Cet article présente des monuments historiques inscrits de Senlis qui ne bénéficient pas d'articles détaillés. Il fournit de plus amples renseignements sur ces monuments que l'article principal et présente certains monuments que l'article principal ne décrit pas, faute de place. En outre, le présent article est consacré aux éléments du patrimoine architectural qui sont protégés au titre des sites, ainsi qu'à ceux qui ne bénéficient d'aucune protection, comme c'est le cas du petit patrimoine notamment : lieux en dehors du secteur sauvegardé, anciens moulins, fontaines, statues, calvaires, lavoirs, etc.
Bâtiments inscrits au titre des Monuments historiques
Hôtel Raoul de Vermandois, place du parvis Notre-Dame (inscription le , mai 1933) : Selon la tradition, la demeure aurait été construite pour Raoul de Vermandois, fils d'Henri de France. Achevé probablement à sa mort en 1152, l'hôtel est donné au chapitre Notre-Dame en 1174 puis devient maison canoniale. Toutefois, les parties les plus anciennes de l'actuelle maison ne semblent pas remonter avant le . L'étage et la tourelle avec son escalier à vis sont construits au . Côté jardin, subsistent le mur de la cité et l'une des vingt-huit tours. Le bâtiment accueille une école des frères chrétiens à partir de 1823 et est agrandi à cette occasion. La ville achète la maison en 1976 et installe un petit musée d'histoire au rez-de-chaussée en 1989Cf. ..
Hôtel des Trois Pots, 33 rue du Châtel (inscription par arrêté du ) : mentionné des 1292, c'est un ancien manoir devenu plus tard hôtel de voyageurs, connu aussi comme l'hôtel du [petit] Pot d'estaing ou l'hôtel des Trois pots d'étain. Le petit enseigne en pierre sculptée est toujours visible. Auberge de renom pendant les , des hôtes illustres y descendaient, comme le duc de Sully lorsque Henri IV était à Senlis (plaque de commémoration). De 1688 à 1765, l'hôtel sert de relais de poste, et les maîtres de poste furent Augustin Houbigant (1693-1697), Robert Polehq (1706), Jean Barbier (1711-1742), Guillaume Godart (1751-1759) et Chenu (1768). - Au , le bâtiment a été remanié, recevant une façade de briques, en ligne brisée avec des chaînes de pierre en bossage. Dans les caves sur deux niveaux, subsistent des chapiteaux sculptés des . La grande porte-cochère est remarquable ; elle mène vers la cour et le jardin de l'hôtel le long de l'impasse Beaumé (anciennement rue des Prisons). À côté, un autre grand portail constitue l'un des accès au parc de l'ancien château royal.
Ancien hôtel-Dieu de Gallande, 26 rue du Châtel (inscription par arrêté du , portant sur la porte du et les arcades intérieures) : fondé en 1223 par le seigneur de Gallande ou Garlande, d'une famille importante présente aussi à Livry, pour remplacer l'hôpital Saint-Martin, dans le faubourg en face de l'église du même nom (disparus tous les deux). L'hôtel-Dieu était desservi par des religieuses, qui étaient des Augustines (aidées par des sœurs laïques) et qui étaient appelées localement les Magdeleines parce que leur couvent intégré dans l'hôpital était dédié à Marie-Madeleine. L'administration était toutefois assurée par des frères. On sait qu'une chapelle construite à neuf fut inaugurée en 1503, ce qui ne dit pas qu'il n'y avait pas eu de chapelle avant ; le nombre de lits était alors de vingt-quatre. Furent accueillis surtout les pauvres, sauf pendant les grandes épidémies ; le financement se faisant à travers des dons et des legs, souvent sous la forme de dîmes. En 1696, les sœurs de Saint Vincent de Paul prennent le relais. Ainsi, l'hospice fonctionne jusqu'en 1792, mais la Révolution fait d'énormes dégâts par la suite et ne laisse subsister que les murs et la chapelle, dont les voûtes sont toutefois détruites. Une usine de chicorée fonctionne dans les locaux reconstruits pendant le ; aujourd'hui, c'est la caisse d'épargne. L'on peut apercevoir depuis la salle des guichets l'ancienne chapelle, dépourvue du mur vers le sud et ouvrant ainsi la vue sur les deux rangées de colonnes. Cette chapelle était en même temps le domicile des malades et le local principal de l'hospice : des grillages en bois entre les colonnes séparaient la nef en trois parties dans toute sa longueur. À gauche, étaient les lits des hommes, et à droite, les lits des femmesCf. Amédée Vicomte de Caix de Saint-Aymour, Topographie médicale de Senlis en 1785, dans : Comité Archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, année 1912, Senlis 1913, 310 p. ; p. 102-106 ; Lire en ligne..
