L'animation regroupe tous les films (ou séries) dans lesquels on donne vie à des objets inertes. En partant de ce principe, les facettes de l'animation sont pratiquement sans limite et aujourd'hui encore de nouvelles techniques apparaissent.
Généralités Outils communs Quels que soient les médiums et techniques utilisés pour l'animation, des outils communs restent utilisés pour la réalisation d'un projet.
Pour décrire le déroulement d'un film lors de son élaboration, deux outils sont indispensables : Le scénarimage ou storyboard, aussi utilisé pour les films en prises de vue réelles, sert à décrire tous les plans du film par des croquis, et à indiquer les dialogues qui y figurent, La feuille d'exposition décrit pour chaque plan, image par image, les décors, objets ou dessin et leur ordonnancement, ainsi que les bruitages.
Dans la majorité de ces techniques : L'animatique, permettant d'avoir une prévisualisation relativement brute du film, à partir du scénarimage. La feuille de modèle, décrivant les caractéristiques graphiques des différents éléments à animer.
Inventaire des techniques d'animation Bien qu'il soit possible de réaliser des films en utilisant une technique unique, les cas de mélange de techniques d'animation sont nombreux et pour certains très anciens. Ladislas Starewitch combinait dans les années 1920 acteurs et marionnettes animées. Les studios Disney ont très vite saisi l'intérêt de mixer personnages dessinés et acteurs (Fantasia, Les Trois Caballeros, Mary Poppins, etc.) jusqu'à Qui veut la peau de Roger Rabbit, paroxysme de l'animation mixte.
Certaines de ces techniques sont moins connues que le dessin animé ou l'animation en volume, car issues de l'expérimentation de quelques artistes indépendants. Bien qu'elles utilisent le principe fondamental de la prise de vues image-par-image, ces techniques tendent à transcender les médiums traditionnels de l'animation, voire à s'affranchir des outils de captation des images et des sons (grattages sur pellicules de Norman McLaren) inhérents au cinéma. Il existe donc autant que techniques d'animation qu'il existe de médiums, chacun influençant ou contraignant les conditions de prises de vues, et surtout la narration même des films.
Dessin animé
Les techniques classiques les plus utilisées sont des décors peints sur papier, des personnages et objets mouvants dessinés et gouachés sur celluloïd (feuille transparente d'acétate de cellulose). Mais il existe aussi d'autres techniques comme l'animation de personnages sur des feuilles de papiers, coloriés à la craie ou aux crayons de couleur comme la série d'animation Junior.
L'animation peut être qualifiée de « partielle » si la transition entre les différentes images sont intentionnellement visibles ou perceptibles : les images intervallaires entre les moments clés ne sont alors pas réalisées et permettent partiellement ou pas la persistance rétinienne.
Dans les années 1990, l'informatique a bouleversé les techniques traditionnelles, et aujourd'hui la plupart des dessins animés sont partiellement ou entièrement réalisés par ordinateur (Voir 2D numérique).
Le Conte des contes, de Youri Norstein (URSS, 1979, 30 min), est considéré par la critique internationale comme le meilleur film d'animation ayant jamais été réalisé.
