thumb|right|Église adventiste (Orel, Russie) Cet article décrit le dialogue interreligieux de l'Église adventiste du septième jour avec les autres dénominations chrétiennes et les grandes religions. L’Église adventiste est engagée dans des conversations interconfessionnelles mais elle n’est pas membre du Conseil œcuménique des Églises. Aux niveaux nationaux, les adventistes dialoguent avec les autres religions, mais c’est le processus global qui est essentiellement décrit ici.

Principes Dialogue Le dialogue avec les autres religions fait partie du processus de relations de l'Église adventiste du septième jour. John Graz explique : « Nous voulons mieux connaître les autres religions, et nous souhaitons qu'elles nous connaissent mieux. [...] Engager le dialogue ne signifie pas que nous poursuivons un agenda œcuménique. C'est dire que nous voulons atteindre les gens au-delà de la communauté chrétienne et converser avec les autres religions. Nous voulons avoir de bonnes relations »Elizabeth Lechleitner, World Church: Leaders to Cultivate 'Relationship of Relating' Between Adventists and Major Faith Groups, ANN, 23 janvier 2007..

thumb|right|Ichthus (le poisson), le symbole du christianisme primitif

En , à la session de la Conférence générale de l'Église adventiste à Toronto au Canada, les adventistes votèrent une déclaration officielle sur « la liberté religieuse, l'évangélisation et le prosélytisme » (postée intégralement, comme toutes les déclarations de l’Église adventiste, sur son site officiel). Elle indique que tous les êtres humains doivent être traités avec respect et dignité :

« Les individus doivent être véridiques et transparents dans leurs contacts avec les autres groupes religieux. Les termes utilisés doivent éviter d'offenser les autres communautés religieuses. On ne doit pas prononcer des déclarations qui sont fausses ou qui ridiculisent les autres religions. »A Seventh-day Adventist Statement on Religious Liberty, Evangelism, and Proselytism, Session de la Conférence générale 2010.

William Johnsson, un expert adventiste du dialogue interconfessionnel, indique que les adventistes visent trois objectifs dans leurs conversations avec les autres religions :

Coopérer en faveur des communautés : secours humanitaire, action médicale, lutte contre l'illettrisme, etc. Écouter et chercher à comprendre : " Nous voulons que les dirigeants des autres religions sachent qui sont les adventistes et quelles sont nos valeurs. Nous voulons les comprendre, éliminer les faux stéréotypes et la désinformation. " Développer une amitié sincère avec les autres religions. Ce dialogue ne signifie pas le compromis ou le syncrétisme mais la recherche du respect mutuel, de la cordialité et de la coopération dans des causes nobles<ref>Rachel Davis, Global faith conversations, Spectrum, Vol.38, numéro 1, Hiver 2010.</ref>.

Liberté religieuse

" Les adventistes du septième jour croient que la liberté religieuse est un droit de l'homme élémentaire ".

Depuis plus d'un siècle, l'Église adventiste défend activement la liberté de conscience pour tous, quelle que soit leur religion ou leur conviction, dans le respect de l'ordre public et de la dignité de la personne. Elle fonda en 1893 l'Association internationale de la liberté religieuse, une organisation non politique ouverte aux personnes de toutes religions et convictions. En 1946, Dr Jean Nussbaum fonda une organisation similaire, l'Association internationale pour la défense de la liberté religieuse, afin de défendre les mêmes principes et de protéger les confessions religieuses d'une législation qui pourrait menacer leur pratique religieuse.

thumb|left|Estimation des religions dans le monde

En , le Conseil des relations interconfessionnelles de l’Église adventiste du septième jour adopta une déclaration officielle sur « la relation de l'Église et de l'État ». Elle réaffirme le principe de la liberté de conscienceVoir aussi Guiding Principles for the Responsible Dissemination of Religion or Belief, Association internationale de la liberté religieuse, accès le 07-06-2011. :

« Dieu est amour. Son gouvernement de cet univers est fondé sur l'obéissance volontaire de sa création, évoquée par sa magnifique bienveillance. Seule une foi qui vient du cœur de l'homme, et seules des actions suscitées par amour, sont acceptables à Dieu. L'amour, cependant, ne peut être soumis à une législation civile. [...] Par conséquent, les efforts pour légiférer la foi sont en opposition aux principes de la vraie religion et de la volonté de Dieu. »Declaration of the Seventh-day Adventist Church on Church-State Relations, accès le 07-06-2011.

« [...] La liberté de conscience doit être garantie pour tous. Elle inclut la liberté de croire et de pratiquer pleinement la religion de son choix, la liberté de ne pas croire ou de ne pas pratiquer une religion, la liberté de changer de religion, et la liberté d'établir et d'opérer des institutions religieuses en harmonie avec ses croyances religieuses. »

En , le comité exécutif de la Conférence générale de l’Église adventiste du septième jour vota une déclaration officielle sur « la liberté d'expression et la diffamation de la religion » et la présenta lors de sa session générale à Atlanta aux États-Unis Statement on freedom of speech and defamation of religion, Conférence générale, juin 2010. :

« L’Église adventiste du septième jour soutient fortement la liberté d'expression en général, et la liberté d'expression religieuse en particulier. [...] Les adventistes du septième jour soutiennent toute communication empreinte de tact et de respect. Aussi, nous sommes préoccupés par les discours visant à offenser les sensibilités religieuses. Cependant, nous croyons que céder le droit à l'État de contrôler le discours religieux est une plus grande menace pour la liberté religieuse que le discours offensant. En effet, il existe de nombreux exemples aujourd'hui d'États qui citent le désir de protéger les sensibilités religieuses pour justifier le silence par la force du discours religieux pacifique. »

Ainsi donc, l’Église adventiste harmonise deux principes fondamentaux des droits de l'homme (au lieu de les opposer) : la liberté d'expression et le respect envers les religions.

