Le Retour des Tigres Volants est la vingt-sixième histoire de la série Les Aventures de Buck Danny de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon. Elle est publiée pour la première fois dans le journal Spirou du au . Puis est publiée sous forme d'album en 1962.
Résumé Buck Danny et ses acolytes (Tumbler, Tuckson et Holden) ainsi que les autres pilotes de l'Escadrille ZZ sont embarqués sur le porte-avions opérant dans le Pacifique est, afin d'achever la mise au point des nouveaux avions de combat "FX-13". Cette mission est d'emblée changée pour un déploiement en mer de Chine méridionale, en vue de faire face à la possible déstabilisation d'un petit État du sud-est asiatique, allié des États-Unis, pouvant constituer une menace pour la paix du monde.Parmi les indices suscitant l'inquiétude, figure celui de l'achat d'armes ultramodernes, et celui de leur acheminement occulte vers cette partie du monde. L'inventaire de ces armements comprend des avions de combat ("d'un modèle récent").Constitution d'une force aérienne pour un pays hostile, ou d'une force mercenaire à visées terroristes ? Telle est la question d'importance internationale à laquelle devra répondre la mission confiée au groupe aéronaval du Saratoga.
L'histoire débute par un accident d'appontage de Tumbler, ainsi que par des facéties (absurdes ?) signées Sonny (évidemment), avant de se poursuivre à Manille (Philippines) par l'analyse de la situation, à l'ambassade ; puis, sur le terrain d'action normal des pilotes, c'est-à-dire dans les airs. Buck Danny déploie des patrouilles de F3H Demon à la recherche d'avions et de navires susceptibles d'acheminer à destination les pilotes mercenaires et leurs appareils de combat. Un avion de transport est repéré en vol vers les Îles Paracels au sud d'Haïnan. Le Saratoga se déroute vers cet archipel, mais les vols de reconnaissances américains n'y observent pas de piste d'atterrissage.
C'est alors que Bert, un ancien de la Seconde Guerre mondiale se souvient d'une piste aménagée par les Japonais sur l'ile de "Niang-Ngaï". Pour en avoir le cœur net, Buck embarque Bert sur un F4H-1. Arrivé sur place, le biplace atterrit sans difficulté sur la piste en dur dont se souvenait Bert, mais cachée par une couverture de sable. Buck et Bert sont alors visés et attaqués à l'arme lourde par les mercenaires occupant l'île ; Bert est tué dans l'engagement et Buck redécolle en urgence bien que son avion soit endommagé. Restés jusque-là en attente avec leurs F9F Cougar, en altitude au dessus de l'île, et inquiets de ne pas avoir de nouvelles de Buck, Sonny et Tumbler percent la couche de nuage et constatent le départ en cours de l'île, d'une vingtaine de jets et d'un sous-marin, suivie par la destruction de la base ennemie. Cependant ils sont toujours sans nouvelle et sans contact avec Buck, dont la radio est hors service.
Deux jours plus tard, toujours sans nouvelle de Buck, les recherches sont abandonnées car un coup d'état s'est produit au nord du Laos, au Viet-Tân, seul pays ayant des gisements de Styrium, fomenté par le prince Praha Bang, appuyé par les jets mercenaires de "Niang-Ngaï".
Il est donc décidé de contrecarrer cette rébellion au moyen de la reconstitution de l'ancien groupe aérien "privé", les "Tigres volants", qui se mettra alors au service du roi légitime du Viet-Tân, Sidong Sihanoukh. En attendant, une ultime tentative de retrouver Buck est accordée à Tumbler et à Tuckson, qui effectuent un dernier vol de recherche, lequel sera couronné d'un succès inespéré.…
Contexte historique
Les essais et évaluations à la mer du Vigilante, avion embarqué ayant inspiré le "FX-13" fictif, ont effectivement été menés en , à bord du porte-avions Saratoga ; au moment même où commençait la parution hebdomadaire de l'épisode dans Spirou. Mais ce porte-avions était alors déployé non pas dans le Pacifique (comme dans l'aventure) mais dans l'Atlantique ouest.