Exemples Liste de quelques-uns des plus célèbres longs métrages d'animation ou ayant marqué son histoire : El Apóstol, Quirino Cristiani (Argentine — 1910), plus ancien long métrage connu, aujourd'hui détruit Les Aventures du prince Ahmed, Lotte Reiniger, (République de Weimar - 1926) Le Nouveau Gulliver, Alexandre Ptouchko, (URSS - 1935) Blanche-Neige et les Sept Nains, Walt Disney (É.U. - 1937) Les Voyages de Gulliver, Dave et Max Fleisher (É.U. - 1939) La Ferme des animaux, John Halas et Joy Batchelor (G.B. - 1954) La Reine des neiges, Lev Atamanov (URSS - 1957) Le Serpent blanc, Taiji Yabushita (Japon - 1958) Le Roi des singes, Wan Lai-Ming et ses frères (Chine - 1961/1964) Yellow Submarine, George Dunning (GB - 1968) Horus, prince du Soleil, Isao Takahata (Japon - 1968) Fritz le chat, Ralph Bakshi (É.U. - 1972) La Planète sauvage, René Laloux (France - 1973) Le Roi et l'Oiseau, Paul Grimault (France - 1980) Métal Hurlant, (Canada - 1981) The Wall, Alan Parker, (Royaume-Uni - 1982) Nausicaä de la vallée du vent, Hayao Miyazaki (Japon - 1984) Mon voisin Totoro, Hayao Miyazaki (Japon - 1988) Le Tombeau des lucioles, Isao Takahata (Japon - 1988) Akira, Katsuhiro Otomo (Japon - 1988) Porco Rosso, Hayao Miyazaki (Japon - 1992) Pompoko, la révolte des tanukis, Isao Takahata (Japon - 1993) L'Étrange Noël de monsieur Jack, Henry Selick (scenario original et directeur artistique Tim Burton) (É.U. - 1993) Ghost in the Shell, Mamoru Oshii (Japon - 1995) Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki (Japon - 1997) Kirikou et la Sorcière, Michel Ocelot (France - 1998) Mes voisins les Yamada, Isao Takahata (Japon - 2000) Mari Iyagi, Lee Sung-Gang (Corée du Sud - 2001) Les Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet (France - 2003) Jours d'hiver, Kihashiro Kawammoto (International - 2003) Tokyo Godfathers, Satoshi Kon (Japon - 2003) Valse avec Bashir, Ari Folman (Israël - 2008)
Animation en volume (ou stop motion)
L'animation en volume est l'appellation d'une technique utilisant la prise de vues image par image sur un décor où l'on déplace ou transforme un ou plusieurs objets en enregistrant un unique photogramme de chacune des positions successives. Découverte en 1906 par le comédien américain James Stuart Blackton, après son invention de la technique du dessin animé.
Ses pionniers les plus célèbres sont Ladislas Starevitch (dès 1910) et Willis O'Brien (1933) qui utilisent des personnages du type marionnette. Le talent d'O'Brien est sollicité pour créer des séquences d'animation dans des films en prise de vues réelles. Cette discipline utilisant une caméra d'animation est sans cesse améliorée par des artistes comme Ray Harryhausen (Jason et les Argonautes), Phil Tippett (Star Wars) jusqu'à l'avènement des techniques numériques et l'animation par ordinateur.
La République tchèque (ex-Tchécoslovaquie), berceau d'une tradition séculaire de la marionnette, s'illustre tout particulièrement dans l'animation de volumes. L'école tchèque, menée par Jiří Trnka, Jiří Brdečka, Břetislav Pojar ou encore Karel Zeman dans les années 1960, engendre ensuite des artistes majeurs du cinéma d'animation : Jan Švankmajer, Jiří Barta, entre autres.
Des artistes anglais indépendants popularisent cette technique au sein de films totalement animés dans les années 1980 et au début des années 1990 : Paul Berry (The Sandman), Nick Park (Wallace & Gromit), Barry Purves (Screen Play), les frères Quay (La Rue des Crocodiles) jusqu'à contaminer de grosses productions américaines, produites par un autre adepte de l'animation en volume, Tim Burton.
De nombreux films d'animation en volume utilisent l'animation de pâte à modeler, où les personnages, objets et décors sont réalisés et animés grâce à une substance malléable telle que la pâte à modeler ou le latex.
Exemples Le premier réalisé est un court métrage :
Barbe-bleue de Jean Painlevé et René Bertrand (1936)
Quelques longs métrages : Le Roman de Renard de Ladislas Starevitch (1937 - 1941) Les Vieilles Légendes tchèques de Jiří Trnka (1952) Jason et les Argonautes, Don Chaffey (Royaume-Uni et États-Unis - 1963) Alice de Jan Švankmajer (1988) L'Étrange Noël de Monsieur Jack, Henry Selick (1993) James et la pêche géante de Henry Selick (1999) Chicken Run, Peter Lord (2000)
Papier découpé
Technique plus économique que celle du dessin animé, elle est très utilisée par les réalisateurs indépendants. Elle peut se diviser en deux tendances : l'animation d'éléments découpés et articulés, et l'animation de dessins découpés en phases. Cette dernière approche fut celle choisie par René Laloux pour son premier long métrage, La Planète Sauvage, en 1973.
