Le pont du Bonhomme est situé dans la région de Lorient, en France. Il relie les villes de Kervignac et de Lanester en franchissant le Blavet et remplace un bac utilisé depuis le . Son emplacement à l'entrée de la vallée est choisi de façon à permettre aux bateaux à voile de continuer à desservir la commune d'Hennebont située en amont.

Le premier ouvrage est un pont à haubans et tablier en poutre en treillis, fabriqué entre 1900 et 1904 par Ferdinand Arnodin. Plusieurs fois endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est remis en état après le conflit et exploité jusqu'en 1974. Il est ensuite démoli, à l'exception de ses deux piliers, et remplacé par un second ouvrage de Jacques Mathivat qui reprend la technique du pont à poutres.

Toponymie Le nom est celui d'un rocher situé sur la du Blavet, côté Kervignac, qui, vu d'un certain point, rappelle une forme humaine. Le toponyme en breton, « », reprend cette significationLe "Bonhomme" et sa femme (pont du Bonhomme), Ville d'Hennebont, consulté sur www.ville-hennebont.fr le 7 avril 2013...

Historique Avant le pont La présence d'un bac permettant de franchir le Blavet entre le sud de CaudanCette zone de Caudan ne devient la commune de Lanester qu'en 1909. et l'ouest de Kervignac est attestée dès 1681. Seulement, les traversées étant risqués à cause des courants marqués dus aux marées. On peut notamment parler de l'accident dramatique du , ou une trentaine de personnes perdirent la vie noyés en empruntent le bac. Les victimes parmi lesquelles se trouvaient des artisans et des laboureurs furent inhumés dans l'église de Kervignac.

Il est alors connu indifféremment sous le nom de passage « de la Couthume », ou « du Bonhomme » du nom d'un lieu-dit situé à proximité sur la rive de Kervignac. Au cours du , il connaît une période de déshérence en raison de l'absence de chemins d'accès appropriés. Les différentes adjudications lancées à cette époque pour son exploitation ne remportent qu'un faible succès, car les voyageurs peuvent emprunter, en amont, le pont d'Hennebont ou, en aval, d'autres bacs reliant immédiatement le quartier de Pen-Mané à RiantecPen-Mané ne sera séparé de Riantec qu'en 1907 pour composer la paroisse de Locmiquélic. Le statut de commune lui sera attribué en 1919. au centre de Lorient..

Plusieurs mesures sont envisagées pour relancer sa fréquentation. Le conseil général du Morbihan demande en 1874 qu'il soit agrandi pour permettre le passage de charrettes, mais, après avoir étudié le projet, l'ingénieur des ponts et chaussées souligne l'absence de voiries appropriées pour le réaliser. Une participation financière est alors demandée aux deux communes riveraines — à Caudan et à Kervignac —, mais est refusée par leurs conseils municipaux. La suppression du bac est finalement arrêtée le sur décision ministérielle..

Premier projet de pont Le premier projet de pont enjambant le Blavet à cet endroit est réalisé par l'ingénieur Noyon en 1849. Son coût est estimé à , hors la création des voies d'accès. L'État promet une subvention de , le solde étant pris en charge par les collectivités locales.

Ce projet inclut aussi le classement en route départementale du chemin reliant Lorient à Merlevenez. Cette condition est approuvée dès fin 1849 par les conseils municipaux de Kervignac et de Caudan., mais le conseil municipal d'Hennebont s'y oppose. Ne trouvant pas son intérêt commercial à ce que cette route l'éviteÀ la même époque, Quimperlé procède de la même façon pour empêcher la création d'un pont en aval de la Laïta., il transmet ses réserves au préfet, arguant du coût élevé du projet qui sera finalement abandonné.

Construction du premier pont Un second projet est élaboré dans les dernières années du . « [Lorient] est gêné dans son développement par la difficulté de communiquer facilement avec les campagnes qui l'environnent et qui concourent à son approvisionnement. Les communes situées sur la rive gauche du Blavet (...), qui représentent une population de près de habitants, ne peuvent pas communiquer par terre avec Lorient sans faire un long détour et passer par Hennebont où se trouve le premier pont lancé sur le Blavet, en amont du viaduc du chemin de fer » écrit la revue Le Génie civil le ..

