Le risque sismique en France est la possibilité qu'un aléa de type séisme se produise et occasionne des dommages plus ou moins importants aux enjeux humains, économiques ou environnementaux situés sur le territoire national français. Classé dans la catégorie des risques naturels majeurs, il fait l'objet d'un suivi continu, d'un cadre réglementaire de prévention et d'une information de la population. Une organisation des secours a par ailleurs été mise en place pour faire face à d'éventuelles catastrophes.

La France, à l’exception des Antilles et d'autres archipels français, est un pays à sismicité modérée. Chaque année, le territoire français est soumis à une centaine de séismes d’une magnitude supérieure à 3 et une vingtaine de magnitude supérieure à 3,5. Les données historiques sont rassemblées dans une base accessible par Internet, dénommée Sisfrance. Elles sont complétées des données instrumentales recueillies et analysées par le réseau national de surveillance sismique (RéNaSS) basé à Strasbourg qui localise environ en France métropolitaine et dans les zones frontalières..

La réglementation en matière de construction parasismique a périodiquement évolué. Un nouveau cadre réglementaire a en particulier été mis en place en 2011. Le zonage sismique en vigueur depuis 1991 a lui-même été modifié à cette occasion.

L'information de la population est faite via différents vecteurs. Le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département l’ensemble des risques majeurs par commune, dont le risque sismique. Le document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM) précise au niveau communal ces risques.

Aléa sismique en France La France, à l’exception des Antilles, est un pays à sismicité modérée. La France métropolitaine et de nombreux territoires d'outre-mer sont en effet relativement éloignés de la frontière des plaques tectoniques. Les déformations tectoniques dans la France hexagonale, principalement dues à la collision de la plaque eurasiatique avec la plaque africaine, sont assez faibles (de l'ordre du millimètre par an), par rapport à d'autres pays du bassin méditerranéen, « ce qui entraîne une sismicité modérée (avec des magnitudes généralement très inférieures à 6) et inhomogène sur le territoire. Les régions les plus exposées sont les chaînes montagneuses du Jura, des Vosges et des Alpes, les Pyrénées et, dans une moindre mesure, le Massif central, le Massif armoricain, la Provence et la Corse. Les bassins parisien et aquitain sont, quant à eux, quasi asismiques. ».

Les séismes y sont toutefois relativement fréquents et le risque sismique doit être pris en compte. Chaque année, le territoire français est soumis à une centaine de séismes d’une magnitude supérieure à 3 et une vingtaine de magnitude supérieure à 3,5 alors que plusieurs milliers sont recensés dans l’ensemble du bassin méditerranéen 11. En termes d’intensités, permettant une bonne comparaison des dommages, les séismes les plus fréquents s’échelonnent entre I et V. Dans ce cas, même les constructions ordinaires ne sont pas endommagées.

Aux Antilles, la sismicité est plus forte et ce risque y est désormais reconnu comme le premier risque naturel. Plusieurs séismes destructeurs s’y sont produits notamment celui du 11 janvier 1839 (plus de en Martinique) et celui du (plus de en Guadeloupe) 12. La Polynésie française est située dans une zone intraplaque et connaît une sismicité faible à modérée. La Nouvelle-Calédonie se trouve au voisinage de la zone de subduction des Nouvelles-Hébrides (la plaque australienne plonge sous le bassin Nord Fidjien), où règne une activité sismique intense. Enfin, les îles de Wallis-et-Futuna sont localisées à proximité de la zone de subduction des Tonga et du Bassin de Lau où règne une sismicité importante 13.

Données historiques La connaissance de la sismicité historique en France repose sur une analyse documentaire d'archives historiques. Tous les documents susceptibles de fournir des informations sont analysés : des chroniques du Haut Moyen Âge au simple Livre de raison du écrit par un scribe, des annotations des registres paroissiaux aux premières discussions scientifiques, de la presse ancienne à l’actuelle, des premiers catalogues de séismes du aux publications scientifiques récentes. L'analyse de ces différents documents conduit à définir pour chaque événement un épicentre et une intensité associée.

Les données sont rassemblées dans une base accessible par Internet, dénommée SisfranceLa banque nationale de données SisFrance est consultable à l'adresse suivante : https://sisfrance.irsn.fr. Cet inventaire, géré par le BRGM, associé à EDF et à l'IRSN, rassemble tous les séismes identifiés à ce jour sur le territoire national et sur ses marges frontalières depuis plus de . Environ sont répertoriés, le plus ancien datant de l’an 465 dans la vallée du Rhône. Créée en 1976 et continuellement actualisée, il s'agit actuellement de la plus importante base de données de ce type au niveau européen. Elle comprend plus de documentaires et détaille plus de (localités témoignant des effets d’une secousse). Elle est complétée par des bases de données spécifiques aux Antilles françaises et aux archipels des Mascareignes et des ComoresLa base de données sismiques relative aux Antilles est consultable à l'adresse https://sisfrance.irsn.fr/antilles/. Celle relative à l’histoire des tremblements de terre de l’Archipel des Mascareignes (île de la Réunion et île Maurice) et de celui des Comores (Mayotte) de 1707 à nos jours est à l'adresse : https://sisfrance.irsn.fr/reunion/.

Données instrumentales La surveillance sismique instrumentale se fait à partir de stations sismologiques réparties sur l’ensemble du territoire national et regroupées sous forme de réseaux (Géoscope, Sismalp, RAP, etc.) : ces derniers sont gérés par divers organismes (EOST, IPGP, CEA, etc.) par l’intermédiaire de deux réseaux principaux : le Laboratoire de Détection et de Géophysique (LDG) du CEA et le réseau national de surveillance sismique (RéNaSS), géré par l'institut de physique du globe de Strasbourg.. Les données collectées par les sismomètres sont centralisées par le Bureau central de la sismicité française (BCSF), qui en assure la diffusion. Le schéma ci-contre illustre les relations entre les différents organismes concernés et les niveaux de compétence. Ce suivi de la sismicité française permet d’améliorer la connaissance de l’aléa régional, voire local en appréciant notamment les effets de site.