Hôtel des Trois-Morts, 15 rue du Châtel (inscription par arrêté du ) : ancien siège de la chancellerie. Dans la grande salle, se tenait l'assemblée de la ville, par exemple en 1417.
Hôtel de la Chancellerie ou ancien hôtel d’Hérivaux, 23 rue de la Chancellerie (inscription par arrêté du , portant sur les façades et la toiture) : Il tient son appellation de Henri de Marle, nommé chancelier de France le et assassiné cinq ans plus tard. Les de Marle furent seigneurs de Versigny et possédèrent plusieurs maisons dans cette même rue. L'hôtel de la Chancellerie, construit entièrement en pierre, comporte deux étages et est bâti à l'arrière sur l'enceinte gallo-romaine. Sous les pignons, les façades sont fonctionnelles et présentent plus ou moins leur aspect d'origine après la récente restauration, tandis que la façade principale sur la rue se veut représentative. Elle a été remaniée selon le goût de la Renaissance, avec des pilastres ioniques au premier étage et corinthiens au second, et encadrée par deux tours hexagonales.
Hôtel de Ville, rue de Beauvais / rue du Châtel (inscription par arrêté du , portant sur les façades du et les balcons en fer forgé) : rebâti et agrandi par annexion de la halle des bouchers à la suite d'une décision du , l'on voit toujours qu'il se compose de bâtiments distincts. Sa substance date essentiellement de la fin du , avec notamment la façade sur la rue de Beauvais, mais aussi du Moyen Âge et du (1753-1767), quand la façade à l'angle des deux rues a été remaniée. À l'intérieur, peu d'éléments visibles du passé ont survécu aux modifications et modernisations successives, hormis la tour d'escalier polygonale, une ancienne cour intérieure et certains détails.
Hôtel de l'Ange, 39 rue Vieille de Paris (inscription par arrêté du ) : maison en pierre du à deux étages, avec une façade sobre, mais représentative sur la rue, se caractérisant par des larges baies et un portail en anse de panier. Sur la cour, les galeries extérieures d'accès aux chambres sont caractéristiques des hostelleries des . La tour d'escalier polygonale présente un portail Renaissance richement sculpté. Deux bâtiments annexes se situent sur la cour, mais les écuries ont disparu. La demeure remonte au et appartenait à l'abbaye de Chaalis, qui la loua de 1656 à 1768 à des aubergistes. Pour la période de 1574 à 1606, une utilisation comme hôtellerie est également attestée. Le dernier bailleur avant la Révolution était par contre laboureur, ce qui illustre le déclin de l'hôtellerie sur la rue Vieille de Paris après le percement de l'actuelle rue de la République. Après la Révolution, l'ensemble a été vendu comme bien national est reste propriété privée depuis. C'est Louis Graves qui le qualifia le premier d'ancienne poste à chevaux, vers le milieu du , erreur qui s'est maintenue longtemps après. L'on sait pourtant les anciens relais de poste de Senlis : entre 1688 et 1765, ce fut l'hôtel des Trois-Pots, et ensuite, jusqu'à la suppression en 1872, un établissement à l'emplacement actuel de la caserne « Quartier Ordener »..
