, dit « Jambes Grêles » (en ) est né entre 1161 et 1167 et mort le . Issue de la dynastie des Piasts, il est duc de Grande-Pologne (1194 à 1202) et duc de Cracovie (Petite-Pologne) en 1202 et de 1228 à 1229.
Un fidèle collaborateur de son père Fils cadet de et d'Eudoxia de Kiev, son nom apparaît pour la première fois dans un document de 1167 rédigé par et lors de la réunion des ducs polonais à Jędrzejów.
En 1177, une révolte de la noblesse de Petite-Pologne chasse de son trône. lui succède à Cracovie. Odon se joint à la révolte contre son père qu’il accuse de vouloir favoriser les enfants de son second mariage avec Eudoxia de Kiev. En 1179, Odon, qui convoite le duché de Grande-Pologne, chasse et ses jeunes fils Boleslas, Mieszko et Ladislas. Ils trouvent refuge en Poméranie et rentrent en Grande-Pologne en 1181.
En 1186, Ladislas épouse Lucie de Rügen, fille de Jaromar, duc de Rügen. Ce mariage qui a pour but de renforcer les liens de son père avec la Poméranie occidentale, demeurera sans descendance.
En 1194, à la mort de son demi-frère Odon, Ladislas assure la régence du duché du sud de la Grande-Pologne, son neveu Ladislas Odonic étant trop jeune pour régner.
L’année suivante, après le décès de son frère Boleslas de Cujavie, Ladislas reste le seul héritier de son père , qu’il soutient dans sa lutte pour reconquérir le trône de Cracovie.
Duc de Grande-Pologne Le , à la mort de son père, Ladislas devient duc de Grande-Pologne. Soutenu par le voïvode de Cracovie, il s'empare du trône qui devait revenir à Lech le Blanc, le fils aîné de . Très vite, il est chassé de Cracovie par Lech le Blanc et ses partisans.
Revenu en Grande-Pologne, il mène une politique visant à prendre le contrôle de la Poméranie dont le suzerain est Lech le Blanc. À cette fin, il rencontre le roi du Danemark, , pour résoudre leurs contentieux et délimiter leurs zones d’influence respectives. Il procède ensuite à un échange de terres avec qui lui cède la région de Lubusz, d'où il est plus facile de mener une politique active sur les rivages de la mer Baltique, contre la région de Kalisz, qui devait revenir à Ladislas Odonic.
Conflit avec l’Église Le jeune Ladislas Odonic n’accepte pas de voir une partie de ses terres quitter la Grande-Pologne. Il rallie à sa cause une partie de la noblesse ainsi qu'Henri Kietlicz, l'archevêque de Gniezno, qui y voit une bonne occasion d’obliger le duc de Grande-Pologne à accorder des privilèges à l’Église.
Mal préparée et malgré l’anathème lancé par Henri Kietlicz, la tentative de renverser est un échec. Ladislas Odonic et Henri Kietlicz doivent s'enfuir et se réfugier à la cour d’ qui les accueille à bras ouverts. installe Ladislas Odonic sur le trône de Kalisz alors qu'Henri Kietlicz se rend à Rome pour demander l’aide du pape . Celui-ci réagit en confirmant l’excommunication de et lance un appel à la noblesse polonaise pour permettre à l’archevêque de rentrer en Grande-Pologne.
La réconciliation avec l’archevêque se donne pour mission de réconcilier les différentes parties. En 1208, à l’occasion de la fête de la nativité, il réunit tous les ducs Piasts à Głogów. Les ducs de Grande-Pologne sont invités ainsi qu'Henri Kietlicz et les évêques de Wrocław, Lubusz et Poznań. autorise le retour de l’archevêque à Gniezno en échange de la levée de l’anathème prononcé contre lui. En revanche, le différend avec son neveu ne trouve pas de solution.
Soutien à Jambes Mêlées En 1210, soutient le duc de Racibórz , qui demande l’application de la volonté de selon laquelle l’aîné des représentants mâles de la dynastie Piast doit être le princeps (ou senior) et à ce titre occuper le trône de Cracovie. étant assez âgé, Ladislas espère pouvoir lui succéder rapidement. Le , le pape promulgue une bulle demandant que l'on revienne à la règle de succession instaurée par .
En juillet, profitant d’un synode tenu à Borzykowa en même temps qu’une assemblée des ducs polonais, envahit Cracovie et s’empare du trône. À Borzykowa, l’archevêque de Gniezno arrive à faire confirmer les nombreux privilèges obtenus par l’Église à Łęczyca en 1180. Il obtient en plus l’immunité pour l’Église (elle pourra avoir ses propres tribunaux). Tous ces privilèges sont reconnus par Lech le Blanc, et Ladislas Odonic. En échange, il obtient du pape que celui-ci annule sa bulle légitimant le pouvoir de .
En , à la mort de , Lech le Blanc récupère le trône avec la bénédiction papale, le droit d’aînesse qui devait jouer en faveur de ayant été aboli.
La soumission à l’Église En 1215, la position de s’affaiblit encore, à la suite du renforcement de la puissance d'Henri Kietlicz, soutenu par le quatrième concile du Latran. À Wolbórz, lors d’une rencontre avec Lech le Blanc, , Ladislas Odonic et , l’archevêque obtient de nouveaux privilèges pour l'Église qui devient un véritable État dans l’État. Kietlicz exige que rende le sud de la Grande-Pologne à Ladislas Odonic, qui en est l'héritier légitime. Ne voulant pas prendre le risque d’une nouvelle confrontation avec l'Église, Ladislas cède le duché du sud de la Grande Pologne à son neveu en 1216. Une bulle du pape , datée du , confirme cet accord.
