thumb|upright=1.5|Carte de l'organisation en secteurs de la ligne Maginot. Le secteur fortifié des Alpes-Maritimes (SFAM) regroupait de 1924 jusqu'à 1940 les fortifications françaises se trouvant dans le département des Alpes-Maritimes, ainsi que les unités qui leur sont affectées. Ce secteur constituait une extrémité de la ligne Maginot, située entre le secteur fortifié du Dauphiné au nord et la mer Méditerranée au sud.

Il forme une ligne presque continue le long de la frontière franco-italienne, de la commune de Saint-Dalmas-le-Selvage au nord jusqu'à celle de Roquebrune-Cap-Martin au sud. Les fortifications du secteur barraient toutes les vallées et les cols, ainsi que la route littorale, permettant de franchir les Alpes en provenance d'Italie.

Lors des combats de juin 1940, les unités françaises affectées à la défense du secteur bloquèrent efficacement les troupes italiennes.

Organisation et unités L'organisation du secteur a varié, changeant une première fois lors de la mobilisation d'août 1939, puis avec la mise en place du dispositif hivernal, le redéploiement au printemps 1940 et enfin l'évacuation de .

Temps de paix En temps de paix, avant la mobilisation générale, le secteur est sous le commandement de la région militaire (QG à Marseille). En cas de mise en alerte, le SFAM dispose depuis 1935 de la alpine de forteresse ( DBAF), du régiment d'artillerie de position ( RAP) et de détachements du génie. Ces éléments sont renforcés par la d'infanterie alpine (regroupant deux brigades d'infanterie et deux régiments d'artillerie).

La DBAF était composée de trois bataillons alpins de forteresse (BAF) affectés chacun à un morceau du secteur : le BAF a la charge de la partie nord (sous-secteurs Mounier et Tinée-Vésubie) ; le BAF pour la partie centrale (les sous-secteurs Authion et Sospel) ; le BAF la partie sud (le sous-secteur des Corniches).

La répartition de l'artillerie du se faisait à raison d'un des trois groupes de batteries pour chacune des trois parties.

Après la mobilisation En , les unités de forteresse passent sur le pied de guerre (triplement des effectifs par l'arrivée des réservistes) et le secteur passe sous le commandement de l'armée des Alpes, au sein de son d'armée. La grande unité de renforcement à la mobilisation est la d'infanterie alpine ( DIA, d'active), remplacée en par la d'infanterie (de réserve, série B), les meilleures divisions de l'Armée des Alpes étant envoyées sur le front du Nord-Est..

En , les équipages des avant-postes et ouvrages, ainsi que les troupes d'intervalle sont fournis essentiellement par : la DBAF (demi-brigade alpine de forteresse), pour la partie nord (Mounier et Tinée-Vésubie) : BAF dans le sous-secteur Mounier ; BAF dans le quartier Gaudissart du sous-secteur Tinée-Vésubie ; BAF dans le quartier Tournairet-Vésubie du sous-secteur Tinée-Vésubie ; DBAF pour la partie centrale (sous-secteurs Authion et Sospel) : BAF dans le sous-secteur Authion ; BAF dans le quartier Brouis du sous-secteur Sospel ; BAF dans le quartier Tourraque du sous-secteur Sospel ; DBAF pour la partie sud (sous-secteur Corniches) : BAF dans le quartier Castillon ; BAF dans le quartier Sainte-Agnès ; BAF dans le quartier Menton.

L'artillerie dépendait des RAP (régiment d'artillerie de position) pour la partie nord, du RAP pour la partie centrale et du RAP pour la partie sud.

Composants thumb|Le bloc 2 de l'ouvrage de Sainte-Agnès, tirant vers Menton et Roquebrune-Cap-Martin. Le SFAM termine la ligne Maginot depuis le col de la Bonette en haute-montagne jusqu'au cap Martin au bord de la Méditerranée, barrant tout particulièrement les vallées de la Tinée, de la Vésubie et de la Bévéra ainsi que la route du littoral. Cette ligne s'étale dans la profondeur : il y avait d'abord la succession des points d'appui des SES (sections d'éclaireurs-skieurs) et des avant-postes d'infanterie, puis derrière la « ligne principale de résistance » composée d'ouvrages puissamment bétonnés, et enfin encore derrière la série des batteries d'artillerie, dépôts de munitions, et casernements soutenant l'ensemble.

