Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville, dit le Chevalier de Fréminville ( à Ivry-sur-Seine - à Brest), est un officier de marine, savant, archéologue et écrivain français. Capitaine des frégates du roi, il est fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de celui de l'ordre du Christ de Portugal. Il est par ailleurs membre des sociétés de philomathique et d'histoire naturelle de Paris.
Biographie Christophe-Paulin de Fréminville appartient, par son père et par sa mère, à deux familles d'ingénieurs : il est le fils aîné d'Élisabeth Théodore de la Poix de Fréminville, ingénieur dans les Ponts et Chaussées au Havre de Grâce, et de Marie Adélaïde de Chezy (fille d'Antoine Chézy)Archives départementales du Val-de-Marne, 1MI 150, registre d'Ivry-sur-Seine 1781-1790, vue 119/190 : son parrain est Christophe de la Poixd e Freminville, écuyer, trésorier général de l'hôtel royal des Invalides son grand oncle paternel, sa marraine Marie Barbe Pollin épouse d'Antoine Chezy ingénieur en chef, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées, grand-mère maternelle..
Il commence sa carrière maritime en 1801, alors âgé de quatorze ans, comme aide de camp amateur de La Touche-Tréville. Il se distingue sur la canonnière l’Etna, lors de la seconde attaque de Boulogne par Nelson. Il participe à l'expédition de Saint-Domingue, d'abord comme novice à bord de l’Intrépide, puis sur la Valeureuse. Il revient en France à bord du Swiftsure, qui ramène le corps du général Leclerc, l'époux de Pauline Bonaparte.
De retour en janvier 1803, il est promu enseigne. La même année, il est blessé dans un combat entre sa canonnière et une frégate britannique.
En 1806, sur la Sirène commandée par le capitaine Le DucPierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, , il fait partie de la division des frégates envoyées dans les mers voisines du pôle boréal pour détruire les baleiniers anglais. Pendant la campagne, il remplit la triple fonction de major des signaux, adjudant de la division et hydrographe. Après avoir relevé l'île d'Enckuysen64° 54' N-12° 48' W dans : Voyage fait en 1806 au Pôle boréal, sur la frégate La Syrène, avec une Notice physique et géographique sur l'île d'Islande, Chevalier de La Poix de Fréminville, in Annales maritimes et coloniales année 1819, II partie, Notice , pages 541-542 par Louis-Marie Bajot, Imprimerie royale, Paris, 1819Selon Bruzen de La Martinière, l'île d'Enckuysen aurait été découverte par les Hollandais. Bellin la situe par 65° N, 12° W sur ses cartes de 1751 et 1767. Elle est supprimée sur la carte publiée en 1854 par le dépôt général des cartes et plans de la marine., l'expédition pousse jusqu'à de la pointe sud du Spitzberg, sans pouvoir y aborder. Après avoir fait quelques prises, elle revient vers l'Islande, où Fréminville détermina avec soin plusieurs points du littoral, puis croise en Irlande. La Sirène et une autre des frégates reviennent en France en septembre 1807.
Fréminville est promu lieutenant de vaisseau en 1811. Il s'installe à Brest à partir de 1815, ville qu'il habite jusqu'à la fin de ses jours. De 1818 à 1827, il navigue successivement sur le Rhône, la Néréide, la Bonite et l’Adour, dans la Baltique, à la côte occidentale d'Afrique et aux deux Amériques, recueillant partout des observations, soit d'archéologie, soit d'histoire naturelle, et demandant en vain le commandement d'une expédition de découvertes autour du monde. En 1829, on le chargea seulement d'expérimenter le loch Bouguer qu'il condamne. En 1827, il est promu capitaine de frégate.
Royaliste de cœur, il accueille la Restauration avec joie et lors de la Révolution de Juillet, il essaye de relever le drapeau blanc dans les Côtes-du-Nord.
Admis à la retraite l'année suivante, il se consacre exclusivement à ses travaux d'histoire naturelle et d'archéologie jusqu'à sa mort, survenue à Brest à l’âge de 60 ans, le 12 janvier 1848E. Herpin, Mémoires du chevalier de Fréminville (1787-1848). – Recension dans Annales de Bretagne, 1913, .Prosper Levot, Alfred Doneaud, Les Gloires maritimes de la France.
Amateur d'archéologie Disciple de Cambry, il est membre depuis 1810 de l'Académie celtique, laquelle académie devient Société royale des Antiquaires de France sous sa présidence en 1816. Installé à Brest et membre de l'association du « Temple », se voulant la « continuatrice » de l'ordre des Templiers, il fonde les études archéologiques en Basse-Bretagne, publiant notamment un Cours d'études des Antiquités nationales et Les Antiquités du Finistère. Il relate ses multiples excursions archéologiques dans les départements du Finistère, des Côtes d'Armor et du Morbihan dans les Antiquités de la Bretagne entre 1827 et 1844. Comme ses contemporains, il considère les monuments mégalithiques comme des monuments celtiques et voit dans les dolmens des temples grossiers pour les druides.
Amateur de travestissement Après le suicide, en 1822, de Caroline, son unique amour rencontrée aux Saintes, il prend l'habitude de s'habiller en femme, au début avec les toilettes de sa belle disparue, puis en véritable femme du monde. Il publie un Essai sur l'influence du costume féminin qu'il signe sous le pseudonyme de « Caroline de L. ».
Dans ses Mémoires, parues en 1913, il raconte ses amours avec la Créole Caroline C., évoque la révolte des esclaves de Saint-Domingue et leur génocide par Leclerc, parle de la traite des Noirs, de la fièvre jaune, etc.
En raison de son goût pour le travestissement en costume féminin, ce qui fait sensation à Brest, il est aussi connu sous les noms de « Mademoiselle Pauline » et « La chevalière »Ouest France, 28 juin 2025..
Ouvrages
Bibliographie
Eugène Herpin, Mémoires du chevalier de Fréminville (1787-1848), capitaine des frégates du roi, 233 pages, Champion, 1913, réédition La Découvrance 2006, Jean Merrien, Un certain chevalier de Fréminville 1787 1848, Éditions maritimes et d'outre-mer, 1970 Annie Chassing-Burette, « La vérité travestie du chevalier de Fréminville », dans Bulletin de la société archéologique du Finistère, n° CXLII, Quimper, Société archéologique du Finistère, 2014, 199-224Bulletin de la société archéologique du Finistère, n° CXLII.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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