Personnages Autorités américaines Outre les acteurs habituels de la série (Buck Danny, Jerry Tumbler, Sonny Tuckson, Slim Holden) apparaissent : l'amiral (anonyme) ayant sa marque sur le porte-avions ; l'ambassadeur des États-Unis aux Philippines ; Donald B. Taxery, chef du réseau sud-est asiatique de l'OSS (sic) ; un capitaine de vaisseau, en tenue de sortie (blanc complet) - et portant lunettes - est également présent dans cette séquencede la planche T.V.24A, cases A1 à B3., mais ne prend pas la parole au cours de la "conférence secrète" tenue d'urgence à bord du porte-avions ; un autre capitaine de vaisseau est présent, planche T.V.24A, cases A1 à B3 ; demeurant anonyme, mais intervenant activement dans la "conférence secrète urgente", il est vraisemblable que cet officier soit le commandant du Saratoga.Pour la première fois depuis son retour dans l'aéronautique navaleépisode : Un avion n'est pas rentré. Buck Danny rencontre à bord d'un porte-avions un officier d'un rang intermédiaire entre l'amiral et lui, et le coiffant donc hiérarchiquement ; un autre capitaine de vaisseau, portant un calotCalot Chino, ou Garrison Cap mle US Navy/US Marines Corp, apparaît à la planche T.V.30, cases B1 et D2 ; il pourrait s'agir du même commandant du porte-avions, bien que sa physionomie ne lui soit pas identique et que son rôle dans cette séquence soit totalement effacé ; le capitaine de frégate Forsterplanche T.V.15B, case D1 ; le nom de Forster est similaire (à une lettre près) à celui du véritable (et authentique) commandant du Saratoga à l'époque de la publication de l'épisode (1960) : Allan Foster Fleming., probablement chef Opérations (ou bien officier renseignement ?) du porte-avions ; le lieutenant de vaisseau "Bert" N., ancien mitrailleur sur Helldiver, notamment déployé sur le porte-avions en 1943.
Royaume du Viet-Tân (seulement cités dans les dialogues) Sidong-Sihanoukh, roi du Viet-Tân ; Prince Praha-Bang, neveu du roi du Viet-Tân ;
Mercenaires Diamond Harrisson : ancien pilote de l'USAF, as du manche mais tête brûlée ; déserteur en 1953 ; Kovács ou , pilote de guerre hongrois ou yougoslave (croate) ; Horst, pilote de guerre germanique (de la Luftwaffe ou bien allemand de l'Est) ; Hirito, ancien pilote japonais ; Gutierrez, pilote espagnol (non dessiné, seulement cité) cités : deux pilotes, non nommés, soi-disant tchèques ; possiblement Horst et Kovács ? aperçu en ombre chinoise : le chef des pilotes : "une femme", sans autre précision ; son identité sera révélée au cours de l'épisode suivant.
Relation sentimentale Maeva N., ancienne fiancée de Sonny Tuckson (époque Guerre du Pacifique) ; ce dernier se souvenait d'elle comme charmante, merveilleuse, douce, réservée, timide et belle comme l'aurore. Les quinze années écoulées depuis l'ont cependant quelque peu transformée.
Avions
Chance Vought F8U-2 Crusader (avec tube de Pitot prolongé et autres capteurs, comme les exemplaires de présérie) Sikorsky HO3S-1 Douglas A3D-2 Skywarrior (planche T.V.11A, case A1) Douglas A4D-5 Skyhawk (planche T.V.11A, case B2) McDonnell F3H-2 Demon Convair 440 Metropolitan Grumman F9F Cougar McDonnell F4H-1 Phantom II
Bateaux
Outre le porte-avions Saratoga (apparemment sans escorteurs), sont représentés : deux jonques ; un petit vapeur, le S.S. Hong-Kong ; le submersible des mercenaires, étroitement inspiré des sous-marins britanniques de la classe "T" de 1937-1943.
Cinématique et navigation Du large de la Californie vers le sud-est asiatique Dès le début de l'aventure, tandis qu'il procède au large de la Californie à des tests de mise au point des nouveaux "FX-13", le Saratoga est mis en route vers l'Asie du sud-est, sans plus de précision. La route la plus directe (orthodromique) fait prendre un cap initial compris entre le 270 et le 300. La distance à parcourir est de l'ordre de 6500 milles soit, à 24 nœuds de vitesse de croisière, environ douze jours de traversée.
