LUSS Congress est une frégate trois-mâts de canons de l'United States Navy en service entre 1800 et 1834. Le nom du navire a été choisi par le président George Washington qui souhaitait promouvoir un organe majeur de la Constitution des États-Unis. Sa construction fut confiée le à James Hackett à Portsmouth, dans le New Hampshire. Elle est lancée le .
Il s'agit de l'une des six frégates originelles de l'United States Navy dont la construction fut autorisée par le dans le but de protéger les intérêts commerciaux des États-Unis en mer. L'architecte de marine Joshua Humphreys se voit confier la mise au point des plans de ces bâtiments avec la tâche de créer six nouvelles frégates, navires capitaux plus larges et mieux armées que les standards de l'époque.
Intégrée à la toute nouvelle United States Navy, les missions de la Congress consistent principalement à protéger les navires de commerce américains durant la quasi-guerre avec la France et contre les Barbaresques lors de la guerre de Tripoli, ou première guerre barbaresque que les États-Unis remportent en 1805. Au cours de la guerre anglo-américaine de 1812, la frégate Congress réalise de nombreuses patrouilles avec son sister-ship, le et, à ces occasions, capture ou participe à la capture de vingt navires de la marine marchande britannique. À la fin de l'année 1813, du fait de l'absence de pièces de rechange et les dégâts consécutifs à ses combats, elle doit être placée dans la flotte de réserve jusqu'à la fin du conflit. Elle reprend du service en 1815 pour participer à la seconde guerre barbaresque et effectue à cette occasion de nombreuses patrouilles durant l'année 1816. Lors des années 1820, elle participe aux missions de suppression de la piraterie dans les Caraïbes, mais également à de nombreux voyages en Amérique du Sud et en Chine, où elle se trouve être le premier navire de guerre américain à s'y rendre. La Congress passe ses dix dernières années de service à quai, son rôle étant de loger les nouveaux marins à quai en attente de leur assignation sur un navire opérationnel. L'ordre de la détruire est finalement donné en 1834. L'opération prend fin la même année.
Caractéristiques et construction
Construction
vignette|gauche|alt=La Constellation, sister-ship de la Congress, en combat en mer, faisant feu de bâbord.|La , sister-ship de la Congress construite d'après les mêmes plans, ici sur un tableau la dépeignant lors du combat qui l'oppose à lInsurgente (détail).
En 1785, des pirates barbaresques, notamment d'Alger, commencent à s'emparer de navires marchands américains en mer Méditerranée. Durant la seule année 1793, onze navires américains sont capturés, leurs équipages et leurs marchandises pris en otages en vue d'une rançon. Pour contrer cette menace, des propositions visant à pourvoir les navires de commerce d'escortes militaires sont avancées, dont résulte le . Cette loi alloue des fonds permettant la construction de six frégates. Une clause stipule également que si un arrangement pacifique parvenait à être conclu avec Alger, la construction des navires serait alors interrompue.
L'élaboration des plans de ces navires, confiée à l'architecte de marine Joshua Humphreys, est inhabituelle pour l'époque : les navires disposent d'une quille plus longue, mais le maître-bau est moins important tandis que les canons embarqués sont plus puissants. La conception prévoit la mise en place d'un échantillonnage en diagonal dans le but de réduire la formation d'un arc tout en donnant aux bâtiments un bordage extrêmement lourd. Ce procédé permet à la coque, plus massive, de gagner en résistivité, surtout en comparaison des frégates « conventionnelles » de l'époque. L'idée d'Humphrey est basée sur le fait que les États-Unis, fondés depuis peu, ne peuvent se permettre de construire des navires aussi majestueux que les navires européens qui sont des navires de ligne allant jusqu'à environ 120 canons.
Le nom du navire est choisi par le président George Washington en référence à un organe essentiel prévu par la Constitution des États-Unis. La quille est indiquée comme posée en 1795 au chantier naval de Portsmouth, dans le New Hampshire. James Hackett est chargé de diriger la construction du bâtiment et le capitaine James Sever d'en effectuer la supervision. Sa construction progresse lentement, puis est complètement suspendue en , lorsqu'un traité de paix est signé avec la régence d'Alger.. La Congress mouille alors au chantier de Portsmouth, inachevée, avant que les relations avec la France ne se détériorent en 1798 et que commence la quasi-guerre. À la demande du président John Adams, des fonds sont votés le de la même année afin d'en finir la construction.
Le coût total de sa construction s'élève à .
Armement
vignette|droite|alt=Plans de la coque de la Congress de profil.|Dessin de la coque de la Congress et de la .
Le prescrivait la construction de frégates de canons. Cependant, la Congress et son sister-ship, la furent reclassées en canons du fait de leurs dimensions plus importantes : de long pour de large.
La classification de la Congress comme frégate de 38 canons n'est toutefois qu'une approximation étant donné qu'elle a souvent emporté jusqu'à canons. Les navires de cette époque ne disposent pas de pièces installées de manière permanente, contrairement aux navires actuels. Les canons sont en effet construits pour pouvoir être souvent échangés entre les navires en fonction des besoins du moment et des disponibilités. Chaque commandant équipe son bâtiment selon ses propres exigences, en tenant compte de facteurs comme le poids total du navire, l'importance de l'équipage ainsi que la route à emprunter, déterminant des conditions météorologiques différentes et donc des environnements plus ou moins adaptés au transport de nombreuses pièces. En conclusion, l'armement d'un navire peut beaucoup varier au cours de sa période opérationnelle, et ces changements ne sont pas toujours consignés.
