Charles-Alexandre de Morel d'AubignyOn trouve son nom parfois orthographié Morell., seigneur de Monmouton et autres terresIl est seigneur de Monmouton, le Fief, Genouillé, la Grève et autres lieux , né à La Rochelle le et mort à Rochefort en Charente-Maritime le , est un aristocrate et officier de marine français du , devenu lieutenant général des armées navales puis vice-amiral de la flotte du Levant.

Biographie Origines et famille Charles-Alexandre Morell descend de la famille Morell d'Aubigny, une ancienne famille noble normande qui prouve sa noblesse depuis l'année 1480Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 142.. La famille Morel (ou Morell) est originaire des environs de Falaise, en Normandie, où elle a formé les branches des Morell d'Aubigny de Putanges et des Morell d'Aubigny d'Assy. Cette famille a donné à l'armée de nombreux officiers. Parmi ses alliances, on cite celles avec les maisons de Montgoméry, de Rohan, de Montmorency, et Luynes, etc..

Le grand-père de Charles-Alexandre Morell, Antoine de Morell dit comte d'Aubigny, épouse en 1663, Marie de Beaumanoir, dont il a sept enfants.

Son père Alexandre-René Morell (1669-1705, dit comte d'Aubigny, vicomte de Neuvillette, seigneur de Champagné et autres lieux), est un temps chevalier de Malte avant de quitter l'Ordre et d'entrer dans la marine française comme lieutenant de vaisseau au département de Rochefort. Il épouse Louise Gabaret par contrat, passé devant Solleau notaire à La Rochelle, la fille de Louis Gabaret alors capitaine de vaisseau et futur chef d'escadre des armées navales. Ses parents se marient vers 1695 à La Rochelle. De cette union naissent deux fils : Louis-Alexandre, né le , lieutenant de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, mort sans descendance à Rochefort le Louis-Alexandre de Morell d'Aubigny, frère aîné du vice-amiral, naît le 4 octobre 1696, il est ondoyé le 6 octobre à Saint-Rogatien, près de La Rochelle et est baptisé le avril 1705 en l'église Saint-Barthélémy de La Rochelle. Garde-marine à Rochefort en 1713, enseigne de vaisseau en 1731, lieutenant de vaisseau en 1740 et chevalier de Saint-Louis, il meurt à Rochefort le 29 janvier 1746, à l'âge de 49 ans. La pension de 300 livres qu'il avait sur l'Ordre de Saint-Louis est reversée à son frère à sa mort. ; Charles-Alexandre.

Né à La Rochelle, le , Charles-Alexandre de Morell d'Aubigny est baptisé en l'église Saint-Barthélémy le suivant. Orphelin très jeune (son père meurt vers 1702 ou 1705 au cours d'un voyage à La Havane) s'oriente tout comme son père et son frère aîné avant lui vers une carrière dans la Marine du roi.

Carrière dans le marine royale Les premières années Charles-Alexandre Morell entre dans la Marine royale le , à l'âge de 14 ans, en tant que garde de la Marine au département de Rochefort, le même jour que son frère ainé.. Il fait sa première campagne en 1714 sur Le François, commandé par le chevalier de Montlaur, pour les îles de la Martinique, Saint-Domingue, La Havane et Veracruz. Il ne rentre en France qu'en 1715Dossier d'Aubigny, Archives nationales, C7 10. Deux ans après, en 1717, il sert sur la frégate l', commandée par le marquis de La Froselière pour l'île Royale, puis embarque en 1721 sur la flûte Le Chameau, commandée par M. de La Mirande pour le Canada, et en 1724 sur la commandée par pour les Îles du Vent.

