L’Institut international du froid ou IIF (en anglais, International Institute of Refrigeration ou IIR) est une organisation indépendante et intergouvernementale qui s’engage à promouvoir la connaissance du froid au niveau mondial dans toutes ses applications et toutes ses technologies afin d’améliorer la qualité de la vie en respectant l’environnement et en accord avec les impératifs économiques :

la qualité et la sécurité des produits alimentaires de la fourche à la fourchette ; le confort dans les immeubles résidentiels et commerciaux ; les produits et les services de santé ; les technologies des très basses températures et de liquéfaction des gaz ; l’efficacité énergétique ; l’utilisation de frigorigènes à faible impact sur la couche d’ozone et sur le réchauffement planétaire, sans négliger la sécurité.

Histoire Le début du a été marqué par une forte augmentation de la demande en glace naturelle pendant l’été, notamment dans les brasseries produisant de la bière blonde.  Afin de répondre à cette demande, les fournisseurs ont cherché des solutions alternatives pour produire de la glace artificielle. Ainsi, des entrepreneurs entament des recherches sur les moyens de produire de la glace.

Si Oliver Evans a été le premier à documenter le cycle, c’est Jacob Perkins, un Américain travaillant en Angleterre, qui a pour la première fois fait breveter une machine fonctionnant sur le système du cycle à compression de vapeur en 1835.

En 1855, les premières machines à compression qui ont fait leurs preuves à l’échelle industrielle ont été mises au point par James Harrison.

Ferdinand Carré invente l’appareil à absorption dès 1859, puis viendra le modèle de réfrigérateur à compression de vapeur.

La machine à absorption a ensuite été remplacée par un réfrigérateur à compression de vapeur beaucoup plus simple, inventé par l’ingénieur français Charles Tellier en 1885, qui est toujours utilisé aujourd’hui.

Afin de soutenir le développement des technologies du froid et devant le potentiel de développement économique qu’elles représentent, l’IIF s’est créé, en plusieurs étapes.

Du 5 au : la croissance rapide de l'industrie mondiale et la quête scientifique du zéro absolu ont conduit à l’organisation du premier Congrès international du froid qui s’est tenu à Paris, France, à l’université Paris-Sorbonne, qui a accueilli plus de . L'événement est organisé par une vingtaine d'industriels français et soutenu par certaines des principales compagnies ferroviaires et maritimes.

: dans le sillage de ce premier congrès, l’Association internationale du froid a vu le jour le , formée par des délégués de . Deux prix Nobel, ont joué un rôle important dans sa création, le physicien suisse Charles Édouard Guillaume et le physicien néerlandais Heike Kamerlingh Onnes. Coïncidemment, quelques mois avant le premier Congrès international du froid, Kamerlingh Onnes avait réussi à liquéfier l'hélium; ce qui a provisoirement fait de son laboratoire cryogénique de Leyde l'endroit le plus froid du monde. Le prestige de cette réalisation présida probablement à sa volonté de prendre la tête de l'organisation de l'Association. Charles Édouard Guillaume était à cette époque directeur adjoint du Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres.

: l’association est restructurée et devient officiellement l’Institut international du froid. Le , l’association a connu une réorganisation et a été officiellement nommée Institut international du froid (IIF), International Institute of Refrigeration (IIR) en anglais.

Ce sont la Convention internationale du et le Protocole d'application du qui définissent son statut d'organisation intergouvernementale. En 1967, L'institut international du froid se targuait de compter membres représentant en superficie 67 pour cent des territoires du globe. Les activités de l'Institut incluent des réunions scientifiques et techniques, des colloques régionaux, des publications et notamment un Dictionnaire international du froid et un Guide bibliographique du froid, l'entretien d'une bibliothèque à des fin de documentation. Un de ses objectif est le développement des applications du froid notamment dans le domaine agricole et alimentaire, sur le plan industriel et dans le domaine de l'hygiène et de la santé.

L’IIF travaille maintenant depuis son siège situé à Paris (France) et est devenu la première organisation mondiale en matière d’expertise dans le froid.  L’Institut a continué à organiser le Congrès international du froid. tous les quatre ans depuis son inauguration et a depuis diversifié son portefeuille de conférences couvrant une grande variété de sujets liés au froid. Travaillant aux côtés des gouvernements, l’IIF continue aujourd’hui à s’engager dans la promotion des connaissances sur le froid pour le développement durable et à proposer des services clés pour diffuser l’information sur des technologies associées auprès de toutes les parties prenantes (entreprises, universités, professionnels…).

Organisation Organisme bilingue, l'IIF mène ses activités en anglais et en français. Il fonctionne grâce : à l'activité de son réseau de plus de de commissions ; aux adhésions des membres individuels, collectifs et bienfaiteurs ; aux contributions annuelles de ses membres.

Organes statutaires La conférence générale La conférence générale assure le fonctionnement de l'IIF et se réunit tous les quatre ans. Elle est composée des représentants des pays membres. Elle élit le président et les vice-présidents du comité exécutif.

Le comité exécutif Le comité exécutif assure le contrôle de l'activité administrative et financière de l'IIF. Il se compose d'un délégué par pays membre, dont trois à six vice-présidents et un président et se réunit une fois par an.

