L'histoire de l' (ou fête de la bière) commence en 1810, avec les noces du futur Louis de Bavière et de la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen. À cette occasion, d'importantes festivités sont organisées à Munich et celles-ci sont, par la suite, répétées à chaque anniversaire du mariage royal.

L' sert donc d'abord des fins nationalistes de la part du roi de Bavière, désireux d'unifier un territoire venant de s'étendre. La () vient renforcer ce caractère à la fois royal et fondamentalement authentique de l'Oktoberfest. Les divers jubilés et le mariage du prince Maximilien en 1842 sont autant d'occasion d'organiser de grandes festivités donnant à la fête ses lettres de noblesse. Avec le début de la Première Guerre mondiale combinée à la fin de la monarchie bavaroise, la fête perd sa vocation initiale. À partir de 1933, les nazis apposent leur marque sur la fête sans en changer fondamentalement le principe. La seconde guerre mondiale provoque une seconde longue interruption dans l'organisation de la fête. Dans l'après-guerre la volonté de tourner la page est claire et la fête reprend son envol en s'inspirant de son passé glorieux. La fête connaît à partir de ce moment-là un développement ininterrompu, que même l'attentat de 1980 n'arrive à entraver. Elle s'internationalise et devient en même temps un des symboles de la Bavière et de l'Allemagne dans le monde entier. Le retour des habits traditionnel marque une tendance plus profonde de la fête à vouloir mêler tradition et modernité.

Contexte historique

En 1810, la Bavière est l'alliée de Napoléon, grâce à ce dernier le duché est devenu royaume et s'est étendu sur la majorité de la Franconie et de la Souabe. Maximilien doit réussir à intégrer durablement ces nouveaux territoires dans le royaume.

Première fête de la bière (Oktoberfest)

La première fête de la bière eut lieu le . Pour que le public honore leur mariage, qui a lieu le 12, le prince héritier Ludwig (« Louis » en français), plus tard le roi Louis de Bavière et la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen fait organiser, en plus des deux jours de fête dans Munich le 13 et le 14, par Andreas Michael Dall’Armi, une grande course de chevaux cinq jours après leur union, sur une pâture devant les murs de Munich qui devient la « » du prénom de la princesse. L'idée initiale est de Franz Baumgartner, un sous-officier de cavalerie de la garde nationale. Une course similaire avait lieu jusqu'en 1786, la , Baumgartner veut la relancer. La fête n'a jamais changé d'emplacement depuis . Elle est pour le roi Maximilien une véritable fête nationale et un moyen de renforcer le sentiment d'unité de la Bavière. Elle permet de combiner amusement et utilité. La course est un grand succès et spectateurs y assistent (Munich n'a à l'époque que habitants). La première course est remportée par le même Baumgartner à l'origine de l'idée. Le succès de la fête conduit à la reconduction de l'événement.

Dénomination Les Bavarois eux-mêmes désignent l'Oktoberfest surtout par la locution de dialecte « », féminin singulier, littéralement « prairie ».

La s'est tout d'abord appelée , ce qui est confirmé par un écrit du prince-héritier Louis le . C'est seulement à partir de 1815 environ commence à s'imposer le nom de .

Le nom de désigne par extension l' s'y déroulant. Pour cet usage le nom est encore raccourci. Dans les années 1890, on trouve les premières traces écrites de la désignation de la place par le mot . Celui-ci deviendra (prononciation bavaroise des "en"). En 1985, l'office du tourisme de Munich emploi pour la première fois le mot sans apostrophe.

La désignation n'a, elle, quasiment pas changé, en 1810 il s'agissait déjà des (au pluriel donc). En français, le terme se traduit littéralement par , mais on emploie plus volontiers l'expression .

Zentral-Landswirtschaftsfest Le a lieu la première foire agricole sur la . Elle est organisée par la () fondée en 1810, qui est de 1811 à 1818 également l'organisatrice de l'. Le fait que la saint Maximilien soit le (en Allemagne), la sainte Thérèse le 15, et le mariage de Louis à Thérèse le donc, font que la fête a lieu au plus proche de ces dates, marquant le caractère royal de celle-ci. Elle a pour but d'améliorer les pratiques et techniques agricoles dans le royaume. Elle permet aussi de rapprocher le souverain de ses paysans, autrefois méprisés, ce qui s'inscrit dans sa politique de souverain éclairé. En 1836, le gouvernement de haute-Bavière reconnaît que la ZLF et l' ont des existences séparées, elles ont certes lieu en même temps mais sont indépendantes. Dans la seconde moitié du la foire agricole perd de son importance et une partie des événements déménagent de la . En 1909, la ZLF a lieu pour la première fois sur le terrain dit de , adjacent à la . La foire n'est pas organisée pendant la période nazi, car l'association l'organisant a disparu. La fête a lieu de 1949 à 1974 tous les 2 ans puis de 1975 à 1995 tous les 3 et est depuis 1996 programmée tous les 4 ans.

Développement Au thumb|Course de chevaux en 1823. En 1813, la fête n'a toutefois pas lieu, la Bavière étant en guerre contre Napoléon . Des épreuves sportives ont lieu en même temps que la fête dès 1815. Par la suite, la fête grandit graduellement. En plus de la piste équestre, viennent s'ajouter des arbres à escalader, des jeux de quilles et des balançoires. 1818 voit l'apparition du premier carrousel. En 1819, la ville de Munich devient l'organisatrice de la fête, ce qu'elle est toujours, cela marque la séparation formelle de l'organisation de l' de celle de la ZLF. La séparation est inévitable du fait du rythme différent des deux fêtes, les bêtes présentes sur la foire ne peuvent rester loin des exploitations agricoles pendant deux semaines d'affilée par exemple. Même si l'organisation de la devient la tâche de la ville, le pouvoir royal reste important. Il se manifeste de trois façon : le roi choisit les dates de la fête, il en choisit le programme et enfin il fait des apparitions sur celle-ci notamment lors de la course hippique, où la tente royale fait face à la ligne d'arrivée. Le ministre de l'intérieur bavarois a ainsi un rôle clé dans l'organisation en représentant le pouvoir royal. La fête est à l'époque largement déficitaire.

