Angers Sporting Club de l'Ouest est un club de football créé le . Il est né sous l'impulsion des frères Fortin, directeurs de la Banque de Crédit de l'Ouest, pour former le Sporting Club du Crédit de l'Ouest (S.C.C.O.). En effet, il succède au club d'Angers Université Club avant de reprendre l'héritage du Club sportif Julien Bessonneau.
Il acquiert le statut professionnel après son titre de champion de France amateurs de 1943. Le club passe une vingtaine d'années parmi l'élite de 1956 à 1981 (entrecoupée par trois montées-descentes) avec une finale de Coupe de France 1957 et une participation à deux matchs de la coupe d'Europe de l'UEFA sur la saison 1972-1973. Depuis lors, le club a passé l'essentiel de son aventure en deuxième division avec quelques saisons en national. Le club évolue actuellement en Championnat de France de football de Ligue 1 depuis 2015
Les débuts du SCO (1919-1924) La création du club et ses 1ers résultats Avant la Première Guerre mondiale, les clubs phares de la cité angevine sont les rouges et blanc de l'A.U.C. (Angers Université Club rallié à l'USFSA) et la Vaillante Sports, un club "patro" (à la FGSPF)Berthou, Thierry, Dictionnaire historique des clubs de football français - Tome 1 - Pages de Foot, 1999.. En 1912 est créé le C.S.J.B., le Club sportif Julien Bessonneau attaché aux usines Bessonneau, la plus importante industrie de la ville (fabriquant des cordages et fermée en 1966), le C.S.J.B. devient à la fin de la Grande guerre le club angevin le plus important avec la disparition de l'A.U.C. en 1919. Se retrouvant sans rival sur Angers, le C.S.J. Bessonneau incite à la création d'un nouveau club. Les frères Fortin, directeurs de la Banque de Crédit de l'Ouest, répondent à l'appel en formant le Sporting Club du Crédit de l'Ouest. Le S.C.C.O. (ou S.C.O.) est créé le vendredi Wahl, Alfred, Les Archives du football, Gallimard-Julliard (Collection archives), 1989. Le mercredi 15 a lieu la formation des équipes après que les 1ers adhérents ont répondu à la convocation du matin pour jouer quatre jours plus tard le du championnat de la Ligue de l'Ouest (district Anjou/Basse-Loire). Le S.C.O. choisit comme terrain, un champ aménagé légèrement incliné route de Nantes. Le premier match du SCO y a lieu le face au Stade Nantais U.C. devant lequel il s'incline après avoir ouvert le score (1-2), la du SCO est la suivante : Legendre (gardien) - Guyot, Viel-Lamarre (arrières) - Bigarré, Perreault, Bruder (demis) - Hardy, Forget, Roger, Durbécé, Guimon (avants)Sporting Club de l'Ouest 1919-1969, Livre d'or du Cinquantenaire, imprimerie Miot, 1969. Cette équipe à laquelle il faut rajouter le demi Patrie et l'avant Courtin traînera sa peine toute la saison à cause du manque d'automatismes et de tactique si bien qu'elle terminera et dernière du classement 1919/20, au contraire du C.S. Bessonneau qui remporte ce championnat.
Quatre nouvelles saisons et puis s'en va… Pour la (1920/21), le S.C.O. change de terrain, il aménage le stade Fortin, rue Saint-Lazare qui deviendra plus tard le Stade André Bertin - Les Gouronnières dont les équipes résidentes sont le Doutre SC et NDC Angers. Cette est encourageante pour les « Banquiers » car ils font la course en tête jusqu'à la fin du mois de avant de céder leur place par la suite. Présents aux de finale de la coupe de France (battu par l'ogre breton de l'US Servannaise), ils rééditent cet exploit la saison suivante en ayant l'honneur de défier chez eux les stars de l'Olympique de Paris ( de la coupe de France 1918 sous l'appellation « Olympique de Pantin »), s'ils sont sèchement battus au stade Bessonneau (0-8), le public angevin a pu apprécier la technique des Verts et blancs parisiens parmi lesquels on trouvait les internationaux Jules Dewaquez, Louis Darques et autre Maurice Cottenet. Les saisons suivantes (de 1922 à 1924) furent décevantes et, incapables de rivaliser avec l'équipe du C.S.J.B., la section football du Angers SCO disparut au printemps 1924 (mais pour quelques années)Le Petit Courrier, quotidien régional..