Couvent des Carmes et ancien hôpital Saint-Louis, 4 rue Vieille de Paris (inscription par arrêté du , portant sur l'église ; le bâtiment sur la rue Vieille de Paris, abritant les vestiges de l'ancienne galerie occidentale et de l'ancienne galerie méridionale du cloître ; les façades et toitures du grand bâtiment d'habitation du sur la cour ; l'escalier en pierre et en bois du à l'intérieur de ce grand bâtiment d'habitation ; le mur de clôture du jardin) : fondés en 1303 par l'ordre des Bonshommes, établis à Paris depuis 1285 et adoptant la règle de saint Augustin en 1347. Au , l'ordre est endetté et le couvent ruiné. Les Bonshommes le vendent aux Carmes déchaussés en 1641, qui remboursent les dettes et payent une pension au prieur et aux cinq moines survivants. Commence ensuite la reconstruction du couvent et de l'hôpital, ainsi que du portail de l'église Notre-Dame de la Charité de 1303 (aucun lien avec l'hôpital de la Charité). À nef unique, l'église mesure vingt-cinq mètres sur dix avec quatre travées, le transept étant simulé par deux absides à mi-hauteur. Le chœur est pentagonal, présentant comme toute l'église une architecture simple et élégante. Le clocher a été abattu en 1792 après de la vente du couvent comme bien national. Le moulin des Carmes proche du couvent a été détruit le lors de la bataille de Senlis. Pendant l'utilisation de l'ancien couvent comme caserne « quartier Montmarie » entre 1856 et 1998, l'église est utilisée comme magasin de vêtements. La nef a été divisée en deux niveaux par un plafond intermédiaire, et la décoration intérieure s'est fortement dégradée. Après des décennies d'un entretien déficient, l'édifice menace aujourd'hui ruine, contrairement aux bâtiments conventuels, qui ont été réhabilités en logements de 1999 à 2001..
Pavillon Saint Martin, 93 rue du faubourg Saint-Martin (inscription au titre des Monuments historiques par arrêté du , portant sur le jardin et . L'adresse 35 faubourg Saint-Martin donnée dans la notice PA00114904 est erronée ; l'adresse correcte est donnée par la notice IA60001228 portant sur la même propriété., site inscrit par arrêté du Cf. sur le site .) : L'histoire de cette propriété reste énigmatique. L'on sait qu'elle remplace une maison plus ancienne, dont ne subsistent que trois marches d'un escalier en colimaçon dans la cave. « La demeure actuelle, par ses lignes générales et sa masse évoque la première moitié du , alors que l'examen intérieur ne décèle aucun détail décoratif, moulure, serrurerie, menuiserie ou autre qui s'affirme avant le ». Plusieurs indices permettent de croire que les aménagements du sont l'œuvre de Claude Nicolas Ledoux. Le premier propriétaire dont le nom est connu est Claude-Gaspard Boucher d'Argis de Guillerville, receveur particulier des Finances, écuyer, avocat en Parlement de Paris, etc., en 1787. Sous la Révolution, il est nommé procureur de la commune de Senlis. L'hôtel est vendu à Louis Piquery en 1816, et après son décès en 1838, il appartient pendant quarante ans à ses héritiers en indivision. Pendant le et jusqu'au début du , la propriété est successivement agrandie par le rachat de parcelles limitrophes, y inclus l'ancien emplacement de l'église paroissiale Saint-Martin démolie après la Révolution. En 1879, Félicité Piquery devient la seule propriétaire et le reste jusqu'à sa mort en 1893. Sa petite fille, devenue de Bellegarde, hérite d'elle et procède à des modifications à l'intérieur. Deux salons donnant sur le parc sont particulièrement remarquables pour leurs boiseries du , provenant pour partie d'un château en Normandie. Avec le rachat par Maurice Labouret en 1919, la propriété quitte la famille Piquery. - La demeure tient son importance historique du fait qu'elle hébergea le quartier interallié et le quartier général du maréchal Foch du au , comme le rappelle la plaque commémorative à côté du portail. Les habitants ont dû quitter la maison pendant cette période, dont certains aménagements spécifiques maintiennent encore le souvenirCf. ..