Raymond Guillermain, dit Raymond Souplex, est un acteur, dialoguiste, scénariste et chansonnier français né le dans le et mort le dans le .
Biographie Né le au , place du Panthéon dans le Archives de Paris , acte de naissance , année 1901 (page 19/28) (avec mention marginale de décès), fils de Léon Adrien, chef de service du bureau de bienfaisance du arrondissement, et de Zélie Ernestine Pesloux (dont Souplex est l'anagramme), il est le cadet d'une famille de quatre enfants. Adulte, il tente d'entrer au Conservatoire en 1920, mais il échoue.
Le chansonnier À ses débuts, il est clerc d'huissier, la journée, et chansonnier le soir. Il tourne dans des cabarets et cafés-théâtres parisiens, dont le Caveau de la République, le théâtre du Coucou et le théâtre des Deux Ânes. C'est durant cette période qu'il rencontre Jane Sourza qui devient sa complice pendant de nombreuses années et non sa compagne comme on a pu le croire longtemps. Dès 1935, il participe aux émissions radiophoniques de Radio Cité avec Noël-Noël, Saint-Granier et Jane Sourza. Avec cette dernière, il interprète le rôle d'un clochard philosophe, nommé , dans l'émission humoristique Sur le banc. Pour créer son personnage, il s'inspire d'un clochard qu'il a connu enfant s'appelant Adalbert Biart de Chéradine. De cette émission est tiré en 1955 le film du même nom de Robert Vernay où il tient le rôle principal du clochard. Ça n'est qu'en 1933, sur les instances de la Chambre des huissiers, qu'il renonce à son métier de clerc d'huissier.
vignette|redresse=1.4|gauche|Raymond Souplex mobilisé en 1940.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Raymond Souplex continue à se produire, par exemple au théâtre de Dix-Heures, au théâtre des Deux Ânes, ou sur Radio Paris. Il participe aussi, avec d’autres artistes comme Fréhel, Lys Gauty, Jane Sourza, à une tournée dans les usines du Troisième Reich où travaillent de nombreux Français du STO. À Berlin en , il accompagne quelques artistes français dont Loulou Gasté, Édith Piaf, Albert Préjean, Viviane Romance, et pose avec eux devant la porte de Brandebourg, à l'occasion d'un voyage censé promouvoir la chanson française, ce qui lui vaut un blâme à la Libération. Il écrit une opérette Clochemerle, d’après le roman de Gabriel Chevallier, musique de Fernand Warms, crée le au théâtre MonceyRecueil "Clochemerle" de Raymond Souplex . Après la guerre, il reprend son émission Sur le banc sur l'antenne de Radio Luxembourg de 1949 à 1963.
L'acteur Sa carrière cinématographique démarre en 1939, avec le film Sur le plancher des vaches de Pierre-Jean Ducis avec Noël-Noël, alors que Raymond Souplex a déjà une certaine popularité. En 1940, dans Les Surprises de la radio de Marcel Aboulker, il joue son propre rôle au milieu d'autres grandes vedettes de l'époque. Il faut attendre la Libération pour revoir Souplex sur les écrans. En 1948, Henri-Georges Clouzot l'engage dans Manon aux côtés de Cécile Aubry, Serge Reggiani et Michel Bouquet et en 1950, Henri Jeanson le choisit pour incarner un chanteur de charme vieillissant dans Lady Paname aux côtés de Louis Jouvet et de Suzy Delair. En 1951, il incarne Gen Paul, l'artiste peintre plutôt ringard, mais sympa, ami, et confident de Garou-Garou, incarné par Bourvil, dans le film Garou-Garou, le passe-muraille. Ce rôle le rendra assez populaire. Des années 1950 au début des années 1970, le public voit à la télévision à de nombreuses reprises Raymond Souplex, surtout dans des émissions de variétés de l'ORTF, comme l'émission de Jean Nohain, 36 chandelles.
Le personnage de Bourrel En 1957, Claude Loursais le choisit pour devenir l'acteur principal de la série télévisée policière française Les Cinq Dernières Minutes, où il incarne l'inspecteur (puis commissaire en 1965) Antoine Bourrel. Ce rôle a été inspiré par le tournage du film Identité judiciaire dans lequel il incarne le commissaire Basquier, personnage en tous points comparable à celui du commissaire Bourrel.
