Saint-Jean-le-Thomas est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie donnant sur la baie du Mont-Saint-Michel. Elle est peuplée de .

Géographie Localisation La commune est située au nord-ouest de l'Avranchin. Son bourg est à à l'ouest de Sartilly, à au nord-ouest d'Avranches et à au sud de GranvilleDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr..

Géologie vignette|Carte géologique du Massif armoricain. Saint-Jean-le-Thomas est localisée dans le domaine centre armoricain, plus précisément dans un bassin sédimentaire essentiellement briovérien dans lequel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs formant le batholite granodioritique mancellienDe , nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Ce domaine cadomien normano-breton est caractérisé par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien., avec quelques pointements sécants de leucogranite..

Les falaises, de de hauteur, s'étendent sur , depuis Carolles-Plage au Nord jusqu'à la plage de Saint-Michel au Sud, et sont incisées par la vallée du Lude. Elles se prolongent à l'intérieur des terres par des falaises mortes. Elles bordent le massif granitique de Carolles (constitué d'une granodiorite riche en biotite et en cordiérite parcourue par un réseau de diaclases souligné par une teinte rouille caractéristique d’un début d’altération). qui forme un plateau bocager dont l’altitude varie entre , et qui constitue la prolongation occidentale du massif granitique de Vire-Carolles, élément de ce batholite mancellien (mis en place entre ). L'intrusion magmatique a développé à la périphérie de cette intrusion un métamorphisme de contact, à l'origine d'une auréole de cornéennes qui ceinture ce massif.. Cette ceinture s'imprime dans le paysage par les falaises escarpées, contrastant avec la surface faiblement ondulée du massif granitique. .

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Claire Douves et le Ru du Moulin...

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Jean-le-ThomasLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Longueville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages Ses plages offrent un panorama sur le mont Saint-Michel, Tombelaine et la Côte d'Émeraude.

Milieux naturels et biodiversité La commune se situe en partie (versant sud du massif granitique) dans le site classé des .

Urbanisme Typologie Au , Saint-Jean-le-Thomas est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,8 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (53,9 %), zones urbanisées (17,3 %), prairies (9,9 %), forêts (8,8 %), terres arables (6,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1 %).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Risques naturels et technologiques L'érosion actuelle de la plage et des dunes de Dragey, formées en (au moment d'une baisse significative du niveau marin) dans la baie du Mont-Saint-Michel Simplified geological and sedimentological map of the Mont-Saint-Michel bay (after Larsonneur and coll., 1989 ; L'Homer et al., 1999).Coupe géologique à travers la baie. est à l'origine du recul du littoral d'environ depuis le milieu du , les produits d'érosion étant transportés jusqu'au bec d'AndaineLe bec d'Andaine est la terminaison de ce système érosion-progradation. où la progradation des crêtes de sable (barres sableuses allongées, bien individualisées que tous les trois ou cinq ans, et terminées en crochet) s'érigeant en avant des anciennes dunes bordières, est du même ordre..

Cette érosion découvre, lorsque la marée descend, des sols anciens de tourbe avec des traces de racines (principalement de roseaux), des vases finement litées et des chenaux méandriformes. La tourbière de Saint-Jean-le-Thomas, bien visible au niveau de la plage de Pignochet, correspond à une vasière, avec son marigot, et d'un marais maritime, mis en place il y a quelque en arrière d'une ancienne barrière littorale qui a aujourd'hui disparu en raison de la remontée de la mer..

Les mesures établissent le recul du trait de côte à par an entre 1992 et 2021, avec une accélération depuis 2010. Le phénomène est renforcé par le changement climatique, qui provoque des tempêtes plus puissantes, et l'augmentation de la pluviosité hivernale, qui favorise les débordements de la Claire-Douve..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Sancti Johannis villam en 1022 et 1026 et de Saint Johan vers 1175..

La paroisse et son église sont dédiées à Jean le Baptiste. Le patronyme Thomas est lié par l'article le, l'ancien français pouvant donner à l'article valeur démonstrative. : « Saint-Jean, celui de Thomas ».

