Le régiment de Limousin, également appelé régiment de LimosinNommé Limosin avant 1754, est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1635 sous le nom de régiment de Calvisson devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Calvisson : renommé régiment de Montpezat : renommé régiment de Limousin, au nom de cette province : devient le d'infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp Régiment de Calvisson : N. de Louet, marquis de Calvisson Maison deLouet, Louvetde Nogaret de Calvisson Régiment de Montpezat : Jean François de Trémollet de Buccelli, baron puis marquis de MontpezatJean François de Trémollet de Buccelli, marquis de Montpezat; capitaine au corps à la création, fut fait lieutenant-colonel le , mestre de camp le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Jean François de Trémollet de Buccelli, marquis de Monpezatfils du précédent, † au siège de Luxembourg Histoire de la noblesse du Comté-Venaissin, d'Avignon, et de la principauté page 589 Régiment de Limousin : Louis de La Palud, comte de Meilly, puis comte de BouligneuxLouis de La Palud, comte de Meilly, puis comte de Bouligneux en 1693, brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : N. du Bois, marquis de Givry : Nicolas Léon Phelippes de La HoussayeNicolas Léon Phelippes de La Houssaye fut fait brigadier le , maréchal de camp 20 février 1734, et lieutenant-général . : Louis Jules Barbon Mancini Mazzarini, duc de NivernaisLouis Jules Barbon Mancini Mazzarini, duc de Nivernaisbrigadier le , † : Anne Louis Alexandre de Montmorency, prince de Robecque : Joseph Roger de Verdusant, marquis de Miran : Anne Louis Alexandre de Montmorency, marquis de Robecq : Louis Étienne François, comte de Damas-CruxLouis Étienne François, comte de Damas-Crux † : Louis Gabriel Bruyères, vicomte de Chalabre : François Henri, comte de Virieu : Joseph de Buonavita : Jean-Christophe Louis Frédéric Ignace de Closen
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment de Calvisson (1635-1638) Ce régiment fut levé par le marquis de Calvisson, qui en eut commission le . Le marquis de Calvisson avait déjà levé un régiment d'hommes de pied en 1622. Il demeure bien entendu que le corps de 1635 prétendait être la continuation de celui de 1622.
Guerre franco-espagnole et guerre de Trente Ans Le régiment de Calvisson fit sa première campagne en Italie dès l'année 1635 au début de la guerre franco-espagnole, durant la guerre de Trente Ans. Il prit part au siège de ValenzaSiége de Valenza sur le Pô de 1635 [estampe], à la prise de Candia et à celle du château de Sartirane.
Le , il montra une grande bravoure au () , et mérita d'être cité parmi les corps qui se distinguèrent le plus.
En 1637, le régiment contribua à la défense d'Asti, et se fit encore remarquer, à côté du régiment de Lyonnais, au combat de Montebaldone livré aux troupes du duc de Modène.
En 1638, il marcha au secours de Brema et de Verceil, et il prit le nom de régiment de Montpezat du nom de son maréchal de camp.
Régiment de Montpezat (1638-1684)
Guerre de Trente Ans et Guerre franco-espagnole En 1639 Louis de Nogaret de La Valette : Années 1638 & 1639, on trouve le régiment à l'attaque des retranchements de Cencio, au secours de Casal, à la reprise de Chivasso et au combat de la route de Quiers. Au mois de décembre, pendant qu'il se rendait de Coni à Cherasco, il fut attaqué par trois compagnies de carabins du cardinal de Savoie et les tailla en pièces.
En , le régiment de Montpezat se distingue à l'affaire de Cherasco. Il se rend ensuite au siège de Turin. Il ne prend aucune part à la journée du , où les Espagnols attaquent nos lignes; mais, le , l'ennemi s'étant emparé par surprise de la redoute de la Roquette, le régiment, qui était de garde à la tranchée, accourt et le chasse après un vigoureux combat.
Le corps montre la même valeur, en 1641, au siège d'Ivrée, à la levée du siège de Chivasso et à la prise de Coni, et termine cette campagne par l'attaque du château de Demonte.
