L'Armée de terreSelon le Lexique des recommandations en usage à l'Imprimerie nationale, « armée » prend une majuscule lorsqu'il s'agit d’un organisme d’État à caractère unique : cf. le § des conventions typographiques de Wikipédia en français relatif aux unités militaires ainsi que les exemples qui y sont exposés. est l'une des composantes des Forces armées françaisesArticle L3211-1 du code de la Défense.. Comme les autres composantes , elle est placée sous la responsabilité du Gouvernement de la République françaiseLes de la Constitution de 1958 placent les Forces armées sous l'autorité exclusive du Gouvernement : « le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de la force armée » () ; « le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale. Il nomme aux emplois militaires. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres » (). Cependant, du fait que par de la Constitution de 1958, le président de la République porte le titre symbolique de « chef des armées » ; il en est souvent résulté de la part des commentateurs une ambiguïté entre le rôle du président et celui du Gouvernement, voire du commandement, en matière militaire, cette ambiguïté n'a pas lieu d'être.Yves Cadiou, , ..
La préparation opérationnelle des unités de l'Armée de terre est placée sous l'autorité du chef d'état-major de l'Armée de terre (CEMAT), qui est le général d'armée Jacques De Montgros depuis le . Il est responsable, devant le chef d'état-major des armées (CEMA) et le ministre des Armées, de l'organisation, de la préparation, de l'emploi de ses forces ainsi que de la planification et la programmation de ses moyens, équipements et matériels futurs.
En opération, les unités de l'Armée de terre sont placées sous l'autorité du chef d'état-major des armées Fabien Mandon, qui est responsable, devant le président de la République, de la planification et de l'emploi des forces.
Elle a été fondée par Charles VII le , avec les compagnies d'ordonnance. Redevenue entièrement professionnelle depuis le départ des derniers appelés en 2001, l'Armée de terre dispose en 2024 d’un effectif de d'active et .
Historique thumb|right|L'armée du Nord à la bataille de Ligny, le . Peinture d'Ernest Crofts, 1875. thumb|right|Assaut de l'infanterie française lors des grandes manœuvres de 1913.
Au Moyen Âge, les fortes rivalités avec l'Angleterre et le Saint-Empire romain germanique provoquent de longues guerres. Au sens strict, même s'il a existé très tôt des « armées en France », « l'Armée française » ne naît que dans les dernières phases de la guerre de Cent Ans avec la création de ses premières unités permanentes : les Compagnies d'ordonnance créées par Charles VII le .. C'est au qu'apparaît un pouvoir royal central suffisamment puissant pour créer un État unifié durable et la France devient une des nations les plus puissantes d'Europe. Mais quelques siècles plus tard, les guerres de religion et la puissance grandissante de l'Espagne remettent en cause cette suprématie.
Les guerres de Louis au ont laissé une France territorialement plus grande, mais en faillite. Plus tard, la rivalité avec la Grande-Bretagne, qui a supplanté la concurrence avec l'Espagne, mène à la perte des possessions nord-américaines (régions de la baie d'Hudson, Acadie, puis l'intégralité du Canada français, voir Traité de Paris (1763)) et l'esprit de revanche sont des motifs qui poussent la France à apporter son aide aux colons américains en révolte contre Londres lors de la guerre d'indépendance des futurs États-Unis d'Amérique. Après une période de troubles révolutionnaires, les guerres napoléoniennes apportent à la France un rayonnement qui reste inégalé. Au , la France, comme les grands empires, se concentre sur la pérennisation de ses colonies.
La rivalité franco-allemande, qui naît dans le courant du , aboutit d'abord à la guerre contre la Prusse, se ravive lors la Première Guerre mondiale, et trouve son paroxysme avec la Seconde Guerre mondiale, où les Alliés se liguent contre l'Axe Rome-Berlin. La conflagration laisse des pays affaiblis politiquement, et militairement dominés par deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS lors de la guerre froide. Mais ces deux guerres mondiales, en réduisant la rivalité franco-allemande, ont eu un effet positif en préparant le terrain à l'idée d'intégration européenne : économiquement, politiquement et militairement.
Parallèlement à ces enjeux européens, l'armée française a tenu un rôle important dans la création d'un vaste empire colonial, qui survit jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie. Par la suite, bien que toujours engagée aux côtés du bloc de l'Ouest, elle marque sa différence, en développant sa propre force de dissuasion nucléaire et en quittant le commandement intégré de l'OTAN en 1966..
Stratégiquement, la France reste longtemps influencée par l'idée d'une défense sur des frontières « naturelles » réelles ou supposées du pays : le Rhin au nord et à l'est, le massif du Jura et les Alpes à l'est et les Pyrénées au sud. L'armée française est, par son histoire, souvent pionnière de nombreuses innovations techniques et tactiques.
Aujourd'hui, les interventions militaires françaises sont le plus souvent des opérations de maintien de la paix dans ses anciennes colonies ou dans des points chauds du monde, avec ses alliés de l'OTAN, organisation avec laquelle elle renforce ses liens en 1995, près de trente ans après son départ du commandement intégré, qu'elle réintègre en 2009.
Organisation générale
thumb|L'Hexagone Balard au sein duquel se situe l'état-major de l'Armée de terre.
