Le parc national de Tyresta () est situé dans les communes de Haninge et Tyresö du comté de Stockholm, dans la province historique de Södermanland. Ce parc national de Suède couvre et est entouré de la réserve naturelle de Tyresta, pour un total de près de protégés, en contact direct avec la métropole de Stockholm.

Le paysage de Tyresta est un plateau entrecoupé de petites vallées suivant des lignes de fractures du socle gneissique. La couche de sol du plateau est très maigre et la forêt de pins sylvestres qui s'y développe est en conséquence relativement pauvre. Cependant, malgré sa proximité avec Stockholm, c'est en grande partie une forêt ancienne, non affectée par l'industrie forestière. Le parc constitue ainsi un refuge pour beaucoup d'espèces végétales et animales qui sont ailleurs menacées par cette industrie.

La région émergea il y a environ et fut rapidement colonisée par les humains, d'abord de façon saisonnière, puis permanente. Les villages de Tyresta et Åva, qui bordent le parc, datent de la fin de l'âge du fer germanique. La forêt est durant tout le Moyen Âge utilisée de façon limitée par ces villages. Les premiers gros aménagements datent du où les cours d'eau sont utilisés pour actionner des moulins à eau. Mais à partir du , l'industrie forestière se développe et une grande partie des forêts est exploitée. Cependant, une des propriétaires du village de Tyresta refuse de céder ses droits, ce qui permet de sauver la forêt qui constitue maintenant le cœur du parc. À partir de 1936, elle est progressivement achetée par la commune de Stockholm, et devient une aire de récréation pour ses habitants. En 1978, le cœur de la forêt est protégé en tant que réserve naturelle puis, en 1993, le parc national est établi.

En 2017, le parc est encore un site naturel très populaire, en particulier pour les habitants de la capitale, et compte au total par an. La principale activité est la randonnée, permettant d'apprécier les forêts anciennes et de découvrir la vaste zone ravagée par un incendie en 1999 où la nature se régénère progressivement.

Toponymie La plus ancienne mention du nom dans les archives date de 1362, sous la forme .. L'étymologie de ce nom était initialement interprétée comme une dérivation du prénom féminin avec en suffixe signifiant .. Cependant, le nom provient plus probablement de l'ancien mot / signifiant « terrain vallonné », avec de nombreuses hauteurs rocheuses. Les toponymes finissant par datent en général de l'âge du fer, autour de l'an 600-700.

Géographie Localisation et frontières Le parc national de est situé sur l'île (ou péninsule selon les définitions.) de Södertörn, à des côtes de la mer Baltique, dans les communes de Haninge et de Tyresö du comté de Stockholm, dans la province du Södermanland, en Suède... Il est bordé au nord-ouest par la banlieue de la ville de Stockholm et se situe à du centre-ville. Il couvre une superficie de . Il est entouré en grande partie par la réserve naturelle de , d'une superficie de , la majeure partie étant à l'est du parc, mais une petite partie séparée du reste se trouve à l'ouest autour du village de Tyresta by. Ils forment ensemble la forêt de ()..

vignette|upright=1.7|centre|alt=Carte du parc national.|Carte du parc de Tyresta.

Relief Le parc consiste en un plateau rocheux au relief assez peu prononcé sans aucune hauteur notable dans le paysage. Les points les plus hauts sont situés au nord des lacs Årsjön et Stensjön, avec une altitude maximale d'environ . Cependant, ce plateau est parcouru par un réseau de vallées, le plus souvent orientées selon un axe nord-sud, mais également pour certaines selon un axe sud-ouest nord-est. Ces vallées sont le plus souvent courtes, mais certaines dépassent les , telles la vallée d'Åva ou celle du lac Långsjön.. Elles sont le plus souvent peu profondes, avec quelques exceptions où les parois chutent abruptement de , accueillant alors des lacs en leur sein, comme à Lycksjön et Stensjön. Le paysage ainsi formé prend en Suède le nom de (). Il s'agit d'un paysage assez rare dans le monde, mais fréquent en Suède (présent dans le Svealand oriental, le Bohuslän et le Blekinge par exemple).

vignette|centre|upright=2|alt=Photo d'un lac bordé de part et d'autres des rives d'arbres.|Le lac Lycksjön à la frontière du parc national.

