La forêt de Paimpont (en breton : Breselien ou Koed Pempont), appelée forêt de Brécilien jusqu'au , souvent identifiée à Brocéliande, forêt mythique et enchantée de la légende arthurienne, est située autour de Paimpont dans le département d'Ille-et-Vilaine en Bretagne, à environ au sud-ouest de Rennes. D'une surface de , elle fait partie d'un massif forestier plus large qui couvre le département voisin du Morbihan (avec le camp militaire de Coëtquidan) pour s'étendre sur une surface totale de environ.

Géographie Situation vignette|Carte de la commune de Paimpont. La forêt occupe principalement le territoire de la commune de Paimpont, mais s'étend sur des communes limitrophes, principalement Guer et Beignon au sud, Saint-Péran au nord-est et Concoret au nord. Les hectares de bois qui entourent Paimpont sont les restes d'une futaie plus dense et beaucoup plus étendue. Du point culminant à de la partie occidentale appelée haute forêt. L'altitude diminue régulièrement en offrant des points de vue vers le département du Morbihan, points de vue dont on retrouve les équivalents au nord sur la commune de Mauron. C'est la route des Forges à Concoret tout au nord passant par le bourg de Paimpont qui délimite la haute forêt et la basse forêt, d'étendues comparables.

Description thumb|center|650px|Carte de la forêt de Paimpont (Openstreetmap). thumb|left|La forêt de Paimpont en automne. thumb|Affleurement de schiste rouge au Val sans retour. Une description datant de 1937 indique que « son sol est de grès armoricain et de schiste pourpré (schiste rouge). Elle domine un massif surplombant le bassin de Rennes. Les grès sont plus abondants aux sommets de la Haute-Forêt et des carrières de Paimpont. Les schistes se graduent vers le nord. À leur contact jaillissent Jouvence, Barenton, Beauvais et les puits utilisés par Mauron. On trouve à l'ouest la Haute-Forêt, avec crêtes de 250 mètres, au nord-est la Basse-Forêt, de 100 mètres. Paimpont doit à ces hauteurs pittoresque et climat. La Haute-Forêt est fouettée des vents du nord-ouest. Beauvais était renommé pour ses moulins à vent. Grâce à cette altitude, le vent nocturne du « Serein » est propice aux moulins de la Chapelle et du Marais. Le relief a son rôle à jouer dans l'hygrométrie. Au sud-est, Plélan, avec ses 134 mètres [d'altitude] reçoit ses 818 mm de pluie par an, contre 728 mm à Rennes. Le minimum de pluie se produisant en été cause les craintes des cultivateurs en mai-juin. Cependant on peut dire que la plus grande partie de l'année, le massif de Paimpont est humide, et cette humidité est favorable à la forêt »..

Mosaïque paysagère Le massif forestier forme une mosaïque paysagère avec boisements, landes, étangs (dont ceux de forêt du Perray et des Forges créés pour l'industrie métallurgique), terres agricoles et habitats. La forêt primitive est une chênaie-hêtraie qui a été considérablement dégradée : les défrichements monastiques médiévaux, l'industrie des forges grande consommatrice de bois comme source de combustible à partir du , et les incendies durant la Première Guerre mondiale, conduisent à la dégradation du massif boisé : podzolisation, installation de séries régressives de végétation (dégradation de la chênaie-hêtraie en pinèdes à pin sylvestre et surtout à pin maritime), accélérée par l'enrésinement (résineux introduits vers 1840). Toutefois, dans les endroits favorables, la chênaie-hêtraie a pu se reconstituer et c'est actuellement l'élément dominant de la forêt. Elle se présente rarement sous forme de futaies, mais plutôt sous forme de futaie de chêne et de hêtre sur taillis de houx, peuplée d'essences diverses : Chêne pédonculé, Hêtre, Chêne sessile, Tremble, etc. Les peuplements de résineux sont soit en inclusion, après des coupes à blanc, soit en transition avec la lande, sur sa périphérie, comme vers l'ouest dans le secteur de Tréhorenteuc et du Val sans Retour. Le tapis végétal du sous-bois est constitué principalement de Molinies (associé à la chênaie pédonculée, cette graminée forma aussi des prairies où se rencontre aussi la succise des prés et des joncs) et de Fougère aigle..

En fonction du degré d'hygrométrie du sol, on peut distinguer trois types de landes : les landes sèches succédant à la pelouse à fétuque, avec comme espèce dominante la bruyère cendrée en association avec l'ajonc d'Europe, l' et le genêt à balais, arbrisseaux accueillant des espèces d’oiseaux comme l'engoulevent, l'alouette lulu ou la fauvette pitchou, mais aussi le lézard vert, et des plantes telles que le Carex précoce, la Laîche à pilules, la Piloselle, le Gaillet des rochers, le glaïeul d'Illyrie ou, sur les versants les mieux exposés, le genévrier ; à mi-pente des versants, les landes mésophiles à bruyère cilée (et dans une moindre proportion la bruyère des marais) associées à la molinie, la fougère aigle et la callune (comme pour la lande sèche, la présence régulière de jeunes plants de bouleaux voire de chênes montre l’évolution de cette association vers un boisement soit une chênaie-hêtraie, soit une pinède)Jean-Charles Oillic, Végétation, peuplement, métallurgie en Brocéliande: étude interdisciplinaire de la forêt de Paimpont (Bretagne, France) depuis la fin du Tardiglaciaire, thèse de doctorat en Sciences de la Matière, Rennes 1, 2011, p.19 ; dans les bas de versant, en bord d’étang et de tourbière ou au sein de petites dépressions présentes dans les landes mésophiles, les landes humides dominées par la bruyère des marais, associées à la callune, l'ajonc nain, le genêt d'Angleterre, le saule rampant, la petite scutellaire et des arbustes (bouleau pubescent, bourdaine, pin maritime). Ces landes humides comportent une flore d'intérêt patrimonial (narthécie des marais, gentiane pneumonanthe)..

