La (en ) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description vignette|La rue et l'église du Taur vues de la place Saint-Sernin. vignette|La rue du Taur vue du clocher de la basilique Saint-Sernin. La rue du Taur est une voie publique. Elle traverse le quartier Arnaud-Bernard, depuis la place du Capitole jusqu'à la place Saint-Sernin, dans le secteur 1 - Centre.

Elle naît au nord de la place du Capitole, presque dans l'axe de la rue Saint-Rome. Son parcours, long de 343 mètres, est quasi-rectiligne, orienté du sud au nord. Sa largeur est assez régulière, d'environ 10 mètres, dans les parties transformées au , mais elle se rétrécit jusqu'à 5 mètres dans les parties les plus anciennes qui ont conservé le parcellaire médiéval. Elle se termine en débouchant sur la place Saint-Sernin, face à la porte Miègeville qui donne accès à la basilique Saint-Sernin.

La chaussée compte une voie de circulation automobile en sens unique, de la place du Capitole vers la place Saint-Sernin. En 2011, la rue du Taur devient une rue piétonne., sur la plus grande partie de son parcours, de la place du Capitole à la rue de Périgord, et de la rue des Trois-Renards à la place Saint-Sernin : la circulation automobile y est réglementée et la vitesse limitée à 6 km/h. Entre la rue de Périgord et la rue des Trois-Renards, elle appartient à une zone de rencontre, où la circulation automobile est limitée à 20 km/h.

Voies rencontrées La rue du Taur rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place du Capitole Rue des Pénitents-Gris (g) Rue du Sénéchal (d) Rue Montoyol (d) Rue de l'Esquile (g) Rue du Périgord (d) Rue des Trois-Renards Place Saint-Sernin

Transports La rue du Taur est parcourue et desservie par la navette . Elle se trouve à proximité de la station Capitole de la ligne , et de la station Jeanne-d'Arc de la ligne du métro. À cette dernière marquent également l'arrêt les bus des lignes et du Linéo.

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches se trouvent dans les rues voisines : la station (5 rue des Lois), la station (1 rue de l'Esquile) et la station (8 rue des Trois-Renards).

Odonymie La rue tient son nom de l'église du Taur, construite au . La tradition affirme qu'une chapelle avait été édifiée dès le par l'évêque de Toulouse Hilaire, à l'endroit où le corps de l'évêque Saturnin, martyrisé en 250 durant les persécutions de Dèce, s'était détaché du taureau (taur, en occitan) qui le traînait derrière lui depuis les marches du temple du Capitole (emplacement de l'actuelle place Étienne-Esquirol)Pierre Maraval, Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Éd. du Cerf, Paris, 2010, ..

Au Moyen Âge, la rue était une partie de la Grand-rue qui traversait la cité et le bourg, depuis la porte Narbonnaise jusqu'à l'abbaye Saint-Sernin. Seule la première partie de la rue, entre la Porterie (emplacement de l'actuelle place du Capitole) et la rue de l'Esquile, était désignée comme la rue du Taur. La rue prenait ensuite le nom de rue du Cloître-Saint-Sernin, ou plus simplement du Cloître ou Saint-Sernin, car elle menait jusqu'à l'enclos (claustrum en latin, claustra en occitan) de l'abbaye. En 1794, pendant la Révolution française, les rues entre la place du Capitole et l'église Saint-Sernin furent appelées ensemble rue de la Philosophie. Finalement, la rue Saint-Sernin et la rue du Taur furent réunies et appelées ensemble sous ce dernier nom.

Histoire Antiquité Durant la période romaine, l'actuelle rue du Taur se trouve à l'extérieur de la cité romaine de Tolosa, mais son tracé, dans l'axe de la porte nord, la Porta Arietis, correspond sans doute à celui de l'ancienne route de Divona Cadurcorum (Cahors) et de Lugdunum (Lyon). Un cimetière se développe des deux côtés de la voie romaine, bordée de sépultures, formant une importante nécropole à l'entrée de la ville.

