right|thumb|Jari-Matti Latvala au rallye de Finlande en 2010.

Le rallye automobile est une discipline du sport automobile disputée sur un itinéraire composé d'épreuves spéciales et de secteurs de liaison. Dans le rallye moderne de vitesse, une épreuve spéciale est une épreuve chronométrée disputée sur une route fermée au public, tandis que les secteurs de liaison correspondent aux parties de l'itinéraire qui ne sont pas utilisées comme épreuves spéciales. Un équipage est composé d'un pilote et d'un copilote. Dans les rallyes de vitesse, le classement est établi en additionnant les temps réalisés lors des épreuves spéciales, auxquels s'ajoutent les éventuelles pénalités exprimées en temps.

Avant la compétition, les équipages effectuent généralement des reconnaissances afin d'établir et de vérifier les notes décrivant le parcours ; pendant les épreuves spéciales, le copilote les lit au pilote afin de lui annoncer les caractéristiques de la route et les difficultés à venir. Les voitures utilisées en rallye répondent à différentes réglementations techniques selon leur catégorie. Si de nombreuses voitures restent dérivées de modèles de série, celles de la catégorie Rally1, introduites au plus haut niveau du Championnat du monde des rallyes en 2022, reposent sur un châssis tubulaire spécifique et ne sont plus construites à partir de la coque d'une voiture de production.

Les premières compétitions automobiles organisées sur route apparaissent à la fin du . Le Rallye automobile Monte-Carlo, disputé pour la première fois en 1911, constitue ensuite une étape importante dans le développement de la discipline. Sa structuration internationale s'accélère au : la Commission sportive internationale de la Fédération internationale de l'automobile crée en 1970 le Championnat international des marques, auquel succède en 1973 le Championnat du monde des rallyes. L'évolution technique de la discipline est notamment marquée par le groupe B au cours des années 1980, puis par le groupe A, les World Rally Car à partir de 1997 et les Rally1 à partir de 2022.

Histoire vignette|Le professeur Hubert von Herkomer, instigateur en 1905 de la première course de rallye régulièrement disputée (en été, dite Herkomer-Konkurrenz).

Origines vignette|gauche|Promenade Londres-Southsea, à vitesse bridée au Royaume-Uni (1901). vignette|gauche| du reliability trails d'Eastburnes (1903). vignette|gauche|Marcel Renault lors de la course Paris-Madrid de 1903, durant laquelle il meurt.

Les premières compétitions automobiles organisées sur route apparaissent en France à la fin du XIXe siècle. Le Paris-Rouen de 1894, organisé à l'initiative du journal Le Petit Journal, est généralement considéré comme l'une des premières compétitions automobiles organisées ; son règlement ne récompense toutefois pas uniquement la vitesse, puisque la sécurité, la facilité de conduite et l'économie d'utilisation des véhicules entrent également dans l'appréciation du résultat. Les courses de ville à ville se développent ensuite rapidement, notamment avec Paris-Bordeaux-Paris en 1895, tandis que l'augmentation des vitesses et la difficulté à sécuriser de longues routes ouvertes accroissent les risques pour les concurrents et les spectateurs. La course Paris-Madrid de 1903, marquée par plusieurs accidents mortels dont celui de Marcel Renault et interrompue à Bordeaux, constitue un tournant majeur et contribue à mettre fin à cette première période des grandes courses automobiles disputées de ville à ville sur routes ouvertes.

Au début du XXe siècle, les compétitions automobiles sur longue distance prennent également la forme de grandes épreuves transcontinentales. Le raid Pékin-Paris est disputé en 1907, avant qu'une course New York-Paris ne soit organisée l'année suivante par les journaux Le Matin et The New York Times. En Europe, la première Österreichische Alpenfahrt, ou Austrian Alpine Trial, est organisée en Autriche en juin 1910 sur un parcours de 532 miles à travers les Alpes, réparti sur quatre jours.

Le Rallye automobile Monte-Carlo, disputé pour la première fois en 1911, constitue une étape importante dans le développement du rallye. Conçue par Antony Noghès et Gabriel Vialon, l'épreuve repose à l'origine sur un principe de concentration : des concurrents partent de différentes villes européennes avant de converger vers Monaco en janvier. Son organisation répond également à un objectif touristique, en attirant des visiteurs dans la principauté pendant l'hiver et en mettant en valeur la douceur de son climat à cette période de l'année. Le Monte-Carlo acquiert ensuite un prestige international durable et devient l'une des épreuves les plus emblématiques de la discipline.

Après la Première Guerre mondiale, le Rallye Monte-Carlo reprend en 1924. Durant les années 1920 et 1930, plusieurs grandes épreuves de rallye prennent la forme de longues compétitions routières, souvent disputées sur routes ouvertes, dans lesquelles l'endurance et le respect des horaires occupent encore une place importante. En Grande-Bretagne, le Royal Automobile Club Rally est créé en 1932 sur un principe comparable à celui du Monte-Carlo : les concurrents partent de plusieurs villes et parcourent environ 1 000 miles avant de converger vers Torquay, des épreuves complémentaires permettant ensuite de les départager. Ce format reste sensiblement différent du rallye moderne fondé sur une succession d'épreuves spéciales chronométrées.

Débuts du rallye moderne vignette|Audi Quattro A1 lors du rallye d'Autriche 1984.

À partir des années 1950, l'implication directe des constructeurs automobiles dans les rallyes s'accroît. Plusieurs marques constituent ou renforcent alors leurs équipes de compétition et engagent des voitures préparées avec le soutien de l'usine ; en 1955, Motor Sport relève notamment l'engagement en compétition de BMC, Ford, Standard-Triumph et du groupe Rootes. Les modalités de classement restent toutefois variables selon les épreuves et ne reposent pas encore systématiquement sur le seul temps réalisé. Au Rallye Monte-Carlo 1964, par exemple, une formule de handicap tient encore compte des différences de puissance et de poids entre les voitures engagées.