Climat Le climat de Tyresta est un climat continental humide (Dfb selon la classification de Köppen), mais la proximité avec la mer Baltique et le lac Mälar confère à la région un certain caractère océanique .. Les précipitations annuelles à Tyresta avoisinent les ., les plateaux étant plus humides que la côte qui reçoit typiquement autour de .. Le maximum d'humidité est atteint en juillet-août et les faibles précipitations du printemps et du début d'été peuvent causer une certaine sécheresse. En hiver, les précipitations se présentent sous forme neigeuse, et le manteau neigeux se maintient en moyenne 80 jours. La durée de végétation (nombre de jours où la température moyenne excède ) est d'environ 190 jours.

Les pluies acides ont diminué depuis les années 1970. En 2008, chaque hectare reçoit entre de soufre via les précipitations ; les prévisions pour 2020 sont évaluées à environ par an. La même tendance est observée pour l'acide nitrique. Ces valeurs sont considérées comme satisfaisantes, même si les effets de l'acidification sont toujours visibles, le sol réagissant lentement aux changements.

Hydrographie vignette|alt=Ruisseau formant une petite chute dans un petit ravin entouré de forêt.|Le ruisseau Åvaån dans le parc.

Le réseau hydrographique du parc national de Tyresta est principalement articulé autour de deux rivières : et . prend son nom en sortant du lac puis se dirige vers l'ouest.. Il quitte le parc près de , rejoint le lac Lycksjön à la frontière est du parc puis continue dans la banlieue de Stockholm où il est canalisé, affluant dans la rivière Tyresån au niveau du lac de avant de finalement rejoindre la mer Baltique. Au total, s'étend sur une longueur de , mais au sein du parc, il n'est qu'un ruisseau, pouvant même s'assécher en été. La majeure partie du parc est occupée par le bassin de la rivière .. Elle est formée par la confluence des ruisseaux et puis continue vers le sud, passant dans le lac , et quittant le parc au niveau du village Åva. Elle continue alors dans la réserve naturelle de Tyresta jusqu'à la baie , dans la mer Baltique. Ces deux rivières sont régulées par plusieurs barrages et Åvaån en particulier est utilisée depuis longtemps pour actionner des moulins à eau..

Le parc national possède neuf lacs sans compter le lac Lycksjön le long de sa frontière occidentale, représentant une superficie cumulée de . Ce sont le plus souvent des lacs oligotrophes (pauvres en nutriments). Ils sont pour la plupart peu profonds, à l'exception de Stensjön (), et régulés à l'exception de Bylsjön. Certains d'entre eux sont très allongés, ce qui est dû à la présence des vallées de fracture. En dehors des lacs, la quantité de zones humides est relativement modeste, à l'instar du reste de la région. Il s'agit en général de petites tourbières, pauvres en nutriments, réparties uniformément dans la forêt. À l'est du parc, entre Årsjön et Lycksjön, certaines atteignent de plus grandes dimensions, mais restent pauvres en nutriments et il n'y a que près d'Åva que se trouve une tourbière riche.

Géologie vignette|alt=Terrain rocheux avec des petits arbres poussant dans les creux de la roche.|La section brûlée en 1999 montre clairement la très mince couche de sol sur les plateaux, le socle de gneiss étant le plus souvent à nu.

