Montignies-sur-Sambre (en wallon Montgneye-so-Sambe, localement Mont'gnè-su-Sambe) est une section de la ville belge de Charleroi, située en Wallonie, dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Toponymie Montiniacus en 866, Montegni sur Sambre en 1253, Montegniet en 1253, Montegny en 1403, 1418 et 1485, Montingny en 1439, Montigny en 1620, Montignies sur Sambre en 1656, Montigny sur Sambre en 1670, Montigny en 1795, Montigny-sur-Sambre en 1820 et après 1830, et enfin Montignies-sur-Sambre.
L’origine du nom Montignies-sur-Sambre demeure difficile à établir, en raison de l’ancienneté du village et de l’absence de traditions orales permettant d’en éclairer la signification. Les plus anciennes formes connues, dont Montiniacus dans le polyptyque de Lobbes, ont suscité diverses interprétations au fil du temps. Selon le chanoine C.-G. Roland, le suffixe latin ‑iacus, fréquent dans la toponymie de l’époque franque, ne renverrait pas exclusivement à des noms de personnes, mais pourrait également désigner un élément du relief. Dans cette perspective, Montiniacus exprimerait l’idée d’un « lieu élevé ». Cette lecture est reprise par J.-B. Lambier, qui ajoute deux hypothèses fondées sur les racines latines inesse (« ici gît une montagne ») et ignis (« montagne de feu »). Ces interprétations, rapportées et discutées par Edmond Yernaux, illustrent la diversité des approches érudites concernant les origines du toponyme.
La transformation progressive des noms latins en ‑eis, puis en ‑igny, serait intervenue après l’époque carolingienne. Certains auteurs, dont Guilmot, rattachent cette évolution à une influence saxonne, en rapprochant la finale ‑igny / ‑ignies du terme inn, signifiant « logis » ou « village », ce qui s’inscrirait dans le contexte de l’implantation saxonne dans le nord de la Gaule. Cette hypothèse, bien que reprise dans plusieurs travaux, est contestée par Chotin, qui rejette les explications germaniques ou strictement latines. Il attribue ces finales à un héritage celtique, en rappelant que la désinence gauloise ‑ec, exprimant la notion de propriété, a évolué en de nombreuses formes romanes telles que ‑y, ‑ies ou ‑ieu. Dans cette logique, des formes anciennes comme Saviniec ou Flaviniec auraient donné Savigny et Flavigny, et de même Montigny. Pour Chotin, la finale ‑igny / ‑ignies / ‑egnie désignerait donc originellement « le domaine » ou « la propriété » d’un individu, une interprétation que Edmond Yernaux mentionne comme l’une des plus cohérentes dans l’ensemble des théories proposées.
Géographie
Situation Montignies-sur-Sambre se trouve à l'est de la province de Hainaut dans l'arrondissement de Charleroi. Cette localité se situe dans le pays de Charleroi et faisant partie de la ville de Charleroi depuis 1977.
Localités limitrophes
Géographie physique Montignies‑sur‑Sambre se situe dans la vallée moyenne de la Sambre, à l’est du centre de Charleroi, dans un environnement où le relief s’organise autour d’un fond de vallée relativement bas et de versants doucement ondulés. L’altitude y varie de manière modérée : le lit de la Sambre constitue le point le plus bas, tandis que les quartiers s’étendent sur des replats et des pentes légères qui témoignent d’un modelé hérité de l’érosion fluviale.
Le sous‑sol appartient au bassin houiller de Charleroi, caractérisé par des formations carbonifères riches en veines de charbon, dont l’exploitation a profondément marqué le paysage par la présence historique de puits, terrils et zones industrielles. La Sambre, axe hydrographique majeur, structure l’organisation spatiale : son cours régulier, canalisé et bordé d’infrastructures, a favorisé l’implantation d’activités industrielles et de voies de communication.
L’occupation du sol reflète une urbanisation dense, ponctuée de quelques espaces verts résiduels et de zones anciennement industrielles en reconversion. Les cartes topographiques et données altimétriques disponibles montrent un territoire compact, fortement anthropisé, où les éléments naturels subsistants cours d’eau, micro‑reliefs, sols limoneux s’inscrivent dans un cadre urbain continu.