Ce compromis de 1216 ne durera pas un an. L'ambitieux archevêque, intervenant de plus en plus dans les affaires de l'État, réunit contre lui tous les ducs polonais. Son pouvoir s'écroule parallèlement aux défaites politiques de son protecteur, le pape .
Alliance des trois ducs
En 1217, un accord de paix et une alliance sont conclus entre Lech le Blanc et .
La même année, le duc de Grande-Pologne s’assure de la neutralité d' et lance une attaque contre son neveu Ladislas Odonic, obligeant celui-ci à fuir le sud de la Grande-Pologne.
Fin 1217 ou début 1218, un accord est conclu entre et , grâce à la médiation des évêques de Poznań et de Lubusz. Les termes exacts de l'accord ne sont pas connus, cependant, on sait que obtient non seulement la garantie de pouvoir conserver le territoire de Ladislas Odonic, territoire qui aurait pu être revendiqué par Henri le Barbu (qui avait obtenu Kalisz en 1206), mais il reprend également Lubusz à la Silésie. Peut-être que ce qui a poussé la Silésie à accepter cet accord, c'est la nécessité d'unir les ducs polonais au-delà de leurs intérêts particuliers. Cet accord est approuvé par une bulle pontificale datée du , ce qui est une défaite pour Henri Kietlicz.
À la mort de Kietlicz en 1219, , Henri le Barbu et Lech le Blanc lui choisissent comme successeur un proche collaborateur du duc de Grande Pologne.
Conflit avec Ladislas Odonic
Ladislas Odonic, qui s'était réfugié chez , revient défier son oncle , ce qui contraint celui-ci à prendre ses distances par rapport aux croisades lancées par les autres ducs contre les Prussiens. En , Ladislas Odonic parvient à s'emparer de la ville frontalière d'Ujście. En 1225, il s'empare de Nakło.
Cette guerre entre les deux Ladislas est mise à profit par Louis, le landgrave de Thuringe, pour s'emparer de Lubusz (en 1225) et d’autres villes frontalières de Grande-Pologne.
La guerre entre l'oncle et son neveu a pris un tour final en 1227. Ladislas Odonic réussit à briser l’encerclement d'Ujście par l'armée de Ladislas aux Jambes Grêles. Ensuite, il lance une attaque victorieuse contre les forces ennemies (le ). À partir de là, Ladislas Odonic devenait le vrai maître de la Grande-Pologne. Au même moment, se proclame duc et dénonce la suzeraineté polonaise, ne voulant plus être le vassal de Lech le Blanc.
La situation en Grande-Pologne et en Poméranie oblige Lech le Blanc à convoquer à Gąsawa une assemblée des ducs et des puissants des terres polonaises. Ladislas aux Jambes Grêles ne se rend pas personnellement à Gąsawa mais s'y fait représenter par l’archevêque de Gniezno et par l’évêque de Poznań. Le , Lech le Blanc est tué dans un guet-apens monté par et Ladislas Odonic. est grièvement blessé.
Duc de Cracovie repasse à l'offensive en Grande-Pologne. Au début de l'année suivante, il défait son neveu et l'emprisonne. Ensuite, il se rend en Petite-Pologne où il revendique le trône en vertu de l'accord de 1217 sur la succession de Lech le Blanc, son fils étant trop jeune pour régner. , le frère de Lech le Blanc, s'oppose au plan de sur la réunification entre la Grande-Pologne et la Petite-Pologne. Le , à Wiślica, une assemblée des ducs et des puissants est convoquée pour choisir le duc de Cracovie. obtient le trône mais, en contrepartie de l'union entre la Grande et la Petite-Pologne, il doit accorder de nombreux privilèges à l'évêque de Cracovie et aux seigneurs de Petite-Pologne. Il leur donne le droit de constituer une assemblée () pour faire les lois et pour traiter les affaires judiciaires. Il doit également adopter , le fils de Lech le Blanc, et en faire son successeur.
La chute Le pouvoir de aux Jambes Grêles va très vite se fragiliser. Tout d’abord, Ladislas Odonic réussit à s'échapper de sa prison et à reprendre la guerre contre son oncle, ce qui empêche celui-ci de se préparer contre l’invasion de la Petite-Pologne envisagée par Conrad de Mazovie. Cela pousse les nobles de Cracovie à remettre le pouvoir à Henri le Barbu. Officiellement, il devient le gouverneur de Petite-Pologne. En échange, il obtient que Boleslas le Pudique soit écarté et que les ducs de Silésie deviennent les héritiers de .
L'invasion de la Petite-Pologne par l’armée de Conrad de Mazovie est lancée au cours de l’. Elle est arrêtée par , le fils d’Henri le Barbu. Conrad de Mazovie ne s'avoue pas vaincu et, l’année suivante, il lance une nouvelle invasion qui lui permet de s'emparer d'une grande partie de la Petite-Pologne. Peu après, il commence le siège de Kalisz, étant occupé à combattre Ladislas Odonic dans le nord de la Grande-Pologne. Cependant, Kalisz résiste et les troupes de Conrad doivent renoncer à prendre la ville.
L’exil en Silésie La guerre en Grande-Pologne tourne au désavantage de qui doit se réfugier en Silésie, à la cour de Casimir d’Opole à Racibórz. À la mort de celui-ci, il rejoint la cour d'Henri le Barbu et de son fils, demandant leur aide en échange de la promesse de lui succéder.
Au , Henri le Barbu lance une offensive contre la Grande-Pologne dans le but de renverser Ladislas Odonic et de remettre Ladislas aux Jambes Grêles au pouvoir. Cette attaque se solde par un échec.
décède le . On ignore où il a été inhumé, sans doute quelque part en Silésie. hérite de toutes ses possessions.
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