Histoire Préhistoire vignette|Carte de voies romaines en Gaule. Les découvertes archéologiques sur l'estran depuis les années 1970 : des pêcheries datées de l'époque du bronze, deux fours de la même datation à la limite du cordon dunaire proches de ces pêcheries, des traces de bovins et des pas humains de plus de quatre mille ans, confirment l'occupation du site et son activité dès le Néolithique.

Antiquité La récente datation des murs nord du chœur de l'église par sa structure et ses joints, confirmée par une datation au carbone 14 évoque le réemploi d'une construction gallo-romaine dont la nature n'est pas connue s'inscrit dans un environnement gallo-romain avec un trésor monétaire découvert en 1912 lors d'une marée d'équinoxe qui a provoqué l'éboulement de la falaise d'argile, et le débouché d'une voie romaine de Mortain aux ports de la baie, démontre l'importance de l'occupation de ce lieu..

Moyen Âge En 917, Guillaume « Longue-Épée » fait donation à l'abbaye du Mont-Saint-Michel de la seigneurie, de l'église, du moulin, des vignes et des pêcheries.

Un Guillaume de Saint-Jean était en 1066 à Hastings aux côtés de Guillaume le Conquérant et aurait été chargé des transports du matériel de guerre.

Dans une charte datée de 1121, tirée du cartulaire manuscrit du Mont-Saint-Michel, on lit que Thomas, seigneur de Saint-Jean, transforme le castel primitif au bord de la falaise en château fort et a des démêlés avec l'abbé qui l'accuse de détruire ses bois. Il donne son nom à la seigneurie qui dorénavant sera Saint-Jean-le-Thomas. Au début du , Philippe Auguste en ordonne la destruction et la confiscation des biens au profit de l'abbaye du Mont-Saint-Michel et de Fouques Paisnel. Au , on détruisit les restes du donjon.

Au cours de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, et de l'occupation anglaise de la Normandie (1418-1450), Jacques Paynel, fils de Bertrand Paynel et de Jeanne de Garancières, fut chargée par les Anglais, dans le milieu de l'année 1337, de tenir garnison dans la bastille de Saint-Jean-le-Thomas, avec vingt lances à pied et soixante archers, afin de renforcer le blocus du mont Saint-Michel..

Époque contemporaine vignette|La ligne de Granville à Sourdeval à travers les bois de Saint-Jean-le-Thomas. La commune a été desservie de 1908 à 1935 par la ligne de Granville à Sourdeval, un chemin de fer secondaire à voie métrique exploité par les Chemins de fer de la Manche..

Saint-Jean-le-Thomas s'associe à Dragey, Ronthon et Genêts le . La nouvelle commune prend alors le nom de Dragey-Tombelaine. Genêts et Saint-Jean-le-Thomas quittent l'association en 1979 (Dragey-Tombelaine sera renommée Dragey, puis Dragey-Ronthon).

Politique et administration Découpage territorial Saint-Jean-le-Thomas fait partie du canton d'Avranches, et avant 2014, du canton de Sartilly.

Liste des maires vignette|La mairie.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et trois adjoints.

Démographie

Économie et tourisme Saint-Jean-le-Thomas est dénommé « commune touristique » depuis : page 4..

Culture locale et patrimoine La commune est labellisée Village patrimoine en 2006.. Lieux et monuments vignette|Tombelaine et le mont Saint-Michel vus depuis les hauteurs de Saint-Jean-le-Thomas. vignette|L'église Saint-Jean-Baptiste du .

Église de Saint-Jean-le-Thomas L'origine préromane de l'église Saint-Jean-Baptiste () est reconnaissable aux moellons de granit, à l'appareil en arête-de-poisson et aux petites fenêtres du chœur. Elle serait l'une des plus ancienne du département.. La nef et le chœur () sont romans, les ouvertures de la nef sont gothique, le porche sud date du et le clocher-tour est du . L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du ..