Sous-brigadier des gardes-marines le , il passe lieutenant de vaisseau le , il devient ainsi un « officier bleu ». Il sert la même année sur l', commandé par M. de Gabaret dans l'escadre du marquis d'O. Après avoir navigué en 1729 sur la flûte La Gironde, commandée par le chevalier de la Saussaye, pour Cayenne et La Martinique, il est détaché, en 1731, à Toulon comme enseigne dans la compagnie du Bourdet. L'année suivante, il fait sur , commandé par le chevalier de Caylus, la campagne de l'île Royale puis il sert, en 1734 et 1735, à bord du , commandé par le marquis de La Roche-Allard, dans l'escadre de Duguay-Trouin.

Détaché en 1737 pour commander des compagnies formées par des troupes de la Marine pour aller combattre contre les « sauvages » Chickasaws en Louisiane, cette expédition ne se termine qu'en 1740. Il avait entretemps été promu lieutenant de vaisseau le et commande en cette qualité la flûte Le Profond chargée d'aller apporter des approvisionnements à l'île Royale. Il est fait Chevalier de Saint-Louis le .

La guerre de Succession d'Autriche Il est promu capitaine de vaisseau le et il est nommé l'année suivante au commandement du vaisseau le , à la place du chevalier de Bretauville. Le Sérieux, un vaisseau de 64 canons, ainsi que deux autres navires de ligne (le Diamant et la Gloire) et deux frégates, est armé à Brest pour protéger un convoi de 30 navires de transport de troupes destinées à reconquérir Louisbourg au Canada. Cette petite escadre est placée sous le commandement du chef d'escadre La Jonquière. Le comte d'Aubigny, a alors pour second Isaac Chadeau de la ClocheterieIl s'agit du père de Jean-Isaac Chadeau de la Clocheterie (1741-1782) qui se distinguera pendant la guerre d'indépendance des États-Unis au combat du 17 juin 1778 sur la avant de trouver la mort à la bataille des Saintes en 1782. Partie de Bretagne, après avoir relâché à l'île d'Aix où elle est rejointe par les vaisseaux du chevalier de Saint-Georges.

thumb|right|La bataille du cap Finisterre en 1747. D'aubigny y combat activement sur le . L'escadre française rencontre, le , au large du cap Ortegal, l'escadre britannique de l'amiral Anson, forte de quatorze vaisseaux et de deux frégates. Dans le combat qui s'ensuit, le Sérieux n'amène son pavillon qu'après trois heures de combat ; il avait alors trois mètres d'eau dans la cale, ses batteries étaient submergées ou détruites et sa mâture fracassée. Tous les officiers à bord avaient été tués ou blessés. La Jonquière avait reçu un coup de feu à travers le corps, le comte d'Aubigny est grièvement blessé à la jambe… quant à son second, La Clocheterie, il trouve une mort héroïque dossier La Clocheterie, cité par Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, 1910, .

Deux ans après, le comte d'Aubigny fait la campagne du Canada, commandant le Léopard par ordre du . Ayant passé dans cette colonie, le marquis de La Jonquière, nommé gouverneur de la Nouvelle-France, d'Aubigny ramène à son retour le marquis de La Galissonière, pourvu du commandement général de cette colonie. Cette campagne lui ayant occasionné des dépenses considérables, tant par la qualité des passagers que par le nombre de ceux qui l'accompagnaient, il est accordé à d'Aubigny, sur la proposition qui en est faite au roi, une gratification extraordinaire de . Nommé au mois de au commandement du vaisseau l’Éveillé, il commande la même année le vaisseau l'Aigle et la frégate la Diane pour la protection de la pêche à la morue au large de l'île Royale.

La guerre de Sept Ans Le roi lui octroie une pension de sur le Trésor royal le . En 1755 et 1756, le comte d'Aubigny commande le et l', de 36 canons. Le , commandant une division à bord du vaisseau le Prudent, il assiste dans les eaux de la Martinique à la prise du par le comte du Chaffault, commandant de l’Atalante. L’Atalante, donne une chasse vigoureuse au Warwick, de 60 canons, monté par 370 hommes et commandé par le capitaine Shuldham. L’Atalante, évoluant pour se maintenir derrière le Warwick, à l'abri de son artillerie puissante, ne lâchait ses bordées qu'à coup sûr. Après cinq heures de ce singulier combat, le Warwick — dont le gouvernail avait été détruit — est contraint d'amener son pavillon. Manquant d'hommes pour faire manœuvrer le vaisseau capturé, le comte d'Aubigny fait passer une partie de l'équipage de l’Atalante à bord du Warwick, dont le commandement est confié à Du Chaffault. La gratification qui est accordée par le roi aux officiers et aux équipages de l'escadre se monte à la somme de