Au cours des années 1960, le format des rallyes évolue progressivement vers une place plus importante accordée aux épreuves de vitesse chronométrées. Lors du RAC Rally 1961, par exemple, près de de routes forestières fermées sont utilisées comme épreuves spéciales chronométrées, en complément des secteurs parcourus sur routes publiques. Dans le même temps, les méthodes de préparation des équipages se perfectionnent, notamment avec le développement des reconnaissances et des notes décrivant le parcours, destinées à être lues au pilote par le copilote pendant les épreuves chronométrées. Tony Ambrose figure parmi les copilotes ayant contribué au développement de cette pratique au début des années 1960, dans un contexte de professionnalisation croissante de la discipline.

Avant la création d'un championnat mondial, le Championnat d'Europe des rallyes constitue durant les années 1960 la principale série internationale de la discipline. Inauguré en 1953, il comprend alors certaines épreuves disputées hors d'Europe : en 1963, le Rallye Safari figure ainsi parmi ses quatorze manches. Le calendrier est ensuite resserré et ne compte plus que sept épreuves en 1968.

La structuration internationale du rallye s'accélère au début des années 1970. En 1970, la Commission sportive internationale de la FIA crée le Championnat international des marques, qui devient en 1973 le Championnat du monde des rallyes pour constructeurs ; un championnat du monde officiel des pilotes est ensuite instauré en 1979. Cette période voit également apparaître des voitures davantage conçues spécifiquement pour la compétition. La Lancia Stratos, développée dans cet objectif, remporte ainsi trois titres mondiaux des constructeurs consécutifs de 1974 à 1976.

Groupe B et sécurité

right|thumb|Une Peugeot 205 T16 EVO 2 lors d'un rallye historique.

La réglementation du groupe B est introduite en 1982 dans le cadre de la nouvelle classification internationale des voitures de compétition. Pour l’homologation d’un modèle, elle fixe un seuil de 200 exemplaires, contre 400 auparavant pour le groupe 4. La Lancia Rally 037 fait partie des premières voitures développées pour cette nouvelle réglementation. Peugeot suit avec la 205 T16, dont 200 exemplaires sont présentés pour homologation en 1984, accompagnés de 20 voitures correspondant à sa première évolution.

Peugeot engage la 205 T16 en Championnat du monde des rallyes en 1984. Homologuée en groupe B au printemps, elle fait ses débuts mondiaux au Tour de Corse avant qu'Ari Vatanen ne remporte trois manches au cours de la même saison. Une évolution de la voiture, la 205 T16 E2, est introduite en 1985. Peugeot remporte le championnat du monde des constructeurs en 1985 et 1986 ; Timo Salonen obtient le titre pilotes en 1985 et Juha Kankkunen en 1986. Dans le même temps, le développement technique des voitures du groupe B entraîne une augmentation importante de leurs performances, plusieurs modèles dépassant les 400 ch. La présence du public au bord des épreuves devient également un problème de sécurité, les spectateurs se tenant parfois à très faible distance des voitures. En 1985, Attilio Bettega meurt au Tour de Corse au volant d'une Lancia 037, tandis qu'Ari Vatanen est grièvement blessé lors du rallye d'Argentine. En 1986, la Ford RS200 de Joaquim Santos quitte la route au rallye du Portugal et tue trois spectateurs. Quelques semaines plus tard, Henri Toivonen et son copilote Sergio Cresto meurent au Tour de Corse après la sortie de route et l'incendie de leur Lancia Delta S4.

À la suite des accidents mortels survenus en 1986, notamment celui de Henri Toivonen et Sergio Cresto au Tour de Corse, le groupe B est supprimé du Championnat du monde à compter de la saison 1987 et remplacé au premier plan par le groupe A, fondé sur des voitures davantage dérivées de modèles de série.

Groupe A et essor des constructeurs japonais

Lancia s'adapte rapidement à la réglementation du groupe A avec la Delta HF 4WD et ses évolutions. La marque remporte six titres mondiaux des constructeurs consécutifs entre 1987 et 1992, tandis que Juha Kankkunen et Miki Biasion obtiennent à eux deux quatre titres pilotes avec la Delta durant cette période.

La domination de Lancia est progressivement remise en cause par les constructeurs japonais. Toyota remporte avec Carlos Sainz les titres pilotes de 1990 et 1992, puis décroche le championnat des constructeurs en 1993 et conserve ce titre en 1994. Subaru lui succède au palmarès des constructeurs en 1995 et remporte trois titres consécutifs, de 1995 à 1997. Mitsubishi s'impose également au cours de la décennie : Tommi Mäkinen remporte quatre titres pilotes consécutifs de 1996 à 1999 et la marque obtient son premier titre mondial des constructeurs en 1998.

Période contemporaine : World Rally Cars et Rally1 vignette|gauche|Accident du finlandais Juuso Pykälistö au volant de sa 206 WRC lors du rallye de Suède 2006.

En 1997, la réglementation World Rally Car est introduite dans le Championnat du monde des rallyes, constituant la plus importante refonte technique du championnat depuis la disparition du groupe B. Elle vise notamment à réduire les obstacles à l'engagement de nouveaux constructeurs et à simplifier les contraintes d'homologation. Les nouvelles règles permettent de développer une voiture de rallye à transmission intégrale et turbocompressée à partir d'un modèle de série, tout en offrant davantage de liberté technique que la réglementation précédente, notamment dans le domaine de l'aérodynamique.