Le parc national de Skuleskogen est un parc national situé dans le Västernorrland, sur la côte de la mer Baltique, dans le Nord de la Suède. Il recouvre , constituant la partie orientale de la forêt de Skule.

Le parc est caractérisé par un relief très accidenté avec de nombreux sommets rocheux, dont le plus haut est Slåttdalsberget, s'élevant directement de la mer pour culminer à d'altitude. La topographie est en outre marquée par la présence de profondes crevasses et de grottes. Ce relief particulier se retrouve dans toute la région environnante appelée la Haute Côte, ainsi nommée car elle constitue la plus haute section de la côte de la mer Baltique. Cette région est de nos jours principalement connue comme un site privilégié de l'observation du phénomène de rebond post-glaciaire. En effet, l'essentiel de la région était sous la mer il y a moins de , après la fonte de l'inlandsis qui la recouvrait. Mais à la faveur de la fonte de cette masse de glace qui le pressait, le sol s'élève d'année en année, la vitesse actuelle étant de .

Les hommes ont laissé leurs marques dans le parc, bien qu'ils ne s'y soient probablement jamais vraiment établis. On peut encore voir les nombreux cairns funéraires de l'âge du bronze accumulés le long de l'ancienne ligne de côte. Par la suite, la forêt était principalement exploitée comme terre de pâture. Les choses changèrent au milieu du lorsque l'exploitation du bois se répandit dans le pays, affectant presque totalement la forêt du parc. Cette exploitation s'arrêta cependant dès la fin du siècle, de sorte que la forêt actuelle est dominée par des arbres ayant au plus une centaine d'années. Cette forêt a donc pu reconstituer une partie de sa richesse ancestrale, et abrite ainsi une faune et flore importantes, avec plusieurs espèces menacées, telles que le lichen , qui est devenu un symbole du parc. Cette richesse géologique et biologique a amené la création du parc national en 1984, puis l'inclusion du parc avec le reste de la Haute Côte en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

De nos jours, malgré son éloignement des zones à forte densité démographique, le parc est un site touristique relativement important avec par an. La principale attraction du parc est la crevasse de Slåttdalskrevan, profonde de , facilement accessible par les nombreux sentiers de randonnée dont le Höga Kustenleden, parcourant toute la Haute Côte.

Toponymie Le parc national tire son nom de la forêt de Skuleskogen dont il constitue la partie orientale. Le nom signifie en suédois « la forêt de Skule », le mot étant fréquent dans les toponymes à proximité, avec par exemple Skuleberget (« la montagne de Skule »), Skulesjön (« le lac de Skule ») ou encore les villages Skule et Skulnäs. Cependant, il y a débat quant à savoir quel toponyme est apparu en premier et s'est ensuite transmis aux autres, ainsi que la signification de ce toponyme.

Une première hypothèse est que le nom serait issu de la montagne Skuleberget, celle-ci étant un point particulièrement notable dans le paysage et aurait donc été rapidement nommée. Ce nom apparaît déjà en 1539 sous la forme et pourrait dériver de signifiant « cachette », la fameuse grotte dans la montagne ayant été dans le passé un refuge pour les brigands . Une autre hypothèse est que le nom viendrait du village de Skule ; Skuleskogen serait alors « la forêt sur la route de Skule » ou « la forêt qui appartient à Skule », Skule étant le village autorisé à pratiquer la pâture dans la forêt. Cette dernière hypothèse ne signifie pas que la montagne ne possédait pas de nom auparavant, mais celui-ci aurait pu être un nom que l'on ne devait pas prononcer, comme c'est le cas en plusieurs endroits dans le pays, un autre nom non interdit finissant alors par entrer dans les usages et remplacer l'ancien.

Géographie Localisation et frontières Le parc national de Skuleskogen est situé dans les communes d'Örnsköldsvik et de Kramfors du comté de Västernorrland, dans la province historique d'Ångermanland . Il est à au sud de la ville d'Örnsköldsvik et au nord-est de la ville de Kramfors, chefs-lieux respectifs des communes susnomméesp. 8. Il recouvre une superficie de dont sur le domaine maritimep. 12, le parc se trouvant en effet le long de la côte de la mer Baltique.