thumb|droite|Le dispositif défensif de Louisbourg en 1757. D'Aubigny, sur le Duc de Bourgogne participe avec succès à la protection de la place. Promu Chef d'escadre des armées navales le quelques mois après le début de la guerre de Sept Ans, le comte d'Aubigny se trouve à Brest le de la même année, commandant le Duc de Bourgogne sous les ordres de Dubois de La Motte. Ce dernier avait été placé à la tête d'une flotte de huit vaisseaux et deux frégates, avec pour mission la protection de Louisbourg contre les BritanniquesLouisbourg avait déjà été perdue une première fois en 1745, mais rendue à la France lors de la paix de 1748.. Cependant la flotte française doit composer avec le mauvais temps qui disperse les navires et à la maladie qui décime les équipages. Elle arrive devant Louisbourg au mois de avec . La mission est cependant un succès, les Anglais renonçant à débarquer et subissant eux-aussi une dure tempête qui disperse leur escadre. Ils reviendront cependant à la charge l'année suivante, avec succès cette fois, en s'emparant définitivement de la place.

Après avoir été chargé au mois d' de faire, avec le capitaine de vaisseau Latouche-Treville, une enquête technique sur l'état des ports du Havre à Dunkerque, le comte d'Aubigny est nommé commandant de la Marine à Rochefort en 1761, à la place de M. Dupin de Belugard. Il conserve ce poste jusqu'au mois de , date à laquelle il est remplacé par M. Froger de l'Éguille. Il joue un rôle actif à ce poste. Les victoires britanniques pendant la guerre de Sept Ans ayant accru l'audace de l'Amirauté, celle-ci ordonne de planifier des descentes en divers points du littoral français. L'ordre arrive à Rochefort, le , d'armer une escadre pour forcer les Britanniques qui croisaient devant l'île d'Aix et l'embouchure de la Charente, de s'éloigner de la côte. Les travaux ayant été poussés avec activité, une escadre est armée en peu de temps et prête à prendre la mer depuis Rochefort, sous les ordres du comte d'Aubigny. Cette escadre est alors composée de six vaisseaux de ligne : l', capitaine M. de La Touche-Tréville ; le , capitaine M. de Lisardais ; le , capitaine M. d'Orvilliers ; le ; le Magnifique, capitaine M. du Chaffault ; le Solitaire, capitaine M. de Lascarry. En seconde ligne, deux frégates, l’Hébé commandée par M. de La Touche-Beauregard et l'Aigrette commandée par M. du Chaffault, ainsi que dix prames.

Les événements qui suivent, et l'inertie du ministre de la Marine Berryer font changer de destination à l'escadre, puis la forcent à s'immobiliser, sans avoir combattu. Le chevalier de Sainte-Croix avait été obligé, le , d'ouvrir la citadelle de Belle-Isle aux Britanniques. Dans une lettre du , le Roi demande au comte d'Aubigny de se porter avec son escadre sur les côtes de Bretagne après avoir fait son possible pour éloigner les Britanniques de la côte. Ces ordres seront modifiés par la suite ; l'ordre vient en effet de Rochefort de renforcer les vaisseaux le Tonnant, l’Orient, le ; au mois de , on démembre cette escadre et on envoie au Port des Basques une avant-garde comprenant les vaisseaux l', le , le Saint-Michel et deux frégates ; les autres restent dans le port ; plus tard les vaisseaux d'avant-garde sont envoyés à Brest et les six autres désarmés.

Les dernières années