De San Diego vers les Philippines Le Crusader ne disposait que de moyens de navigation sommaires. Pour connaître sa position à partir de la distance parcourue lors de vols sans visibilité (V.S.V.) il devait utiliser le cap, la vitesse et le chronomètre. C’est pourquoi, pour rejoindre sa cible (Bogey) lors des interceptions, il était pratiquement toujours pris en « contrôle serré » (Override).Tumbler a donc réussi une prouesse en ralliant le porte-avions à partir de la terre, par mauvais temps et avec visibilité réduite.Lors de sa prise de contact radio avec lui, le contrôleur le localise au radar dans le 320 (azimut) à 56 nautiques du Saratoga. Puisqu'il venait du continent (San Diego, Ca probablement) il devait voler cap à l'ouest (entre le 270 le 300) tout comme le porte-avions ; Tumb précise qu'il a volé vent debout depuis le départ, donc le vent dominant est du ~270/300. Sans s'en apercevoir (faute de moyen adéquat) ni avoir été détecté par les radars de veille air du PA (carence de l'attention ?) il avait en fait dépassé le Saratoga (par sa droite ; ou bien par son nord, si le PA faisait route plein ouest). Or, au lieu de lui demander d'infléchir sa route vers le sud-est pour se rapprocher du porte-avions (avec un cap voisin du 140) le contrôleur lui ordonne de prendre le cap 024, ce qui va l'éloigner davantage du Saratoga.Pourtant, quelques minutes plus tard, Tumb n'est plus qu'à 30/25 nautiques du porte-avions. Le plafond est très bas (300 pieds !) et peu après, à 10 nautiques de distance, Tumb réduit son altitude et perce dans l'azimut 010 du PA, tout en étant "dans l'axe" de la piste ; le porte-avions et le Crusader font donc cap au 190/200, et sont « dans le lit du vent » local (qui n'est plus celui qu'a rencontré Tumb pendant son ralliement - ~270/300~).Dans la vraie climatologie de juillet, les vents dominants au large de la Californie sont plutôt du secteur nord.
Orthodromie ou loxodromie ? La route orthodromique vers la mer de Chine méridionale (6 250 nautiques) est un peu plus courte que la loxodromique (6 650 nautiques). Elle peut donc faire gagner une vingtaine d'heures. Mais elle est aussi plus septentrionale, côtoyant le 46ème parallèle nord ; donc soumise à davantage de perturbations météorologiques. On comprend donc l'option de route "sud-ouest" (en réalité cap au ~265°) choisi, et décrit par les auteurs (planche T.V.10B, case C1), qui énumèrent précisément les archipels longés, Hawaï, Wake, Marcus et les Mariannes. Ce choix de viser directement le 20ème parallèle nord, permet, au terme de la traversée, d'entrer dans la mer de Chine méridionale en contournant Luçon par le nord.
La croisière s'amuse ? Ou bien la croisière s'ennuie ? Ou encore la croisière énerve les équipages ?Les planches 10 à 13 du récit pourraient laisser penser que la (longue) traversée du Saratoga se déroule dans l'oisiveté. Et que les équipages en auraient été "énervés" (planche T.V.13B, case D2). Dans la réalité de l'activité d'un porte-avions, il ne peut en être ainsi. Même sans activité opérationnelle intense, un porte-avions se doit de maintenir le niveau optimal de qualification de son aviation embarquée, et celui de tous les services du bord. Pour ce faire, l'activité aéronautique reste soutenue, en effectuant le nombre minimal requis, de vols, d'heures de vol, de catapultages, et surtout d'appontages.Même de routine, une traversée d'un bâtiment de combat, et à plus forte raison d'un porte-avions, n'a jamais un caractère d'oisiveté. Tout au plus les équipages du Saratoga auraient pu en être fatigués ; mais deux ou trois semaines de mer (voire plus) ne constituent pas une épreuve excessive, et correspondent à la norme couramment admise des déploiements opérationnels des CVBG de l'US Navy, d'environ six mois hors du port-base.
Perspective et lune Perspective