Relief thumb|left|Carte du parc Le parc est inclus dans la région nommée Haute Côte, une zone au relief très accidenté, formant un type de paysage appelé en Suède () : un paysage découpé de nombreuses petites vallées formées par l'érosion de fractures (diaclases) et de failles dans le socle rocheuxp. 43. La Haute Côte est généralement définie comme la portion de la côte est de Suède entre les villes d'Härnösand et Örnsköldsvik. Le nom de cette région tient du fait qu'il s'agit de la plus haute section de la côte de la mer Baltique, de nombreux sommets s'élevant de la mer pour atteindre une altitude de 200 à . Ce relief escarpé se prolonge même sous la surface de l'eau ; ainsi, c'est dans cette région que se trouve le point le plus profond de la mer de Botnie, Ulvödjupet, avec de profondeurp. 37. Le parc lui-même couvre la partie orientale de la forêt de Skuleskogen, caractérisée par un relief formant une sorte de mur séparant le nord et le sudp. 10.

thumb|Trollporten, dans le parc

La topographie du parc est caractérisée par ces petites vallées de fractures, certaines prenant même l'apparence de véritables crevasses, la plus impressionnante étant Slåttdalskrevan, avec de haut et de long pour une largeur de , mais figure aussi Trollporten (la « porte des trolls »), une petite crevasse célèbre pour le rocher bloqué en haut. Un autre élément caractéristique est la présence de plusieurs grottes, bien que la plus célèbre, Skulegrottan, dans la montagne Skuleberget, ne soit pas dans le parcp. 45. Le plus haut sommet du parc est Slåttdalsberget, culminant à d'altitudecf. la carte du parc.

Climat Le parc national est baigné d'un climat subarctique (Dfc selon la classification de Köppen). L'influence maritime explique que les débuts d'été sont plutôt plus froids que dans les terres, mais les automnes sont au contraire plus douxp. 15. La topographie implique d'importantes variations locales. Le climat est humide, avec environ de précipitations par an, dont plus d'un tiers sous forme de neige, formant une couverture neigeuse durant en moyenne 175 jours. Le printemps est la saison la plus sèche, et, certaines années, cette relative sécheresse a des conséquences importantes sur le milieu naturel, d'autant que l'épaisseur de la terre souvent faible retient difficilement l'humidité. Dans ces régions qui furent fortement affectées par les pluies acides, les relevés indiquent que la situation s'améliore, le pH des précipitations augmentant doucement.

Hydrographie thumb|Petite cascade sur le ruisseau Skravelbäcken vignette|La même petite cascade vue d'un peu plus loin à un autre moment. Septembre 2016. Le parc est parcouru par plusieurs ruisseaux alimentant plusieurs lacs. Les principaux lacs sont Tärnättvattnen () et Stocksjön (), appartenant au bassin versant du ruisseau Skravelbäcken, et Långtjärnen (), appartenant au bassin versant du ruisseau Nylandsbäckenp. 23. Une partie non négligeable du parc () est constituée de tourbières.

Géologie Socle rocheux thumb|left|Vue depuis Slåttdalsberget. On voit bien la couleur caractéristique du granite de Nordingrå au premier plan.

La roche principale du parc est le granite de Nordingrå, le parc appartenant à tout un ensemble appelé massif de Nordingrå. Il s'agit d'un granite rapakivi, formé il y a environ d'années. Il possède une couleur caractéristique très rouge et s'érode facilement. Au nord-est du parc, on trouve aussi de la diabase, qui s'est formée il y a d'années dans des failles du massif de Nordingråp. 16. Alors que le granite forme un substrat très pauvre en nutriments, la diabase constitue au contraire un terrain très fertile, ce qui permet une végétation plus riche.