De la renaissance au national du SCO (1929-1945) La refondation du football au Angers SCO À partir de 1924, l'histoire du Angers SCO se poursuit avec d'autres sections sportives que le football. Si le rugby est le porte-étendard du club, le football va renaître au SCO pour lui disputer cette suprématie. Cette réapparition du football est due, en 1929 et une fois de plus, à d'autres clubs angevins. En effet, le président du Doyenné Sports, M. Epinat sollicita M. André Bertin (l'un des plus grands présidents de l'histoire du SCO) afin de fusionner les deux clubs. Ce dernier, pourtant ancien joueur et amateur de rugby, fut touché par cette demande et accepta de devenir le président d'un grand club omnisports. Mais c'est surtout la dissolution du grand C.S.J.B., deux ans plus tard, qui allait lancer pour de bon l'histoire du football au SCO. C'est par la démarche des dirigeants du C.S.J.B. (MM. Pichon, Filiatre, Durand) auprès d'André Bertin que se réalisa cette "nouvelle fusion" qui allait se révéler décisive dans l'ascension du clubEffling, Tony, Livre d'or du S.C.O. d'Angers, impr. Gravite, 1974..
M. Bertin s'entoura de M. Bleunven et Girard-de-Bray pour mener la nouvelle équipe de football du SCO dans le difficile championnat de la DH de l'Ouest. Mais avec l'expérience des anciens joueurs du C.S.J.B. (comme Lévêque, Le Vergoz, Brandweiner, Martineau, Jeudy, Gervos, Guillet, Poremba, Le Der, Godard ou Pichon), les blancs et noirs allaient remporter le championnat 1931/32 puis 1934/35. En coupe de France, le SCO n'est pas en reste et se montre digne de son prédécesseur en participant quatre fois aux de finale dans les années 1930 et une fois aux en 1933 (battu par l'AS Cannes 3-1, demi-finaliste de l'épreuve cette saison-là et du professionnel de D1).
Le SCO, champion de France amateurs 1943 C'est sous la présidence d'Eugène Blot (1939-46) que les footballeurs du SCO vont gravir les échelons jusqu'au professionnalisme. Avec M. Blot, les sections sportives vont gagner en autonomie : le SCO football se dote d'un président (Yves Huon) dont l'ambition va permettre au club de connaître ses 1ers moments de gloire. Il fait passer le SCO dans le groupement des clubs autorisés à utiliser des joueurs professionnels. C'est ainsi qu'il engage en 1942 l'international capitaine du Red Star, Georges Meuris, qui vient de remporter la coupe de France. Au poste d'entraineur-joueur celui-ci mène son équipe à la victoire en finale du championnat du comité de l'Anjou (1-0 contre le SC St-Nazaire). Ce succès qualifie le SCO pour le championnat de France amateurs en 1943. Après avoir disposé de l'AS Deauville-Trouville, le SCO bat Bordeaux Étudiants Club 4 à 1 en demi-finale (buts J. Combot (2), Meuris et Perrin) pour rencontrer sur la marche suprême, le Racing Club Franc-Comtois de Besançon à Saint-Ouen. Alors que le Racing est le favori de cette finale, c'est le SCO qui prend le meilleur dès la fin de la sur un tir de Perrin. En , le SCO enfonce le clou sur une reprise de Combot et s'adjuge par cette victoire de 2-0, le titre envié de Champion de France Amateurs de la zone nord (c'est l'AS Montferrand qui remporte celui de la zone Sud). Les joueurs de la victoire du Angers SCO sont les suivants : Radigois (gardien) - Sanfeliu et Lebouc (arrières) - Godard, G. Meuris et Bergeon (demis) - J. Combot, R. Samzun, Perrin, Connotte et Penvern (avants). Georges Meuris a été l'homme de cette aventure en inculquant à l'équipe angevine sa science du jeu et son sens du collectifMoreau, Olivier, site sco1919.com, rubrique "rétro", 2001..
