Bernard Bihain, né le à Nadrin (Belgique), est un scientifique belge, co créateur et PDG de la société de biotechnologie Genclis SA. À la fin des années 1990, il est au centre d'une polémique de fraude scientifique bénéficiant d'une large couverture médiatique et aboutissant à un non-lieu pour l'accusation de fraude scientifique pour laquelle la justice ne put prouver les éléments matériels dénoncés par certains de ses collaborateurs.
Biographie Carrière universitaire En 1984, Bernard Bihain obtient son doctorat de médecine et remporte le prix de la Recherche médicale de l’Université libre de Bruxelles (ULB).
En 1988, Bernard Bihain démontre que l’usage d’une émulsion lipidique titrée à 10 % est beaucoup plus toxique pour les prématurés que l’usage d’une même émulsion titrée à 20 %. Cette découverte est prise en compte par le corps médical et les usages nutritionnels à destination des prématurés sont modifiés. Il est post-doctorant à l’université Columbia de New York et découvre le rôle régulateur des acides gras libres sur le métabolisme lipoprotéique. Il fait également la découverte du Lypolysis Stimulated Receptor (LSR)..
En 1990, Bernard Bihain découvre le rôle régulateur des acides gras libres sur le métabolisme lipoprotéique et particulièrement la lipoprotéine lipasePeterson, J. et al. Fatty acid control of lipoprotein lipase: a link between energy metabolism and lipid transport. Proc. Natl. Acad. Sci. U. S. A. 87, 909–913 (1990). établissant un premier lien moléculaire entre métabolisme énergétique et le système de transport des lipides. Il poursuit ce travail en démontrant le rôle inhibiteur des acides gras libres sur l’activité du récepteur des LDLBihain, B. E. et al. Unesterified fatty acids inhibit the binding of low density lipoproteins to the human fibroblast low density lipoprotein receptor. J. Biol. Chem. 264, 17316–17321 (1989).. C’est dans ce contexte qu’il découvre un récepteur activé par les acides gras libres le Lipolysis stimulated receptor (LSR)Bihain, B. E. & Yen, F. T. Free fatty acids activate a high-affinity saturable pathway for degradation of low-density lipoproteins in fibroblasts from a subject homozygous for familial hypercholesterolemia. Biochemistry (Mosc.) 31, 4628–4636 (1992).Yen, F. T. et al. Identification of a lipolysis-stimulated receptor that is distinct from the LDL receptor and the LDL receptor-related protein. Biochemistry (Mosc.) 33, 1172–1180 (1994).. L’existence d’un second récepteur des lipoprotéines était suspecté de longue dateShepherd, J., Bicker, S., Lorimer, A. R. & Packard, C. J. Receptor-mediated low density lipoprotein catabolism in man. J. Lipid Res. 20, 999–1006 (1979). avait déjà fait l’objet de nombreuses tentatives infructueuses de caractérisation moléculaireMahley, R. W., Hui, D. Y., Innerarity, T. L. & Beisiegel, U. Chylomicron remnant metabolism. Role of hepatic lipoprotein receptors in mediating uptake. Arterioscler. Dallas Tex 9, I14–18 (1989).. Bernard Bihain décrira les différentes propriétés du LSRMann, C. J. et al. Mechanism of activation and functional significance of the lipolysis-stimulated receptor. Evidence for a role as chylomicron remnant receptor. Biochemistry (Mosc.) 34, 10421–10431 (1995).Troussard, A. A. et al. Inhibitory effect on the lipolysis-stimulated receptor of the Bihain, B. E. et al. Lipolysis-stimulated receptor: a newcomer on the lipoprotein research scene. Diabète Métabolisme 21, 121–126 (1995).Mann, C. J. et al. Inhibitory effects of specific apolipoprotein C-III isoforms on the binding of triglyceride-rich lipoproteins to the lipolysis-stimulated receptor. J. Biol. Chem. 272, 31348–31354 (1997). pour aboutir au clonage du gène en 1998 et à la caractérisation de sa structure multimériqueYen, F. T. et al. Molecular cloning of a lipolysis-stimulated remnant receptor expressed in the liver. J. Biol. Chem. 274, 13390–13398 (1999).Bihain, B. E. & Yen, F. T. The lipolysis stimulated receptor: a gene at last. Curr. Opin. Lipidol. 9, 221–224 (1998).. Le rôle physiologique du LSR sera définitivement établi et confirmé en 2008 Yen, F. T. et al. Lipolysis stimulated lipoprotein receptor: a novel molecular link between hyperlipidemia, weight gain, and atherosclerosis in mice. J. Biol. Chem. 283, 25650–25659 (2008).Narvekar, P. et al. Liver-specific loss of lipolysis-stimulated lipoprotein receptor triggers systemic hyperlipidemia in mice. Diabetes 58, 1040–1049 (2009)..
En 1991, il poursuit ses travaux sur le LSR à l'Université d'État de Louisiane. Il arrive finaliste du Young Investigator Award de l’American Heart Association (Anaheim, Californie).