En 1820 a lieu le premier jubilé de l' pour ses 10 ans, un vol en montgolfière est organisé, dans lequel s'envole madame Reichard. De plus un premier feux d'artifice, tiré par des pyrotechniciens d'Augsbourg, est organisé le . Depuis 1826 a lieu une pré-fête, c'est-à-dire que les forains s'installent sur la une semaine avant la course, cette pratique est reconnue par le pouvoir royal, le roi faisant parfois des apparitions lors de cette pré-fête. En 1835 a lieu un second jubilé de l' pour ses 25 ans. Pour l'occasion est organisé un défilé, où les habitants de haute-Bavière sont invités à défiler tel qu'ils sont. Des courses de chars antiques, ainsi qu'un tournoi athlétique préfigurant les jeux olympiques modernes sont également organisés.

La statue Bavaria, de Ludwig Schwanthaler et Leo von Klenze, surplombe le champ depuis 1850. Le (temple de la gloire) se trouve à ses pieds depuis 1853. Quelques éditions de la fête sont alors annulées à cause d'épidémie de choléra, en 1854, de la guerre austro-prussienne, en 1866, et de la guerre franco-allemande en 1870.

En 1860, Maximilien II interdit l'organisation d'un jubilé pour les 50 ans de la fête, qui, rappelons-le, célébrait le mariage de ses parents, sous prétexte que son père a abdiqué et que sa mère est morte. Après l'unification allemande, le caractère profondément bavarois de l' est un signe de la différenciation de la Bavière par rapport au reste de l'Allemagne.

Le roi Louis II se démarque de ses prédécesseurs par sa fréquente absence de l', son successeur Luitpold, à l'inverse, essaie de venir systématiquement afin de rapprocher le peuple de la monarchie.

À la fin du , la fête d'octobre se transforme de plus en plus en fête foraine, qui est aujourd'hui connue de par le monde entier. Pour profiter des conditions climatiques plus clémentes de fin septembre, la fête est avancée en 1872 avec seul le dernier dimanche en octobre. En 1881 s'ouvrent les premières rôtisseries de poulets. En 1886, apparaissent les premières ampoules électriques sur l', l'eau et le gaz suivent l'année suivante. En effet, un grave incendie a lieu en 1887, cela pousse les autorités à réagir et à connecter la fête au réseau de canalisation. La première attraction électrique apparaît en 1892. La première grande tente est construite en 1895, c'est la , toutefois en dehors de la à proprement parler. Elle est dirigée par l' (la guilde des arbalétriers), qui est une association dont les membres sont costumés en habits moyenâgeux. 1898 voit l'arrivée d'un tavernier remarquable en la personne de Georg lang, dit (le tavernier crocodile) et originaire de Nuremberg, qui comprend que l'ambiance est primordiale. Il construit pour la première fois une tente de grande taille sur la . Sous sa tente est chantée pour la première fois la célèbre chanson:, qu'on pourrait traduire par « Santé !, convivialité, 1-2-3-c'est bu! », écrite par Bernhard Dietrich. thumb| en 1930.

thumb|Monument en mémoire de l'attentat de 1980|alt=Monument en mémoire de l'attentat de 1980 D'autres tentes suivent, et en 1907, la , la , la et la toutes possédées par des brasseries ouvrent leurs portes. Cela réorganise l' qui n'est plus structurée par les 18 débits de boissons réglementaires comme avant mais par ces grandes tentes.

En 1910, la fête ses 100 ans, un grand défilé est organisé pour l'occasion avec pas moins de participants avec 13 corps de musique et 80 drapeaux. Le dirigeable Parseval VI est sur . Cette année-là, hectolitres de bières sont vendus. La tente , agrandie en 1913, avait une capacité de visiteurs sur . Elle brûle partiellement pendant la guerre et ne conserve cette taille qu'un an. De nos jours la tente de la avec environ places revendique le titre de la plus grande tente sur la pâture .

La fête n'a pas lieu de 1914 à 1918 à cause de la Première Guerre mondiale. En 1919 et en 1920, seule une petite "fête d'automne" a lieu. La vente de la bière de l', titrant environ 2 degrés d'alcool de plus que la bière vendue le reste de l'année, n'est pas autorisée, seule de la est servie. La vente de poulets est également interdite. Les taverniers sont souvent des blessés de guerre, qui, ainsi, obtiennent une petite compensation. Enfin, en 1923 et 1924 l'inflation oblige à de nouvelles annulations, en effet en 1922 déjà le prix de la atteint . En 1923, les forains organisent une fête parallèle, la y est vendue à 21 millions de Marken. À partir de 1924, il est décidé par la ville que la fête, longtemps déficitaire, devra désormais s'autofinancer. La municipalité continue à avancer l'argent mais attend de se faire rembourser par les forains, brasseries et les autres acteurs de la fête.

En 1933, les juifs sont interdits d' et en 1936 le drapeau bleu et blanc de la Bavière est remplacé par le drapeau à croix gammée. La fête est récupérée par les nazis en 1935 pour le anniversaire de la fête, le mot d'ordre est , soit . Les courses hippiques après avoir disparu en 1913, sont remises à l'honneur par le régime nazi de 1934 à 1938. Durant la Seconde Guerre mondiale, soit de 1939 à 1945, la fête est annulée. Depuis sa création, la fête a été annulée au total 24 fois.