La tradition paléochrétienne affirme que c'est en suivant cette route que, en 250, le corps martyrisé du premier évêque de Tolosa, Saturnin, se serait détaché du taureau qui le trainait depuis les marches du temple capitolin (emplacement de l'actuelle place Esquirol). Deux femmes, les « saintes puelles » (puellae, « jeunes filles » en latin) auraient recueilli et enseveli son corps au milieu des tombeaux, avant que, au , l'évêque Hilaire fasse élever un martyrium à cet emplacement. Ce lieu n'est pas localisé avec certitude : la tradition le situe à l'emplacement de l'actuelle église Notre-Dame du Taur, quoique les dernières recherches le placent plutôt sous l'actuelle basilique Saint-Sernin.

Moyen Âge À la fin du , la construction d'une nouvelle église à Saint-Sernin est entreprise par l'évêque Isarn. L'abbaye est alors entouré d'un fossé (actuelle rue des Trois-Renards) qui délimite l'enclos. Un bourg commence à se développer autour de cet enclos et le long des rues qui rayonnent autour, particulièrement le long du chemin qui mène à la porte nord de Toulouse, la Porterie. Les constructions se multiplient au cours du le long de l'actuelle rue du Taur. À l'entrée de l'enclos sont élevées les maisons des principaux vassaux du prieuré, qui gardent symboliquement et concrètement Saint-Sernin, tels les Maurand et les Villeneuve. La maison des Maurand, construite au , se signale par sa grosse tour carrée (actuel ).

Au , l'université de Toulouse, fondée par le traité de Meaux en 1229, se développe à proximité des couvents des ordres mendiants – particulièrement celui des franciscains et celui des dominicains. À partir du se multiplient les fondations de collèges, pour assister les étudiants les plus pauvres et leur fournir les moyens d'étudier. Ces fondations sont souvent le fait de membres de la cour pontificale d'Avignon, souvent issus de l'université de Toulouse. Le collège de Maguelone (emplacement des actuels à 42) est fondé vers 1360 par Audoin Aubert, le « cardinal de Maguelone », ancien évêque de Maguelone, pour accueillir dix étudiants en droit. À la même époque, Hélie de Talleyrand, le « cardinal de Périgord », fonde le collège de Périgord (actuels ) dans l'ancienne maison des Maurand, pour dix étudiants en droit civil et dix étudiants en droit canon.

Période moderne

Époque contemporaine

Patrimoine et lieux d'intérêt Église Notre-Dame du Taur .

L'église du Taur, construite au , placée sous le vocable de Saint-Sernin, avant d'être dédiée à la Vierge au . C'est un exemple remarquable du style gothique méridional. Depuis la destruction de l'église Saint-Michel (emplacement de l'actuel place Auguste-Lafourcade), la façade sur la rue du Taur est par ailleurs le dernier exemple à Toulouse de clocher-mur. Celui-ci s'élève sur deux étages, encadrés de deux tourelles polygonales. Les six ouvertures campanaires sont caractéristiques avec leurs arcs en mitre.

Comme dans la plupart des églises méridionales, la nef est unique, sans bas-côtés. Sur le mur au sud, une fresque du début du représente la généalogie de Jacob. Le chœur et les chapelles, qui s'ouvrent entre les contreforts, sont construites aux . Au , l'architecte Eugène Viollet-le-Duc mène une campagne de restauration, suivie de la réalisation de peintures de Bernard Bénézet, représentant le martyre de Saturnin et la mort de Joseph, et de la pose de vitraux de Louis-Victor Gesta..

Collèges médiévaux 56-60 : maison et tour Maurand () ; collège de Périgord (1360) ; Grand Séminaire (1808) ; université () ; École supérieure d'audiovisuel. ..Patrice Cabau et Anne-Laure Napoléone ; DE LA TOUR DES MAURAND AU COLLÈGE DE PÉRIGORD .