Dans l'autre tendance, on trouve quelques-uns des plus grands cinéastes d'animation actuels : Michel Ocelot, en France, et surtout Youri Norstein, en Russie, dont le film Le Conte des contes a par ailleurs été classé « meilleur film d'animation de tous les temps » aux Olympiades de l'animation de 1984..
On peut distinguer plusieurs variantes. En premier lieu, l'animation de silhouettes, réalisé en papier noir sur banc-titre rétro-éclairé (éclairé par en dessous par une table lumineuse, souvent avec des pantins plats articulés à l'aide d'attaches parisiennes ou autres systèmes destinés à permettre l'articulation. Ce type de film est l'héritier du théâtre d'ombres dont il reprend les principes au cinéma (ombres chinoises éclairées par derrière). Une des pionnières de ce type de film est l'Allemande Lotte Reiniger (1899-1981) qui a créé des dizaines de films, dont le long métrage très acclamé Les Aventures du prince Ahmed (1926). ; son travail pose dès 1919 les bases fondamentales de l'animation de silhouettes.. Ce style a été repris par le réalisateur français Michel Ocelot dans différents courts métrages ainsi que dans son film Princes et Princesses. Pour la série Dragons et Princesses, Michel Ocelot reprend les principes du film de silhouette mais remplace la fabrication papier par l'ordinateur, pour aboutir à un résultat similaire mais plus lissé. Il est à noter qu'aussi bien pour les premiers films de Lotte Reiniger que les plus récents de Michel Ocelot, les sujets abordés tournent autour du conte (traditionnel ou revisité), un peu comme le faisait déjà le théâtre d'ombres.
Dans les travaux de Lotte Reiniger, la couleur est employée plusieurs fois, soit en colorisant les films, soit en filmant directement des fonds présentant diverses déclinaisons d'une même couleurKatja Raganelli, Lotte Reiniger: , British Film Institute, 1999, présentation en ligne (documentaire audiovisuel). Au Japon, Noburō Ōfuji approfondit l’animation de silhouettes en utilisant du papier japonais légèrement transparent et coloré, orné de motifs traditionnels, le Chiyogami, afin de créer un cinéma de goût typiquement japonais ; il écrit lui-même que ...
La seconde variante est le film à partir d'éléments découpés dans des journaux, des revues, des photos, etc. Exemple : Ceci est un message enregistré (1973) de Jean-Thomas Bédard (Canada).. La dernière variante est le film à partir d'éléments dessinés.
Au , la technique d'animation de la marionnette en papier découpé sous caméra, articulée mais animée en deux dimensions, a trouvé un nouveau souffle grâce au numérique. Utilisée dans des logiciels plus traditionnellement consacrés au compositing ou aux contenus multimédias dynamiques, elle est choisie sur des productions où rapidité et économie de moyens s'imposent et a ainsi gagné la faveur des séries télé. Dans ces logiciels utilisant un système de calques, les différents éléments de la marionnette (bras, avant-bras, buste, cuisse, etc) sont séparés et liés par des articulations virtuelles (où l'on aurait mis un fil ou une attache anglaise). La marionnette est créée une fois pour toutes et réutilisée dans chaque plan.
Exemples Longs métrages : La Planète sauvage de René Laloux Les Aventures du prince Ahmed (Die Geschichte des Prinzen Achmed, 1926) de Lotte Reiniger
Quelques courts métrages : Le Hérisson dans le brouillard de Youri Norstein Le Conte des contes de Youri Norstein Les Trois Inventeurs de Michel Ocelot La Baleine (Kujira) de Noburō Ōfuji
Pixilation