Associations de théologie

L’Église adventiste du septième jour possède deux associations de théologie. Celles-ci participent à des échanges de points de vue avec d'autres associations chrétiennes de théologie :

Adventist Society for Religious Studies -- la société adventiste des recherches religieuses -- présente des exposés et assiste aux échanges théologiques de Society of Biblical Literature (la société de la littérature biblique) et dAmerican Academy of Religion (l'académie américaine de religion). Adventist Theological Society -- la société de théologie adventiste -- présente un forum en conjonction avec l'''Evangelical Theological Society (la société de théologie évangélique).

À travers le monde, les théologiens et les pasteurs adventistes sont engagés dans des conversations avec des théologiens d'autres communautés chrétiennes et des grandes religions du monde.

Centres d'étude des religions

thumb|right|Carte des religions

L’Église adventiste du septième jour possède cinq centres d'étude des grandes religions et idéologies du monde. Son objectif est d'aider les adventistes à éliminer les idées préconçues, et à mieux comprendre la vision du monde, les croyances et les cultures des religions non chrétiennes dans le but d'établir des ponts d'amitié avec ceux qui adhèrent aux grandes idéologies et religions du monde.

Centre d'étude du sécularisme et du postmodernisme - St Albans, Royaume-Uni. Centre mondial de l'amitié adventiste-juive - Jérusalem, Israël. Centre d'étude du bouddhisme - Ayutthaya, Thaïlande. Centre d'étude de l'hindouisme - Hosur, Tamil Nadu, Inde. Centre global des relations adventistes et musulmanes - Université Andrews, Berrien Springs, Michigan, États-Unis.

Position sur l'œcuménisme

N'étant pas une isolationniste religieuse, Ellen White encouragea les pasteurs adventistes à dialoguer avec les autres confessions chrétiennes. « Nos pasteurs doivent se rapprocher des ministres du culte des autres dénominations. Priez pour eux et avec eux, dit-elle, car,... ils ont une responsabilité solennelle »Ellen G White, Testimonies, vol 6, p 78.. Elle fit l’éloge des chrétiens qui « marchent dans toute la lumière qu'ils ont reçue [et] cherchent à faire du bien à leur prochain » Ellen White, Testimonies for the Church, vol.5, p.243.. Elle loua d'autre part la sincérité des personnes qui n'ont jamais entendu parler du salut en Jésus-Christ, mais " qui adorent Dieu par ignorance " en écoutant la voix de leur conscience (référence à Romains 2:14-16). « Ils ne périront pas [c'est-à-dire qu'ils feront partie des sauvés].... Ils ont fait ce que la loi [morale] réclamait. Leurs œuvres prouvent que le Saint-Esprit a touché leurs cœurs. Ils sont reconnus comme des enfants de Dieu »Ellen White, Desire of Ages, p.115.

En 1926, l'Église adventiste du septième jour vota dans une déclaration officielle que « la courtoisie chrétienne, l'amitié et la magnanimité » devaient prévaloir dans ses relations avec les autres Églises chrétiennesBert Beach, Seventh-day Adventists and the Ecumenical Movement, accès le 07-06-2011.. Elle affirma : « Nous reconnaissons les organisations qui élèvent Christ devant les hommes comme faisant partie du plan divin pour l’évangélisation du monde, et nous tenons en haute estime les hommes et les femmes chrétiens d’autres confessions qui sont engagés à gagner des âmes au Christ ».

William Johnsson déclare : « Nous entrons dans des conversations théologiques avec d’autres Églises, cherchant à comprendre et à être compris. Là où c’est possible, nous faisons cause commune dans des efforts tels que la liberté religieuse et l’aide envers les nécessiteux, tout comme Ellen White s’est jointe à d’autres corps chrétiens dans la lutte contre le commerce de l’alcool »William Johnsson, Un nouveau vent œcuménique, Adventist World, avril 2008..

Relation avec le Conseil œcuménique des Églises

L’Église adventiste du septième jour déplore la division des chrétiens. Raoul Dederen indique : « Les adventistes du septième jour sont pleinement en accord avec l’avis des leaders du mouvement œcuménique que les divisions constantes du christianisme sont une tragédie. Bien qu’ils ne croient pas que le problème de l’unité est le défi central du christianisme, ils admettent que par leurs divisions, les chrétiens freinent les progrès du royaume de Dieu », Raoul Dederen, An Adventist Response, Spectrum, vol. 2, no. 4, automne 1970..

Cependant, l'Église adventiste ne s'est pas jointe au Conseil œcuménique des Églises quand il se forma à Amsterdam en 1948. Elle reconnaît des aspects louables à l'œcuménisme (le dialogue, l'élimination de préjugés infondés, les relations plus chaleureuses entre les confessions, la coopération) mais elle est en désaccord sur son approche pour parvenir à l'unité chrétienne. Elle estime que le Conseil œcuménique tend à sous-estimer certains points essentiels :

Il sous-estime l'importance de l'unité doctrinale sur la seule base de la Bible, l'infaillible révélation de la volonté de Dieu. Il sous-estime l'importance de l'évangélisation -- la Bonne Nouvelle du salut -- en raison de son emphase sur shalom, une sorte de paix sociale. Il sous-estime l'importance de la conversion et du réveil spirituel en raison de son engagement social et politique.

thumb|right|La Bible de Gutenberg Selon les adventistes, l'unité chrétienne doit se réaliser sur l'autorité de la Parole de Dieu