vignette|alt=plaque bilingue contenant du texte en allemand et en anglais et une photo du SS|plaque explicative au Mémorial du camp de concentration de Ravensbrück Fritz Suhren, né le à Varel et exécuté le à Sandweier, (Baden-Baden), est un officier SS, commandant du camp de concentration pour femmes de Ravensbrück à partir de 1942.
Il est le fils de Johann Friedrich Suhren, marchand de textile, et de Maria Rode, il s'est marié en à Varel à Elfriede Bruns, et est le père de quatre enfants. Il se présente comme commerçant lors de son procès comme criminel de guerreCentre des archives diplomatiques de La Courneuve, 1AJ/6338-6344..
Il est entré au NSDAP le , n° 109 561, puis dans la SS, n° 14 682, où il devient Sturmbannführer. Il est affecté au camp de Sachsenhausen, en guise de "stage" pendant huit mois, avant d'être nommé par Oswald Pohl commandant du camp de Ravenbrück à partir de Centre des archives diplomatiques de La Courneuve, 1AJ/6340.. Il a comme adjoint Edmund Bräuning. Il se rend coupable de traitements particulièrement cruels envers les détenu(e)s.
À Sachsenhausen, entre autres exactions, il frappe les hommes exténués à coups de pied leur brisant les côtes et les dents, frappe les malades, fait exécuter des juifs en représailles de la mort d'Heydrich, fait pendre des prisonniers de guerre russes. Il répète des exactions semblables sur les prisonnières de Ravensbrück.
Au moment de son arrivée à Ravenbrück, le camp comptait environ 10 000 prisonnières. Ce nombre est passé à plus de 70 000 en 1944. La plupart furent assassinées, soit qu'elles étaient envoyées à la chambre à gaz, soit qu'elles mouraient des mauvais traitements infligés par Suhren, par son adjointe Dorothea Binz ou par Hans Pflaum, le chef de la main d'œuvre, soit à la suite d'expériences médicales conduites par l'équipe de Karl Gebhardt, notamment à base de sulfamides.
Ravensbrück comptait également un second camp, plus petit, pour les hommes, et un Kinderzimmer pour les enfants, rattaché au camp des femmes.
À l'été 1945, Suhren est arrêté par les troupes alliées et interné à Neuengamme mais il parvient à s'enfuir. Il est à Hambourg en puis s'installe à Eppenschlag, en Bavière. Il s'y cache sous le nom de Herbert Pakusch.
Il est retrouvé par les Américains et arrêté le en même temps que le SS-Oberscharführer Hans Pflaum. Il est envoyé en zone française d'occupation et est jugé avec Pflaum comme criminel de guerre par le tribunal supérieur de Rastatt. D'anciennes prisonnières du camp sont appelées à témoigner contre lui, parmi lesquelles Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Marie-Claude Vaillant-Couturier, la femme du général Lelong, Germaine Tillion.
Il est condamné à la peine de mort le , peine confirmée en appel, et exécuté le .
Les archives de son procès sont conservées au centre des archives diplomatiques de La Courneuve (archives de la zone française d'occupation en Allemagne, 1945-1955, cote 1AJ/6338-6345, et 6514 ; 5GMFB/394)Centre des archives diplomatiques de La Courneuve.
Témoignages De nombreuses victimes donnèrent des témoignages écrits des exactions commises par Suhren :
Dans une déposition sur les crimes de guerre commis à Ravensbrück, Germaine Tillion aborde la question de l’autonomie du camp et la liberté laissée à son commandant Suhren, évoquant un épisode d’inspection au cours duquel Geneviève De Gaulle-Anthonioz avait été examinée : – Germaine Tilllion, Déposition du Archives départementales du Puy-de-Dôme, Déposition de Germain Tillion, 8 septembre 1949.
– Madeleine Machefert, épouse Cornu (Masseube, Gers), PV d'interrogatoire par le commandant de brigade de gendarmerie Roger Bordas, Centre des archives diplomatiques de La Courneuve, 1AJ/6340.
– Marthe Perrin (Mâcon), PV d'interrogatoire par le juge Léon-Jean Perrin, .
« Jacqueline Lelong, 24 ans. Ravensbrück du 14 août 44 au 24 avril 45. Mère, 1 mois et demi avant. Pas eu affaire directement à Suhren. Le 1 avril 45, toutes les Françaises réunies sur Lagerstrasse sur ordre de Suhren. Pflaum a fait un groupe spécial des femmes de l'aristocratie et [familles/filles ?] des officiers généraux. 300 femmes ont été choisies pour être libérées. Céline Lecouffe était tondue. Suhren l'a repoussé, a arraché son turban, l'a frappée et renvoyée au bloc. 2 jours après elle est morte. Violences = coups de poing, gifles. Elle était très faible et est tombée à terre. Je suis allé au Revier pour la voir et on m'a dit qu'elle était morte. Nous étions à la dernière extrémité. » – Notes d'audience du président du tribunal au procès Suhren et Pflaum d'après le témoignage de Jacqueline Lelong (fille du général et d'Élise Lelong), v. février-.
Notes et références
Liens externes
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