Quartiers
Le centre Le Centre, c'est le centre de Montignies où se trouvent l'église Saint-Rémy, la maison communale et le calvaire.
La Neuville Le quartier de La Neuville, situé à l’ouest de Montignies-sur-Sambre, tire son nom non d’un personnage local comme on l’a longtemps supposé, mais vraisemblablement d’une villa reconstruite « à neuf » après une destruction ancienne. Les sources disponibles indiquent en effet que l’expression Neuve Ville était déjà employée bien avant 1681, ce qui exclut l’hypothèse d’un lien direct avec Jacques de Neuville. Cette interprétation, reprise dans les travaux d’Edmond Yernaux, s’inscrit dans une logique toponymique fréquente où la notion de nouveauté renvoie à une réédification plutôt qu’à un fondateur.vignette|La Vieille Place dans le quartier de la Neuville.La Neuville regroupait autrefois plusieurs hameaux distincts, chacun doté de sa propre vie communautaire et de ses ducasses : Warmonceau, le Via, le Vitrier et la Vieille Place. Ces noyaux villageois formaient un ensemble morcelé mais dynamique, dont l’identité se distinguait nettement de celle du centre de Montignies-sur-Sambre. Les habitants de La Neuville entretenaient historiquement des relations plus étroites avec Charleroi qu’avec le village voisin. Cette proximité se manifestait notamment par des activités de contrebande avec la ville fortifiée, phénomène courant dans les zones périphériques des places militaires. Les liens sociaux entre Neuvillois et Montagnards restèrent longtemps distants : les premiers étaient majoritairement houilleurs, tandis que les seconds se consacraient surtout aux métiers agricoles et à la fabrication de clous. Cette différence socio‑professionnelle, relevée par Edmond Yernaux, contribua à maintenir une certaine séparation culturelle entre les deux communautés.
Les Trieux Le hameau des Trieux doit son nom à l’aspect ancien du terrain, constitué autrefois de parcelles incultes s’étendant « à tris », c’est‑à‑dire en bandes irrégulières. Malgré cette origine liée à des terres peu productives, le lieu devint progressivement l’un des centres majeurs du maraîchage montagnard, réputé pour la qualité de ses légumes écoulés sur les marchés de Charleroi. Cette évolution, relevée dans les travaux d’Edmond Yernaux, témoigne de la capacité du hameau à transformer un espace marginal en zone agricole prospère.
La vie locale était rythmée par la fête des Trieux, au cours de laquelle on dressait l’« arbre de la liberté », décoré de rubans multicolores. Autour de cet arbre, la jeunesse dansait au son de la ducasse, perpétuant une tradition festive profondément ancrée dans l’identité du quartier. À proximité, le hameau de Saint‑Jean, bien qu’administrativement intégré aux Trieux, développa une personnalité propre. On y maintint longtemps une coutume carnavalesque consistant à allumer de grands feux autour desquels garçons et filles dansaient main dans la main, une pratique qui renforçait la cohésion communautaire et distinguait Saint‑Jean des autres noyaux du quartier. Ces traditions, évoquées par Yernaux, illustrent la richesse culturelle des Trieux et de Saint‑Jean, deux hameaux dont les usages festifs et les activités agricoles ont contribué à façonner l’histoire sociale de Montignies‑sur‑Sambre.
Le Roctiau Le quartier du Roctiau, situé à l’est de Montignies‑sur‑Sambre entre la place Albert et la limite avec Châtelineau, doit probablement son nom au terme wallon roctia, qui désignait le roitelet, un petit oiseau familier des haies et des bois. Avec le temps, cette appellation dialectale aurait été francisée pour devenir Roctiau, une évolution linguistique que mentionne Edmond Yernaux dans son étude sur la toponymie locale.