Climat vignette|Carte du réseau hydrographique de la forêt de Paimpont dont l'altitude a un effet barrière sur la circulation des vents d'ouest et de sud-ouest.

L'altitude moyenne de du massif forestier qui forme un plateau circulaire, et notamment celle de la haute-forêt (altitude moyenne de , avec comme point culminant la butte de Ponthus qui atteint ) contribue à lui donner un climat proche de celui des côtes du Finistère. En effet, l'effet orographique lié à ces reliefs, constitue un obstacle aux régime des vents dominants d'ouest et de sud-ouest qui se traduit par des précipitations régulières favorisant la végétation et l'alimentation de nombreux ruisseaux qui occupent les fonds de vallons. De ce relief s'écoule ainsi un réseau hydrographique qui donne à la « montagne » de ce département un caractère de château d'eau alimentant les sous-bassins versants de l'Oust (par l'intermédiaire de l'Yvel (rivière)), de l'Aff et celui du Meu, inscrits dans le bassin de la Vilaine..

Cadre géologique vignette|Carte géologique du Massif armoricain. vignette|Reconstruction moderne de la Pangée (il y a 237 millions d'années). La collision entre la Laurussia et le Gondwana à l'origine de ce supercontinent est le moteur de l'orogène varisque ( sur la carte) dont l'empreinte subsiste notamment à travers l'Europe (dessinant un V dont la pointe serait le Massif central).

La région de Paimpont est localisée dans le domaine centre armoricainCarte des différentes unités litho-structurales de l'ouest du Bassin de Paris et du Massif armoricain, tiré de Michel Ballèvre, « Structure et évolution du Massif armoricain », Géochronique, 105, mars 2008, , dans la partie médiane du Massif armoricain qui est un socle ouest-européen de faible altitude (maximum ), caractérisé par des surfaces d'aplanissement et qui résulte d'une histoire complexe composée de trois orogenèses : icartienne (Paléoprotérozoïque,ca. 2,2-1,8 Ga), cadomienne (Édiacarien 750-540 Ma) et surtout varisque (ou hercynienne, au Dévonien-Carbonifère, 420-300 Ma). La structure du Massif armoricain résulte de la superposition de l'héritageL'orogenèse cadomienne est marquée au nord du massif par des directions N70 (groupes de direction N 60° à N 85° et quelques autres issus de failles associées). L'orogenèse varisque est la principale responsable de l'architecture de la majeure partie du massif, notamment au travers du Cisaillement Nord-Armoricain et des deux branches du Cisaillement Sud Armoricain de direction N110 (séparant les quatre grands domaines armoricains (Nord-armoricain, Centre-armoricain, Sud-armoricain et le Léon), des groupes de failles N 20° à N 40 °, et des directions N140 à N160, héritées du pré-rifting atlantique avorté du Permo-Trias. Ces groupes de failles façonnent les directions du tracé de nombreux plateaux et côtes. Cf Paul Bessin, « Évolution géomorphologique du Massif armoricain depuis 200 MA : approche Terre-Mer », thèse Sciences de la Terre. Université Rennes 1, 2014, p. 98 ; . de ces deux derniers orogènes.

La forêt s’étend sur une seule entité géologique, le synclinal de Paimpont-Guichen qui fait partie de la partie nord-ouest d’une grande unité sédimentaire qui a été déformée par des plissements au Paléozoïque, le synclinorium de Martigné-FerchaudCarte du Massif armoricain avec les affleurements paléozoïques dans les différents synclinaux, d’après Coupe géologique SSO-NNE qui montre la structure plissée des synclinaux du sud de Rennes, sur broceliande.brecilien.org (« synclinaux du sud de Rennes »)..

Ce synclinal de Paimpont-Guichen est situé dans un vaste bassin sédimentaire constitué de sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion de la chaîne cadomienne et accumulés sur plus de d'épaisseur, sur lesquels repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires..

La forêt de Paimpont s'étend essentiellement sur trois formations géologiques : les schistes briovériens., les dalles pourprées de Montfort. et le grès armoricain..

Les incendies

Des incendies se produisent périodiquement : au moins cinq incendies importants sont recensés entre 1906 et 1938 et sept entre 1947 et 1974 selon l'Encyclopédie de Brocéliande.. Par exemple en 1906 « des soldats ont du préserver le bourg de Saint-Péran et le village de Croix-Jalu. Ils s'efforcent d'arrêter les flammes sur la route de Paimpont à Saint-Malon (...), le bourg de Telhouet est sérieusement menacé » écrit le journal Le Petit Républicain du Midi.. Des incendies importants se produisent pendant la Première Guerre mondiale. Celui de 1929 parcourt plusieurs kilomètres dans les landes de Lambrun. « 700 hectares brûlés en forêt de Brocéliande » titre le journal Ouest-France le . Entre le 7 et le , plus de 700 hectares sont détruits par les flammes et cinq pompiers grièvement brûlés.. L'incendie qui se déclare le entre Campénéac et Tréhorenteuc parcourt 600 hectares et détruit totalement 400 hectares de landes et de bois, et ..

À l'initiative de François Pinault, plusieurs chefs d'entreprises ont aidé financièrement la réhabilitation de la forêt incendiée..

Toponymie La forêt de Paimpont était désignée sous le nom de Brecélien au et on la désigne en breton à partir du toponyme Breselien. Il y a eu rencontre (paronymie) avec le nom mythique Broc(h)Irlande dans le contexte du légendaire arthurien brittonique.