Le parc est dominé par des roches du socle continental du bouclier scandinave datant de l'orogenèse des Svécofennides, une chaîne de montagne qui s'est formée il y a environ d'années, dans une zone correspondant à l'actuelle Suède orientale et la majeure partie de la Finlande.. Cette chaîne a ensuite été érodée jusqu'à former la pénéplaine actuelle. Les roches sont en grande partie des schistes et grès métamorphisés en gneiss. Se retrouve aussi une variété de granite rouge au nord de Stensjön, datant de la même période, mais issu d'une fusion en profondeur.. Un autre type de granite, légèrement folié, est présent à l'est qui s'est infiltré dans des fissures lors de l'orogenèse svécofenienne. Enfin, des roches basiques (roches vertes) sont présentes dans plusieurs localités, par exemple près d'Åva ou près de Lanan qui donnent lieu à une flore localement plus riche. Ce socle continental est parfois entrecoupé de dykes, dont en particulier des dykes de pegmatite () et des dykes de diabase (), ces derniers identifiés par exemple au sud de Stensjön, sont basiques et donc favorisent aussi une flore plus riche..

La pénéplaine svécofenienne fut recouverte de sédiments marins, mais elle émergea à nouveau durant l'orogenèse calédonienne (environ ) et l'érosion retira cette couche sédimentaire. L'érosion agrandit aussi les failles et diaclases du socle, ce qui forma les petites vallées de fractures. À Tyresta, ces failles ont peu joué et donc les deux côtés des vallées sont en général à la même hauteur.

Les glaciations quaternaires ont laissé relativement peu de marques dans le paysage. Les marques les plus répandues sont les stries glaciaires, principalement selon un axe NNO-SSE.. Les blocs erratiques sont assez rares, le seul exemple notable étant un bloc au sud d'. Enfin, les moraines sont quasiment absentes, ce qui est dû au rebond post-glaciaire. En effet, à la fin de la dernière ère glaciaire, il y a environ , Tyresta était entièrement sous le niveau des eaux du lac proglaciaire Baltique.. Le rebond isostatique, initialement rapide, permit aux sommets de Tyresta d'émerger sous forme d'îlots environ mille ans après. Les moraines et autres sédiments quaternaires furent alors décapés par la mer, et ne subsistèrent qu'au creux des vallées, qui sont ainsi de nos jours les terrains les plus fertiles. Le rebond post-glaciaire se poursuit encore, le sol s'élevant en moyenne de par décennie.

Milieux naturels Flore vignette|alt=Forêt de pin parsemés avec des sous-bois alternant lichens et bruyère.|Végétation de la forêt de Tyresta

Une des principales richesses du parc réside dans sa couverture, pour une grande partie, par une forêt ancienne voire primaire, avec presque aucune trace d'une quelconque exploitation par l'industrie forestière. Sur les de forêts cumulées entre la réserve et le parc national, environ sont considérés comme primaires, principalement dans la partie occidentale du parc. La forêt est donc constituée d'arbres de tous âges et aussi d'une importante proportion d'arbres morts, à différents niveaux de décomposition.

Deux principaux types de forêt se distinguent. Le type prédominant est une forêt de pins sylvestres (), couvrant l'essentiel du plateau de Tyresta. À cet endroit, la couche d'humus est maigre, le socle rocheux affleurant souvent. La forêt est éparse et la végétation des sous-bois est pauvre, avec surtout de la bruyère (), mais aussi parfois des airelles rouges () et myrtilles (). Le second type regroupe les forêts d'épicéa commun (), situées surtout dans les vallées et sur les pentes du plateau. Les sous-bois sont, dans ces zones, couverts de myrtilles. En dehors de ces deux espèces de conifères, les forêts sont composées d'un certain nombre de feuillus, souvent disséminés, principalement des bouleaux pubescents (), des trembles () ainsi que des chênes pédonculés (). Les feuillus sont en proportion beaucoup plus importante dans la zone de ravagée par l'incendie de 1999, étant parmi les premiers à recoloniser cette zone. Les forêts les plus riches sont situées dans les vallées côtières de la réserve naturelle.

vignette|gauche|alt=Bois mort dans une forêt d'épicéas.|Bois mort dans une forêt d'épicéa de Tyresta. La présence de bois mort est une caractéristique des forêts naturelles, et est très importante pour leur biodiversité.