L'organisation de l'Armée de terre est fixée par le du du de la troisième partie du code de la Défense, résultat de la codification notamment du décret du ..
Aux termes de l'article R.3222-3 du code de la Défense., l'Armée de terre comprend : l'état-major de l'Armée de terre (EMAT), qui assure la direction générale et la gestion de l'ensemble des composantes ; l'inspection de l'Armée de terre ; la direction des ressources humaines de l'Armée de terre (DRHAT, ancienne DPMAT, direction du personnel militaire de l'Armée de terre) ; les forces ; une organisation territoriale en six zones (Île-de-France, Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest, Sud-Est et SudCe sont des noms qui portent la majuscule initiale.). ; les services ; les organismes chargés de la formation du personnel et de l'enseignement militaire supérieur.
Toutes ces composantes sont placées sous le commandement du chef d'état-major de l'Armée de terre (CEMAT).
Les forces Depuis les réorganisations de 2016 et 2024, l'Armée de terre compte plusieurs commandements directement subordonnés à l'état-major de l'Armée de terre : le commandement de la force et des opérations terrestres (CFOT) ; le commandement du combat futur (CCF) ; le commandement territorial de niveau zonal (COM ZT) ; le commandement de l'aviation légère de l'Armée de terre (COM ALAT) ; le commandement de la Légion étrangère (COM LE).
Le commandement de la force et des opérations terrestres encadre les deux divisions interarmes, les quatre commandements Alpha (appui et logistique de théâtre, appui numérique et cyber, actions dans la profondeur et renseignement, actions spéciales) et le commandement de l'entrainement au combat interarmes.
Les écoles L'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, l'école nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent et les lycées de la Défense sont rattachés au commandement RH-formation de la direction des ressources humaines de l'Armée de terre.
L'Armée de terre comprend aussi, pour la doctrine, le centre de doctrine d'emploi des forces.
Directions et services La direction des ressources humaines de l'Armée de terre (DRHAT) assure la gestion des ressources humaines (militaires et civils) de l'Armée de terre ainsi que la formation.
La direction centrale de la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (DC SIMMT) s'occupe de la maîtrise d'ouvrage déléguée de tous les matériels terrestres de l'Armée française. Le maintien en condition opérationnel du matériel de l'Armée de terre est dirigé par le service de la maintenance industrielle terrestre (SMITer).
Historiquement, il existait d'autres services de l'Armée de terre qui ont tous été regroupés avec leurs homologues des autres composantes pour former des organismes dont la compétence s'étend sur toutes les forces armées.
Après le service de santé et le service des essences remplacés respectivement par le service de santé des armées et le service de l'énergie opérationnelle, les autres services ont disparu en quelques années : en 2005, le service historique de l'Armée de terre (SHAT) est devenu le département « Terre » du service historique de la Défense ; en , la direction centrale du génie (DCG) a fusionné avec ses équivalents de l'Armée de l'air et de la Marine nationale pour former le service d'infrastructure de la Défense, subordonnée au secrétariat général pour l'administration ; au , la direction centrale des télécommunications et de l'informatique (DCTEI) a été intégrée à la direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information (DIRISI), elle-même remplacée par le commissariat au numérique de défense (CND) en 2025 ; le commissariat de l'Armée de terre dirigé par la direction centrale du commissariat de l'Armée de terre (DCCAT) a été dissous au pour être intégré au sein du service du commissariat des armées (interarmées).
Composantes L'Armée de terre compte plusieurs « armes » : l'infanterie ; l'arme blindée et cavalerie (ABC) ; l'artillerie ; le génie ; les troupes de marine composées de : l'infanterie de marine, dont les unités blindées ; l'artillerie de marine ; le train ; les transmissions ; le matériel ; l'aviation légère de l'Armée de terre (ALAT), qui possède un commandement particulier.
La Légion étrangère n'est pas une arme, mais dispose d'un commandement particulier dont les unités appartiennent à d'autres armes et brigades.
Elle comprend également le corps technique et administratif, le groupe de spécialités état-major (GSEM) et le cadre spécial.
Évolutions
L'Armée de terre a connu plusieurs évolutions de sa structure au cours des années 1990 et 2000. Les corps d'armée et plusieurs divisions ont été dissous après la chute du mur de Berlin.
La professionnalisation, annoncée par le président Jacques Chirac en 1996, implique la dissolution de nombreux régiments et la transformation des divisions en brigades en 1999.
La réduction continue des effectifs amène également à la disparition de régiments et brigades jusqu'au milieu des années 2010.
Réorganisation
À la suite de l'attentat contre Charlie Hebdo en et des attentats du , une réorganisation et une réforme militaire a lieu. Elle consiste a inscrire dans la durée l' faisant suite à ces attentats avec une moyenne de et femmes engagés en permanence sur le territoire national, un chiffre pouvant monter jusqu'à en cas de forte tension. Afin de garantir cet effort, il a été décidé d'augmenter le volume des forces opérationnelles terrestres (FOT) de , faisant passer son objectif final à . Après le , l'ensemble des réductions d'effectifs alors en cours ont été annulées, mettant un terme à près de vingt ans de réductions constantes du volume global des forces. Désormais la tendance est au renforcement des unités, à leur consolidation, étant donné que les réductions ont cessé et qu'il convient toujours d'augmenter la force opérationnelle terrestre.