Sous l’Ancien Régime, le Roctiau se présentait comme une zone largement boisée, composée de terres peu aménagées et traversée par un nombre très limité de chemins. Cette configuration en faisait un espace isolé du reste de la commune, faiblement peuplé et longtemps marginal dans l’organisation territoriale de Montignies‑sur‑Sambre. Les descriptions anciennes évoquent un paysage rural où les habitations étaient rares et dispersées, ce qui contribua à maintenir le quartier à l’écart des grands axes de circulation.
Au cours du , le Roctiau connut une transformation notable avec l’installation d’un moulin à vapeur, signe d’une première industrialisation locale. Cette implantation marqua le début d’un changement progressif dans la vocation du quartier, jusque‑là essentiellement forestier et agricole. L’arrivée de ce type d’équipement témoigne de l’intégration du Roctiau dans le mouvement économique qui toucha l’ensemble du bassin carolorégien à cette époque.
Warmonceau Le Warmonceau, situé au nord de Montignies‑sur‑Sambre, à la frontière de Charleroi et de Gilly, constituait autrefois une petite seigneurie distincte, aux côtés de la Brousseterre, Charnoy et Gilliers. Mentionné dès 886 dans le polyptyque de Lobbes sous la forme Goharmont, le lieu a connu au fil des siècles une série de variantes toponymiques révélatrices de l’évolution linguistique régionale : Warmont saut, Warmonchiaut (1656), Verd Monceau, Wir‑monsart ou encore Vermonsart. Ces transformations successives, relevées dans les travaux d’Edmond Yernaux, témoignent de la plasticité des noms de lieux dans le bassin carolorégien.
Au , le Warmonceau se présentait principalement comme un espace rural composé de bois et de prairies, faiblement habité et encore éloigné des zones densément peuplées de la commune. Une carte de la même époque, publiée par J. Fichefet, confirme l’usage du nom Warmonceau et permet de visualiser un paysage largement ouvert, où les terres agricoles dominaient.
Selon Chotin, le toponyme renverrait à l’expression Verd Monceau, interprétation qui associe le lieu à une élévation verdoyante plutôt qu’à un anthroponym. Cette lecture s’inscrit dans une tradition d’analyse toponymique attentive aux formes anciennes et à leurs dérivations romanes. Elle complète les hypothèses évoquées par Yernaux, qui souligne la richesse des variations orthographiques et phonétiques ayant façonné le nom du Warmonceau au cours des siècles.
Lieux-dits Saint-Jean, quartier situé au sud de Montignies entre la Sambre et la chaussée de Charleroi.
Saint-Charles, quartier situé au sud-ouest de Montignies à la limite avec Charleroi. Le Poirier il est situé au centre de la localité de Montignies. Il rappelle le nom d'un charbonnage. La Duchère, situé à l'est entre la rue du Centenaire et la limite avec la localité voisine de Châtelineau. Samaritaine, il est situé dans le quartier de la Neuville au sud de la route de la Basse-Sambre. Une école porte le nom. Les Récollets, il est situé dans le quartier de la Neuville. Le nom rappelle l'établissement d'une congrégation de religieux Franciscains dans le quartier en 1674 jusqu'à la Révolution française mais rétablit en 1833’.
Cités Cité Yernaux, cité SélestatLa cité a été nommée en l'honneur de la commune jumelée., cité de l'Europe, cité Roger Lefèvre, cité André Poffé et cité de Follonica.
Terrils Terril de l'Épine, terrils du Résolu et 2, terril de la Duchère, terril du stade Yernaux.
Hydrographie L’hydrographie de Montignies‑sur‑Sambre est dominée par la présence structurante de la Sambre, cours d’eau navigable qui traverse la section d’ouest en est et constitue l’axe principal du réseau local. La rivière y adopte un tracé canalisé, intégré au système des voies hydrauliques gérées par la Direction de l’Exploitation des Voies navigables, ce qui en fait un élément majeur tant du paysage que de l’organisation urbaine.
Démographie + Évolution de la populationSauf 1977 - 1977 - 1801 1846 1900 1947 1977Fusion de communes en Belgique. 2001719 Histoire
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