Atholville est un ancien village canadien situé dans le comté de Restigouche dans le Nord du Nouveau-Brunswick ; il est situé sur la rive sud de la rivière Ristigouche, en face de la municipalité de Pointe-à-la-Croix, au Québec. Il fait partie de la cité de Campbellton depuis la réforme de la gouvernance locale du .
Le village micmac de Tjigog constituait un établissement important depuis au moins 2 500 ans et qui l'appelaient Tjikog. Tjigog était un établissement autochtone important pendant au moins 2 500 ans. Les Acadiens arrivèrent à partir de 1750. C'est à cette époque que les Micmacs quittèrent les lieux pour Listuguj, au Québec. La défaite française lors de la bataille de la Ristigouche le nuisit à l'expansion de l'établissement. Le chemin de fer Intercolonial fut toutefois inauguré en 1876 et des marchands anglophones développèrent l'industrie forestière au début du . Le village connut ensuite une croissance importante et fut constitué en municipalité en 1966. Un secteur commercial fréquenté par les habitants de la région y fut établi à partir de 1974. Les villages de Saint-Arthur et Val-d'Amours furent annexés à Atholville en 2015.
L'industrie forestière occupe toujours une place importante dans l'économie locale. Atholville compte une population acadienne, mais également une importante minorité anglophone. Le village bénéficie de plusieurs services et installations communautaires, dont le parc provincial Sugarloaf.
Toponymie
Le village porte à l'origine le nom de Tjikog mais les orthographes Tjigog., Jugugw, Tchigouk. et Tzigog. existent aussi. Tjikog signifie « lieu des hommes supérieurs » en micmac.
Selon la tradition orale, c'est en 1639 que le village est renommé Listo Gotj par le chef Tonel. La signification exacte de ce toponyme est inconnue, quoi que le père Pacifique de Valigny rapporte le sens « désobéis à ton père! ». Il y a en fait de nombreuses autres traductions : rivière se divisant comme une main, endroit pour amusement du printemps, rivière de la longue guerre, rivière divisée comme une main, petit bois, petit arbre, théâtre de la grande querelle de l'écureuil, rivière bonne à canoter, belle rivière ainsi que rivière aux cinq doigts, aux cinq branches ou aux branches nombreuses. En 1642, Barthélemy Vimont est le premier à faire une mention écrite du nom Ristigouche, en référence à la baie des Chaleurs. En 1672, Nicolas Denys est le premier à mentionner l'usage du nom en lien avec le village, dans Description géographique et historique des côtes de l'Amérique septentrionale, avec l'histoire naturelle de ce pays. Selon le père Pacifique, les noms de Listuguj et Ristigouche ou RestigoucheL'orthographe Ristigouche est plus courante en français tandis que Restigouche est préférée en anglais. Listuguj est l'orthographe micmaque moderne. découlent de Listo Gotj. D'ailleurs, le toponyme Ristigouche s'applique, surtout dans un contexte historique, à l'ensemble des établissements situés le long de la rivière.
Le village est appelé Sainte-Anne-de-Ristigouche au .. Ce nom est appliqué à la mission catholique de Listuguj au début du .
L'entrepreneur Robert Ferguson (1768-1851), arrivé dans la région en 1796 en provenance de Logierait, près de Blair Atholl, en Écosse, construit une maison appelée Athol House ; c'est en fait l'un des nombreux toponymes d'origine écossaise dans le Nord du comté. Robert Ferguson est surnommé le « père et fondateur de la Ristigouche ». À noter qu'il y a un village du nom de Blair-Athol à de route au sud-est d'Atholville, tandis que la pointe Ferguson, à Atholville même, rend hommage à Robert Ferguson Hamilton (1996), , 74..
Au début du , le village est connu sous quatre noms en même temps, soit Athol, Shives Athol, Athol House et Ferguson Manor. Un bureau de poste porte quant à lui le nom de Ferguson Manor de 1916 à 1923 et un autre du nom de Shives Athol de 1907 à 1931.. À la suite d'une pétition, le village prend officiellement le nom d'Atholville en juin 1922. Le bureau de poste Ferguson Manor est renommé Atholville l'année suivante.
Atholville comprend l'ancien village de Saint-Arthur, nommé ainsi en l'honneur d'Arthur de Glastonbury, martyr catholique de la Réforme anglaise. L'origine du toponyme de son hameau de Val-Melanson n'est pas connue.. Atholville comprend aussi l'ancien village de Val-d'Amours, ayant porté le nom de Seven Mile Ridge jusqu'en 1918.. Il est ensuite renommé ainsi par Jean-Joseph-Auguste Allard en l'honneur du père L. d'Amour, qui fut missionnaire dans cette localité de 1906 à 1907.. Val-d'Amours comprend aussi les hameaux de Colebrooke Settlement, Lac-des-Lys, Malauze et McKendrick. Colebrooke Settlement s'appelait à l'origine Dubé Settlement, en hommage à Baptiste Dubé et Audillon Dubé.. Il fut renommé en l'honneur de sir William MacBean George Colebrooke (1787-1870), lieutenant gouverneur du Nouveau-Brunswick de 1841 à 1848. Le hameau est aussi appelé Coldbrook. Lac-des-Lys est nommé ainsi d'après sa position sur le lac éponyme. La localité fut d'abord connue sous le nom anglais de Lily Lake.. Le toponyme de Malauze rappelle le navire de guerre français le Marquis de Malauze, ayant coulé lors de la bataille de la Ristigouche en 1760.. L'origine du toponyme de McKendrick n'est pas connue..
Géographie
Géographie physique Situation vignette|gauche|Plan d'Atholville avant l'annexion de 2015.