L'acteur et son personnage sont restés fameux en raison de l'exclamation : (et non ) à la fin de chaque épisode lorsque la résolution de l'énigme s'impose à l'enquêteur et que celui-ci s'adresse directement au téléspectateur pour l'inviter à le suivre dans ses raisonnements. Il compose personnellement son personnage : la coupe à la brosse et la moustache, la gabardine, le nœud papillon, le chapeau rond. La collaboration avec Claude Loursais dure 56 épisodes de 1958 à 1972.
Bourrel est secondé dans la série par Jean Daurand, dans le rôle de l'inspecteur Dupuy. À noter que le tandem formé par les deux comédiens est si familier du public français qu'ils apparaissent ensemble dans deux films où Souplex joue à nouveau un policier et Daurand son adjoint : L'assassin viendra ce soir et La Malédiction de Belphégor.
Raymond Souplex joue durant cette fameuse série avec bon nombre d'acteurs célèbres ou devenus célèbres : Françoise Fabian, Ginette Leclerc, Serge Gainsbourg, Pierre Brasseur, Henri Virlogeux, Bernard Fresson, Henri Crémieux, Jacques Monod, Yves Rénier, Henri Tisot, Gérard Hernandez, Marcel Bozzuffi, François Perrot, Michel Bouquet, Danièle Évenou, Marthe Mercadier, Raymond Gérôme, Jean-Pierre Cassel...
En 1960, il apparaît dans le court-métrage Le Rondon, d'André Berthomieu.
Ultime tournage et mort Raymond Souplex tourne le épisode de la série Les Cinq Dernières Minutes lorsqu'il meurt, le , d'un cancer du poumon, à son domicile, 7, rue Cauchois dans le Archives de Paris 18e, acte de décès , année 1972 (vue 10/31). Cet épisode intitulé Un gros pépin dans le chasselas n'étant pas achevé, Claude Loursais et Claude-Jean Bonnardot décident d'introduire un juge d'instruction flanqué d'un greffier et d'user d'un artifice scénaristique pour compléter le tournage. Le juge est joué par Jacques Bouvier. Il est diffusé le En fait son dernier tournage fut le cinquante-quatrième épisode (dans l'ordre des diffusions), Le diable l'emporte, dont des raccords en studio ont été tournés jusqu'au alors que les intérieurs de Un gros pépin dans le chasselas ne l'avaient pas encore été..
Raymond Souplex est inhumé au cimetière de Gentilly. Son épouse, Lucienne Arduini, décède en 1993.
Postérité Perrette Souplex, fille de Raymond Souplex, actrice elle-même, interprète le rôle de Perrette Bourrel dans l'épisode Le Dernier Cri en 1996, un des derniers de la série.
Hommage Un square du , au coin des rues Montcalm et Marcadet, porte son nom. Il est évoqué dans le des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.
Filmographie Cinéma
Télévision
Au théâtre ce soir 1967 : Bon Appétit Monsieur de Gilbert Laporte, mise en scène Fred Pasquali, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny : Étienne 1969 : Le Deuxième Coup de feu de Robert Thomas, mise en scène de l'auteur, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny : Édouard 1969 : La Perruche et le Poulet de Robert Thomas d'après Jack Popplewell, mise en scène Robert Thomas, , réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny : l'inspecteur Grandin
Les Cinq Dernières Minutes Entre 1958 et 1973, il participe au tournage de 56 épisodes de cette célèbre série policière en incarnant le rôle de l'inspecteur principal, puis commissaire, Antoine Bourrel. Les épisodes sont de Claude Loursais, sauf autre précision. La date entre parenthèses est, pour chaque épisode, celle de la première diffusion.
