Guy Novès, né le à Toulouse, est un joueur de rugby à XV, ailier gauche, entraîneur puis manager du Stade toulousain, et sélectionneur de l'équipe de France de rugby à XV. Avec dix titres de champion de France et quatre titres de champion d'Europe, il est l'entraîneur français le plus titré.

En 2005, il reçoit le Trophée du Tankard de la presse britannique spécialisée (réunie au sein du Rugby Union Writers Club depuis 1961) du meilleur entraîneur européen et en 2006, est nommé Chevalier de la Légion d'honneur. En 2010, à l'occasion des quinze ans de l'ERC, il se voit décerner le prix du meilleur entraîneur européen des quinze dernières années par l'ERC..

En , il décline la proposition de sélectionneur de l'équipe de France. Trop attaché au club de son cœur et concentré sur les projets en cours dont il souhaite voir les fruits, il choisit de rester manager général du Stade toulousain. En 2015, il accepte finalement le poste de sélectionneur, succédant ainsi à Philippe Saint-André après la Coupe du monde. Il est finalement limogé deux ans plus tard par le nouveau président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, à la suite des mauvais résultats du XV de France.

Biographie Né en 1954, Guy Novès pratique tout d'abord le foot, puis la natation avant de se lancer dans l'athlétisme. Il est recordman de France cadet du , avant de passer au rugby à 20 ans.. Il passe toute sa carrière dans le club du Stade toulousain.

Fils d'un ouvrier, petit-fils d'un chiffonnier, républicain espagnol réfugié du fait de la dictature franquiste, il assume des idées de droite.

Dans la vie privée, il préserve son jardin secret. Père de deux filles (Valérie et Julie) et beau-père d'un garçon (Vincent Terrail-Novès, maire de Balma, vice-président de Toulouse Métropole et conseiller régional d'Occitanie), il se ressource à Leucate, siège de ses vacances d'enfant où il a ses attaches. Ancien pratiquant d'athlétisme, il a continué le sport à la fin de sa carrière, gardant une allure de sportif.

Depuis le , il est aussi grand-père d'une petite Éloïse. L'information a amplement été relayée lorsqu'il a fait sortir du terrain son gendre Vincent Clerc d'un Toulouse-Castres. Cette sortie sans raison apparente, ni blessure, ni mauvaise performance, fut donnée à la fin du match : sa femme venait d'entrer en salle d'accouchement. Guy l'explique en ces termes : .

Carrière de joueur Avant de débuter au rugby, Guy Novès pratique l'athlétisme à haut niveau. Il détient toujours le record du cadet avec 3 min 16 s 04, réalisé le . Ce record n'est pas près d'être battu, la distance n'étant plus couruep. 137. Il n'entretient alors qu’un rapport lointain avec le rugby puisque son frère Jean-Claude jouait ailier à Mauvezin, en deuxième division. Puis, alors qu'il prépare le concours d’entrée au CREPS de Toulouse, la section rugby du TCMS (club des Cheminots de Toulouse, où il était licencié en athlétisme) recherche un ailier pour un déplacement à Quillan. Ce jour-là, il inscrit plusieurs essais. Alors, comme il n’y a pas d’option athlétisme au Creps, il signe sa première licence au Stade toulousain. Le jour du concours d’entrée au CREPS, il n’obtient d'ailleurs qu’un 6/20 en rugby. La note ne l’empêche pas de finalement terminer major de promotion.

À partir de ses premiers pas au Stade toulousain, la progression de Novès est aussi immédiate que foudroyante. Dès le mois de , les blessures obligent Jean Gajan (père de Christian) à le convoquer pour un match de challenge Yves du Manoir à Grenoble. Ce jour-là, le pendant de Novès à l’aile gauche du FCG se nommait alors Jean-Pierre Clerc, père de son futur beau-fils Vincent Clerc...