Le comité de direction Le comité de direction est chargé de suivre l'activité de l'IIF entre les réunions du comité exécutif. Il est constitué : du président du comité exécutif ; de trois membres élus tous les quatre ans par le comité exécutif ; de trois membres élus tous les quatre ans par le conseil science et technologie.

Le conseil science et technologie Le conseil science et technologie coordonne les activités scientifiques et techniques de L'IIF autour de dix commissions, regroupées en cinq sections. Il est constitué : d'un président ; de six vice-présidents (qui sont les présidents de sections) ; des présidents des commissions ; un contact du congrès.

Commissions L'activité de l'IIF s'articule autour de ses cinq sections et dix commissions.

Section A : cryologie et gaz Liquéfiés La section A « cryogénie et gaz liquéfiés » se focalise sur les sciences et les technologies du froid à basses températures. Le domaine de la cryogénie s’intéresse à la partie inférieure de l'échelle des températures, à partir du zéro absolu jusqu’à , englobant ainsi les points d'ébullition normaux des gaz de l'air ainsi que du gaz naturel liquéfié (GNL).

La section A comprend deux commissions : A1 « cryophysique et cryotechnique » et A2 « liquéfaction et séparation des gaz ». La commission A1 traite de la recherche, du développement et des activités industrielles relatives aux températures les plus basses, y compris la physique des basses températures, les applications de la supraconductivité et de la cryogénie à l'hélium. La commission A2 couvre essentiellement l'industrie du gaz liquéfié, notamment la séparation de l'air et la technologie du GNL, deux domaines éprouvés, aux enjeux économiques importants et qui font l’objet de développements de pointe, comme l'efficacité énergétique et le captage/stockage du .

Commission A1 : cryophysique, cryotechnique La Commission A1 « cryophysique, cryotechnique » s'occupe de recherche, de développement et d'activités industrielles liées aux températures les plus basses, dont la physique à basse température, les applications de la supraconductivité et de la cryogénie de l'hélium.

Commission A2 : liquéfaction et séparation des gaz Les travaux de la commission A2 « liquéfaction et séparation des gaz » reflètent les activités déployées à l'échelle internationale dans le domaine de la séparation des gaz et de la liquéfaction. Outre l’implication personnelle des membres de la commission dans différents projets, la commission participe à des conférences, à des ateliers ainsi qu'à des séminaires tels que la Conférence internationale sur le GNL, GASTECH, Cryogenics, Le Programme européen de la cryogénie pour n’en citer que quelques-uns.

La commission entretient des liens étroits avec les universitaires, les industriels et les utilisateurs de gaz séparés et liquéfiés.

Les membres de la commission travaillent en étroite collaboration avec la commission A1 « cryophysique, cryotechnique » et la commission C1 « cryobiologie, cryomédecine et produits de santé ».

Section B : thermodynamique, équipements et systèmes La section B « thermodynamique, équipements et systèmes » de l'IIF se concentre sur les notions fondamentales tant technologiques que scientifiques liées au froid, à l’exception des températures cryogéniques. Les fondamentaux sont couverts par sa commission B1 « thermodynamique et processus de transfert », alors que la commission B2 « équipements frigorifiques » couvre tous les types de technologies liées au froid. La section B est un acteur incontournable dans la plupart des conférences internationales organisées par l'IIF, à l’exception du Congrès international du froid (CIF) organisé tous les quatre ans autour des dix commissions de l’IIF, et au cours duquel environ 50 % des présentations traitent de sujets inhérents à la section B.

De manière indépendante et en lien avec les autres sections, la section B accueille une multitude de conférences telles que la conférence Gustav Lorentzen sur les fluides actifs naturels et la conférence d’Ohrid sur les technologies du froid à l'ammoniac et au ; ou encore des conférences sur les propriétés thermodynamiques et les processus de transfert des frigorigènes, sur le froid magnétique à température ambiante, sur les compresseurs et les frigorigènes, ainsi que sur les matériaux et les coulis à changement de phase pour le froid et le conditionnement d’air.

Un certain nombre de groupes de travail sont organisés sous l’égide de la section B. Dans le cadre de ces groupes de travail, des sujets de pointe liés au froid sont débattus par des experts de l'IIF pour ensuite publier les résultats obtenus dans des brochures ou dans d'autres supports de publications. Les principaux sujets traitent de la réduction des émissions directes de gaz à effet de serre dans le domaine du froid, de la réduction de la charge en frigorigènes dans les systèmes frigorifiques, du froid magnétique, de l’évaluation de l'indice de performance climatique sur le cycle de vie et de la sécurité des systèmes frigorifiques.

Commission B1 : thermodynamique et processus de transfert Les objectifs de la commission B1 « thermodynamique et processus de transfert » sont de fournir des informations et des données académiques et industrielles, et de proposer des solutions sur ces sujets. La commission B1 a été extrêmement active dans les groupes de travail, les sous-commissions, les conférences de l’IIF et les conférences patronnées par l’IIF, ainsi que les réunions de commissions.

Impliquée dans des groupes de travail de l’IIF sur la réduction des émissions directes de gaz à effet de serre dans le domaine du froid, la commission est également impliquée dans le groupe de travail chargé de l’évaluation de l'indice de performance climatique sur le cycle de vie (LCCP).