En , il est au siège du château de Tortone, qui capitule le 25, au moment où il allait monter à l'assaut avec les régiments de Nérestang et de Villandry.
En 1643,le régiment de Montpezat assiège Trino, et se couvre de gloire à l'assaut de la demi-lune, le .
Le , le régiment investit pour la seconde fois le château de Sartirane qui capitule immédiatement. Il se rend de là au siège de Santia, où, le , il repousse énergiquement une sortie.
En 1645, le régiment de Montpezat était passé à l'armée de Catalogne. Il fit sur cette frontière le siège de Balaguer, et se distingua, le , en battant avec Champagne un secours qui voulait entrer dans la place. Retourné en Piémont à la fin de ce même mois, il contribua à la prise de la Rocca de Vigevano, et se trouva, le , au combat du passage de la Mora.
Au mois de , il fit partie du corps d'armée qui s'embarqua avec le maréchal du Plessis-Praslin pour l'expédition dirigée contre les présides d'Italie. Il contribua ainsi, le , à la prise de Piombino, et peu après au siège de Portolongone, dans l'île d'Elbe. Après sa prise, au mois de novembre, le régiment se rembarqua et fut dirigé sur la Catalogne, où il servit au long siège de Lérida.
Il revint en Italie à la fin de 1647, et il retourna, en 1648, en Catalogne, pour le Siège de Tortose (1648).
Il demeura encore en Espagne pendant la campagne de 1649, après laquelle il se rendit à Casal, dans le Montferrat, où il devait rester en garnison.
Les troubles de la province de Guyenne le firent rappeler en France en . Il servit, pendant cette campagne et une partie de la suivante, contre les mécontents, et il était de retour en Piémont en . Il fut alors placé sous les ordres du prince Thomas de Savoie.
En 1653, il fut appelé en Roussillon, et il contribua, le , à la prise de Castillon, où il resta en garnison jusqu'au mois de septembre. Renvoyé de nouveau à l'armée d'Italie, il se trouva, peu de jours après son arrivée, le , au combat de la Roquette, sur les rives du Tanaro, puis à la prise de Carpignano. Enfin, il eut ses quartiers d'hiver à Crescentino, où il resta pendant toute la campagne suivante.
En 1655, le régiment, dont le mestre de camp servait en Flandre, demeura inactif dans les garnisons du Piémont.
On le trouve l'année suivante au siège de Valenza, où, le , il rivalise de bravoure avec Auvergne pour repousser une sortie que firent les assiégés au moment même où l'armée espagnole attaquait nos lignes.
En 1658, il fait le siège de Mortara, et il y ouvre la tranchée, le , avec Normandie, à l'attaque de gauche.
Période de paix En 1659, après le traité des Pyrénées, le régiment de Montpezat repassa les Alpes, et vint s'établir dans le Languedoc.
Il fit partie, en 1662, de l'expédition dirigée contre les révoltés du Boulonnais, et, son colonel, le marquis de Montpezat, ayant été pourvu du gouvernement d'Arras, il y fut mis en garnison et y resta jusqu'en 1669.
Guerre de Candie Cette année, dans le cadre de la guerre de Candie il fut désigné pour passer dans l'île de Candie. Il s'embarqua à Toulon le , arriva le 22 à Candie, et le 25 il se fit remarquer par sa bravoure dans la grande sortie de la garnison de cette place. Revenu en France au mois de septembre, le régiment retourna à Arras et demeura à la garde de cette place importante pendant les deux premières années de la guerre de Hollande.
Guerre de Hollande En 1674, le vieux marquis de Montpezat se démit du régiment en faveur de son fils Jean François de Trémollet de Buccelli. Le nouveau colonel conduisit le corps à l'armée, et se fit remarquer, au mois de mai, à la tête de ses grenadiers, au siège du fort de Navagne, près de Maastricht. Quelques mois plus tard, il combattait à Seneffe.
Le régiment de Montpezat continua de servir en Flandre en 1675, et se distingua, au mois d'octobre, dans un combat livré sur les bords de l'Escaut, près de Weler.
