vignette|Aegis Ballistic Missile Defense System (National missile defense) : un RIM-161 Standard Missile 3 lancé depuis l'. Un missile antibalistique (en , ABM) est un missile conçu pour intercepter un missile balistique ou une roquette. Le terme est cependant principalement utilisé pour désigner les systèmes conçus pour contrer des missiles balistiques intercontinentaux.
Histoire Ce type de missile fait son apparition dans les années 1950, dans le contexte de la guerre froide et de la course aux armements opposant les États-Unis à l'URSS. En 1972, est signé le « traité ABM » ; chaque pays s'engage alors à ne pas déployer plus de antibalistiques et à ne défendre que deux sites, puis un seul après 1974. L'URSS choisit Moscou et les États-Unis choisissent une base de missiles balistiques intercontinentaux. Toutefois, en 2002, les États-Unis se retirent du traité.
Un réseau, comprenant actuellement quatre bases avec une centaine d'intercepteurs, protège Moscou d'une attaque limitée par missile balistique intercontinentaux depuis les années 1970 et, depuis 2004, quelques dizaines de Ground-Based Interceptors sont installés principalement à Fort Greely, côté américain. La Chine commence à travailler sur ces engins à partir de 1963, avec le programme Fan Ji. Les engins précités, destinés à contrer des missiles intercontinentaux, ont une masse supérieure à la dizaine de tonnes.
Depuis la première guerre du Golfe, en 1991, des missiles balistiques dits de courte ou moyenne portée, popularisés sous le nom générique de Scud, sont interceptés par des versions de missiles antiaériens ou missiles spécialisés dans ce rôle d'un gabarit similaire, tel le MIM-104 Patriot.
Missiles destructeurs des armes des missiles balistiques Les missiles dits « anti missiles balistiques » diffèrent selon la nature de l'arme qu'ils ont à intercepter. Elle a été lancée par un missile balistique qui, plus ou moins performant, lui a donné une vitesse plus ou moins grandeOn peut envisager de détruire non pas l'arme mais le missile balistique lui-même avant qu'il ne s'en sépare et donc pendant les quelques minutes de sa phase propulsée. Ceci se ferait avec un puissant laser embarqué dans un avion. Outre la question de la permanence en vol se pose celle de la technologie qui relève d'un immense challenge industriel. Aussi les Américains ont-ils abandonné le programme dont le Boeing YAL-1 Airborne Laser était le démonstrateur, en n'en conservant que le principe pour faire avancer la technologie ..
La difficulté de l'interception vient essentiellement de la vitesse de l'arme à intercepterContrairement à ce qui est souvent dit, les intercepteurs ne sont pas liés à la zone défendue (théâtre ou territoire), mais à la nature de la menace, et en particulier à la vitesse de rentrée de cette menace (Extrait de la page 64 du rapport du Sénat déjà cité).. À cette vitesse, est lié obligatoirement un parcours dans l'espace plus ou moins prononcé (cf.missile balistique, trajectoire elliptique). vignette|Maturité. On distingue ainsiEncyclopédie des sous marins français, Rédaction collective sous la direction de Thierry d'Arbonneau, Tome 6, Éditions SPE Barthélémy, 2013, . Cet ouvrage traite de la défense anti-missiles balistiques dans les pages 244 à 251. : Les armes des missiles balistiques de première génération qui, soit ne s'en séparent pas (Scud…) soit s'en séparent (génération qui suit), mais ne leur donnent pas une vitesse très grande. Elles peuvent accroître leur portée en utilisant l'atmosphère par un rebond (qui modifie la trajectoire ibd. ), ce que faisait le français Hadès et fait le SS26 Iskander russe. Ce qui les caractérise toutes, c'est bien d'arriver sur leur cible dans l'atmosphère à une vitesse de l'ordre ou un peu supérieure celle des avions de combat les plus rapides. (armes des Scud, des No-Dong et des premiers missiles balistiques à deux étages…) ; Les armes des missiles balistiques des dernières générations, extrêmement rapides, qui arrivent sur leurs cibles telles des étoiles filantes. Ce qui les caractérise, c'est un temps de parcours dans l'espace très important ; Les armes des missiles balistiques de portées et de vitesses intermédiaires. Ce qui les caractérise, c'est un parcours spatial qui n'est pas important et une vitesse trop grande à l'arrivée pour être traitées comme des avions.
Différentes modalités d'interception A. Endo-atmosphérique L'intercepteur des armes lentes () est un missile de défense anti aérienne initialement prévu pour la destruction des avions (Patriot, SM3 de base, SAMP/T)Rapport d'information du Sénat fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur la défense antimissile balistique. Session extraordinaire 2010-2011. Enregistré à la Présidence du Sénat le 6 juillet 2011. et 200. dont il convient quand même de développer des versions plus performantes dérivées de la défense antiaérienne ibd. . On parle alors de « défense aérienne élargie » ibd. et d'interception « atmosphérique » ou « endo-atmosphérique », c'est-à-dire dans les deux cas : dans l'atmosphère.
Les missiles (tactiques) intercepteurs utilisent l'air pour se mouvoir. Fortement améliorés pour traiter des armes assaillantes plus petites et un peu plus rapides que les avions, ils deviennent alors redoutables pour ces derniers (le russe S-400 Triumph par exemple).
Les armes lentes ont une portée maximum de quelques centaines de kilomètres. Elles sont donc utilisées contre des cibles proches du point de lancement ou, surtout, contre des troupes au sol dans un théâtre d'opération qui, lui aussi, leur est proche. C'est ce qui a fait appeler les missiles anti-balistiques chargés de les intercepter : « missiles de théâtre » ibd. .