69 : collège de l'Esquile ; Petit Séminaire ; SDAP 31 et cinémathèque. .. Le collège de l'Esquile, un collège de l'université de Toulouse, est ouvert vers 1417 pour accueillir six étudiants. Après la réforme de 1551, un nouveau collège est reconstruit entre 1554 et 1558, sous la direction de Nicolas Bachelier. Il s'organise autour de deux cours entre la rue du Taur, la rue de l'Esquile et la rue des Lois. Après 1808, les bâtiments sont affectés au Petit séminaire, finalement fermé au début du . À la fin des années 1930, le bâtiment devient le lieu des manifestations culturelles organisées par les réfugiés espagnols et le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Dans les années 1990, les bâtiments sont rénovés et, dans une certaine mesure, transformés pour accueillir le Service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP) de Haute-Garonne et la cinémathèque de Toulouse. Le bâtiment sur la rue du Taur témoigne de la campagne des travaux conduits au milieu du par Nicolas Bachelier, même s'il a été modifié en 1990 par l'architecte des bâtiments de France Dominique Letellier pour accueillir les bureaux du SDAP. Le portail, achevé en 1556, entièrement en pierre, possède une décoration très riche. Voûté en plein cintre, il est orné de bossages vermiculés. Il est surmonté d'une frise qui portait les blasons des huit capitouls et d'une large corniche. Au-dessus, un attique encadré d'atlantes, de pots à feu et surmonté d'une corniche, est décoré de cartouches qui portaient les armoiries du collège, de la ville et de la province du Languedoc. L'ensemble est surmonté d'une travée dorique, formée de deux pilastres qui soutiennent un entablement et un fronton, décoré de trois croissants de lune placés en acrotère, qui rappellent l'emblème d'Henri II, tandis qu'au centre se distinguent les armoiries royales. Dans la cour, des traces d'architecture médiévale sont encore visibles, particulièrement des lancettes et une porte en arc brisé. Les deux corps de bâtiment en fond de cour, aménagés dans la première moitié du , servaient de chapelle et de sacristie au Petit séminaire. Ils sont occupés par la cinémathèque depuis 1995. Ils présentent une façade typique du style néoclassique toulousain. Les cinq travées, ouvertes par de grandes ouvertures en plein cintre, sont séparées par des pilastres à chapiteaux doriques. Dans l'ancienne chapelle, transformée en bibliothèque pour la cinémathèque, se distingue Le Socialisme aux champs de Jean Druille, peinture murale de 1933 redécouverte derrière une cloison en 1995..

École Sermet 71 : maison de charité ; école Sermet..

Hôtels particuliers 38 : hôtel Mazzoli. Un hôtel particulier est construit entre 1846 et 1848 pour la famille Mazzoli. Il occupe une vaste parcelle, entre la rue du Taur et la rue Montoyol (actuel ), à l'emplacement de l'ancien collège de Maguelone. Du vieux collège médiéval, aménagé au cours du , ne subsiste aucun vestige. Sur la rue du Taur, la façade s'élève sur trois étages décroissants. Le rez-de-chaussée en brique claire est traité en bossage. Il est ouvert par une grande porte cochère voûtée en plein cintre, encadrée de deux ouvertures de boutique rectangulaires, et surmonté par une corniche moulurée. Aux étages, les travées sont rythmées par des pilastres à chapiteaux corinthiens. Les fenêtres du ont des garde-corps à motifs géométriques et de grecques, et sont surmontées de corniches. L'élévation est surmontée d'une corniche à denticules et modillons..

62-64 : hôtel de Lassus. Un hôtel particulier est construit au pour la famille de Lassus au bout de la rue du Taur, face à l'enclos de l'abbaye Saint-Sernin. Les élévations sur la rue du Taur sont profondément modifiées en 1968 par l'architecte Jean Cousy pour permettre l'extension de l'hôtel Junior (actuel hôtel Villa du Taur), dans un style qui rappelle les constructions toulousaines du . Le rez-de-chaussée est ouvert par de grandes ouvertures de boutique séparées par des pilastres doriques. Dans la subsiste le portail de l'hôtel de Lassus, voûté en plein cintre et surmonté d'une corniche à denticules. Au , on a replacé sur les fenêtres des deux travées de droite les garde-corps en fer forgé qui ornaient celles de l'ancienne construction..