Une nouvelle fois, la municipalité d'Hennebont, où se situe le pont le plus proche, considère que cette construction menace ses activités commerciales. Consultée sur le sujet, elle montre son opposition lors du conseil municipal du et demande que le pont atteigne plus de de haut pour permettre le passage des plus hauts bricks jusqu'au port de Locoyarne où s'est développé un commerce de charbon et de bois de mines. Elle espère ainsi rendre le coût de construction trop élevé et faire annuler le projet. Les ingénieurs chargés du projet passent outre et fixent la hauteur à au-dessus des plus hautes marées..

La construction du pont est définitivement actée et, le , la société de Ferdinand Arnodin obtient la concession d'exploitation. L'ouvrage est construit entre 1903 et 1904.. Les épreuves de résistance, qui se déroulent du 7 au , sont concluantes., ce qui permet l'ouverture du pont à la circulation dès cette date..

Exploitation vignette|alt=Photo sépia d'un pont à haubans|Vue du pont en 1904. Les premiers mois d'exploitation sont décevants. La recette mensuelle n'atteint pas au lieu des espérés. L'exploitant met en cause l'état des chemins d'accès à l'ouvrage.. Les villes prennent en charge leur entretien., mais, en raison des coûts élevés, leurs conseils municipaux demandent en 1922 à ce que ces voies soient classées d'intérêt général.

Après la Première Guerre mondiale, l'exploitant cherche à obtenir une hausse des droits de passage. En effet, le conflit a entraîné une hausse conséquente du prix des matériaux d'entretien et d'autres transports ont obtenu des hausses similaires (150 % de plus pour les chemins de fer, triplement pour le tramway de Lorient). Cependant, il ne parvient pas à avoir l'accord des villes concernées., malgré le soutien de la CCI de Lorient, et n'obtient qu'une légère hausse limitée aux voitures et aux chevaux.

Devant ces problèmes, l'exploitant commence à évoquer au début des années 1920 le rachat du pont par le conseil général du Morbihan, solution qui est finalement mise en œuvre. Le , le principe du rachat pour est voté. Les droits de passage sont abolis en 1930 et la propriété est effectivement transférée au département en 1936Pont du Bonhomme, Structurae, consulté sur fr.structurae.de le 3 février 2012..

L'ouvrage, endommagé par l'armée française en à la suite de l'avancée des troupes allemandes, est rapidement réparé par l'occupant qui l'utilise pour le transit de ses véhiculesLa ville de Lorient est stratégique pour l'occupant qui y fait construire la base sous-marine de Lorient dont le chantier nécessite .. Le , l'ingénieur des ponts et chaussées estime que l'ouvrage est en bon état, sa structure n'ayant pas été touchée. Partiellement détruit en 1944, le pont est réparé en 1945 et complètement restauré en 1947.

Après-guerre, la capacité de l'ouvrage atteint ses limites avec le développement du trafic routier et un second pont est ouvert en 1974. L'ouvrage initial reste dans un premier temps ouvert aux seuls piétons, avant d'être finalement interdit en raison de son état. Le tablier est démonté en 1979 et seules les deux piles sont conservées..

Second pont Le travail sur le projet du nouveau pont commence au début des années 1970. Un premier projet est présenté par la commission départementale des sites en . Il envisage un pont à béquilles en béton, comportant une travée centrale d'environ pour une longueur d'environ , et situé en aval du premier pont. C'est finalement un pont de ce type, mais situé à en amont de l'ancien pont, qui est retenu..

L'ouvrage est ouvert le . En 2017, il voit passer par jour.