Le centre d'Atholville est situé à quatre kilomètres à l'ouest du centre-ville de Campbellton. Le village, en tant que localité francophone des provinces de l'Atlantique, est généralement considéré comme faisant partie de l'Acadie.. Atholville est bordé au nord par la rivière Ristigouche et possède une superficie de carrés, du moins si l'on se fie à la superficie du village avant l'annexion de 2015. et la superficie de Val-DAmours et Atholville. Outre Campbellton, le village est limitrophe de la paroisse de Dalhousie et de Blair-Athol à l'est, de Balmoral-Maltais au sud-est, de la paroisse d'Addington au sud ainsi que de Glencoe et de Tide Head à l'ouest. Du côté québécois s'étendent, d'ouest en est, Ristigouche-Partie-Sud-Est, Pointe-à-la-Croix et Listuguj.
Le ruisseau Walker coule au sud-est du territoire. Il compte quelques affluents dans le territoire, dont un principal coulant de l'ouest, le long de la route 11. Le ruisseau Walker se déverse dans la rivière Ristigouche à Campbellton. Il y a aussi quelques ruisseaux se déversant directement dans la rivière Ristigouche. Le site de l'estacade (Booming Grounds) est un marais salé.. Les Appalaches recouvrent la majeure partie du territoire. La butte Sugar, d'une hauteur d'environ , comprise également dans le territoire de Tide Head, s'étend directement au sud de la zone bâtie du village. Seule une petite partie du versant ouest du Sugarloaf est comprise dans le territoire.
Géologie vignette|Le Sugarloaf en hiver, perçu depuis Atholville.
Le sous-sol d'Atholville est composé de plusieurs types de roches. Au nord de la rue Notre-Dame, dans la partie la plus basse, se trouvent des roches détritiques de la formation de Campbellton.. Entre cette rue et l'autoroute 11 se trouvent des roches felsiques du groupe de Dalhousie. Les deux types de roches datent du Dévonien inférieur (394 à 418 millions d'années). Au sud de la route 11 se trouvent plutôt des carbonates et des évaporites de la formation de Chaleur, datant du Silurien supérieur (418-424 millions d'années).
Environnement Les , à la frontière avec , sont un établissement du Plan conjoint des habitats de l’EstZelazny (2007), , 143-144.. Ils abritent des oiseaux aquatiques migrateurs et nicheurs ainsi que le grand héron, le balbuzard pêcheur et différents mammifères. De plus, jusqu'à oies blanches peuvent y être observées entre la mi-avril et la fin mai. Plusieurs plantes rares y poussent, dont l'élodée de Nuttall, le jonc délié et le sanicle grégaire. Quatorze espèces de poissons ont été répertoriées dans la rivière, les plus courantes étant le saumon de l'Atlantique et le chabot visqueux..
Quoique considérée comme menacée, la tortue des bois est courante dans la région. Malgré l'imposition de contrôles environnementaux, l'usine AV Cell a rejeté dans l'air du dioxyde de soufre en 2007 et des cendres à plusieurs reprises, ce qui lui a valu une amende en 2009...
Géographie humaine Morphologie urbaine
Transport
La route 11 passe au sud du territoire, d'est en ouest ; cette route va du Québec, à l'ouest, à Shédiac, au sud-est. Le chemin Val-D'Amours puis le chemin Beauvista permette de rejoindre le centre du village à partir de cette route. Le village à proprement parler est traversé d'est en ouest par la route 134, qui permet de rejoindre Tide Head ou Campbellton ; cette route porte le nom de rue Notre-Dame au village. Le chemin Val-d'Amours continue au sud, vers le village éponyme. Le chemin de fer de la côte est du Nouveau-Brunswick, l'ancien Intercolonial, traverse le village d'est en ouest, au nord de la rue Notre-Dame. La rivière est navigable mais le port le plus proche est à Dalhousie. La gare de Campbellton et l'aéroport de Charlo complètent les moyens de transports dans la région. Il y a des taxis à Campbellton, et le taxi Cormier, reliant Montréal à la Péninsule acadienne, s'arrête au village.
Logement Selon Statistique Canada, le village comptait 576 logements privés en 2006, dont 550 occupés par des résidents habituels. Parmi ces logements, 73,6 % sont individuels, aucun d'entre eux ne sont ni jumelés ni en rangée, 6,4 % sont des appartements ou duplex, et 17,3 % sont des immeubles de moins de cinq étages. Enfin, 1,8 % des logements entrent dans la catégorie autres, tels que les maisons-mobiles. 72,7 % des logements sont possédés alors que 27,3 % sont loués. 78,2 % ont été construits avant 1986 et 3,6 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,3 pièces et aucun logement ne compte plus d'une personne habitant par pièce. Les logements possédés ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la province..
Histoire
Préhistoire vignette|Territoire historique des Micmacs et ses districts.
Couvert lors de la glaciation du Wisconsin, le site d'Atholville est probablement libéré des glaciers au XIII millénaire av. J.-C... La mer de Goldthwait recouvre par la suite le littoral, puis se retire graduellement vers le VIII millénaire av. J.-C. à cause du rebond post-glaciaire..
Le village de Tjikog est habité de façon permanente depuis au moins le par les Micmacs. Tjikog est fortifié par un mur de pieux et compte également un cimetière. Tjikog est situé dans le district de Gespegeoag, qui comprend le littoral de la baie des Chaleurs ; c'est le seul village habité en permanence dans tout le district. Le village, avant l'arrivée des Blancs, compte de 400 à 500 personnes ; Tjikog est en fait le plus grand des villages micmacs. Le mode de vie des Micmacs repose sur la chasse au phoque et aux oiseaux, la pêche au harpon et la collecte de mollusques ; la population réside au bord de la rivière presque toute l'année. L'emblème de Tjikog est le saumon.
Régime français