Jacky Guy Peiffer, dit Jacques G. Peiffer, né le à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle) et mort le à RéhonFaire-part de décès, Libra Memoria, consulté le 11 mars 2025, est un sculpteur et céramiste français.
Natif de l’agglomération de Longwy, centre faïencier historique toujours en activité. Sa formation, entre sciences, architecture, ingénierie et philosophie de l’art, exprime une prospection de la transversalité des savoirs conduisant à l’évolution de l’art dans la société comme cela a été souligné par l’Académie de Stanislas : « La personnalité de M. Jacques G. Peiffer est marquée au sceau de l’originalité. Celui que nous honorons aujourd’hui est à la fois un technicien et un artiste. Par ailleurs, son parcours individuel recèle aussi bien des éléments de formation traditionnelle que des aspects franchement autodidactes. Son œuvre introduit un dialogue entre la pensée humaine et les diverses formes vivantes ou minérales présentes sur la planète, interrogeant le bienfondé entre la création et son épilogue, mutation inévitable liée à l’altération matérielle de la planète par les Humains et le Temps ».
Biographie De 1963 à 1966, il est élève au Lycée technique Jean-Paul Aubé de Longwy. Il effectue chaque année pendant les vacances scolaires un stage professionnel dans les ateliers de l’usine des Hauts-Fourneaux de la Chiers (1963, ajusteur-mécanicien ; 1964, tourneur ; 1965, fraiseur ; 1966, technicien dessinateur au bureau d’étude). En parallèle, il développe son intérêt pour les arts plastiques et expose au Centre d’art lorrain (1968) particulièrement des céramiques dont il maîtrise les rudiments depuis que son père lui a construit en 1957 un four à bois.
Initié à la céramique par sa grand-mère maternelle et un oncle, tous deux faïenciers, il bénéficie aussi de l’aide de son père thermicien-chimiste et de son instituteur. Il obtient de l’argile auprès de la Société anonyme des Produits Réfractaires de Longwy, usine voisine du domicile parental, puis se fournit en barbotine et émaux auprès de la Société anonyme des Faïenceries de Longwy, proche du domicile de ses grands-parents paternels. De 1956 à 1965, il y apprend les savoir-faire spécifiques à cette céramique, notamment le frittage des émaux avec le chimiste Delceux, successeur de Carpentier, ingénieur ancien élève de Sèvres. Il présente ses productions dans les expositions, notamment des grandes coupes décoratives à sujets allégoriques ainsi que des panneaux muraux sur carreaux de faïence.
vignette|(Image 1) Lexicographie céramique, 2000
En 1966, il prépare le concours d’entrée aux Beaux-arts et s’inscrit à l’école de Metz. Il continue ses études pendant son service militaire et sort diplômé en 1969. Deux professeurs sont à la source de sa construction éthique : Gérald Collot (conservateur du Musée de Metz, peintre lithographe et historien de l’art) et Claude Goutin (Grand Prix de Rome 1956 de sculpture, auteur du La Fayette érigé dans le Jardin Boufflers à Metz), avec qui il entretient une longue amitié. Il se lie également avec les fils du céramiste d’art Joseph Mougin (1876-1961) : Bernard (sculpteur Grand Prix de Rome) et François (chef de travaux au Lycée céramique de Longchamp) dont il modèle les bustes et écrit la biographie familiale.
En 1967, il épouse Danielle Noël, avec qui il aborde la céramique et la mosaïque. Il transfère son atelier de Longwy à Lexy. Conjointement il entreprend une carrière d’enseignant en arts plastiques, design et histoire de l’art (Éducation Nationale). Il entreprend à la Sorbonne une thèse doctorale Le savoir des faïenciers aux . Le rôle de l’écrit dans la transmission du savoir-faire, formation doctorale « Histoire et civilisation de l’Antiquité à nos jours », qu’il soutient le à l’Université de Nancy 2, sous la Présidence de Madame Simone Mazauric, avec comme rapporteurs du jury les docteurs d’État Jean Rosen et Maurice Picon, fondateur de l'archéométrie française et du laboratoire de céramologie de l’Université de Lyon 2, thèse validée par le Jury avec mention « Très honorable » et attestée le par la Secrétaire Générale de l’Université, Madame Odile Thibier. La thèse fait l’objet d’un accord de publication avec l’éditeur Faton, en attente de l’iconographie définitive. Il présente en 2001 sa « Lexicographie céramique » au Collège européen de Technologie.