En 2020, des travaux de rénovation sont réalisés sur le pont pour un budget de 2 millions d'euros. La largeur des voies automobiles est réduite à , afin d'y ajouter une piste cyclable et piétons séparée de chaque côté. Des feux de circulation sont introduits de chaque côté du pont pour réguler le trafic en cas de croisement de camions.

En 2025, le pont du Bonhomme voit passer chaque jour près de 16 200 véhicules, dont environ 1,5 % de poids lourds. Ce niveau de trafic, resté stable depuis plusieurs années, confirme le rôle central de l’ouvrage sur la route départementale 194, reliant les communes de Lanester et Kervignac de part et d’autre du Blavet.

Depuis l’aménagement d’une voie cyclable sécurisée en 2019, la fréquentation des cyclistes s’est fortement accrue : on estime désormais qu’environ 200 d’entre eux empruntent le pont quotidiennement, d’après les relevés effectués par le Département du Morbihan en 2025.

Caractéristiques vignette|left|upright|alt=Vue de la rivière du Blavet, à droite, le tablier du nouveau pont ; à gauche l'une des deux piles conservées, surmontée par un bonhomme qui lui a donné son nom|Pont du Bonhomme actuel et pile de l'ancien pont, surmontée par un bonhomme.

Localisation thumb|alt=Carte de la rade de Lorient et de l'embouchure du Blavet ; les différents moyens de transports de la région sont représentés.|Le pont dans le réseau de transport de la région de Lorient.

Ce franchissement du Blavet est situé à la jonction de deux zones géologiques distinctes. En aval, la zone est constituée d'un sous-sol fait de micaschistes et de sédiments quaternaires, offrant une faible résistance à l'érosion, et constituant une importante vallée dont les rives sont bordées de larges vasières. En amont, le sous-sol est constitué de granite plus résistant à l'érosion et présentant des berges bien plus encaisséesEstuaire du blavet en aval du pont du Bonhomme, Agence d'urbanisme et de développement économique du pays de Lorient, consulté sur audelor.caplorient.fr le 3 février 2013..

Premier pont La technique du pont à haubans est commune à de nombreux autres ouvrages construits en Bretagne à cette époque pour franchir des estuaires ou des rias. Les deux piles en granite ont une hauteur de . Le pont est long de avec une portée centrale haubanée de . Le tablier, large de , est placé à au-dessus du Blavet.

L'ensemble est exploité de 1904 à 1979 et connaît plusieurs opérations de réparation ou de maintenance, principalement en 1941, puis de 1945 à 1947. Après son déclassement et la restauration effectuée par le Conseil général en 2013, la pile et la culée situées sur son territoire sont acquises par la ville de Kervignac. Les ouvrages, côté Lanester, restent en l'état.

Second pont thumb|Passage de la 3e étape du Tour de France 2021 sur le pont. Le second pont, conçu par Jacques Mathivat et construit de 1972 à 1974 par Campenon-Bernard, est un pont à encorbellement. Le tablier, en béton précontraint, est composé de trois travées de , et , pour une longueur totale de . Les piles sont en béton armé.. Il est exploité sans interruption depuis 1974.

Les statues Les statues du pont du Bonhomme, réalisées en chêne polychrome par les sculpteurs lorientais Goanvic et Boëdec, furent dévoilées au public le Statues du Bonhomme et de la Bonne Femme, Kervignac, Topic Topos, consulté sur fr.topic-topos.com le 15 avril 2014.. Le personnage féminin, situé à l’ouest, tend une tabatière au personnage masculin, situé à l'est.

Une nuit de 1977, les deux statues installées au sommet du pont sont volées, puis déposées devant l'immeuble du journal La Liberté du Morbihan. Afin d'éviter une nouvelle disparition, un moulage est effectué en 1995. et les copies sont fixées sur les piliers du pont. Les originaux sont conservés à la mairie d'Hennebont et accessibles au public..

Notes

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Pont suspendu Liste de ponts du Morbihan Kervignac - Lanester Blavet

Liens externes Le pont du Bonhomme sur Structurae Le pont du Bonhomme sur Petit-patrimoine.com

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