Plus grands séismes en France Séismes historiques (avant 1962)

Les plus anciens séismes mortels en France se sont produits enRené Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation - Doctrines - Techniques - Pratiques), Chapitre IV Les risques sismiques . Paris (éditions Les Encyclopédies du patrimoine), septembre 1997 : 1227 : Aix-en-Provence et Lambesc (séisme contesté) (intensité X : ) ; 1248 : Savoie (). Note : la catastrophe (gigantesque éboulement) dans la nuit du au n'est très probablement pas due à un séisme (voir l'article Mont Granier) ; 1556 : Comté de Nice (intensité IX-X : ) ; 1564 : Roquebillière, Comté de Nice (intensité VIII : ). : Guadeloupe (intensité IX : ). L'un des séismes les plus puissants jamais ressentis aux petites Antilles et le plus fort dans l'ensemble du territoire français (Métropole et Outre-Mer), d'une magnitude estimée entre 8,0 et 8,3 ébranle pendant près de 90 longues secondes la Guadeloupe et les petites Antilles, ce qui provoque la mort de plus de 3 000 personnes dans l'arc. Les intensités sont de IX sur l'ensemble du territoire guadeloupéen mais aussi à Antigua et Barbuda. En Martinique l'intensité atteint toujours VI-VII. Il est ressenti jusque dans le sud de la Floride aux États-Unis. Un rapport du BRGM datant de révise la magnitude entre 7,5 et 8,0 en tenant compte de la loi d'atténuation macrosismique mais estime que la magnitude devrait être supérieure à 7,7. Cette magnitude plus faible aurait alors expliqué l'absence de tsunami ou de subsidence notable. La magnitude du séisme reste matière à débat puisque de plus récentes études (Feuillet en 2011 et Hough en 2013) suggèrent une magnitude de 8,5. Hough explique l'absence de tsunami d'envergure soit par une profondeur élevée, soit par un mécanisme transformant. Jusqu'alors le séisme du qui a touché la Guadeloupe avait toujours été envisagé comme un séisme de subduction inter-plaques. : tremblement de terre (M=6,2), le plus meurtrier qu'ait connu la France au (46 victimes), en Provence, qui provoqua des destructions dans les villes de Salon-de-Provence, Vernègues, Lambesc, Saint-Cannat et Rognes ;

Séismes enregistrés instrumentalement (après 1962)

Les plus récents séismes en France se sont produits les : : séisme d'Arette (Pyrénées-Atlantiques) qui détruisit le village à 80 % et tua une personne ; : séisme d'Epagny-Annecy (Haute-Savoie) : d'une magnitude estimée entre 5,2 et 5,3, il a été ressenti par une grande partie de la population et a occasionné des dégâts estimés à l'époque à 60 millions d'euros : nombreuses cheminées détruites ou tombées, voitures endommagées, des immeubles lézardés. Il s'agit du dernier séisme en France métropolitaine ayant occasionné autant de dégâts ; : la Guadeloupe a été touchée par le plus important séisme enregistré dans l'archipel depuis plusieurs décennies. À (temps universel, heure de Guadeloupe), un séisme évalué à 6,3 sur l’échelle de Richter s'est produit dans l'arc des Petites Antilles entre les îles de la Guadeloupe et la Dominique. Sur l'île de la Guadeloupe, le séisme a été particulièrement ressenti à Basse-Terre. Les dégâts matériels sont très importants. Le bilan humain fait état d’un mort et de quelques blessés ; : la Martinique fut touchée par un séisme d'une magnitude de 7,4 sur l'échelle de Richter qui a frappé toute l'île. ; , 11:52 : séisme d'une magnitude de 5.4 sur l'échelle de Richter, dans la Drôme et l'Ardèche, l'épicentre se trouvant à 9 km de Montélimar. Plusieurs blessés graves notamment dans la ville du Teil où l'épicentre était juste à 4km..

Failles actives, risque à réévaluer En 2020, à la suite du séisme de 2019 dans le Sud-Est de la France (aussi dit séisme du Teil), des scientifiques estiment que le risque sismique lié aux failles doit être réévalué en France.

Risque sismique Le risque sismique est défini comme la combinaison entre l’aléa sismique d’une part, et la vulnérabilité des enjeux exposés d’autre part (bâtiments, infrastructures, superstructures, populations, etc). Son évaluation nécessite de connaître d’une part la probabilité de faire face à un séisme d’une certaine ampleur à un endroit donné (évaluation de l’aléa), et d’autre part d’évaluer la vulnérabilité aux séismes de ces enjeux sur un territoire défini 9.

Zonage sismique L’évaluation de l’aléa est définie par une carte de zonage sismique nationale réglementaire. Le territoire national est découpé en plusieurs zones en fonction des niveaux de sismicité possibles. Zonage de 1991 thumb|Zonage sismique en vigueur en France de 1991 à 2011 Un premier zonage sismique a été établi parallèlement à la réglementation de 1969. Il a été suivi par un zonage élaboré en 1985, sur la base des données sismiques connues en 1984, et qui est entré en vigueur avec le décret du . Le territoire national est alors divisé en cinq zones de sismicité croissante (0, Ia, Ib, II et III). 5 000 communes environ sont alors situées dans une zone sismique de nature très faible à forte (zones Ia à III).