Durant son premier voyage, durant la quasi-guerre contre la France, la Congress est armée de quarante canons, dont vingt-huit de livres () et douze de livres (). Au cours de la guerre de 1812, elle est armée cette fois-ci d'un total de quarante-quatre pièces : vingt-quatre de livres () et vingt de livres ().
Carrière Quasi-guerre
vignette|gauche|alt=Tableau de la Constellation, au premier plan, qui s'apprête à faire voiles vers la Vengeance, à l'arrière plan, afin d'engager le combat.|La se préparant à engager le combat contre la Vengeance le dans le cadre de la quasi-guerre.
La Congress est lancée le sous le commandement du capitaine James Sever qui a supervisé sa construction. Son armement est installé à bord à Rhode Island. Il consiste en vingt-huit canons de et douze canons de . La frégate prend ensuite la mer pour son voyage inaugural le , naviguant avec une autre frégate, l', dans le but d'escorter des navires marchands jusqu'aux Indes orientales néerlandaises. Six jours plus tard, elle perd la totalité de ses mâts au cours d'une forte tempête. Le gréement a cédé du fait de la différence de température entre la zone froide où il a été tendu et noué, et l'atmosphère bien plus chaude dans laquelle elle s'est aventurée. Faute d'être pleinement soutenus et assujettis par le haubanage, les mâts de la Congress finissent tous par s'effondrer en seulement quatre heures, tuant un membre d'équipage qui tentait de réparer le grand mât.
L'équipage grée en urgence une voile de secours, permettant à la frégate de rallier le chantier naval de Gosport en Virginie. Une fois à terre, quelques officiers subalternes de Sever déclarent n'avoir aucune confiance dans son aptitude au commandement. Après enquête, ce dernier est lavé de tout soupçon de faute. Il est confirmé au commandement de la Congress même si nombre des membres de son équipage sont transférés vers la .
Maintenue à quai pendant six mois pour remplacement et réparation de ses mâts et de son gréement, elle reprend finalement la mer le pour, encore une fois, naviguer en direction des Indes orientales néerlandaises. Elle assure alors la surveillance de convois de navires marchands, tout en cherchant des navires français à capturer. À deux occasions, elle manque de s'échouer ; une première fois, en poursuivant un corsaire français, elle s'est dirigée vers des hauts-fonds où de gros rochers étaient visibles sous la surface. Bien que leur profondeur exacte demeure inconnue, Sever abandonna immédiatement la poursuite et changea de route afin de gagner des eaux plus profondes. La seconde fois, alors qu'elle se trouve de nuit à proximité des îles Caïques, elle dérive et s'approche dangereusement de récifs. À l'aube, ce sont des veilleurs qui sont les premiers à faire état de cette situation.
Le , le traité de Mortefontaine est conclu avec la France ; la Congress gagne alors Boston en avril. Conformément à une loi votée par le Congrès le de la même année et signée par le président John Adams, treize frégates alors en service sont rappelées aux États-Unis. Sept d'entre elles, dont la Congress, sont placées en réserve. Naviguant en direction du chantier naval de Washington, elle passe à proximité de Mount Vernon d'où le capitaine Sever ordonne de naviguer voiles repliées, pavillon en berne et de tirer une bordée de treize canons en hommage à George Washington, récemment décédé. La Congress, retirée du service, se trouve à quai avec la et le .
Guerre de Tripoli
vignette|droite|alt=Tableau dépeignant l'incendie de la frégate Philadelphia qui laisse s’échapper une colonne de flammes et de fumée tandis que le ketch Intrepid s'en éloigne.|La frégate , autorisée par le , est brûlée dans le port de Tripoli dans la nuit du 16 février 1804.
Durant la Quasi-guerre, des différends avec les États barbaresques sont endigués par le paiement de tributs évitant l'attaque voire la capture des navires marchands américains. En 1801, le pacha de Tripoli, Yusuf Karamanli, mécontent du tribut qu'il recevait en comparaison de celui perçu par la régence d'Alger, exige de recevoir immédiatement un règlement de . En réponse, le président Thomas Jefferson envoie une escadre de frégates en Méditerranée dans le but de protéger les navires marchands et de maintenir la paix avec les États barbaresques. C'est toutefois le début de la guerre de Tripoli, également appelée première guerre barbaresque.
La première escadre, sous le commandement du commodore Richard Dale à bord du , a pour mission d'escorter les navires marchands à travers la Méditerranée mais également de négocier avec les dirigeants des états barbaresques. Une seconde escadre est créée, sous la direction de Richard Valentine Morris, à bord de la ; néanmoins, les médiocres résultats de cette seconde escadre entrainent le rappel de Morris et pèsent sur son futur renvoi de la Navy en 1803. Une troisième escadre est constituée avec Edward Preble à sa tête. S'engageant avec son navire amiral, la , cette escadre remporte le la seconde bataille navale du port de Tripoli.
En avril, le président Jefferson ordonne le renforcement de l'escadre commandée par Preble et décide en conséquence la création d'un nouveau groupement naval dirigé par le commodore Samuel Barron. Cette escadre est composée du , de la Congress, de la et de l'. La Congress est alors placée sous le commandement du capitaine John Rodgers et passe deux mois à quai afin d'être convenablement préparée. Le groupement quitte les États-Unis fin juin et atteint Gibraltar le . La Congress et lEssex sont immédiatement envoyés en patrouille au large des côtes de Tanger. De retour deux semaines plus tard, tandis que lEssex fait route vers Gibraltar, la Congress continue la sienne en direction de Tripoli.