Les forces armées des États-Unis (), souvent appelées Armée américaineIl convient de ne pas confondre le terme français « Armée américaine » avec le terme anglais « United States Army » (aussi très connu sous l'abréviation « US Army ») qui désigne ce qui est dans les faits « l'Armée de terre des États-Unis ». dans le langage courant français, abrégées en anglais par « » ou « », sont les armées entretenues par les États-Unis. En 2024, elle compte 1 328 000 militaires actifs. ; si les garde-côtes sont exclus du décompte, il s'agit, en effectifs, de la deuxième ou troisième armée mondiale, derrière l'Armée populaire de libération chinoise, et pratiquement à égalité avec les Forces armées indiennes. Le département de la Défense des États-Unis (DoD ou DOD) emploie également, au , dont ..

En termes de dépenses de défense (environ 916 milliards de dollars en 2023, soit 37 % des dépenses mondiales de défense), de force de frappe et de capacité de déploiement, il s'agit de la première armée mondiale. Une partie relativement importante de l'armée des États-Unis est déployée hors du territoire national - Département de la Défense des États-Unis.. Elle joue un grand rôle dans la politique étrangère du paysNoam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des États-Unis ..

L'Armée américaine comprend six composantes depuis le . Il s'agit, par nombre décroissant de militaires actifs, de : l'US Army, l'US Navy, l'US Air Force, l'US Marine CorpsIl s'agit de « troupes de marine », essentiellement d'infanterie, mais disposant aussi de marins proprement dits et d'aviateurs ; ce corps dépend du département de la Marine des États-Unis, comme c’est aussi le cas pour l'US Navy., l'US Coast GuardLes Garde-côtes dépendent du département de la Sécurité intérieure en temps de paix et peuvent être rattachés au département de la Marine en temps de guerre., et l'US Space Force..

Histoire

vignette|gauche|Pays de l'OTAN. vignette|gauche|Déploiement d'un satellite d'alerte du Defense Support Program lors de la mission STS-44 en 1991.

La puissance militaire des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale s'explique notamment par leur avance technologique : ils sont le premier pays à avoir développé la bombe atomique ; dans les années 1970, leurs recherches amènent la production d'engins furtifs. Le programme spatial des États-Unis déploie la moitié des satellites artificiels militaires du monde qui sont utilisés pour de nombreuses fonctions, de la communication au guidage des missiles. Le bouclier antimissile est en fonction depuis . Internet et le GPS sont des innovations américaines qui ont d'abord servi à des fins militaires. La domination militaire américaine découle aussi de la faiblesse des autres pays : la puissance russe a décliné depuis la disparition de l'URSS et du pacte de Varsovie. L'Union européenne n'a pas de véritable armée ni de politique étrangère commune. De fait, le complexe militaro-industriel est important aux États-Unis, il est le premier exportateur entre 2007 et 2011 avec 30 % en volume des exportations d'armement dans le monde..

La présence de l'Armée américaine est mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale : elle possède des bases militaires sur tous les continents bien que nombre d'entre elles soient fermées dans le cadre des Base Realignment and Closure depuis 1989, essentiellement en Europe de l'Ouest. Ces dernières années, la plupart des effectifs américains à l'étranger se trouvaient dans les pays où les États-Unis étaient en guerre (Irak entre 2003 et 2011, Afghanistan entre 2001 et 2021), dans les anciens pays de l’Axe (Allemagne, Japon, Corée du SudColonie japonaise depuis 1905, la guerre de Corée fait intervenir les États-Unis qui disposent depuis de forces permanentes face à la Corée du Nord., Italie) et dans les régions stratégiques (Djibouti depuis 2002., Golfe Persique). Tous les océans sont quadrillés par des flottes permanentes. Les États-Unis sont actuellement le seul pays à pouvoir intervenir massivement partout dans le monde.

Depuis la fin de la guerre froide, les interventions armées américaines se multiplient, soit avec l'aval de l'ONU (Somalie, ex-Yougoslavie, Afghanistan, Libye), soit sans (Irak). La politique étrangère dépend du président, qui est le chef des armées, négocie les traités et dispose du feu nucléaire ; mais elle est également tributaire du Congrès qui décide de la guerre et entérine les traités internationaux. Durant le , les États-Unis ont connu des phases isolationnistes et sont entrés en guerre pour réagir à des attaques. Avec la guerre froide, ils se sont posés en défenseurs du monde libre et démocratique contre le bloc soviétique et ont mis en place un réseau d'alliance dont la pièce maîtresse est l'OTAN. Aujourd'hui, certaines de ces alliances existent toujours et l'OTAN se renforce avec l'entrée des pays de l'est de l'Europe et le retour de la France dans le commandement intégré. Les États-Unis garantissent aussi leur aide militaire à de nombreux pays.

Pourtant, la puissance militaire des États-Unis n'est pas sans faiblesse : face au terrorisme et à la guerre asymétrique, les stratégies conventionnelles semblent mal adaptées, comme le montrent les progrès des Talibans en Afghanistan. Washington a besoin de ses alliés pour mener des expéditions.. Des oppositions se sont développées contre la politique étrangère de George W. Bush, y compris aux États-Unis, et des alliances concurrentes se mettent en place comme l'Organisation de coopération de Shanghai. En 2009, le président Barack Obama a confirmé le retrait des troupes américaines d'Irak pour les redéployer en Afghanistan.