Le parc national est traversé par plusieurs failles, comme le reste de la Haute Côte. Ces failles ont été comblées par des dépôts que l'érosion marine a parfois enlevés par la suite. Un des exemples les plus marquants de ce phénomène est Slåttdalsskrevan, à l'est du parc : une crevasse de de haut et de long, qui fait partie des sites les plus visités du parc. Cette crevasse était une faille comblée par une veine de diabase, mais qui fut érodée depuis, en partie par la mer.

La Haute Côte thumb|Une (montagne avec une calotte boisée) vue depuis Slåttdalsberget, une des marques du rebond post-glaciaire

Lors du maximum de la dernière glaciation, il y a , l'inlandsis, qui recouvrait tout le Nord de l'Europe, avait son centre dans la mer près de la Haute Côte. L'épaisseur de la glace atteignait alors , exerçant une pression importante sur le sol, qui se situait ainsi en dessous du niveau actuel de la Haute Côte. Lors de la fonte de la glace, le sol remonta progressivement, phénomène appelé rebond post-glaciaire, à un rythme de . La zone se libéra des glaces il y a seulement . Au fur et à mesure de l'émergence des terres du lac Ancylus (ancêtre de la mer Baltique), les vagues affectèrent le terrain du parc. La ligne de côte de l'époque se trouve maintenant à d'altitude, mesurée au niveau de Skuleberget, au sud-ouest du parc national, ce qui constitue un record absolu . Les sommets du parc constituaient à l'époque des îles . L'ancienne ligne de côte est notamment rendue visible par les calottes de végétation, qui ont couvert les zones non-immergées après le retrait des glaciers, expliquant le nom (« montagne à calotte ») donné à certaines montagnes de la région et du parc . Ces calottes de végétation avaient pu s'installer car, à ces niveaux, les moraines ne furent pas érodées par les vagues et elles constituèrent donc une attache pour la végétation.

Le phénomène de rebond isostatique continue encore de nos jours. Il se concrétise, par exemple au niveau du parc, par le fait que l'île Tärnättholmarna devient de plus en plus une presqu'île. De même, la baie de Salsviken est maintenant un lac isolé de la mer par une petite bande de sable .

Milieu naturel Faune thumb|Lynx boréal Le parc compte plusieurs espèces de mammifères caractéristiques du Nord du pays, dont en particulier le lynx boréal () et l'ours brun (), considérés comme menacés dans le paysp. 27. Hormis ces deux espèces, on trouve le renard roux (), le blaireau européen (), la martre des pins (), l'élan (), le castor commun (), le phoque gris () et le rat musqué (). On trouve aussi des petits mammifères, tels que l'écureuil roux (), le vison d'Amérique () et l'hermine (). Le territoire des lynx est bien plus vaste que le parc lui-même et ce dernier ne protège donc pas efficacement ces animaux. De fait, la population de lynx dans la région décroît, probablement à cause de la fragmentation écopaysagère de la route européenne 4.

En ce qui concerne les oiseaux, plusieurs espèces sont aussi classées sur la liste rouge en Suède, telles que le mésangeai imitateur (), le pic tridactyle (), le plongeon catmarin (), la bondrée apivore (), la buse pattue (), le pouillot verdâtre (), le gobemouche nain (), la pie-grièche écorcheur (), le cassenoix moucheté (), le roselin cramoisi () et le bruant ortolan ()p. 28. Le parc compte en outre une importante population de pics cendrés (), de grues cendrées (), de hérons cendrés (), de troglodytes mignons (), de torcols fourmiliers () et de gélinottes des bois ().

Les rivières et lacs du parc sont relativement pauvres. Ils abritent essentiellement de la perche commune () et de la truite (), mais le ruisseau Skravelbäcken abrite également de l'omble de fontaine (). La mer, elle, accueille des bancs de harengs (), mais aussi du grand brochet (), de la truite et de la perche, la mer Baltique ayant une faible salinité.

On connaît peu de choses sur les insectes du parc. Il serait pourtant la zone la plus riche en coléoptères du comtép. 29.

Flore