléaire (ASN) a remarqué que les locaux utilisés pour gérer une situation de crise ne sont "pas adaptés au risque sismique" et "ne possèdent pas de système de filtration permettant la survie au passage d'un nuage toxique"www.asn.gouv.fr , 02 septembre 2004 : Inspection n° 2004-CMURHX-0002 - Gestion de crise et plan d'urgence interne. Le réseau d'associations Sortir du nucléaire a alors dénoncé "une sûreté défaillante"Communiqué de presse du Réseau Sortir du nucléaire du 16/11/2004 intitulé Avant l'ouverture du capital d'Areva : La sûreté défaillante à l'usine Comurhex (Drôme).

En , une petite fuite d'uranium a été détectée jeudi sur une canalisation des réseaux d'effluents. La fuite a été détectée sur une canalisation enterrée, qui n'était normalement plus utilisée22/08/2008 : AFP - Petite fuite d'uranium sur le site Comurhex de Pierrelatte (Drôme).

Références

Voir aussi Articles connexes Enrichissement de l'uranium Enrichissement de l'uranium en France Site nucléaire du Tricastin

Liens externes Sur le site de l'ASN : L'usine de préparation d'hexafluorure d'uranium (Comurhex)

Comurhex