L’épave de Kyrenia est une épave de navire grec marchand du découverte au large de Kyrenia, à Chypre. Les recherches effectuées ont permis de déterminer que le navire avait eu une longue durée d'utilisation, d'environ 80 ans, avant un naufrage dû sans doute à une attaque de pirates mais aussi à un mauvais état général.

Particulièrement bien conservé, le navire permet d'appréhender les méthodes de construction navale de l'Antiquité. Il est exposé désormais dans un musée situé au château de Kyrenia.

Histoire thumb|left|Autre vue du navire.

Le navire a été découvert en novembre 1965 par Andreas Cariolou, qui a contacté Michael et Susan Katzev en 1967 pour les guider jusqu'à l'épave.. Les fouilles ont été dirigées par Michael Katzev.

Le navire a navigué sous les règnes d'Alexandre le Grand et ses successeurs. Le navire a sombré du fait de son âge mais aussi peut-être à la suite d'une attaque de pirates à la fin du , vers 300 Des épées ont été retrouvées sous la coque par les archéologues. Une monnaie de bronze de Démétrios Poliorcète a été trouvée lors des fouilles qui ont duré de 1968-1969 à 1974.

Les travaux de conservation, débutés en 1970, ont été interrompus par l'occupation turque de la partie septentrionale de Chypre en 1974.

Navire Le navire est relativement bien connu du fait du caractère remarquablement préservé de la coque et de nombreuses parties de bois du navire (environ 75 % d'éléments conservés)..

Il semble que le navire avait été utilisé pendant 80 ans avant de couler..

La carène était doublée en plomb de d'épaisseur, fixé avec des clous en cuivre ou en bronze ; et sa coque était elle aussi fixée avec des attaches en cuivre (ce qui évite le problème de corrosion galvanique qui intervient lorsque deux métaux de nature différente sont mis en contact ou simplement étroitement rapprochés l'un de l'autre). Il transportait deux rouleaux de plomb pour réparation.

Le but de ce revêtement métallique n'est pas d'imperméabiliser la coque mais de lutter contre les redoutables tarets xylophages - et, accessoirement mais non négligeable, de faire office d'antifouling (voir l'article Doublage en cuivre). En l'an 2000, c'est le plus ancien navire de ce type connu.

Cargaison La capacité de charge du navire était de . 375 amphores (dont 319 originaires de Rhodes, les autres probablement de Samos). 29 meules à grain utilisées comme lest sur la quille sur trois rangées. chargées dans des sacs.

Analyse La cargaison importante d'amphores de Rhodes fait supposer que cette île était une escale importante.

Des éléments typiques des navires marchands, comme les poids et les monnaies nécessaires aux négociations commerciales, manquaient lors des fouilles. Il faut ajouter qu'une partie importante de la cargaison, environ , manquait également. Cela donne à croire que le navire fut pillé. La conservation presque complète de la coque, ainsi que les mesures de restauration prises, est un élément important de notre connaissance concernant la construction navale dans l'Antiquité.

Postérité Le navire a fait l'objet de reconstitutions dont l'une, le Kyrénia II, au Pirée en 1985. En 1982, Haris Tzalas, président de l’Hellenic Institute for the Protection of Nautical Tradition, suggéra à Michael Katzev de tenter une expérience d'archéologie expérimentale en créant une réplique grandeur nature du navire. Mise en œuvre à Perama (Grèce) sous le contrôle de l'American et de l'architecte naval Richard Steffy, cette entreprise permit de disposer du navire pour les cérémonies en lien avec la promotion, en 1985, d'Athènes comme capitale européenne de la culture. Cette expérience, qui avait par ailleurs une visée politique évidente., permit de tester la vitesse (quatre nœuds de moyenne) et les qualités nautiques de ce type de navire marchand. À cette occasion, on a constaté qu'ils pouvaient naviguer à 70° contre le vent, « vérification empirique de la thèse de Jean Rougé sur la capacité des cargos antiques de remonter au ventJean Rougé, Recherche sur l'organisation du commerce maritime en Méditerranée sous l'Empire romain, 1966, Paris, p. 61. ».

Le navire apparaît sur les pièces de 0,10 ; 0,20 et chypriotes..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Articles connexes Navires marchands en Grèce antique Épave de Mahdia Bateau Ma'agan Michael

Liens externes

Article d'Étienne Copeaux sur les enjeux politiques de la découverte et de la patrimonialisation de l'épave de Kyrenia

Kyrenia Catégorie:Histoire de Chypre Catégorie:Site archéologique à Chypre Catégorie:Transport maritime et fluvial du vin Catégorie:Catastrophe dans l'Antiquité