La Clé de l'énigme () D'une pierre deux coups () Les Cheveux en quatre () Réactions en chaîne () L'habit fait le moine () Le Théâtre du crime () Le Tableau de chasse () Un sang d'encre () Un grain de sable () On a tué le mort () Sans en avoir l'air () Dans le pétrin () Poison d'eau douce () Au fil de l'histoire () Un poing final () Dernier Cri, de Claude Loursais et Jean-Marie Comeau () Le Dessus des cartes () Qui trop embrasse () Sur la piste () Cherchez la femme () Épreuves à l'appui () L'Avoine et l'Oseille () L'Épingle du jeu () Le Tzigane et la Dactylo, de Pierre Nivelet () C'était écrit () Mort d'un casseur, de Guy Lessertisseur () Un mort à la une, de Pierre Nivelet () L'Eau qui dort () Une affaire de famille, de Jean-Pierre Marchand () Fenêtre sur jardin () 45 tours et puis s'en vont, de Bernard Hecht () Quand le vin est tiré () Sans fleurs ni couronnes () Napoléon est mort à Saint-Mandé () Bonheur à tout prix () Des fleurs pour l'inspecteur () La Chasse aux grenouilles () Pigeon vole () La Rose de fer, de Jean-Pierre Marchand () Histoire pas naturelle, de Guy Lessertisseur () La Mort masquée, de Guy Lessertisseur () Finir en beauté () Un mort sur le carreau, de Roland-Bernard () Voies de fait, de Jean-Pierre Decourt () Les Enfants du faubourg () Tarif de nuit, de Guy Séligmann () Le commissaire est sur la piste () Traitement de choc () Une balle de trop, de Raymond Portarlier () Les Mailles du filet () Les Yeux de la tête () Chassé croisé () Meurtre par la bande () Le diable l'emporte () Meurtre par intérim ( Un gros pépin dans le chasselas, de Claude-Jean Bonnardot (
Théâtre 1952 : La Tête des autres de Marcel Aymé, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier : Alessandrovici 1952 : Le Cocotier de Jean Guitton, mise en scène Paule Rolle, théâtre du Gymnase : Achille Perrochon 1952 : Feu Monsieur de Marcy de Raymond Vincy et Max Regnier, mise en scène Georges Douking, théâtre de la Porte Saint Martin 1953 : Ces messieurs de la Santé de Paul Armont et Léopold Marchand, théâtre de Paris 1954 : Le Capitaine Smith de Jean Blanchon, mise en scène André Clavé, théâtre Montparnasse 1957 : L'École des cocottes de Paul Armont & Marcel Gerbidon, mise en scène Jacques Charon, théâtre Hébertot 1960 : Crime parfait de Frederick Knott, mise en scène Jean Meyer, théâtre du Palais-Royal 1961 : Le Mariage forcé et L'École des maris de Molière, mise en scène Jean Meyer, théâtre du Palais Royal 1962 : Bichon de Jean de Létraz, mise en scène Jean Meyer, théâtre Édouard VII 1962 : Piège pour un homme seul de Robert Thomas, mise en scène Jacques Charon, théâtre de l'Ambigu 1963 : Piège pour un homme seul de Robert Thomas, mise en scène Jacques Charon, Théâtre des Bouffes-Parisiens 1963 : Bonsoir Madame Pinson d'Arthur Lovegrove, adaptation André Gillois et Max Régnier, mise en scène Jean-Paul Cisife, théâtre de la Porte-Saint-Martin 1965 : Le Témoin de Dominique Nohain, mise en scène de l'auteur, théâtre de l'Ambigu 1966 : La Perruche et le Poulet de Robert Thomas, Théâtre du Vaudeville : Henri Grandin 1967 : Bon appétit Monsieur de Gilbert Laporte 1968 : La Perruche et le Poulet de Robert Thomas, mise en scène de l'auteur, théâtre des Nouveautés : Henri Grandin 1969 : Le deuxième coup de feu de Robert Thomas 1969 : L'Ascenseur électrique de Julien Vartet, mise en scène Roland Piétri, théâtre de la Renaissance : Monsieur Benoît ??? : Le Troisième Témoin de Dominique Nohain, théâtre de l'Ambigu
Discographie L'Article 330 de Courteline par Michel Bouquet, Raymond Souplex et Fernand Rauzéna, 33T paru en 1954 chez Philips. Carmen, La Hurlette et cie par Jane Sourza et Raymond Souplex, CD paru en 2006 chez Marianne Mélodie. Chansons à boire par Raymond Souplex, CD paru en 2006 chez ULM.
Notes et références
Liens externes
Sa fiche sur CinEmotions
Catégorie:Acteur français de cinéma Catégorie:Scénariste français de cinéma Catégorie:Chanteur français du XXe siècle Catégorie:Artiste de Disques Festival Catégorie:Nom de scène Catégorie:Pseudonyme anagramme Catégorie:Naissance en juin 1901 Catégorie:Naissance dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Décès en novembre 1972 Catégorie:Décès dans le 18e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Mort d'un cancer du poumon Catégorie:Mort d'un cancer en France Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Gentilly