En , il fit partie de l'expédition que le maréchal d'Humières conduisit dans le riche pays de Waes. Le régiment se fit encore remarquer à l'escarmouche du pont de Locker et à la poursuite des Espagnols, qui ne se rallièrent que sous le canon de Termonde. Quelques jours après, il rejoignait l'armée du roi et assistait à la prise de Condé. Le régiment de Montpezat fit encore cette année les sièges de Bouchain et d'Aire.
Il servit, en 1677, sur la Meuse, entre Charleroi et Stenay.
En 1678, il fit les sièges de Gand et d'Ypres, et se trouva à la bataille de Saint-Denis. La paix de Nimègue ramena le régiment à Arras.
Guerre des Réunions En 1684, durant la guerre des Réunions, le régiment fit partie, de l'armée du roi qui couvrait les opérations du siège de Luxembourg. Le colonel de Montpezat servit en volontaire à ce siège, et y fut tué le d'un coup de mousquet. Ce fut alors, et par brevet du , que le régiment prit le titre de la province de Limousin, qu'il a toujours conservé depuis.
Régiment de Limousin (1684-1791)
Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1688, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le régiment de Limousin fait le siège de Philippsburg. Il se distingue à l'attaque du , en s'emparant de deux corps de garde palissadés. Il contribue ensuite à la prise de Mannheim et de Frankenthal.
L'année suivante, il sert en Allemagne sous le maréchal de Duras.
En 1690, il fait partie de l'armée de la Moselle, commandée par le marquis de Boufflers. Il joint au mois de juin l'armée du maréchal de Luxembourg, et combat à Fleurus . Porté à deux bataillons en 1691, il se rend en Piémont, coopère à la soumission des ville et château de Villefranche, de mont Alban, de Saint-Ospizio (Sant'Ospizio), de Nice, de Veillane, de Carmagnola, et il fait le siège de Montmélian.
Revenu en Flandre en 1692, il prend part aux opérations du siège de Namur, combat à Steinkerque et se trouve au bombardement de Charleroi.
En 1693, le régiment passe à l'armée du Rhin, où il occupe, dans l'ordre de bataille, l'extrême gauche de la .
L'année suivante, on le retrouve en Piémont. La campagne se passe sur la défensive, et, au mois de novembre, Limousin est mis en garnison à Pignerol, où il demeure jusqu'en 1696. Il est appelé cette année au siège de Valenza Siège de Valence par le Duc de Savoie : [estampe Montalègre. Graveur] et y partage les travaux d'Auvergne jusqu'au moment où la déclaration de la neutralité de la Savoie amène, en août, la levée de ce siège par la signature du Traité de Turin avec le duc de Savoie.
Période de paix et Succession d'Espagne Rentré peu après en France, après le traité de Ryswick, il fait la campagne de 1697, sur la Meuse, avec le maréchal de Boufflers.
À la fin de l'année 1700, dans le cadre de la Succession d'Espagne, Limousin se mit en route pour l'Italie.
Guerre de Succession d'Espagne Il servit, en 1701, dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne, sous les ordres des maréchaux de Catinat et de Villeroy, et se trouva aux combats de Carpi et de Chiari. Le régiment fut ensuite jeté dans Mantoue, et il eut de nombreuses occasions de se distinguer pendant le long blocus de cette place.
Le régiment de Limousin, débloqué le , quitta Mantoue pour rejoindre l'armée, et se trouva aux combats de Santa-Vittoria et de Luzzara. Le régiment de Limousin coopérait ensuite à la prise de Guastalla et de Borgoforte.
En 1703, il fit d'abord partie du corps placé sous les ordres du prince de Vaudémont, gouverneur du Milanais, pour le roi d'Espagne, et partagea les travaux de Normandie au blocus de la forteresse de Bersello à Modène. Il rallia, le , l'armée de Vendôme, et fit avec ce général l'expédition du Tyrol.
Après avoir hiverné dans le Montferrat, il servit, en 1704, aux sièges de Verceil et d'Ivrée, et commença celui de Verrue, qui se prolongea jusqu'au printemps de 1705 Plan de Verrue, attaquée par l'armée du roy commandée par le duc de Vendosme.