En 1992, il devient Directeur d’Unité de l’INSERM et crée l’Unité 391 à Rennes en 1994http://www.inpi.fr/fileadmin/mediatheque/pdf/Presse/DP_trophees2008_Lorraine.pdf. Il est accompagné par sa femme, Pascale Bihain, qui devient responsable administrative de l'Unité. L'unité sera dissoute par l'Inserm en 1998 à la suite de la polémique de fraude scientifique, dite "affaire Bihain". Il conserve son titre de Directeur de recherche Inserm.
À la fin des années 1990, en collaboration avec Harvey Lodish (du MIT), il fait la découverte de la Famoxine, la première molécule à visée thérapeutique qui pourrait être utilisée pour traiter des maladies telles que le diabète ou l’obésité..
Carrière entrepreneuriale En 2004, Bernard Bihain cocrée la société Genclis avec Virigine Ogier et Sandrine Jacquenet, et en devient PDG. La société développe un test d'allergie à l’arachide, qui sera commercialisé par Phadia à partir de 2006.
En 2006, Genclis participe à la création de la société Posifit (2006), et devient membre du Groupement d'intérêt économique Nancyclotep.
En 2007, Bernard Bihain encadre une thèse intitulée "Infidélité de transcription et carcinogenèse. Analyse bioinformatique et preuves de concept biologiques". La société Genclis dépose un brevet sur l’ de la transcription de l’ADNOffice Européen des brevets, brevets DK2468885, https://worldwide.espacenet.com/publicationDetails/biblio?DB=EPODOC&II=1&ND=3&adjacent=true&locale=fr_EP&FT=D&date=20160229&CC=DK&NR=2468885T3&KC=T3 , et exploite alors cette découverte dans le but de développer des tests diagnostiques en oncologie.
En 2011, Genclis attaque en justice l'entreprise Phadia pour contrefaçon..
En 2013, il développe la division vétérinaire de Genclis, Galileo Diagnostics by Genclis, et place à sa direction Pascale Bihain.
Carrière politique En 2015, en sa qualité de directeur de recherche à l’Inserm, il est membre du comité de pilotage du rapport au nom de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, sur "Les enjeux et les perspectives de l'épigénétique dans le domaine de la santé"https://www.senat.fr/, https://www.senat.fr/rap/r16-033-1/r16-033-11.pdf .
Polémiques Polémique de fraude scientifique En 1997, il est au centre d'un soupçon de fraude scientifique, dit affaire du gène de l'obésité, pour des travaux universitaires dirigés au sein de l'unité de recherches 391 de l'INSERM de Rennes et liés par un accord de recherche à la société de biotechnologie Genset. La polémique a notamment été couverte à l'époque par la revue scientifique Nature et plus récemment par le journaliste scientifique Nicolas Chevassus-au-LouisNicolas Chevassus-au-Louis, "Malscience: De la fraude dans les labos", Seuil, 01 septembre 2016. Succinctement, des membres de l'unité de recherches 391 rapportent à la présidence de l'université de Rennes ce qui constitue selon eux des dérives scientifiques de la part de leur directeur d'unité, Bernard Bihain. Une commission d'enquête est constituée par le directeur de cabinet du ministère de la Recherche et des Nouvelles technologies. À la vue des premiers témoignages recueillis, la commission conclut dans un premier temps à la nécessité d'approfondir l'enquête en s'appuyant sur des experts scientifiques du même champ de discipline que celui de l'unité 391. Cette conclusion ne sera cependant pas suivie d'actes et l'affaire est close.
L'année suivante, le comité d'Hygiène et sécurité de Rennes 1 formule de sévères critiques vis-à-vis du management humain et matériel en place au sein de l'unité 391. L'unité 391 est fermée par l'Inserm en , avant toute ouverture d'une nouvelle enquête. Bernard Bihain devient directeur du laboratoire Genset à San Diego.
En , le président de l'université de Rennes 1 rapporte au parquet de Rennes les soupçons de "faux et usages de faux" concernant un graphique utilisé dans des soumissions d'une publication et d'un brevet relatives à la période d'activité de l'unité 391. En 2003, l'information judiciaire conduite par le tribunal de Rennes déclare un non-lieu pour ce qui était « essentiellement d'une controverse de nature scientifique, née entre chercheurs s'opposant sur des calculs, des interprétations de données brutes, des problèmes d'étalonnage, etc.[...] Il n'est pas établi que Bernard Bihain ait, tant dans le rapport quadriennal que dans le dépôt de brevet, altéré frauduleusement la vérité [...]. Il apparaît manifeste que le litige entre Bernard Bihain et ceux qui le mettent en cause apparaît essentiellement se situer sur le terrain de la rigueur scientifique mais pas sur celui du faux au sens de l'article 441-1 du code pénal.»
Il publie dans le journal scientifique Nature l'article "Need for a court to rule on patents and misconduct" demandant aux journalistes de vérifier leurs sources tel que cela est imposé par les revues scientifiques.
Références
Catégorie:Médecin belge du XXe siècle Catégorie:Médecin belge du XXIe siècle Catégorie:Homme d'affaires belge Catégorie:Naissance en mars 1958