Commandement vignette|Le déploiement des Forces armées des États-Unis dans des bases militaires du monde selon le schéma mouvant des sphères d'influence est perceptible au travers de la répartition géographique du commandement Interarmées de Combat. Cette présence globale permettant la projection de la puissance armée, sous la forme la plus adaptée à l'action requise par la géostratégie et la tactique, fournit la base arrière des interventions militaires depuis 1947.

Commandant en chef La Constitution des États-Unis, article II section 2Constitution des États-Unis :The President shall be Commander in Chief of the Army and Navy of the United States, and of the Militia of the several States, when called into the actual Service of the United States;…., donne le titre de commandant en chef au président des États-Unis, qui « sera commandant en chef de l'armée de terre et de la marine des États-Unis, et de la milice des divers États quand celle-ci est appelée au service actif des États-Unis ».

En tant que commandant en chef, le président des États-Unis a la prééminence sur tout officier de l'armée et donc le droit inhérent d'assumer le commandement sur le champ de bataille. Cependant, parce que les présidents sont rarement présents sur les zones de guerre et ont souvent moins d'expérience que les commandants militaires, seuls deux présidents font usage de cette prérogative, George Washington et James Madison. Washington mène en personne une troupe de lors de la révolte du Whisky, pendant son second mandat. Il ne fut cependant pas présent lors des diverses escarmouches de ce conflit relativement peu sanglant.

Lors de la guerre de 1812, Madison se retrouva sous le feu de l'ennemi le , lorsque les forces américaines sont mises en déroute par les troupes britanniques à Bladensburg. Exaspéré par l'incompétence du général américain, il prit le commandement des seules forces américaines restantes, une batterie navale commandée par le commodore Joshua Barney. Il fit cela pour stopper l'invasion britannique de la capitale américaine, mais ses efforts sont vains et les Britanniques incendièrent Washington pendant deux jours.

Pendant la guerre de Sécession, Abraham Lincoln considère la possibilité d'assumer lui-même le commandement de l'armée de l'Union sur le champ de bataille et se met à étudier des textes militaires car l'apathie et l'incompétence de ses généraux l'exaspéraient. Il se retrouva sous le feu ennemi en 1864 lors d'une attaque confédérée sur Fort Stevens dans le district de Columbia, mais il n'exerce à aucun moment son autorité de commandant en chef sur le champ de bataille.

Commandement effectif vignette|Le Pentagone, quartier-général et siège du département de la Défense des États-Unis depuis 1943. vignette|Le secrétaire à l'Armée Eric Fanning et le lieutenant-colonel Todd Hook, en 2016 en Afghanistan.

La direction des Forces armées des États-Unis est assurée par le comité des chefs d'État-Major () créé en 1949 qui comprend : le chef d'État-Major des armées des États-Unis (, un officier général assurant la présidence du comité), le chef d'état-major de l'armée de terre des États-Unis, le chef des opérations navales, le chef de l'État-Major de l'Armée de l'air, le chef des opérations spatiales, le commandant du corps des Marines (membre temporaire, conseiller pour l'utilisation des Marines), et le commandant de la Garde côtière (participant non-membre). Ce comité dépend directement du secrétaire à la Guerre, chargé du département de la Défense qui, lui, répond directement devant le président des États-Unis.

Le Goldwater-Nichols Act de 1986 réorganise complètement la structure de commandement des Forces armées américaines qui repose actuellement sur dix Unified Combatant Command qui couvrent chacun une zone géographique du monde (ou une responsabilité fonctionnelle).

Contrôle parlementaire Le comité des forces armées du Sénat des États-Unis est l'organe de contrôle du Sénat américain sur les Forces armées, les programmes de recherche et développement militaires et l'énergie nucléaire au service de la sécurité nationale. Le Posse Comitatus Act interdit, sauf exceptions, aux armées de s'occuper d'affaires du gouvernement civil, dans celles de la Justice ou dans une procédure judiciaire.

Comparaison avec l'Armée soviétique de 1991 Tableau de comparaison des effectifs et des matériels conventionnels entre les deux superpuissances en 1991, l'année de la dislocation de l'URSS :

Catégorie Union Soviétique États-Unis Effectifs d'active Réserve militaire nc Paramilitaire - Chars VTT/VCI Artillerie/Mortiers/LRM Batteries de missiles sol-air Hélicoptères terrestres Avions de combat tactiques Bombardiers de moyenne portée 400 -

Structures pour la période 2011-2015

L'examen quadriennal de la Défense 2010 (Quadrennial Defense Review) publié le donne, entre autres, le format prévu des Forces pour la période 2011-2015[ ., mais les réductions d'effectifs et des coupes budgétaires annoncées ont influencé ce format.

Armée de terre (US Army) vignette|Colonne de M1A1 Abrams et M2 Bradley en Somalie en .

Les prévisions pour l'US Army portent les effectifs à à la suite d'une décision du .. Il est annoncé en une baisse des effectifs à après la fin programmée des opérations de combat en Afghanistan en 2014., mais en , on annonce une baisse dès pour atteindre un maximum de d'active au . et le , alors que les effectifs à cette date sont de , c'est désormais le plafond de d'ici 2017 qui est dévoilé. :

4 quartiers généraux de corps 18 quartiers généraux de division un total de 73 brigades de combat (Brigade Combat Team, BCT) ( et ), se composant de : 40 brigades d'infanterie (Infantry Brigade Combat Team, IBCT) 8 brigades Stryker (Stryker Brigade Combat Team, SBCT) 25 brigades lourdes de combat (Heavy Brigade Combat Team, HBCT) 21 brigades d’aviation de combat (Combat Aviation Brigade) ( et ) 15 bataillons Patriot, THAAD