Une première saison difficile en équipe première, au point que le Stade toulousain termine la saison en perdant son match du maintien à Valence, se trouvant seulement sauvé de la relégation par un match nul réussi par l'USAP à Tulle.

thumb|Guy Novès entre Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela qui l'entraînent de 1983 à 1988. Malgré des premiers rendez-vous manqués en bleu (il rate le grand chelem 1977 en raison d’une entorse de la cheville, avant de subir en juin une blessure qui le prive de tests en Argentine), il finit par connaître au mois de novembre de la même année la consécration suprême, avec une victoire sur les Blacks à Toulouse, sous les yeux de sa famille (18-13). La première cape d’une courte série de sept, achevée sur un coup de tête. Blessé lors d’un France-Pays de Galles en 1979, Novès annonçait dans la foulée au staff des Bleus qu’il ne pouvait pas postuler au déplacement en Angleterre. Félicité pour son honnêteté, Novès ne fut pour autant jamais rappelé.

En 1985, le Stade toulousain est champion de France face à Toulon, c'est le premier titre toulousain depuis 38 ans, brisant l’hégémonie biterroise. Champion une nouvelle fois en 1986 face à Agen, il met un terme définitif à sa carrière deux ans plus tard en remportant le Challenge Yves du Manoir, alors qu’il vient de démarrer en parallèle une carrière d’entraîneur avec les Reichel du Stade, eux-mêmes sacrés champions de France.

Guy Novès a ainsi porté durant treize saisons le maillot de la ville rose entre 1975 et 1988. Il conquiert deux titres de champion de France en 1985 et 1986. Il complète son palmarès avec un Challenge Yves du Manoir en 1988.

Ailier gauche, il accomplit la deuxième moitié de sa carrière sous la férule du duo d’entraîneurs Villepreux-Skrela. Adeptes d'un jeu de mouvement, ils inculquent un style au club, fait de conquête et de jeu de passes ; ce jeu, Guy Novès va l'apprendre, l'apprécier et en faire siens les principes.

Carrière d'entraîneur-manager Au Stade toulousain thumb|right|Guy Novès, lors de l'échauffement avant la rencontre de top 14 Stade toulousain contre l'USA Perpignan, 5 novembre 2011 Le style de jeu initié par ses prédécesseurs est repris par Guy Novès. Il va donner à Toulouse le plus beau palmarès du rugby à XV français en 2010. Sa carrière d'entraîneur débute en 1989. En quelques années, il donne l'impression d'une continuité dans le changement.

Il est professeur d'EPS pendant plus de vingt ans au collège de Pibrac, remportant six titres de champion de France scolaires avec l'équipe de l'établissement. Il a d'ailleurs eu comme élèves David Skrela et Grégory Morales, qui ont joué sous ses ordres au Stade toulousain.

En 1988, tout frais champion de France aux commandes des Reichel du Stade toulousain, Guy Novès est très vite appelé par le président Jean Fabre pour intégrer le staff de l’équipe première aux côtés du légendaire duo Skrela-Villepreux. Mais rien ne se passe comme prévu. Pensant avoir été choisi pour ses compétences, il comprend très vite qu’il est d’abord là pour jouer le rôle de tampon entre le duo et les joueurs, avec qui Skrela et Villepreux connaissaient quelques problèmes relationnels. Une souffrance rentrée, quelque peu compensée par un premier « vrai » titre d’entraîneur en 1989, une nouvelle fois obtenu face à Toulon. Insuffisant toutefois pour gagner totalement la confiance du duo Villepreux-Skrela, qui souhaite une nouvelle fois l’écarter. Mais Jean Fabre persiste, jusqu’à ce qu’une défaite en demi-finale, à l’issue de la saison, mette le feu aux poudres. Alors que Guy Novès s’était vu promettre deux ans plus tôt que Christian Gajan (son binôme avec les Reichel) lui serait adjoint en équipe première, c’est l’inverse qu’on lui propose, à savoir de redescendre en espoirs... La goutte d’eau de trop pour Novès qui, écœuré, se décida à claquer la porte de son club de toujours. D’abord pour s’occuper exclusivement de son collège de Pibrac, où il crée l’AS Rugby, puis au club de Blagnac, qu’il rejoint à l’été 1991. Son unique incartade, d’une petite saison...