Il intervient dans des institutions culturelles et colloques : Musée du Louvre « Clodion et la sculpture française », Musée national de Sèvres, Musée de Sarreguemines, Musée de Sarrebourg, Musée de Moustiers-Sainte-Marie, Musée de la Perrine (Laval), Musée Royal du Cinquantenaire (Bruxelles), High Museum of Art d’Atlanta (États-Unis), Musée national du Niger (Niamey), Keramik Museum (Mettlach) ; ainsi que dans des organisations professionnelles : Master 2 Conservation Restauration du Patrimoine, École de Condé (Président de Jury), Printemps des Potiers, Formation des Huissiers Officiers Vendeurs, IUT de l’Université de Nancy. En 2006, il est nommé membre du Conseil des Métiers d’art par le Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, et élu à la présidence nationale de la commission Formation.
En 1972, la ville de Longwy lui confie le poste de conservateur du musée municipal dont il assure la fondation du département « Émaux de Longwy » jusqu'en 1981.
Avec son épouse, il écrit la première monographie consacrée à l’histoire de la faïence à Longwy La Faïencerie de Longwy, Essai analytique, s.e, 1977, opuscule relatant les souvenirs du baron Fernand d’Huart, qui sera suivi de 28 autres ouvrages de références universitaires et de nombreux écrits dans des revues françaises et étrangères : Allemagne (Die Kunst des raku), Belgique (Collect), États-Unis (French ceramics, Masterpieces from Lorraine), Luxembourg (Revue Technique Luxembourgeoise, Association des Ingénieurs, Architectes et Scientifiques, Catalogues du Musée National du Luxembourg), Suisse (Temperature, Swiss ceramics).
Il assure la fonction d’expert auprès des Douanes de Longwy et de commissaires-priseurs.
En 2021, l'abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson lui confie le commissariat et l’écriture du catalogue documentaire de la grande exposition retraçant l’histoire des faïenceries de Longwy : Les Émaux, l’Or Bleu de Longwy. Préfacé par le Président de la Région Grand Est, l'ouvrage est qualifié de « remarquable travail d’historien de l’art ».
Sculpteur, plasticien et céramiste : œuvres vignette|Buste en terre cuite : Marianne (Jacques Peiffer, 2018) vignette|Buste avant coulage en bronze (cire perdue). Réalisé par Jacques Peiffer. vignette|Patmos, modèle déposé par Saint Jean l'Aigle, Jacques G. Peiffer. Cristal pur soufflé. Céramique tournée et émaillée au grand feu, or véritable sur glaçure. (c. 1992)
Comme artiste plasticien associé à la création monumentale urbaine contemporaine, Jacques Peiffer réalise à l’âge de 21 ans sa première œuvre au titre du 1% artistique, avec une composition constructiviste en tôle forte d’acier soudé (Longlaville, architecte André Filliatre) (Piscine municipale puis Parc Zani). Sa culture « beaux-arts » se prolonge par des bustes en terre cuite (Marianne, 2018) et en bronze (fonderie industrielle Delfind (Longwy), fonderie d’art Aubert (Paris), fonderie Huguenin (Vézelise).
vignette|Lux 22, luminaire réalisé par procédé d’extrusion de l’argile par imprimante 3D, Jacques Peiffer.