Par rapport à la ligne Maginot du Nord-Est, celle du Sud-Est (alpine) avait été conçue différemment. En effet le relief montagneux des Alpes facilite la défense : il est plus difficile de faire avancer une armée en haute-montagne que dans les plaines et plateaux du Nord-Est de la France. Les ouvrages de la ligne alpine sont donc implantés pour verrouiller les points de passage importants (les cols et les vallées) et non en une ligne continue. On n'a pas, comme dans le Nord-Est, une ligne de feu ininterrompue, mais plutôt un barrage ponctuel solide soit en action frontale, soit en flanquement. On peut noter cependant que ces gros ouvrages sont moins fortement bétonnés et cuirassés (l'artillerie lourde est quasiment impossible à mettre en place en montagne) et certains sont même dépourvus de système de filtration d'air contre les gaz de combat (une attaque aux gaz sur un relief escarpé n'aurait quasiment aucun effet).

L'organisation ci-dessous, détaillant les différents sous-secteurs et quartiers, les unités chargées de les défendre ainsi que la liste des ouvrages, correspond à la situation au (l'organisation du temps de paix n'est pas la même, ni celle mise en place lors de la mobilisation d', ni encore celle du dispositif de l'hiver 1939-1940).. Au moment de la mobilisation d'août 1939, les deux sous-secteurs les plus septentrionaux (celui du Mounier et celui de la Tinée-Vésubie) passèrent sous les ordres de la d'infanterie, qui a la charge de toute la partie nord de la zone dévolue au d'armée (l'armée des Alpes a deux corps d'armée déployés face à la frontière franco-italienne : les et CA). Le PC du secteur fortifié était à Nice Saint-Pont (au château Riviera, avenue Sainte-Colette)..

Sous-secteur Mounier Le sous-secteur du Mounier était sous les ordres de la d'infanterie, avec du sous-secteur à Guillaumes. L'infanterie était fournie par une partie de la (le BAF), soutenue par de l'artillerie : groupe du RAP : batterie au col de la Cayolle Nord (quatre canons de L 1877), Cayolle Sud (quatre canons de L 1877) et au col de Gialorgues (commune d'Entraunes (deux canons de 1906) ; à Châteauneuf-d'Entraunes (quatre canons de L 1877) et au col de Crous (deux canons de 1906) ; groupe du RAP : au col de la Valette (deux canons de 1906), à Moulines et Valberg (quatre canons de L 1913) ; à Amignon (quatre 155 L 1877) et à Sadours (deux canons de 1906) ; à Beuil près de l'hôtel Mont-Mounier (quatre canons de L 1877) et au hangar (quatre canons de L 1877) ; groupe du à Beuil.

Quartier Haut-Var Le quartier du Haut-Var était défendu par le BAF et le bataillon du (PC du bataillon à Villeneuve-d'Entraunes), ainsi que par les trois e du RIA., soutenus par le groupe du RAP, avec le PC de quartier à Guillaumes : avant-poste de Saint-Dalmas-le-Selvage () ; petit ouvrage du Col-de-Jallorgues (ou Gialorgues), abri actif non construit : ) ; petit ouvrage du Col-de-Pal (abri actif non construit : ) ; petit ouvrage du Col-de-Crous (abri actif inachevé : ) ; casemate de Guillaumes (ou des gorges de Daluis, en seconde position, : ).

Quartier Beuil Le quartier de Beuil était défendu par les (PC aux Launes) et (PC à Beuil) bataillons du , ainsi que les des , et BCA, soutenus par le groupe du RAP : avant-poste d'Isola () ; petit ouvrage du Col-de-la-Valette (abri actif inachevé : ). casemate des Gorges-du-Cians (ou du Raton, en seconde position, : ).

Sous-secteur Tinée-Vésubie Le sous-secteur de la Tinée et de la Vésubie était sous les ordres de la d'infanterie, avec PC du sous-secteur à Levens Sainte-Claire. L'infanterie est fournie par une partie de la DBAF (les et BAF) ainsi que les du et du RIA (trois sections chacun), soutenue par l'artillerie : groupe du RAP : batterie dans l'ouvrage de Rimplas ; à Irougue (quatre canons de C Saint-Chamond), Saint-Ferréol (quatre canons de L 1877) et Sainte-Anne (deux canons de 1906) ; groupe du RAP : dans l'ouvrage de Flaut ; à Bollène Parc (quatre canons de L 1877), à Venanson (deux canons de 1906) à Bollène Planchette et au col du Fort (quatre canons de C Saint-Chamond) ; dans l'ouvrage de Gordolon ; groupe du RAP : au col du Fort (quatre canons de 1897) et au col d'Andrion (deux canons de L 1913) ; au Caïre-Gros (six canons de 1906) et à La Douare (quatre canons de L 1877) ; groupe du aux Granges-de-la-Brasque (canons de ).