B. Exo-atmosphérique vignette|Portées Les armes très rapides (6 à ) ont une portée minimum de l'ordre de 500 à et maximum de . Elles peuvent aller très loin mais, aussi très prèsEn effet un théâtre comme un territoire peuvent être agressés par des missiles balistiques de vitesses très variées, y compris des missiles à haute vitesse tirés à portée très inférieure à leur portée maximale, mais conservant à la rentrée leur vitesse initiale (Extrait de la page 64 du rapport du Sénat déjà cité). et être donc lancées quasiment aux mêmes faibles portées que les armes lentes. Ils peuvent ainsi avoir pour cible un très grand territoire où, dans tous les cas, leur vitesse d'arrivée (autour de Mach 8) les rend imparables.
Ce qui les caractérise, c'est d'avoir un très long parcours prévisible ibd. dans l'espace au cours duquel on peut les intercepter. L'intercepteur est un objet assez complexe, dit « Kill Vehicle » (KV). Il intercepte dans l'espace, sur le parcours spatial de l'arme en étant lancé par un missile balistique sur une trajectoire définie par le système d'alerte et d'interception spatiale. On parle de « défense de territoire » et d'interception « exo-atmosphérique », c'est-à-dire : dans l'espace, très loin de l'atmosphère.
C. Haut endo-atmosphérique
Les armes de la troisième catégorie, ni lentes ni très rapides () posent un problème particulier. Leur trajet dans l'espace est trop court pour y être interceptées, mais leur vitesse d'arrivée interdit de les traiter par un missile de défense aérienne élargie. L'intercepteur est un missile proche du missile balistique parce que extrêmement véloce tout au long de son parcours assez long (plusieurs dizaines de kilomètres) qui intercepte lui-même au moyen d'une détection infrarouge propre à l'interception spatiale. Ce sont ces conditions d'emploi dans l'espace alors qu'il reste encore de l'air d'une atmosphère raréfiée qui font parler d'interception « haut endo atmosphérique » c'est-à-dire : dans la partie finale de l'atmosphère. À la fin de l'atmosphère et début de l'espace alors qu'il reste encore des molécules d'air significatives qui compliquent la détection infrarouge (voir plus loin : détection infrarouge).
D. Cas particulier de l'emploi d'armes nucléaires
Tant que la technologie n'a pas permis la réalisation de satellites de surveillance (avec leur détection infrarouge) et d'énormes radars (avec leur capacité de trajectographie lointaine d'objets très petits), seuls des tirs nucléaires peuvent détruire les armes nucléaires balistiques assaillantes.
Américains et russes, seuls à pouvoir se doter de telles capacités, sont convenus par le traité ABM de 1972 d'en limiter l'implantation à deux sites.
Les américains ont construit des intercepteurs tels les Sprint (armement), LIM-49A Spartan, MIM-14 Nike-Hercules dotés d'armes nucléaires, certaines privilégiant l'émission de neutrons pour détruire les composants électroniques des armes nucléaires assaillantes et en interdire l'explosion. Pour autant ils en ont abandonné le principe, même si le traité ABM le leur permettait. Le premier et le seul système qu'ils ont déployé (à Grand Forks dans le Dakota du Nord) a été fermé par décision du Congrès six mois après sa mise en serviceLe duel États-Unis-URSS dans l'Espace. Jean-Pierre Clerc et Paul Iorcète, Autrement Éditions, 1986 .
Les russes aujourd'hui conservent une défense de Moscou par armes nucléaires qui ont succédé à leur Galosh initial.
La dénonciation par les américains du traité ABM en 2002 est due à leur supériorité technologique à ce moment-là. Elle résulte des travaux lancés par l'Initiative de défense stratégique. Ils commençaient à disposer des moyens (satellites, radars, moyens de calcul temps réel) qui leur permettaient de réaliser et de positionner dans le monde là où cela leur était utile les effecteurs (désormais non nucléaires) à venir (SM3 blockII B, THAAD, GBI), ce que le traité ABM leur aurait interdit. Bien d'autres raisons ont été aussi avancéeslesechos.fr.
Différentes façons d'intercepter
A. Dans l'atmosphère L'interception dans l'atmosphère est commune à tous les missiles anti-aériens. Elle est connue et n'est pas décrite ici.
B. Dans l'espace
Le détecteur infrarouge est le moyen privilégié pour repérer une arme assaillante dans l'espace. Dans l'espace, le fond du ciel est froidC'est la découverte faite en 1965 du rayonnement à par Penzias et Wilson, prix Nobel . L'arme assaillante a été chauffée pendant le parcours propulsé sous l'effet de la résistance de l'air. Elle est facilement détectable sur fond de ciel froid en infrarouge.
Un détecteur infrarouge nécessite un très fort refroidissement. Le milieu spatial lui est favorable parce que très froid, ce qui nécessite moins d'efforts pour refroidir. Par ailleurs, dans l'espace, les trajectoires (cf. missile balistique) sont mathématiquement déterminéesRapport du Sénat déjà cité, . La connaissance du début de la trajectoire de l'arme suffit pour déterminer où cette arme va se trouver ensuite, tout au long de son parcours à venirLa sonde Rosetta, par exemple, a été placée en 2004 sur une trajectoire calculée pour lui faire rencontrer une comète dont la trajectoire est connue... en 2014, soit après. Encyclopédie des sous-marins français, Tome 6, et l'intercepter. Mais attention : les vitesses sont très importantes. La vitesse de rapprochement de l'armeRapport du Sénat déjà cité (qui va à environ ) et de l'intercepteur qui va environ à la même vitesse est de l'ordre de 10 (14 au plus) km/s soit en un dixième de milliseconde. vignette|Kill Vehicle.