Guy Novès est rappelé un soir de 1993 par Jean-René Bouscatel pour redevenir entraîneur. Serge Laïrle le rejoint comme coentraîneur. Lors de sa prise de fonction, il débute en même temps que son président, Jean-René Bouscatel. Confronté à des joueurs qu'il côtoyait sur le terrain quelques mois auparavant, une fronde tente de faire de son inexpérience une autogestion collective de l'équipe. Il laisse faire un temps avant de recevoir le soutien de son président. Il le raconte en ces mots : Durant quatre ans, leur collaboration est pour le moins efficace avec quatre titres de champion de France, le challenge Yves du Manoir 1995 et la première coupe d'Europe en 1996. Le départ de Serge Laïrle va entraîner une montée en puissance de l'influence de Guy Novès sur le club. La fin de carrière d'Albert Cigagna laissait entrevoir aux supporters l'entrée du capitaine emblématique dans l'encadrement technique ; il n'en sera rien et l’entraîneur mène seul sa barque à la tête d'une génération de joueurs d'exception. Son omnipotence va faire quitter le club à quelques joueurs emblématiques avec qui Novès ne souhaitait pas partager la vedette ; Christian Califano part en Nouvelle-Zélande, Christophe Deylaud à Agen, Stéphane Ougier arrête sa carrière. Il se murmure que l'éminence grise de Jean-René Bouscatel a pris les rênes sportives du club, sans envie de les partagerAlbert Cigagna, génération désenchantée, article du 26 janvier 2004 sur le site de lexpress.fr, consulté le 9 mai 2010..

thumb|left|Guy Novès en 2015 après le match Oyonnax - Stade toulousain

En 2001, il quitte son poste de professeur d'EPS (qu'il détenait depuis 1978) pour se consacrer entièrement à son poste d'entraîneur. Il s'entoure d'une équipe d'une dizaine de personnes et prend pour adjoint Philippe Rougé-Thomas en 2000, puis retrouve Serge Laïrle en 2002, remplacé par Yannick Bru en . Guy Novès choisit des hommes du club ; formés par lui, ils sont parfaitement rodés aux exigences du maître à jouer et leur complémentarité donne des résultats tangibles. Rougé-Thomas dit de lui : . À partir de la saison 2010-2011, Guy Novès prend pour adjoint l'ancien demi de mêlée Jean-Baptiste Élissalde pour entraîner les lignes arrières, Rougé-Thomas devenant directeur du centre de formation du Stade toulousain. En 2012, alors que Yannick Bru quitte le club toulousain pour rejoindre le staff du XV de France, il choisit William Servat comme adjoint, chargé de l'entraînement des avants.

Homme de terrain, il assiste aux matchs de son club au bord de la touche, laissant à un de ses adjoints le rôle d'observer du haut des tribunes le mouvement dans son ensemble. Souvent accroupi, le plus près possible de la ligne de touche, il ne laisse à personne le soin de donner les dernières consignes au joueur qui doit entrer en cours de jeu. Entraîneur qui a fait passer au Stade toulousain le cap du professionnalisme, Guy Novès a parfaitement assimilé la pratique du coaching qu'il maîtrise très bien.

En équipe de France Refus en 2011 vignette|upright|alt=Un homme de face, habillé d'un polo.|Guy Novès, ici en 2011, refuse l'équipe de France cette année-là.

En 2011, Pierre Camou, préparant la succession de Marc Lièvremont à la tête de l'équipe de France, a proposé le poste à Guy Novès. Ce dernier a refusé. Il n'aurait pu occuper cette fonction sans dépouiller l'encadrement de Toulouse : Le côté familial a aussi compté, son père âgé souhaitant qu'il reste à Toulouse.

Sélectionneur de 2016 à 2017 Cependant en , à la suite de l'appel à candidature de la FFR pour le poste de sélectionneur du XV de France, il envoie son dossier pour obtenir ce poste. Le , la FFR annonce officiellement qu'il sera le prochain sélectionneur succédant à Philippe Saint-André après la Coupe du monde en Angleterre.. Il sera accompagné de Yannick Bru, déjà en place, et de Jeff Dubois, entraîneur des trois-quarts du Stade français et, comme Bru, ancien joueur du Stade toulousain..