Le diocèse de Mariana (latin : ) était un diocèse français en Corse avec siège à Mariana (sur le territoire de la commune actuelle de Lucciana (Haute-Corse). Il est fondé vers l'an . Au début le diocèse a un lien direct avec le Saint-Siège. À partir de il est suffragant de l'archidiocèse de Pise et à partir de de l'archidiocèse de Gênes. La cathédrale Santa-Maria-Assunta dite de « la Canonica » est fondée en .
En le diocèse est fusionné avec le diocèse d'Accia qui est trop petit, devenant « diocèse de Mariana et Accia ». En , les évêques de Mariana et Accia s'établissent à Bastia à cause de la menace barbaresque, leur cathédrale devient la pro-cathédrale Sainte-Marie de Bastia.
À la suite du concordat de 1801 le diocèse de Mariana et Accia est supprimé et son territoire est annexé au diocèse d'Ajaccio. À partir de le diocèse de Mariana in Corsica est un siège titulaire.
Histoire Dès , saint Pierre envoie des missionnaires en Corse. En saint Paul de Tarse parti de Rome pour NarbonneXavier Poli en dit : , fait escale à Aléria, Mariana, Clunium, Tamina, Arena (Ersa) et nomme son disciple Eubolus évêque d'Aléria, Parteu évêque de Mariana, Martino Tomitano évêque de Tomino, son disciple Eufrasiu évêque d'Ajaccio… Vers l'an la Corse comptait une quinzaine de diocèses.
Le christianisme s'installe rapidement en Corse. La christianisation a de fait, débuté au sous l'impulsion des évêques catholiques d'Afrique du Nord exilés en Corse par les Vandales qui l'ont dominée de à . La Corse était la province la plus septentrionale de leur royaume.
Mariana fut le siège d'un des premiers évêques de l'ile. Il est problématique de connaître le nom d'évêques avant le . Ughelli cite bien un Catonus, évêque de Mariana, comme ayant assisté au synode d'Arles ()D'après Xavier Poli : Ughelli fourmille d'erreurs et Foata lui-même n'hésite pas à rayer Catonus des évêques de l'île. - Le pape nomme archevêque Daibertus évêque de Pise qui devient métropolitain-suzerain des six diocèses corses. - Gênes obtient du pape ceux de Nebbio, Mariana et Accia, Pise conservant Sagone, Ajaccio et Aléria.
La Canonica, ou cathédrale médiévale de Mariana, est construite au début du sur l'emplacement de l'ancienne basilique paléochrétienne. Elle est en cipolin de Brando et de Sisco, les deux communes échangeaient marbres contre minerai de fer ramené de l'île d'ElbeAlerius Tardy in Fascinant Cap Corse. 1269 – Opizo Pernice de la famille des Cortinchi, aurait établi le siège de l’évêché de Mariana à Belfiorito, le futur village de Viscuvatu Corse - Éléments pour un dictionnaire des noms propres.
Certains évêques de Mariana sont plus connus, comme : Giovanni d'Omessa évêque de Mariana, neveu d'Ambrogio d'Omessa évêque d'Aléria. En , tous deux élevèrent une barrière à l'ambition croissante de Vincentello d'IstriaColonna de Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse – Ancienne librairie Furne, Boivin & cie éditeurs Paris 1916. Michele di Germani, évêque de à . En sur son ordre, Maino di Brando, dit Brandolaccio, un vulgaire bandit, avait subi quelques coups d'estrapade pour un délit dont sa culpabilité n'était pas démontrée. Remis en liberté, il se déclara en inimitié avec l'évêque. Ottaviano le nouvel évêque de Mariana successeur de Michele, en jura fidélité à l'Office de Saint Georges suivant la formule ordinaire. Il fut soupçonné d'avoir trempé dans le crime, et son vicaire livré au bourreau.
Leonardo di Fornari évêque de Mariana. En , il est agressé ; les scélérats sont tués. Leonardo di Fornari fut inhumé dans l'église paroissiale de Bastia comme l'écrit Ferdinando UghelliFerdinando Ughelli Tom.IV. Cart. 1001 Marianen Epi. : Is anno 1467 circum ventus ab inimicis miserè confossus occubuit : à questo Vescovo finalmente per li molti benefici fatti alla sua Cattedrale si mossero nel 1492 què Canonici ad apperui lapida marmorea Francesco-Maria Accinelli L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974. Anton Pietro Filippini (U Viscuvatu -?), archidiacre de Mariana, historien de la Corse. Il a utilisé les travaux antérieurs des historiens Giovanni della Grossa, Monteggiani et Ceccaldi. Carlo Fabrizio Giustiniani, évêque de Mariana et Accia de à . Il a créé à Bastia l’Accademia dei vagabondi (). Joseph-Marie Massoni (de Calenzana), évêque de Mariana et Accia de à .
