Le cimetière de la Madeleine est un ancien cimetière parisien situé dans l'actuel de Paris.
Historique Ce cimetière a, à l'origine, son entrée dans la rue de la Ville-l'Évêque, et dépend de l'ancienne église de la Madeleine.
En 1762, décision est prise de construire l'actuelle église de la Madeleine. Mais le cimetière qui touche l'édifice religieux, à l'angle de la deuxième partie de la rue de la Madeleine, est conservé dans le but de l'affecter spécialement à l'inhumation des condamnés exécutés sur la place de la Révolution. La commune de Paris publie cet arrêté :
Mais le couteau de la guillotine fauche tant de têtes que le pavé de la rue de la Ville-l'Évêque est constamment rougi de sang. D'ailleurs, ce charnier se trouve aussi dans le voisinage trop immédiat de la place de la Révolution. Cette double circonstance, mentionnée dans un rapport du commissaire de police de la section du Mont-Blanc, motive la suppression de l'ancien cimetière de la Madeleine. Sa fermeture n'a pas lieu pour cause d'encombrement, attendu qu'on s'empresse, dès qu'une tranchée est remplie de cadavres, de les couvrir d'une couche de chaux vive, mais bien pour les raisons indiquées plus haut, et consignées dans le procès-verbal du magistrat qui termine en ces termes son rapport : Louis Lazare : Publications administratives Tome 4, page 139..
Le cimetière de la Madeleine a donc servi pendant la Révolution française de lieu d'inhumation des personnes guillotinées place de la Révolution, dont Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette, avant que leurs dépouilles ne fussent emmenées à la basilique de Saint-Denis lors de la Restauration. Olivier Desclozeaux, avocat royaliste, permit de retrouver les corps.
Louis XVIII, pour perpétuer le souvenir de l'exécution de son frère, y fait construire une chapelle expiatoire en 1826, chapelle aujourd'hui incluse dans le square Louis-XVI qui occupe l'espace de l'ancien cimetière.
Avec les cimetières de Picpus, des Errancis et Sainte-Marguerite, il est un des quatre cimetières du Paris de la Révolution à avoir reçu des corps suppliciés par la guillotine.
Liste de personnalités inhumées vignette|droite|Tombe de Louis XVI et de Marie-Antoinette au cimetière de la Madeleine, par Desaulx, 1816. Cette liste inclut notamment:
133 morts étouffés ou écrasés pendant les festivités du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette le Les gardes suisses tombés au palais des Tuileries lors de la journée du 10 août 1792 Antoine Charles Augustin d'Allonville, tué au palais des Tuileries le Louis XVI († ). Ses restes sont transportés du cimetière de la Madeleine à la basilique Saint-Denis le Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris, Félix Faure , 2003, . Marie-Antoinette († ). Ses restes sont transportés à la basilique Saint-Denis le Charlotte Corday () Les vingt-deux Girondins tous guillotinés le : Charles-Louis Antiboul Jacques Boilleau Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède Jacques-Pierre Brissot Jean-Louis Carra Gaspard-Séverin Duchastel Jean-François Ducos Charles Éléonor Dufriche-Valazé Jean Duprat Claude Fauchet Jean-François Martin Gardien Armand Gensonné Jacques Lacaze Marc David Lasource Claude Romain Lauze de Perret Pierre Lehardy Benoît Lesterpt-Beauvais Jacques Pierre Agricol Mainvielle Charles-Alexis Brûlart, marquis de Sillery Pierre-Victurnien Vergniaud Louis-François-Sébastien Viger Madame Roland () La comtesse Madame du Barry (favorite de Louis XV) () Olympe de Gouges () Clément Charles François de L'Averdy () Antoine-Nicolas Collier, général comte de la Marlière, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire le Anacharsis Cloots, révolutionnaire exécuté dans le cadre du procès des hébertistes le 4 germinal an II (24 mars 1794) Charles Henri d'Estaing, amiral de France, condamné par le tribunal révolutionnaire et guillotiné
Le cimetière après 1793 Pierre-Louis-Olivier Descloseaux, un riverain du cimetière de la Madeleine, acheta le lopin de terre. Ayant été témoin des inhumations qui y furent faites, et ayant dressé la liste des 1343 personnes guillotinées de 1792 à 1794, il avait circonscrit l'endroit exact où reposaient les corps et entouré le carré d'une charmille avec des saules pleureurs et des cyprès, dans le souci de sauvegarder les dépouilles du couple royal et des autres victimes qui y étaient inhumées.
Ce cimetière est fermé le 25 mars 1794 ; les condamnés sont ensuite inhumés au cimetière des Errancis. Sous la Restauration, Louis XVIII fait ériger à cet emplacement la chapelle expiatoire, réalisée par Pierre Fontaine.
Sources
Notes et références
Catégorie:8e arrondissement de Paris Cimetière sous la Révolution * Catégorie:Ancien cimetière à Paris