thumb|Pastilles de combustible nucléaire
Dans le domaine de l'énergie nucléaire, une pastille est un cylindre d'oxydes d'uranium d'environ de diamètre et d'une dizaine de grammes, constituant l'élément de base du combustible nucléaire utilisé dans les réacteurs à eau légère (réacteurs à eau sous pression ou réacteurs à eau bouillante).
Ces pastilles sont en céramique très résistante à la chaleur (plus de ).
Processus de fabrication La fabrication des pastilles de combustible nucléaire comporte deux étapes : la conversion en oxyde d'uranium et le pastillage.
Conversion en oxyde d'uranium Après enrichissement, l'hexafluorure d'uranium (UF6) est converti en dioxyde d'uranium (UO2) pour ses applications nucléaires. La conversion en UO2 peut se faire par voie sèche (le plus fréquemment) ou par voie humide.
Voie sèche L'UF6 est vaporisé par chauffage dans une étuve et mis en présence de vapeur d'eau surchauffée. L'UF6 s'hydrolyse en UOF entre et : UF6 + 2 H2O → UO2F2 + 4 HF - 113 kJ/mole Le composé UO2F2 est ensuite réduit vers par le dihydrogène, H2, produisant l'UO2 sous forme de poudre : UO2F 2+ H2 → UO2 + 2 HF + 14,2 kJ/mole
Le rendement est supérieur à 99,5 %.
Voie humide Ce procédé présente l'inconvénient de produire plus d'effluents que la voie sèche, ce qui a un impact environnemental plus important. Plus flexible, en revanche, il est souvent utilisé pour la récupération des matières fissiles dans les rebuts et les déchets.
Pastillage Un lubrifiant (du stéarate de zinc) est ajouté à la poudre d'oxyde d'uranium issue de l’atelier de conversion pour faciliter le pastillage qui est obtenu ensuite par pressage dans des matrices 67.
Les pastilles sont cylindriques de hauteur 13,5 mm et de diamètre 8 mm, soit un volume de 0,678 cm³ ; sachant que la masse volumique de UO2 est de 10,97 g/cm³, chaque pastille en contient 7,44 g. Elles sont ensuite cuites dans un four par un procédé dit de frittage, à , sous atmosphère réductrice avec hydrogène, usinées pour ajuster leur forme et faciliter l’introduction dans les gaines et enfin contrôlées .
Fabricants Russie En Russie, la fabrication industrielle des éléments, des assemblages et des pastilles de combustible s'effectue dans trois usines : deux en Russie (Elektrostal et Usine de concentrés chimiques de Novossibirsk) et la troisième au Kazakhstan (Usine métallurgique d'Oulba, anciennement Oust-Kamenogorsk) 30-31.
Oust-Kamenogorsk fabrique la plupart des pastilles de combustible des réacteurs russes, tant RMBK que VVER. En 1993, elle avait une capacité de production annuelle de de pastilles. L'hexafluorure d'uranium est transformé en dioxyde au moyen du procédé ADU qui comprend l'hydrolyse de l'hexafluorure, la précipitation du polyuranate d'ammonium, le séchage, la calcination et la réduction en dioxyde d'uranium.
Elektrostal fabrique des pastilles destinées aux réacteurs VVER. La conversion de l'hexafluorure d'uranium en dioxyde d'uranium est obtenue par un procédé de pulvérisation à flamme, qui est l'une des méthodes gazeuses ou dites par «voie sèche». La poudre de dioxyde d'uranium obtenue ne s'écoulant pas facilement, elle est soumise à un compactage sous presse en vue d'être transformée en pastilles.
À partir des années 1990, de nouveaux procédés ont été étudiés pour fabriquer des pastilles de combustible MOX, en particulier à partir de granules gélifiées obtenues par précipitation simultanée de l'uranium et du plutonium par de l'ammoniac ou par du carbonate au moyen d'agents tensioactifs. Une autre technique a aussi utilisé la dénitration d'un mélange de solutions de nitrate d'uranium et de plutonium.
France En France, comme en Russie, les combustibles fabriqués pour la production d’électricité de deux types : (oxyde d’uranium) et MOX (oxyde mixte d’uranium et de plutonium)..
Les pastilles d'oxyde d’uranium sont fabriqués dans l'usine de Framatome sur le Site nucléaire de Romans, dans la Drôme, anciennement Franco-Belge de Fabrication du Combustible (FBFC), filiale du groupe Areva. L’hexafluorure d’uranium enrichi y est transformé en poudre de dioxyde d’uranium puis compacté sous forme de pastilles.
Le combustible MOX est quant à lui fabriqué, depuis 1995, dans l’usine Melox d’Orano, implantée sur le site de Marcoule (30), selon un procédé similaire au procédé de fabrication de combustible , mais qui utilise un mélange de poudre de dioxyde d’uranium et de poudre de dioxyde de plutonium. L’uranium utilisé est de l’uranium appauvri issu de l'enrichissement. Le plutonium est issu du traitement des combustibles usés à l’usine Areva de La Hague.
États-Unis
Canada Le Canada fabrique les pastilles de combustible destinées à ses propres réacteurs dans trois usines. : l'usine de Port Hope (Ontario), exploitée par Cameco Corporation, peut produire par an ; l'usine de Toronto (Ontario), exploitée par GE Hitachi Nuclear Energy Canada Inc., jusqu’à . ; l'usine de Peterborough (Ontario), exploitée par GE Hitachi Nuclear Energy Canada Inc., jusqu’à .
Notes et références Louis Patarin, Le cycle du combustible nucléaire , 2002 (voir dans la bibliographie)
Autres références
Voir aussi Articles connexes Uranium Plutonium Radioactivité Cycle du combustible nucléaire Combustible nucléaire Centrale nucléaire
Liens externes Quelles ressources en combustibles nucléaires ? (notes de synthèse, illustrée de graphiques), IFP Énergies nouvelles et CEA.
Bibliographie
Catégorie:Matériau nucléaire Catégorie:Traitement du combustible usé Catégorie:Chimie nucléaire