Au début du , Agostino Giustiniani évêque de Nebbiu écrivait :
Le diocèse de Mariana et Accia - jugeant le diocèse d'Accia trop restreint, car composé avec les seules pievi d'Ampugnani et de Rostino, l'unit à celui de Mariana. Le diocèse porta depuis le titre de diocèse de Mariana et Accia. - L'évêque de Mariana et Accia s'établit à Bastia à cause de la permanente menace barbaresque.
L'ancienne cathédrale de Mariana
La Canonica, ancienne cathédrale de Mariana à Lucciana, telle qu'elle apparait de nos jours, est une église médiévale. À l'origine, il y avait une basilique et ce qui devait être le siège de l'évêché de Mariana. Elle a été construite au milieu du , sur l'emplacement d'un antique complexe chrétien, au-dessus du portique, de boutiques et de maisons d'habitations détruitsPanneau d'information sur le site archéologique de Mariana. Hugues Colonna aurait fait bâtir cette église dédiée à la Vierge, pour commémorer sa victoire sur les Sarrazins,
La basilique paléochrétienne est flanquée d'un baptistère contemporain, construit sur des thermes romains.
L'église a été plusieurs remaniée : arrière du maître-autel gothique, façade sans doute Renaissance. L'intérieur se divise en trois nefs, avec des arcades à chapiteaux doriques. Les hauteurs de la nef centrale, endommagées par un incendie, ont été reconstruites en briques.
L'église de la Canonica est classée Monument historique par arrêté du .
Architecture L'église de la Canonica, romane corse, a un plan très simple, constitué d'une nef séparée des deux bas-côtés par des piliers carrés, et prolongée d'une abside semi-circulaire. Le clocher aujourd'hui ruiné, était accolé au chœur. L'appareillage en cipolin de Brando et de Sisco polychrome, est très soigné. La façade occidentaleLa façade principale de l'église romane corse est quasiment toujours orientée vers l'ouest est d'une grande sobriété, austère. Elle est divisée en trois parties reflétant le plan intérieur. Elle ne possède pas d'arcatures. Les assises des pierres sont disposées en alternances épaisses et étroites. Le portail est orné d'un linteau surmonté d'un double arc du tympan aveugle, sculptés en bas-reliefs de motifs géométriques, floraux et d'animaux. Une petite ouverture en forme de croix grecque dans la partie supérieure du fronton, donne un peu de lumière à l'intérieur de l'édifice. La façade orientale, l'abside, occupe toute la largeur de la nef. Elle est percée de trois fenêtres-meurtrières. Les arcatures sur modillons englobées dans une arcature plus grande, reposent sur des pilastres surmontés de chapiteaux sculptés de motifs végétaux. Un animal est gravé sur le premier chapiteau à gauche. La façade sud présente deux rangées de cinq fenêtres-meurtrières biseautées, avec architrave monobloc. Il en est de même pour la façade nord qui comporte toutefois une porte surmontée d'un linteau monobloc de forme triangulaire.
Église funéraire de San Parteo
L'église de San Parteo de style roman pisan (), est située à près de à l'ouest de l'église de la Canonica. L'édifice religieux s'élève à l'emplacement d'un cimetière païen.
D'architecture austère, l'église est faite d'un plan simple se terminant par une abside semi-circulaire. Au sud, le linteau de la porte est sculpté de deux lions affrontés, séparés par un arbre. À l'extérieur, l'abside est entourée de colonnes en granit surmontées de chapiteaux corinthiens en marbre blanc qui supportent des arcades sculptées. Certains matériaux utilisés semblent provenir d'antiques villas romaines comme les chapiteaux. L'abside enserrait trois sépultures dont les couvercles étaient directement recouverts par le dallage primitif.
L'église de San Parteo est classée Monument historique par arrêté du .
Évêques de Mariana
Liens externes
Notes et références Notes
Références
Mariana Mariana