En 1977, lors du dépôt de bilan (le ) et de la liquidation de la Société anonyme des Faïenceries de Longwy, il en acquiert le bâtiment () et conçoit de faire renaître la production traditionnelle sous l’angle d’une modération sociale et culturelle avec l’aide de 12 nouveaux sociétaires qui ne disposent chacun que d’une part identique. Après une période d’essais de plusieurs mois, l’entreprise Saint-Jean l’Aigle est fondée le avec à sa direction Danielle Peiffer-Noël, agréée d’État en architecture qui investit dans le développement technologique. Jacques Peiffer y occupe la fonction de directeur des travaux d’art et fonde un laboratoire de recherches qui collabore avec l’ingénieur Pierre Vernel (société Microlor) pour développer un procédé d’imagerie de synthèse appliqué à la céramique qui reçoit le Prix de la Créativité en 1985, décerné par le Conseil Régional de Lorraine. Par ce procédé, il introduit la photographie numérique dans l’illustration céramique.
Avec le CERFAV et Daum, il réalise des trophées pour la fondation du Pôle Européen de Développement et pilote des projets d’association de la céramique et du verre. Il crée Pathmos, ligne de luminaires réalisée avec les cristalleries Daum, et présentée à Barcelone. Pégase est conçu pour l’écomusée de la verrerie de Fourmies-Trélon.
En 1986, sa carrière de céramiste lui vaut le titre de Meilleur Ouvrier de France (Médaille d’Or), puis en 1995 à la suite de ses fonctions au Comité d'organisation des Expositions du Travail, celui de Président Honoraire de Jury National des Meilleurs Ouvriers de France. Lauréat en 1987 du Grand Prix de Lorraine des Métiers d’Art, ses cours accueillent de nombreux étudiants et stagiaires .
Avec l’Université technologique du Luxembourg il formule un procédé d’extrusion de l’argile par imprimante 3D.
En 2006, il rédige pour l’institution Forcemat un rapport pédagogique inscrit dans le « Transfert des savoirs de l’expérience » : — Impression par transfert des cernés pour émaux en relief, à l’aide de plaques métalliques gravées à l’eau-forte ou de sérigraphie — (Institut de Céramique Française, 2006, Code 35119).
Son travail plastique accorde une grande liberté à la matière sous les formes les plus affranchies de l’autorité de l’art, ses Structures organiques et ses Métaphores arborescentes sont des concrétions vitreuses qu’il nomme « Émaux éruptifs », elles relient ainsi la fusion de la silice à l’énergie tellurique de la planète Terre, proposant une expression nouvelle aux Émaux de Longwy. Il accompagne ce travail du volume par une mise en matière des glaçures, de l’émail et des engobes, libérant des réactions chimiques aléatoires.
Autres activités En 1984, il conçoit et dessine la Micro S, une mini-automobile modulaire. Elle est présentée au Salon de l’Automobile de Nancy en 1985 et conduite par le journaliste de FR 3, Patrick Germain.
Plus marginalement, il réactive en 2015 avec le forgeron Jacquy Vilfroy la coutellerie anciennement célèbre de la vallée des Hauts-Fourneaux.
Commandes publiques Il œuvre pour les commandes publiques contemporaines du Ministère de la Culture et de la Communication (Délégation aux Arts plastiques et Centre national des arts plastiques) : œuvres réalisées par Jacques Peiffer en tant que sculpteur modeleur céramiste pour les créations de Johan Creten et de Vera Molnar, Musée National de Céramique et Manufacture nationale de Sèvres, exposition inaugurée le . Il poursuit pour la faïencerie Saint-Jean l’Aigle le projet d’édition d’œuvres de Gérard Deschamps, dans la mouvance du Nouveau Réalisme, il retrouve à cet effet l’émail métallescent utilisé par le sculpteur Ernest Bussière dans son approche naturaliste de l’Art Nouveau (Catalogue « Céramiques végétales, Ernest Bussière et l’Art Nouveau », Musée de l’École de Nancy).
Pour l’œuvre monumentale de l’Hôtel de Police du Mont-Saint-Martin (Communauté de communes de Longwy), il construit un four spécial pour revêtir d’émail polychrome la structure en cuivre imaginée par l’artiste Vincent Mauger.
Restauration d'ouvrages historiques vignette|Travaux de restauration des mitres de la Villa Majorelle, faïencerie Saint Jean l'Aigle, Jacques Peiffer.