Quartier Gaudissart Le quartier de Gaudissart (du nom d'un affluent de la Tinée) était confié au BAF et au , soutenus par le groupe du RAP, avec PC de quartier à Marie : avant-poste de Valabres Nord (ou de Valabres Principal : ) ; avant-poste de Valabres Sud (ou de Valabres Annexe : ) ; blockhaus de Roure-La-Barre () ; blockhaus de Berghin () ; blockhaus de la Chapelle-Saint-Blaise () ; petit ouvrage de Fressinéa () ; casemate d'Abelièra (ou d'Abéliéra, : ) ; gros ouvrage de Rimplas () ; petit ouvrage de Valdeblore (ou de la Reynardière : ) ; casemate de La Bollinette ( : ) ; casemate de Tournefort (en seconde position, : ).

Quartier Tournairet-Vésubie Le quartier du Tournairet et de la Vésubie était défendu par les BAF, et BCA, soutenus par le groupe du RAP, avec PC de quartier à Lantosque : petit ouvrage de la Séréna (abri actif inachevé : ) ; casemate de la Petite-Têtière ( : ) ; petit ouvrage du Col-du-Caïre-Gros (abri actif inachevé : ) ; avant-poste de Conchetas (ou du Conquet : ) ; casemate de Venanson ( : ) ; petit ouvrage du Col-du-Fort () ; avant-poste de Castel-Vieil () ; casemate de Roquebillière ( : ) ; gros ouvrage de Gordolon () ; casemate de la Chapelle-Saint-Sauveur ( : ) ; avant-poste du Planet () ; gros ouvrage de Flaut () ; casemate de La Bollène Est ( : ) ; casemate de La Bollène Ouest ( : ) ; casemate du Suquet (en seconde position, : ).

Sous-secteur Authion Le sous-secteur de l'Authion dépendait du , avec PC du sous-secteur à Peïra-Cava (dans la caserne Crenant).. L'infanterie était fournie par une partie du DBAF (le BAF), ainsi que les des , , , et BCA ainsi que du RIA (trois sections), soutenue par l'artillerie : groupe du RAP : batterie aux Cabanes-Vieilles (quatre canons de L 1877 et deux de ) et au Camp-d'Argent (deux ) pour frapper la route de Tende ; aux Mille-Fourches (huit canons de L 1877) ; groupe du RAP : à La Béole (quatre canons de 1906) et à Giagiabella (quatre canons de C Saint-Chamond et six de T 1917 Fabry) ; à la Cime-de-Tueis (quatre canons de 1906) et à Ventabren (huit canons de C Saint-Chamond) ; et groupes du sur l'Authion et à Péone (canons de et de ) ; (groupement nord de l'artillerie lourde du corps d'armée).

Quartier Forca Le quartier de Forca (du nom du fort de Forca, sur la commune de Moulinet) était défendu par les BAF, BCA (PC à Col de Turini) et , soutenus par le groupe du RAP et le du , avec PC de quartier sur l'Authion : avant-poste du Col-de-Raus () ; petit ouvrage de la Baisse-de-Saint-Véran (inachevé : ) ; redoute des Trois-Communes (datant de 1897-1900 : ) ; fort de La Forca (datant de 1889-1891 : ) ; fort des Mille-Fourches (datant de 1889-1891 : ).

Quartier Cabanes-Vieilles Le quartier des Cabanes-Vieilles (du nom du vieux casernement sur la commune de Breil-sur-Roya) était confié aux (PC à Cabanes-Vieilles) et BCA (PC à Breil) : gros ouvrage de Plan-Caval (inachevé : ) ; petit ouvrage de La Béole (abri actif inachevé : ) ; petit ouvrage de La Déa (abri actif inachevé : ) ; petit ouvrage du Col-d'Agnon (abri actif inachevé : ).

Sous-secteur Sospel Le sous-secteur de Sospel dépendait du SFAM, avec PC du sous-secteur au col de Braus (sur la commune de Sospel). L'infanterie était fournie par la majorité de la DBAF (les et BAF), ainsi que les des , et ainsi que des , et BCA, soutenue par l'artillerie : groupe du RAP : batterie dans les ouvrages du Monte-Grosso et du Col-de-Brouis ; dans l'ouvrage de l'Agaisen ;