Le Angers SCO en Division II professionnelle (1945-1956) À la Libération, le club se voit reclasser à l'intersaison à cause du retour au découpage des ligues d'avant 1940. Il se retrouve ainsi menacé de relégation dans la ligue du Centre où il doit évoluer en promotion d'honneur (comme en 1939). À la suite de cela, le comité directeur du SCO décida de poser sa candidature au groupement des clubs professionnels puisque la division II se portait de 16 clubs en 1939 à 28 en 1945. Cette candidature, qui eut en Anjou ses partisans et ses détracteurs, fut acceptée et imitée par le jeune FC Nantes, admis lui aussi en D II.
Les succès du "club des Millionnaires" Pour sa professionnelle, en Division II (1945-46), le SCO repartit avec ses amateurs (les héros de 1943) renforcés par quelques recrues dont Campiglia, Toscanelli et Vasquez (ancien pro d'Amiens). Or, toujours entraînée par Georges Meuris, l'équipe angevine va se classer les deux promus de D I, le Stade français de Ben Barek et le FC Nancy. La venue de la star Larbi Ben Barek en Anjou fut un véritable évènement puisque (record d'époque) assistèrent au stade Bessonneau à la rencontre SCO - Stade français (défaite 0-3) qui sonna d'ailleurs le glas des espoirs de montée. Stimulés par cette réussite inattendue, le directeur sportif, M. Cottenceau, décide de recruter quelques gloires de l'Équipe de France pour la (1946-47) afin de faire monter le SCO en Division I. En faisant venir, Kadmiri, Firoud et surtout Fred Aston le "feu-follet" et capitaine des Bleus ainsi qu'André Simonyi, autre international, le club angevin, surnommé le "Club des millionnaires" avait les moyens de ses ambitions. Les "Millionnaires" allaient manquer d'un cheveu la montée puisque André Simonyi rata un pénalty à de la fin du match face à l'Olympique d'Alès, autre prétendant à l'élite qui put ainsi y accéder. Cet échec de 1947 se répéta la saison suivante puisque cette fois le SCO termina à la , loin des objectifs de début de saison. C'en était fini des "Millionnaires" qui allaient quitter le club afin d'assainir ses finances.
L'époque difficile de "l'équipe biberon" L'année suivante, le SCO changea radicalement de politique grâce à son nouvel entraîneur, Camille Cottin (transfuge de Cholet), qui se tourna vers les jeunes en recrutant notamment, les lauréats du "Concours du jeune footballeur". C'est ainsi que le charentais Jean Saupin et surtout, Kopaszewski, mineur du Pas-de-Calais âgé de et plus connu sous le nom de Raymond Kopa posèrent leurs valises dans la cité du Roi René en 1949 afin de signer leur professionnel. Avec une équipe de près de d'âge en moyenne (dans laquelle on retrouvait également Fournet-Fayard, futur président de la Fédération française de football), le SCO reçut un nouveau surnom, celle "d'Équipe Biberon". Cette dernière réalisa de bons résultats en début de saison au point que l'on crut à Angers qu'ils allaient réussir là où les vedettes avaient échoué. Mais leur résistance plia face à l'exigence du professionnalisme si bien qu'elle termina à la en 1950. Et avec le départ de, Kopa pour le Stade de Reims en 1951, la morosité gagna les rangs du club. Devant les désillusions sportives et la mauvaise passe financière, le SCO ne dut sa survie dans les rangs professionnels qu'à la municipalité qui accorda une importante subvention en .
Sur la route de la montée en Division I Reparti en division II, le SCO connut les saisons suivantes des fortunes diverses : après la bonne saison 1951-52 qui a vu Angers terminer à la , elle demeura dans le ventre mou du championnat en 1953 et en 1954 avant de finir en 1955. Malgré un substantiel effort de la mairie et des joueurs de valeur comme Tessier (gardien), Sinibaldi, Léglise, Pacco, Veneziano, René Samzun (présent au SCO depuis 1940) et surtout Gosta Nilsson international suédois qui a joué la coupe du monde 1950, Roger Vandooren autre sélectionné français, ainsi que les trois piliers du SCO des années 1950 : les arrières Wladislaw Kowalski, Jules Sbroglia et Antoine Pasquini (tous les trois arrivés en 1952), le SCO n'a pu mieux faire. Entraîné d'abord par l'international Jean Grégoire (jusqu'en 1953), c'est Karel Michlowski, qui va donner petit à petit une cohésion et un style à ces équipes du SCO auxquelles il manquait des attaquants de valeur.